Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Protéger l’eau à sa source: une idée qui chemine…

Bonjour,

New York est une métropole qui a choisi de distribuer une eau naturellement filtrée à près de 9 millions d’habitants, alternative aux coûts et aux nuisances d’une eau artificiellement traitée.  Au début des années 90, la ville, encore en pleine expansion, pèse sur l’environnement et renonce à construire l’unité de filtrage dont elle a besoin pour approvisionner ses citadins. A contre- courant des pratiques du moment, New York décide de valoriser un complexe hydrographique situé à proximité, le système Catskill /Delaware. Situé en amont de la ville, il comprend 6 lignes de partages des eaux, et déroule des paysages de rivières, de zones humides, et de forêts. C’est l’ensemble du système, la forêt, les sols à faible teneur en carbone, et le système d’écoulement, qui fabrique une eau de qualité.  Cette eau naturellement filtrée est ensuite acheminée, via un réseau complexe de réservoirs, d’aqueducs, de tunnels, vers le terminal de distribution. Le processus, qui multiplie les acteurs et les démarches, se concrétise en 1997. La ville développe alors un immense programme de protection de ce complexe de bassins versants, et implique les populations de Catskill et de Delaware. En échange de l’entretien des écosystèmes de ce réservoir naturel, ces communautés agricoles et forestières reçoivent une indemnité annuelle. Aujourd’hui, ce système de distribution d’eau  permet de couvrir 95% des besoins de la ville. Après l’ouragan Sandy, qui balaie le Nord de la côte Est des Etats-Unis en octobre dernier, les New-Yorkais ont manqué d’électricité pendant quelques jours. Pas d’eau potable. Si l’avantage écologique est évident, il est aussi financier. La ville, qui n’a pas construit l’unité de traitement des eaux aurait économisé entre 6 et 8 milliards de dollars. Plus quelques centaines de millions, destinés à l’entretien de la structure. L’idée, sans doute visionnaire dans les années 90, a fait du chemin. (1)(2)

 

L’eau, un frein à la croissance.

Direction la Chine, et la ville de Zhuhai sur la côte Sud. Le gouvernement chinois incite les communautés qui vivent en amont de la ville à travailler la terre sans excès, tout en respectant la ressource en eau. En contrepartie de cette agriculture plus douce, quelques 100.000 personnes, oubliées de la croissance économique, reçoivent l’équivalent d’une assurance santé. Ce programme de mise en valeur de l’eau à sa source est, comme celui de New York,  listé par le récent rapport State of Watershed Payments 2012. (1) Cette publication d’Ecosystem Marketplace – a Forest Trend initiative- dresse un état mondial des projets de restauration des lignes de partage – watershed, en anglais -, et chiffre les investissements consacrés. La Chine, qui dispose de faibles ressources en eau potable par habitant, sans doute l’un des grands pays les moins bien dotés, a bien compris l’enjeu de ce processus de conservation. Selon la Banque mondiale, le déficit et la pollution des eaux de la puissance chinoise absorberaient déjà plus 2% de son PIB. (3) Alors, pour continuer sa course au développement, la Chine investit pour préserver ses ressources en eau. Toujours selon le State of Watershed Payments, en 2011, la Chine concentre 91% des investissements mondiaux dans le secteur. Zhuhai est l’un des 61 projets de restauration des bassins fluviaux développés en Chine, sur un peu plus de 200 à l’échelle mondiale. La Chine talonne les Etats-Unis, 67 projets en cours.(1)

 

Les écosystèmes, piliers d’une nouvelle économie.

En 1996, un petit groupe de décideurs, acteurs de l’industrie forestière, défenseurs de l’environnement, donateurs, s’intéressent de près à la protection des forêts. Trois ans plus tard,n l’équipe renforcée par des chercheurs, des banquiers, et des philanthropes, fonde  Forest Trends, une ONG américaine basée à Washington. Depuis, Forest Trends porte son attention sur la valeur des forêts, dont elle caractérise et chiffre les services rendus dans le but d’inciter à une gestion durable. Forest Trends soutient les projets et les initiatives qui valorisent une économie, basée sur les écosystèmes forestiers. Il y a encore l’intention d’améliorer les conditions d’existence des communautés qui vivent dans le périmètre protégé. Ecosystem Marketplace, création de Forest Trend, fournit une base de données qui contextualise, précise les marchés, et détermine la valeur des services rendus par les écosystèmes. L’information porte, par exemple, sur la qualité de l’eau, la séquestration de carbone, ou sur la biodiversité. Elle est gratuite. Ecosystem Marketplace souhaite faire évoluer les mentalités et placer les écosystèmes au cœur d’une nouvelle économie. D’où  l’idée de leur donner une valeur pour que les services rendus – production d’eau, de nourriture, de combustibles ; régulation des eaux, du climat, pollinisation ; entretien des sols ; bénéfices socio-économiques et culturels…- ne soient plus considérés comme acquis. Cette vision économique, qui parie sur la conservation des espaces pour assurer la continuité des écosystèmes, gagne du terrain. En 2011, 17 milliards de dollars ont été investis dans la valorisation des lignes de partages des eaux. Soit 2 milliards de mieux qu’en 2008. (1) Les analystes d’Ecosystem Marketplace considèrent que les investissements dans les systèmes des  lignes de partage annoncent un renouveau du financement de la conservation des espaces naturels. Sans parler des emplois « verts » créés sur le terrain. (3)

