Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Le Japon cherche une nouvelle façon de s’éclairer.

Bonjour,

Le Japon vient d’annoncer la fin de l’effort collectif destiné à consommer moins d’électricité, conséquence indirecte de la crise de Fukushima, et de l’arrêt de nombreux réacteurs nucléaires dans le pays.  Depuis le 1er juillet dernier, les Japonais du grand Tokyo, desservis par le réseau TEPCO (Tokyo Electric Power Co ),  et ceux de la région Nord -Est secouée par la catastrophe de mars dernier,  approvisionnés par Tohoku Electric Power Co, étaient invités à soulager le réseau. Décision du gouvernement. Citoyens et entreprises ont bousculé leurs habitudes de consommation pour éviter une pénurie pendant les heures de forte demande. Grand nombre d’entreprises ont démarré la journée avec une heure d’avance. L’industrie automobile a pris ses week-ends les jeudi et vendredi, préférant travailler en fin de semaine pour équilibrer les besoins. Une partie du transport ferroviaire a également réduit ses services. Un été plus frais que d’habitude, moins de climatisation, a contribué à freiner la consommation. Pendant que Tokyo mettait ses enseignes lumineuses en veilleuse. Cet été de contraintes aurait  permis d’économiser 15% d’électricité, par rapport à l’année précédente, pour la même période. C’est la première fois depuis presque quarante ans qu’un tel effort est demandé à des Japonais, gourmands en électricité. (1) Depuis le milieu des années 2000, la consommation par habitant y dépasse les 8000 Kilowatts, un besoin similaire à celui du voisin Sud-Coréen, mais bien inférieur à celui d’un Américain.

 

L’après-Fukushima pose la question énergétique à un pays qui en consomme beaucoup, qui n’a guère de ressources naturelles, et qui se demande comment réduire sa dépendance au nucléaire. Le projet de faire grimper la part du nucléaire à 50% dans la production d’électricité, au lieu des 30% actuels (2), proposition de l’ex-Premier Ministre, est rangée dans les cartons. Son successeur, Yoshihiko Noda, souhaite, lui, se détourner de l’atome qui fonctionne déjà au ralenti dans l’archipel. La mise hors service des réacteurs de Fukushima, l’arrêt de ceux exposés au risque séismique, et la fermeture pour maintenance de certains autres,  paralyseraient au moins la moitié du potentiel nucléaire japonais. Sinon plus.  Le charbon (28%) et le gaz naturel (27%), combustibles importés et peu compatibles avec les objectifs de réduction de gaz à effet de serre, sont deux autres sources majeures de courant. (2) L’électricité d’origine hydraulique, qui a connu une chute spectaculaire depuis un demi-siècle, compte seulement pour 8% de la production nationale. (2) Les énergies renouvelables sont pourtant présentées comme partie de la solution.  Selon un article de Reuters daté du 23 août dernier,  le gouvernement envisagerait de porter la production d’électricité d’origine solaire autour des 100.000 Mégawatts vers 2015, au lieu des 40.000 actuels. Ce qui reviendrait à multiplier par 6 le nombre de panneaux solaires vendus en 2010 sur le territoire japonais. (4) L’éolien, la biomasse, et la géothermie, sont également convoqués pour doper la part d’électricité d’origine renouvelable. Qui, sans l’hydro-électricité, peine à dépasser Les 2%. (2) (5)

 

Avec plus d’une centaine de volcans en activité, 10% de la ressource mondiale, le Japon est pourtant bien placé pour développer la géothermie. Aujourd’hui, dix huit  centrales témoignent d’une source d’énergie exploitée lors de la crise pétrolière des années 70, puis éclipsée par le nucléaire. La production est anecdotique, 0,3% de l’électricité nippone, pour un potentiel prétendu énorme, et délaissé pendant deux décennies. (6)(7) Interrogé sur la catastrophe de Fukushima par le magazine Terra Eco,  Lester Brown, à la tête du Earth Policy Institute, regrette: « Le Japon aurait pu choisir la géothermie plutôt que le nucléaire. »

