Environnement
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OMS, Médecins du Monde: la santé pour tous.

Bonjour,

Le dernier rapport de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) pointe des  inégalités flagrantes d’accès aux soins à l’échelle planétaire. Inégalités face à l’espérance de vie, quarante ans séparent désormais les pays riches des pays pauvres. Inégalités face aux dépenses publiques de santé, 6000 dollars par an et par personne pour les pays nantis, contre 20 dollars pour les plus pauvres. Sans compter plus de cinq milliards d’habitants des pays, plus ou moins défavorisés, qui règlent leurs soins directement en espèces. L’augmentation du coût de la santé et la désorganisation des systèmes de protection fabriquent chaque année 100 millions de pauvres supplémentaires. Inégalités encore face à l’accompagnement à la naissance, avec une incidence sur la mortalité des femmes et des nourrissons. “Une mortalité maternelle, infantile et des moins de cinq ans élevée révèle un manque d’accès à des services de base tels que l’approvisionnement en eau propre et l’assainissement, la vaccination et une nutrition appropriée.” regrette la Directrice générale de l’UNICEF, Ann M. Veneman, qui mise sur une médecine simple, et équitable. Trente ans après la conférence d’Alma-Ata, qui annonçait le développement des soins primaires dans le monde, avec l’ambition d’une santé pour tous, les inégalités en matière de « résultats sanitaires et d’accès aux soins », sont plus marquées aujourd’hui. Ce dernier rapport de l’OMS s’intitule d’ailleurs : « Les soins de santé primaires – maintenant plus que jamais ».

La santé, une menace pour la « stabilité sociale ».

Dans un monde où les riches sont mieux portants et bénéficient d’un meilleur accès à la santé, les pauvres se heurtent à un système de santé inefficace, inadapté, et souvent inabordable. Faute de moyens ou de volonté politique, beaucoup de pays pauvres ont laissé tomber l’idée d’une « médecine pour tous », excluant les plus démunis et les populations marginales. Selon le rapport de l’OMS, les conditions “d’accès inéquitable, de coûts qui appauvrissent et d’érosion de la confiance dans les soins de santé constituent une menace pour la stabilité sociale.” Le rapport pointe encore l’inadaptation d’un système qui a privilégié les maladies, la technologie, et les soins spécialisés. Cette spécialisation de la médecine, qui s’est effectuée au détriment des médecins de famille et des infirmiers, n’est pas adaptée à une demande, à la fois plus basique et plus généraliste. « Lorsque la santé est laissée de manière disproportionnée aux mains des spécialistes, toute une série de mesures protectrices et préventives tend à se perdre. », note le résumé du rapport. Selon l’OMS, la prévention permettrait de diminuer la morbidité. mondiale de 70%. Autre handicap, la marchandisation de la médecine. La recherche de profits, qui génère des examens et des actes superflus, des hospitalisations abusives, exclut aussi ceux qui ne peuvent pas payer. D’où la nécessité d’un retour vers les soins primaires, leitmotiv de ce rapport.

« Oubliés de la santé » dans un pays riche.

Inégalités à l’échelle mondiale, et inégalités à l’intérieur des pays. L’OMS cite l’exemple de Nairobi, au Kenya. Si dans les quartiers chics, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans reste inférieur à 15 pour mille, il grimpe à 254 pour mille dans les bidonvilles. Le rapport de Médecins du Monde, intitulé « L’accès aux soins des plus démunis en 2008 », montre qu’il n’y a pas besoin de voyager pour constater l’inégalité d’accès aux soins à l’échelle d’une société. Même « riche ». Ce rapport annuel, qui salue le 17 octobre, journée internationale du refus de la misère, s’intéresse aux « oubliés de la santé », la clientèle française de Médecins du Monde. L’ONG relève que 2 patients sur 10 disposent d’une « couverture maladie », quand 80% pourraient en bénéficier. La moitié d’entre eux nécessitent des soins longs, six mois. Le quart des patients qui pousse la porte de Médecins du Monde présente des pathologies lourdes, diabète ou cancer. Sans parler des taux de prévalence du VIH et des hépatites en Île de France, jugés «  inquiétants ». Des conditions de vie précaires et des prises en charges tardives, « faute d’ouverture de droits », aggravent les diagnostics. En regardant le rapport – accessible en haut de la page du dossier de presse -, on découvre que s’il existe une relation entre « misère » et « santé », les pouvoirs publics ne travaillent guère à l’adoucir : « Pour nos dirigeants, le problème n’est pas que 13,2% de la population française vive sous le seuil de pauvreté, mais qu’il puisse y avoir une petite minorité de fraudeurs parmi eux qui feraient semblant de ne rien avoir pour obtenir, qui un RMI ( revenu minimum d’insertion) , qui une CMU (couverture maladie universelle). Peu importe que pour les millions de personnes concernées tous les dispositifs deviennent au fil du temps de plus en plus inaccessibles. » En 2007, Médecins du Monde a reçu plus de 24 000 patients, tous pauvres, très souvent étrangers, et pas souvent bien logés, « des vrais malades, pas des fraudeurs » insiste Médecins du Monde qui s’inquiète pour « le droit fondamental à la santé pour tous, et en particulier pour les plus démunis… ».

M.J

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Publié le 16 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Santé.
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