 

 Premiers développements d’une réponse globale?

Dans un monde où 80% des espaces seraient exposés à une menace sur l’approvisionnement en eau potable, les initiatives se multiplient. (3)En Afrique du Sud, le programme Working for Water (wfw) implique des chômeurs de longue durée pour éliminer les espèces invasives, herves à pampas, jacinthes d’eau, ou roseaux géants, qui perturbent les cours d’eau, et posent des problèmes de sédimentation dans le pays. Il s’agit encore de gros eucalyptus dont les racines retiennent d’énormes quantités d’eau. L’eau libérée est  réintroduite dans  la rivière. L’Afrique du Sud économise ainsi beaucoup d’argent, qu’elle aurait dépensé pour assainir les cours d’eau. WfW emploie près de 30.000 personnes. Les fonds viennent du programme de lutte contre la pauvreté développé par le gouvernement, des factures d’eau des ménages, et d’une fondation. En 2009, le pays a consacré plus de 100 millions de dollars à la restauration de ses bassins versants, un espace estimé à 160.000 hectares. A l’échelle mondiale, le financement des projets résulte majoritairement de fonds publics. Le secteur privé, qui n’a pas toujours les moyens d’investir dans de gros travaux, ou qui considère que la gestion de l’eau reste une affaire d’Etat, est encore en retrait. Sur les 200 projets actuellement en cours, l’argent privé n’apparait que dans une cinquantaine de programmes. (4) Beaucoup de ces entreprises fabriquent des boisson. En Ouganda, un brasseur de bière finance la protection des zones humides, afin de préserver la quantité et la qualité de l’eau dont elle a besoin. Un projet analogue se développe en Zambie, financé par en partie par les brasseries zambiennes, sous licence SABMiller. En France, des agriculteurs perçoivent des compensations pour préserver la nappe aquifère, et conserver la pureté de la source Vittel, propriété du groupe Nestlé. Mais il n’est pas toujours question d’argent. En Bolivie, dans la vallée de Santa Cruz,  plus de 500 familles reçoivent des ruches, des plants de fruits, et du fil de fer, qui sert aussi à éloigner le bétail des rivières. Plus économique en Suède, dans une localité à proximité du Fjörd de Gullmar, une petite compagnie d’eau a préféré investir dans la moule bleue  pour filtrer les pollutions au nitrate, plutôt que de se lancer dans les grands travaux d’une unité de traitement des eaux. «  Nous assistons aux premiers développements d’une réponse globale qui pourrait transformer notre façon d’estimer et de gérer les lignes de partage des eaux dans le monde », déclare Michael Jenkins, Président de Forest Trends, lors de la présentation du rapport. (3)

M.J

 

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(1) « Charting New waters – State of Watershed Payments 2012” Ecosystem Marketplace, A Forest Trend Initiative.http://www.forest-trends.org/documents/files/doc_3308.pdf

(2) « New York City »,  Information Center for the Environment (ICE), UC Davies, University of California. http://ice.ucdavis.edu/node/133

(3) “New Study: US$8.17 Billion Spent in 2011 to Safeguard Drinking Water and Regional Supplies by Protecting Watersheds—$2 Billion Above 2008 Levels,” Ecosystem Marketplace, A Forest Trend Initiative, Press Release,

http://www.forest-trends.org/embargoed_water_2013.php

(4)  Global threats to human water security and river biodiversity

C. J. Vo¨ro¨smarty1*, P. B. McIntyre2*{, M. O. Gessner3, D. Dudgeon4, A. Prusevich5, P. Green1, S. Glidden5, S. E. Bunn6,

C. A. Sullivan7, C. Reidy Liermann8 & P. M. Davies9,,  334 | NATURE | VOL 468 | 1 1 NOVEMBER 2010

http://limnology.wisc.edu/personnel/mcintyre/publications/vorosmarty_etal_2010_nature_global_threats.pdf


Publié le 31 janvier 2013 par marlene dans Biodiversité,Chine,eau,Ecosystèmes.,Pollution de l'eau,USA
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Objectifs du Millénaire, des engagements, du temps, et de l’argent.