 

M.J

 

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(1) « Japan ends limits on electricity usage », Mainichy daily news, 13-09-2011 http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20110909p2g00m0dm005000c.html

(2) Perspective Monde, Université de Sherbrooke, production d’électricité au Japon, approche détaillée. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=JPN&codeTheme=6&codeStat=EG.ELC.PROD.KH

(3) Les réacteurs nucléaires au Japon, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_r%C3%A9acteurs_nucl%C3%A9aires_au_Japon

(4) « Japan renewable energy push clears key hurdle”,  Risa Maeda, Reuters, 23-08-2011, http://www.reuters.com/article/2011/08/23/us-japan-politics-energy-idUSTRE77M12R20110823

(5) Rapport trimestriel sur le secteur des énergies renouvelables
Ambassade du Canada au Japon, 17-06-2011  http://www.deleguescommerciaux.gc.ca/fra/document.jsp?did=121078

(6)”Deregulation eyed for geothermal power”, Keisuke Katori, Asahi Shimbun, 17-02-2010,  http://www.asahi.com/english/TKY201002160499.html

(7) Plan B 4.0: Mobilizing to Save Civilization, Lester R. BrownChapter 5. Stabilizing Climate: Shifting to Renewable Energy: Energy from the Earth » Earth Policy Institute http://www.earth-policy.org/books/pb4/PB4ch5_ss4


Publié le 19 septembre 2011 par marlene dans energies alternatives,Japon,Non classé,Nucléaire
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Jaitapur, après le nuage de Fukushima.

Bonjour,

A Jaitapur, l’accident de Fukushima stimule l’opposition indienne à l’atome. L’Inde, qui en matière de nucléaire civil a de grands projets, s’apprête à construire le plus gros complexe au monde sur la côte Ouest, à environ 400 km au Sud de Bombay. Plus exactement, sur la côte du  Konkan , à l’Ouest de l’Etat du Maharashtra, une réserve mondiale de biodiversité, ponctuellement secouée par des tremblements de terre. Ce projet, signé en décembre 2010, scelle un partenariat entre AREVA, l’entreprise nucléaire française, et la Nuclear Power Corporation of India Ltd (NPCIL). A l’horizon 2020, 6 réacteurs de type EPR, spécialité française, devraient produire 1 650 Mégawatt chacun, pour une capacité totale de 9 900 Mégawatt. Et un coût estimé supérieur à 10 milliards de dollars. Le projet, soutenu par le gouvernement du Maharashtra, doit avaler environ un millier d’hectares de terres agricoles, où poussent anacardiers, manguiers – qui produisent la fameuse mangue d’Alphonso -, légumes, millet, et riz. Il doit déraciner quelques dizaines de milliers de personnes, dont la plupart refusent de céder leurs terres. Les pêcheurs, employés sur 600 bateaux, qui ne connaissent pas d’autre métier, craignent pour leur activité : un périmètre de pêche restreint, dénaturé par les rejets de la centrale. Fin avril 2011, de violentes manifestations ont opposé la population locale et la police, faisant un mort et quelques dizaines de blessés. L’opposition au nucléaire se fait entendre ailleurs en Inde, à Kudankulam, dans le Tamil Nadu, à Mithi Virdi dans l’ouest du Gujarat, à Kovvada dans l’Andhra Pradesh, et à Haripur dans le Bengale occidental, partout où le gouvernement  projette des parcs nucléaires. La contestation est particulièrement vive à Kudankulam, où une centrale équipée de réacteurs russes de type VVR, technologie autrefois exportée dans les pays de l’ex bloc soviétique, devrait à terme rivaliser avec le site de Jaitapur, pour produire 9 200 Mégawatt. (2)

Une énergie « écologiquement bénigne ».

