Environnement
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Climat: de Cancun à Durban.

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Bonjour,

« Les vrais gens ne peuvent pas survivre sous l’eau », message de Greenpeace à l’occasion de la Conférence de l’ONU sur le climat qui s’est achevée à Cancun samedi dernier. Les représentants des petits Etats insulaires du Pacifique, où vivent plus de 8 millions d’habitants, s’inquiètent de la lenteur des négociations quand l’océan menace d’envahir leurs terres. (1) Première île menacée, Nauru, un peu moins de 10.000 habitants, et dont le Président Marcus Stephen remarque : « La gravité de la crise nous échappe. Elle s’est perdue dans un brouillard de jargon scientifique, économique et technique. »(2) Les 193 Nations, réunies pendant deux semaines dans la cité balnéaire mexicaine, n’ont pas clairement répondu aux questions posées par le réchauffement climatique. Combien de pays vont réellement réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les secteurs de l’industrie, des transports, et de l’agriculture pour contenir la hausse des températures à moins de 2°C au cours du siècle ?

Un an après le décevant Sommet de Copenhague, Cancun devait préparer l’après-Kyoto, qui prend fin en 2012. Ce texte de 1997 oblige, en principe, les pays développés qui adhèrent à réduire  leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2% entre 2008 et 20012, par rapport à 1990. Malgré la volonté commune exprimée d’adoucir la crise climatique, les discussions concernant l’avenir du Protocole de Kyoto ont été reportées à l’année prochaine. Et à la Conférence de Durban, en Afrique du Sud. A défaut d’une feuille de route qui précise l’après-Kyoto, Cancun réactualise certains engagements formulés à Copenhague. Après 12 jours de négociations, Patricia Espinosa, Ministre des Affaires étrangères du Mexique, à la tête de la Conférence, a proposé un compromis qui décline des outils plus que des engagements. La Bolivie d’Evo Morales a refusé de signer ce texte qui ne précise pas les efforts à accomplir pour réduire les émissions mondiales.  (2) (3) (4)

Parmi les propositions, la création d’un « fond vert pour le climat » pour aider les pays en développement à répondre aux bouleversements environnementaux en cours. Après 2012, cette mesure devrait s’accompagner d’une enveloppe annuelle de 100 milliards de dollars,  promesse faite à Copenhague. Mais la question du financement n’a pas encore été réglée. Un transfert de technologies propres, issues des pays les plus riches, devrait encore aider les pays les moins avancés à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. Enfin, le mécanisme REDD , pour Réduction des Emissions liées à la Déforestation et à la Dégradation des forêts, compense la sauvegarde des forêts primaires, et leur gain CO², contre des avantages financiers. Le Brésil, où la forêt recule sous la triple pression du soja, du bétail, et de la consommation de bois, et l’Indonésie, où les palmiers à huile dévastent l’espace forestier, sont particulièrement intéressés par ce mécanisme. (2) (3) (4)

Querelles. Le Japon, la Russie, et le Canada ont averti qu’ils n’adhèreraient pas à un «Kyoto 2 » tant que les Etats-Unis, la Chine, et l’Inde, têtes d’affiche de la pollution mondiale, ne seraient pas impliqués dans la dynamique internationale de réduction de gaz à effet de serre. Jusqu’alors, les Etats-Unis ont refusé de ratifier le Protocole de Kyoto. La Chine et l’Inde, pays émergents, y échappent. La question de la «responsabilité », qui fait du pollueur né avec la Révolution industrielle le coupable historique, empoisonne les rapports. Les puissances émergentes  n’entendent pas sacrifier leur développement industriel pour atténuer un dérèglement climatique, amorcé bien avant leur désir de prospérité. En 2009, la Chine a pourtant promis de réduire de 40 à 45% ses émissions de GES en 2020, par rapport à leur niveau de 2005. Avec 15% d’énergies alternatives en 2020. Et à Cancun, l’Inde, s’est montrée très active dans les négociations . (2) (3) (4)

M.J

(1) “For us in the Pacific, the Cancún climate summit is about survival », Marcus Stephen, The Guardian, 02-12-2010 http://www.guardian.co.uk/environment/cif-green/2010/dec/02/cancun-climate-change-summit-pacific-island-nauru

(2) UN chief warns climate talks are too slow”, Arthur Max, Associated Press, 8-12- 2010 http://www.boston.com/business/articles/2010/12/08/un_chief_warns_climate_talks_are_too_slow/

(3)“China vows to control emissions in next 5 yrs”, Xinhua, 23-11-2010 http://www.chinadaily.com.cn/china/2010-11/23/content_11598233.htm

(4) “Cancun: des pas comptés pour le climat, un immense bol d’air pour l’ONU » ; Jérôme Cartillier, AFP, 12-12-2010 http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gd-yTRLDUEQxn-JV_4IqQXOLX21w?docId=CNG.505d86ebe1dfca0c333e5b57dc6b23e1.541


Publié le 14 décembre 2010 par marlene dans Actualité,Climat,Elevation des mers.
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