Bonjour,

Il ne reste que cinq ans pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), définis en 2000, lors Sommet du Millénaire organisé par les Nations Unies. Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations Unies, réunit aujourd’hui et demain à New York les dirigeants de ce monde pour faire le point. Pauvreté, éducation, condition des femmes, santé, ou biodiversité, le rapport 2010 qui suit les grands chantiers de l’ONU témoigne d’avancées timides.(1) Et donne la mesure des efforts à fournir d’ici à 2015.

Combattre l’extrême pauvreté et la faim. Premier objectif qui vise à réduire de moitié, par rapport à 1990, le nombre de personnes vivant avec 1,25 dollar par jour. De 1990 à 2005, le nombre de démunis recule, passant de 1,8 milliard de personnes à 1,4 milliard. Mais la crise mondiale des années 2008 et 2009, qui ralentit aussi la croissance des pays en voie de développement, interrompt cette lente sortie de la misère. Les effets de cette crise pourraient même durablement contrarier ce qui n’était pas si mal parti. Les Nations Unies gardent cependant l’espoir d’une grande pauvreté contenue sous la barre du milliard, d’ici à 2015. L’Asie du Sud-Est, emmenée par la Chine et l’Inde, plus combatives sur le plan de la croissance avec une amélioration du sort des plus pauvres, portent notamment cet espoir. Selon la banque Mondiale, entre 1990 et 2008, la Chine a réussi à tirer plus de 500 millions de personnes de l’extrême pauvreté. Au niveau mondial, la crise a également contrarié la perspective du plein emploi, moteur d’une réduction significative de la pauvreté. La faim. En 1990-1992, elle concerne 817 millions de personnes. Elle grimpe à 830 millions, plus 13, en 2005-2007. Juste avant la crise financière et alimentaire qui annonce une envolée – vraisemblable – des chiffres. Les dernières données, livrées par la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation  et l’agriculture, chiffrent à 925 millions le nombre de personnes qui manquent de nourriture en 2010.Ce qui est présenté comme un premier recul de la faim depuis 15 ans retarde l’objectif de réduire moitié le nombre de dénutris, d’ici à 2015. Premières victimes de la faim, les enfants. Dans le monde en développement, un quart des moins de 5 ans n’a pas atteint un poids normal. En Asie du Sud, de mauvaises habitudes alimentaires se combinent avec des produits de mauvaise qualité pour expliquer cette malnutrition infantile. Une cartographie plus optimiste révèle qu’en Asie du Sud – Est,  notamment en Chine, en Amérique latine, ou au Caraïbes, la faim continue de régresser.

L’éducation pour tous, le second objectif, piétine. Malgré l’effort de nombre de pays pauvres. L’Afrique sub-saharienne, qui affiche l’une des plus mauvaise note au niveau mondial, enregistre 18% d’inscrits de plus entre 1999 et 2008. En Asie du Sud, autre région mal notée, et en Afrique du Nord, les progrès se situent autour des 10%. Pour inciter les élèves à fréquenter l’école, le Burundi a annulé les frais de scolarité dans le primaire. Résultat, en multipliant par 3 le nombre d’écoliers, le pays arrive à une scolarisation de 99% en 2008. Exemple suivi par la Tanzanie, le Guatemala, et le Nicaragua. Les filles, plus nombreuses à fréquenter l’école qu’auparavant, n’ont pas partout la même chance. En Afrique du Nord, 66% des enfants non scolarisés sont des filles. Mais la principale barrière à l’éducation des filles reste la pauvreté, surtout en milieu rural. C’est un mauvais départ pour tendre vers le troisième objectif, l’égalité des sexes, et l’émancipation féminine, l’un des grands chantiers du millénaire. Et pour cause. Le développement repose sur les femmes qui, scolarisées,  préparent mieux leurs enfants pour affronter l’existence, et les envoient à l’école. L’accès à un emploi rémunéré, condition de cette émancipation, reste difficile. En Asie du Sud, en Afrique du Nord, et en Asie de l’Ouest, seulement 20% des femmes exercent un travail rémunéré, hors secteur agricole. Partout, elles doivent se contenter d’emplois précaires. En Asie du sud et en Afrique sub-saharienne, beaucoup de femmes meurent en accouchant, faute de personnel qualifié. Des décès faciles à éviter avec peu de moyens, qui figurent aux objectifs du Millénaire . Et pourtant, c’est aussi sur des femmes mieux soignées, et mieux nourries, que repose l’autre grand objectif du millénaire, la réduction de la mortalité infantile. En baisse entre 1990 et 2008, moins 28%, le taux de mortalité des moins de cinq ans dans les pays en voie de développement reste scandaleux. Très mauvais classement pour l’Afrique subsaharienne et l’Afghanistan. Principaux ennemis des enfants, la malnutrition – plus d’un tiers des décès infantiles -, la pneumonie, la diarrhée, le paludisme, et le sida. Le sida, cible d’un cinquième objectif qui vise à éradiquer les grandes pandémies, marque quelques points en matière de traitement. De 2003 à 2008, le nombre de personnes ayant accès à une thérapie antirétrovirale a quadruplé, passant de 400 000 personnes à 4 millions. Un petit 42% des 8,8 millions d’individus ayant besoin de ce traitement. (2)