L’Inde, dépendante à 70% du charbon pour son électricité,  pourtant pionnière dans le renouvelable, mise aussi sur le nucléaire pour gommer les inégalités d’accès, et assouvir ses besoins croissants. Selon la Banque mondiale, la moitié des foyers indiens n’ont pas l’électricité. Entre les années 70 et 2006, la consommation aurait grimpé de plus 900%.  (3) Le nucléaire, matérialisé à l’échelle du sous-continent par une vingtaine de réacteurs peu rentables, produit moins de 3% de l’électricité. L’Inde, exclue du Traité de non prolifération en1974, puis empêchée par le Groupe des Fournisseurs Nucléaires (GFN),  doit attendre 2008 pour connaître la fin de l’embargo sur les matériels sensibles, décidée par les Occidentaux. Le marché indien s’ouvre aux technologies nucléaires civiles. Avec un objectif pour les dix années à venir, 6% d’électricité d’origine nucléaire. Le parc indien, qui produit moins de 5 000 Mégawatt, cible les 20 000 Mégawatt pour 2020.(2) Le nucléaire indien, émaillé de quelques incidents, Kalpakkam dans le Tamil Nadu en 1987 et 2002, Tarapur dans la Maharashtra en 1989 et 1992, Bulandshahr dans l’Uttar Pradesh en 1993, ou Kota dans le Rajasthan en 1995, conséquence probable d’un long isolement, communique désormais sur la sécurité. (5) A Jaitapur, chaque réacteur sera doté d’un système de sécurité indépendant, chaque réacteur sera opéré et maintenu séparément des autres. Argument qui vise à estomper un scenario « façon Fukushima »,  où les réacteurs ont lâché les uns après les autres. Promesse de transparence, le « Nuclear Regulatory Authority », organe indépendant, devrait remplacer le « Atomic Energy Regulatory Board » (AERB), soupçonné de relation étroite avec le « Département of Atmomic Energy», organe gouvernemental. Et sur le portail de l’énergie Indienne, à la rubrique « Nuclear Power Generation », l’atome est considéré comme une source d’énergie « écologiquement bénigne. »

Tremblements de terre et EPR.

Ce qui n’est pas tout à fait l’avis de tout le monde. Dont Greenpeace, qui regrette que l’un des joyaux du catalogue mondial de la biodiversité devienne le décor d’un complexe nucléaire, pas si « benin » que cela. Plus grave, l’activité sismique d’une région bien connue des géologues indiens, classée « zone à haut risque », ou « zone IV », par le « National Disaster Management Authority » (NDMA). L’organisation écologique rapporte que de 1995 à 2005, la région de Jaitapur a connu 92 tremblements de terre. Le plus dévastateur, enregistré en 1993, 6,2 sur l’échelle de Richter, a tué 9000 personnes. La proximité côtière éclaire encore la vulnérabilité du site.  Contre-attaque du NPCIL, ni le tremblement de terre de 2001 dans le Gujarat, 7,6 sur l’échelle de Richter, ni le tsunami de 2004, n’ont perturbé la sécurité des centrales voisines. (2) Mais à côté des risques naturels, matérialisés par  Fukushima, les opposants au projet dénoncent une formule « EPR » très coûteuse,  qui n’a toujours pas fait ses preuves. A Olkiluoto, en Finlande, des questions de sécurité contrarient la mise en service de la technologie « made in France. » Idem pour Flamanville, qui,  fâché avec le calendrier, s’annonce toujours plus cher. Interrogé par IPS, Laxminarayan Ramdas, l’une des voix de la « Coalition for Nuclear Disarmament and Peace » dénonce: « Le gouvernement fait la promotion d’un réacteur au prix exorbitant – de type EPR – qui n’a été avalisé par l’autorité nucléaire régulière d’aucun pays, dont la France. (…) Nous ne savons pas à qui ils essaient de faire plaisir” “( 2)

M.J.

Les acteurs d’une protestation, antérieure à Fukushima…

(1)”Fukushima Won’t Stop World’s Largest Nuclear Facility”, Ranjit Devraj, New Delhi, IPS, 29-04-2010 http://ipsnews.net/news.asp?idnews=55432
(2) ”Japan Quake Focuses Anti-Nuclear Message”, Ranjit Devraj, New Delhi, IPS, 14-04-2010,  http://ipsnews.net/news.asp?idnews=54835

(3) Université de Sherbrooke / Perspective Monde. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/tend/IND/fr/EG.ELC.COAL.ZS.htmlhttp://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=IND&codeStat=EG.USE.ELEC.KH&codeStat2=x

(4) Nuclear Power in India, Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Nuclear_power_in_India


Publié le 5 mai 2011 par marlene dans Actualité,Inde,Nucléaire
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« negaWatt », des solutions pour le « negaNucléaire ».

Bonjour,

« Par ailleurs, le scénario negaWatt prévoit une fermeture progressive des centrales nucléaires existantes jusqu’à 2035, sans remplacement par des centrales de 3° génération dont la conception ne règle pas les principaux problèmes liés à cette technologie : pas de sécurité passive, pas d’avancée concernant le problème des déchets et l’épuisement de la ressource en uranium, aucune valorisation de la chaleur créée. », lit-on dans le document de synthèse du scénario negaWatt, version 2006. (1) L’accident nucléaire de Fukushima, au Japon, qui n’en finit pas de finir, crédite tragiquement cette proposition. Même si  le « non au nucléaire », version radicale, n’est pas tout à fait le fond de commerce de negaWatt. L’argument, plus ancien, documenté par plus d’une vingtaine d’experts et de professionnels de l’énergie, et quelques dizaines d’ingénieurs, construit autour du bouquet énergétique « sobriété, efficacité, renouvelables », propose une sortie en douceur de l’atome. Il ne s’agit pas d’un retour à la bougie, il faut bien de l’énergie pour continuer à faire tourner le monde, mais il s’agit de casser le dogme « produire toujours plus d’énergie pour en consommer plus. »  Dans son scénario 2006, réactualisation du document 2003, negaWatt jette les bases d’une société plus sobre, plus inventive pour réduire le gaspillage, et plus audacieuse pour exploiter ses ressources inépuisables. L’association parie d’ailleurs sur le « negaWatt », concept qui fait de l’abstinence énergétique la plus accessible, et la plus infaillible, des ressources.

Premier tableau de cette alternative énergétique, la sobriété, une proposition qui est souvent affaire de bon sens. Exemples, préférer la lumière naturelle pour l’éclairage, régler le chauffage pour une chaleur suffisante mais sans excès, consommer des fruits et légumes de saisons, produit localement. En matière d’électricité, la sobriété passe par une chasse au gaspillage. Les particuliers, les entreprises, les villes sont invités à réduire l’éclairage inutile. Avec à la clé, une baisse annuelle de la consommation de 0,2% à 0,5%, selon les secteurs. Concernant le parc de logements neufs, la sobriété commande d’en réduire la surface, pour tendre vers les 75m² en 2050, contre 117 m² actuellement. Un habitat plus petit, destiné à des familles moins nombreuses, qui laisse plus d’espace par individu, 45m² au lieu de 38m² actuellement. Et qui permet de construire plus de logements, 31 millions en 2050 contre 25 en 2005. Concernant les transports, il s’agit de repenser la mobilité, à l’échelle de villes trop étendues, de favoriser le co-voiturage, le télétravail, et le sport. La marche et le vélo, alternatives aux transports collectifs, sont particulièrement adaptés aux trajets courts. Un petit effort des piétons et des cyclistes permettrait de tendre vers les 16% de kilométrages parcourus en ville, au lieu des 9% actuels.