Les quelques progrès accomplis au cours des 10 dernières années masquent une amélioration lente, inégale, selon les régions, selon les pays. Manque de personnel pour accompagner ces objectifs; faiblesse des Etats ; pesanteur des sociétés appelées à se modifier, la place des femmes, la place des filles, celle des exclus;  manque d’infrastructures, pas de transports, pas d’hôpitaux, pas d’eau propre; ou contextes de guerre, 42 millions de personnes déplacées entre 2000 et 2009, la vision globale des OMD se heurte aux difficultés multiples du terrain. (3)Mais l’un des obstacles majeurs à cette avancée de l’humanité reste l’argent. Ban Ki-mooon évalue à plus de 100 milliards de dollars l’enveloppe nécessaire pour réaliser cet ambitieux programme. Loin d’être achevé. (4)

M.J

(1) Objectifs du Millénaire pour le Développement, Rapport 2010 – Nations Unies. http://www.un.org/fr/millenniumgoals/pdf/report2010.pdf

(2)Les Objectifs du Millénaire ciblent encore un environnement durable http://www.undp.org/french/mdg/goal7-f.shtml , exploité raisonnablement. Avec un défi de taille, l’accès à une eau salubre, et à un réseau d’assainissement, cible 2015 « hors de portée ». Le 8° objectif vise «un partenariat mondial pour le développement » http://www.un.org/fr/millenniumgoals/global.shtml

(3) « The Path to achieving the Millenium Development Goals, UNDP http://content.undp.org/go/cms-service/stream/asset/?asset_id=2677427

(4) « M.Calmy-Rey à New York pour un sommet de l’ONU » TSR, 20-09-2010 http://www.tsr.ch/info/monde/2476953-m-calmy-rey-a-new-york-pour-un-sommet-de-l-onu.html


Publié le 20 septembre 2010 par marlene dans Actualité,Developpement,Objectifs du Millénaire.
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New-York et la menace des eaux.

Bonjour,

New-York,  et ses huit millions d’habitants, seraient plus exposés à une élévation rapide du niveau de la mer que la plupart des grandes métropoles portuaires du monde. L’eau s’y élève plus vite qu’ailleurs. La vulnérabilité et la sécurité de la « Big Apple » étaient au menu du « H209 Water Forum », une conférence internationale sur les villes côtières, et le changement climatique, qui s’est tenue à New-York les 9 et 10 septembre. Egalement discuté, le coût faramineux  d’infrastructures pour protéger la ville. De gros investissements nécessaires, mais basés sur des hypothèses climatiques, qui embarrassent certains décideurs.

Une montée des eaux plus élevée et plus rapide.