Second tableau, l’efficacité énergétique. Ce qui revient à améliorer le rendement énergétique de nos bâtiments, de notre environnement domestique – froid, éclairage, électroménager -, de notre bureautique, et de nos transports. Il s’agit aussi de renouveler les équipements les plus gourmands en énergie. Sur le papier, un parc de logements neufs dessinés pour l’efficacité, contraints à des normes thermiques, permettrait de tomber la consommation à 29 kWh/m² en moyenne, au lieu d’une centaine actuellement. Cette efficacité suppose aussi de remplacer le chauffage électrique des bâtiments, et celui qui alimente l’eau chaude, par d’autres sources de chaleur, encore plus performantes.  En matière de transports, cette efficacité se décline par des voitures moins gourmandes. Pour transporter les marchandises, le rail et les voies fluviales s’imposent.  Et dans un scénario qui fait tout pour contenir le trafic aérien, on met un peu plus de marchandises sur les trains, et on taxe les trajets « low-costs ». L’efficacité énergétique permettrait « de réduire d’un facteur 2 à 5 nos consommations d’énergie et de matières premières », promet le scénario negaWatt. Sans révolution technique, puisque toutes les solution existent déjà.

Troisième tableau, complémentaire des deux précédents, miser sur le renouvelable pour produire de l’énergie. Inépuisables, bien réparties, sans grand dommage pour l’environnement, et largement sous-exploitées, elles collent parfaitement au scénario. Le  photovoltaïque, l’éolien, l’hydraulique, la co-génération, ou la biomasse, bouquet complété par le gaz naturel,  présentent une alternative énergétique crédible, inscrite sur le long terme, « sans épuiser notre planète.» Il faudrait encore fouiller les possibilités des énergies de la mer, ou celles de la géothermie en roches profondes. Mais, en variant les combinaisons et en développant les ressources, la production d’énergie renouvelable pourrait presque être multipliée par 5, à l’horizon 2050. Sans exploiter tout le potentiel, et sans rupture technologique. Attention, le scénario ne vaut que si la demande en électricité se stabilise. Et pour atteindre un bouquet alternatif de 80% en 2050, il faut que la demande énergétique tombe. Ce qui est possible en s’interrogeant un peu sur nos besoins de consommation réels.

Le scénario negaWatt, qui promet encore un « paysage énergétique  profondément renouvelé »,  pour l’instant à l’échelle nationale, nous débarrasse aussi doucement du nucléaire. Tout simplement, parce que nous n’en avons plus besoin pour produire de l’électricité. Exit également les centrales thermiques, fioul et charbon, et leurs émissions de gaz à effet de serre. Des emplois, moins d’argent pour s’éclairer, se chauffer, se déplacer, des postes qui pèsent lourd pour les plus démunis, le scénario esquisse aussi planète plus viable. Pour maintenant, et pour plus tard. En attendant le prochain document, prévu pour le milieu de l’année 2011, l’association rebondit sur l’accident de Fukushima : « Le scénario négaWatt n’est pas basé sur une sortie d’urgence du nucléaire faisant suite à une catastrophe ou à une décision politique soudaine : il est de la responsabilité d’un État de droit, soucieux de sa population, d’avoir dans ses cartons un plan B pour faire face à une telle hypothèse qui s’apparenterait à une situation de guerre. » (2)

M.J

(1) Scenario negaWatt 2006, Document de synthèse, version 1.0.2, 16 décembre 2005, NW 2006 V031, Association negaWatt http://www.negawatt.org/telechargement/Scenario%20nW2006%20Synthese%20v1.0.2.pdf

(2)Negawatt, 20-03-2011 http://www.negawatt.org/


Publié le 1 avril 2011 par marlene dans Actualité,energies alternatives,Nucléaire
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Pensée pour le Japon.

Bonjour,

Je pense au Japon, en proie aux conséquences d’un tremblement de terre, d’un tsunami, et d’accidents nucléaires. Un péril nucléaire qui semble encore plus sinistre au pays d’Hiroshima et de Nagazaki. Mais le sujet est porteur. La France découvre avec stupeur qu’elle ne peut vivre sans le nucléaire. Partout, en Europe, aux Etats-Unis, on en profite pour relancer le vieux débat sur l’énergie atomique. « Pour » ou « contre »,  l’exemple japonais nourrit l’opposition. Alors que la situation nucléaire évolue de minute en minute au Japon, avec des perspectives effrayantes pour les populations bloquées dans les périmètres à risque, je trouve qu’on aurait pu attendre quelques jours avant de relancer le débat. Question de décence. Nous en sommes aux arguments, ils sont plongés dans l’évènement.

M.J


Publié le 14 mars 2011 par marlene dans Actualité,Japon,Nucléaire
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En vacances dans le Blayais…

Bonjour,

Premier pépin, Tricastin, 74 kilos d’uranium qui se baladent dans la nature, et un système hydrologique contaminé. Second pépin, Romans-sur-Isère, moins préoccupant semble-t-il, rupture de canalisation, et « épanchement d’uranium » consécutif. Premier pépin, pas tout de suite avoué, rien de grave, classement de type 1 sur l’échelle INES, l’échelle des évènements nucléaires, une « anomalie », pas de quoi remettre en cause « l’industrie la plus surveillée du monde » (1), plaide Anne Lauvergeon, présidente d’AREVA. Qui ajoute : « Si à chaque fois que nous sommes transparents nous provoquons des craintes, il y a un problème. » En vacances près d’une centrale nucléaire, ma famille y réside, cette volonté d’épargner du souci aux populations riveraines me touche. La centrale du Blayais, mise en service en 1986, ne présente pas une fiche « sécurité » impeccable. Inondation inquiétante lors de la grande tempête de 1999, quelques jours avant de connaître la «vérité » , sans doute quelques jours de répit pour des riverains déjà secoués par des vents forts, et deux « incidents génériques du niveau 1 sur l’échelle INES », 2002 et 2003. Le nucléaire, incidents cachés, accidents traumatisants, déchets bien encombrants, et risque de détournement vers le militaire, je n’aime pas beaucoup. C’est un avis.

Avis minoritaire. D’après un sondage IFOP-Le Monde daté du 18 juillet dernier, seulement 33% des Français pensent que l’énergie nucléaire est dangereuse. Et plus de la moitié de la population (53%) serait d’ailleurs plus préoccupée par le réchauffement climatique que par le nucléaire. La peur de l’atome est classée en troisième position, après la pollution des eaux. On y apprend encore que 2/3 des personnes interrogées sont favorables au maintien du nucléaire, qui contribue à l’indépendance énergétique du pays. Mais quand on évoque Tricastin, l’angoisse augmente. Plus de 80% des sondés considèrent que l’incident a eu des conséquences graves.

Côté information, le gouvernement et AREVA disposent d’un petit capital « confiance », environ 30% des personnes interrogées. Si l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) reste crédible pour 62% des sondés, les associations de protection de l’environnement semblent les plus fiables, 79% des réponses. Et pendant qu’AREVA reconnaît erreurs, dysfonctionnements, et rétention d’information dans l’affaire de Tricastin, la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) épingle deux filiales d’AREVA. Motif, 770 tonnes de déchets radioactifs enfouis depuis les années 70 dans les environs de Tricastin, et quelques traces d’uranium inquiétantes dans les nappes phréatiques de la région. Pour une industrie très « surveillée » qui fait de la « confiance » son fond de commerce… Allez, encore quelques jours de repos à proximité d’un site jugé « globalement satisfaisant » par l’ASN, rapport 2007. Et classé « perfectible » par l’inspecteur en charge du lieu.

M.J

(1) « Réactions en chaîne après l’incident Tricastin », Vincent Lonchampt, Laure Noualhat, Libération, 19-20 juillet 2008.


Publié le 21 juillet 2008 par marlene dans Non classé,Nucléaire,Préjudice écologique
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