New-York et ses 900 kilomètres de côtes pourraient voir la mer s’élever assez rapidement au cours de ce siècle. En cause, les dynamiques du réchauffement climatique. D’abord, l’augmentation du volume des océans causée par la hausse des températures. Puis la fonte des glaciers de montagne et de fragments de calotte glaciaire. La perte de glaces au Groenland et en Antarctique, phénomène avéré par de récentes études, pourrait d’ailleurs précipiter cette modification du niveau marin. D’autres facteurs, le pompage des eaux souterraines, l’aménagement de réservoirs, le drainage des zones humides, ou la déforestation, participent à cette montée des mers .(2)(3) Autre élément, le niveau des océans n’est pas uniforme. Par exemple, l’Atlantique Nord, aux eaux plus froides, plus denses, et plus salées,  est d’une soixantaine de centimètres plus bas que le Pacifique Nord. L’élévation du niveau des océans ne présente pas non plus une dynamique uniforme.  En mars dernier, une étude envisageait une élévation du niveau de l’eau beaucoup plus rapide le long de la côte du Nord-Est des Etats-Unis. En cause, une circulation ralentie des eaux de l’Atlantique Nord.(4) D’autres études, basées sur des projections de fonte des glaciers du Groenland, annoncent une perturbation sensible des courants. Conséquence attendue, le niveau de la mer le long des côtes de New York pourrait être de 50 cm plus élevé qu’ailleurs. Une montée des eaux plus rapide aussi. (1) La côte Nord-Est, et la ville de New-York, sont encore exposées à de violentes tempêtes, avec risques d’inondations associés, qui pourraient s’amplifier avec le réchauffement climatique. Mais, un accident météorologique, pas forcément lié au changement de climat, peut intervenir à tout moment. (4)

Une métropole exposée.

New-York est une métropole exposée. Une grande partie de cité s’étale à moins de 50 cm au dessus du niveau de la mer. Et une dizaine de centimètres seulement, pour certaines parties de Manhattan. Dans le cas d’une montée des eaux d’une cinquantaine de centimètres, hypothèse la plus souvent retenue, les berges du bas Manhattan seraient inondées une vingtaine de fois par an, « un petit Venise ». (1) Et surtout, le cœur de la « Big Apple », la partie enterrée de la ville, se situe au dessous du niveau de la mer. Le New-York underground est un endroit stratégique qui concentre les réseaux de communication, de fibres optiques, d’eau, d’électricité, d’assainissement des eaux, sans oublier le métro. Des inondations y seraient désastreuses. D’autre part, les déluges causés par des tempêtes pourraient paralyser le réseau de communication côtier, routes, autoroutes, tunnels, et industries.

Hypothèses climatiques et investissements.

Au « Waterforum » de New-York, les hypothèses et les scéanarii climatiques, enrichis de nouvelles projections sur la fonte des glaces, ont été mis en parallèle avec le coût de la prévention. « On ne peut pas prendre des décisions qui coûtent des milliards de dollars sur la seule base d’hypothèses. », déclare Rohit Aggarwala, directeur de l’aménagement et de l’environnement de la ville,  dans le Wall Street Journal (1) Les aménageurs, qui planchent sur le long terme, cherchent un équilibre entre le coût d’infrastructures destinées à stopper les inondations, et les incertitudes liées aux projections climatiques. A New-York, il faudrait protéger le district financier, le port, le réseau électrique, et le métro, avec un système de barrières comme celui qui défend Londres, Rotterdam, ou Saint Petersburg. Une quarantaine de métropoles dans le monde, Amsterdam, Tokyo, Shanghai, ont déjà investi dans la protection. Mais, les chiffres font peur. A Venise, les ingénieurs édifient une barrière de 7 milliards de dollars pour éviter les effets des marées hautes qui produisent une centaine d’inondations par an. A la Nouvelle Orléans, un ouvrage de 700 millions de dollars devrait adoucir les inondations dues aux cyclones. (1) Mais,  puisque l’on parle d’argent, que coûterait une inondation de l’underground new-yorkais ?

Protéger New-York n’est pas un problème technique. Un article de la Cité des Sciences évoque un problème politique. Une répartition des responsabilités entre les municipalités, les Etats, et le gouvernement fédéral, contribuerait à freiner les décisions. Peut-être pas seulement. Le Wall Street Journal  rapporte la position de Rohit Aggarwala : « Si nous devons fermer la bourse pour un jour parce que l’eau y coule, ce ne sera pas sans précédent. Une grosse tempête de neige peut provoquer cela. La vraie question est notre rapidité à tout remettre en ordre. » (1)

M.J.


Le métro de New-York inondé, printemps 2007.

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(1) « New York City Braces for Risk of Higher Seas “,  Robert Lee Holtz, The Wall Street Journal, Science Journal, 11-09-09. http://online.wsj.com/article/SB125261934441101047.htm

(2 )Daprès  IPCC, 2007. http://www.epa.gov/climatechange/science/recentslc.html

(3)”Ainsi fond, fond, fond..”, Sylvestre Huet, Libération, 19-20 septembre 2009.

(4) “Climate Impacts in New York City: Sea Level Rise and Coastal Floods”

http://icp.giss.nasa.gov/research/ppa/2002/impacts/introduction.html


Publié le 21 septembre 2009 par marlene dans Climat,Urbanisation
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