Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Eau et pollutions.

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Bonjour,

La pollution, thème de la 20° édition de la Semaine mondiale de l’Eau qui vient de s’achever à Stockholm, s’aggrave au niveau mondial. Chaque jour, environ deux millions de tonnes de déchets, liés aux activités humaines, finissent dans les fleuves, les lacs, ou les mers. Le développement des villes, la progression d’une agriculture rentable, ou les résidus d’une industrie dopée au profit, expliquent largement ce gâchis. Le SIWI (Stockholm International Water Institute) , à l’origine de cette conférence annuelle, estime que les pays développés déversent 70% de leurs déchets industriels dans l’eau, sans prendre la peine de les traiter. Avec des conséquences pour l’eau potable, second volet du problème. La progression de la pollution entraîne une dégradation généralisée de la qualité de l’eau dans le monde. Quand près d’un milliard de personnes vit déjà sans eau potable dans le monde en développement..

Des pollutions qui finissent dans l’eau…

Un milieu aquatique est pollué quand  des quantités importantes de substances toxiques, naturelles ou produites, modifient durablement son équilibre. Cette altération, qui a des conséquences néfastes pour l’écosystème, détériore la qualité de l’eau. Qui devient aussi impropre à la consommation. La pollution des eaux, essentiellement organique, matières fécales, boue, résidus de bois, est une pratique ancienne. Elle se développe au tournant du XX° siècle. Puis s’accélère. La démographie, l’urbanisation, l’industrialisation, et l’agriculture accentuent le phénomène, et fabriquent de nouveaux types de pollutions.  Physique, modification du milieu récepteur, comme la salinité. Chimique, fertilisants, pesticides, métaux, détergents. Biologique, bactéries, virus, champignons. Ces polluants, qui circulent dans l’atmosphère, s’évacuent avec les eaux usées, ou imprègnent les sols, finissent trop souvent leur course dans les rivières, les lacs, ou les mers intérieures. Au début de la décennie, la moitié des fleuves et des lacs, en Europe et en Amérique du Nord, sont considérés comme gravement pollués. Le phénomène s’est déplacé. Exemple en Chine, avec la lente agonie du Lac Taihu, 3° grande source d’eau potable du pays, asphyxié par les algues, nourries aux effluents agricoles et industriels. La pollution, qui accompagne souvent le cours des fleuves, de la source à l’embouchure, gagne les mers et les océans. Plus vastes, plus agités, et plus ouverts que les mers, les océans résistent mieux à cette pollution,  qui pour l’instant reste en surface. Les nappes phréatiques, plus difficiles à atteindre, ne sont pas pour autant imperméables aux effluents. Exemple, la nappe phréatique du Rhin, qui ne se renouvelle que tous les 50 ans. (1) Le réchauffement climatique risque de peser un peu plus sur la quantité, et la qualité, de l’eau disponible.

Pollution invisibles.

Au programme de Stockholm, les nouvelles formes de pollutions, nano-particules, résidus chimiques et pharmaceutiques, qui s’infiltrent dans l’eau. Ces « polluants invisibles », peuvent être produits par un environnement familier, appareils électro -ménagers, cosmétiques, vêtements, ou nourriture. Ces nouveaux intrus chimiques qui dénaturent l’eau s’appellent, pesticides, stéroïdes , ou  hormones. Celles contenues dans les pilules contraceptives. Des chercheurs ont montré que certains résidus chimiques avaient des effets « féminisants » sur les poissons mâles, qui peuplent les rivières et les lacs. Une métamorphose du milieu qui menacerait la reproduction, et la sécurité alimentaire. Chez l’homme, l’absorption de ces particules causerait de graves dysfonctionnements organiques. Quels impacts réels sur la santé, comment éviter que ces substances chimiques s’invitent dans le cycle de l’eau, ou comment adapter le système de traitement des eaux, la question de ces nouveaux polluants reste à fouiller. Mais selon Anders Berntell, directeur du SIWI : « la meilleure façon de stopper la diffusion de micro -polluants, c’est, d’abord, de leur interdire l’accès au système d’égouts. »(2)

M.J

(1) CNRS- Dossier scientiique, l’eau. Accès au site : http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/degradation/01_qu_est_ce.htm

(2) « Invisible pollutants’ in focus at world water week”, Eyractiv,, 13-09-2010

http://www.euractiv.com/en/sustainability/invisible-pollutants-focus-world-water-week-news-497672


Publié le 15 septembre 2010 par marlene dans Actualité,eau,Pollution de l'eau
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L’eau: des chiffres qui en disent moins long que prévu.

Bonjour,

Stockholm organise la 20° édition de la Semaine mondiale de l’eau jusqu’au 11 septembre. La pollution est au programme de cette conférence annuelle qui examine la situation de l’eau dans le monde. La Stockholm International Water Institute (SIWI), à l’origine de l’évènement, publie sur son site une série de statistiques qui esquisse une cartographie mondiale du partage de la ressource, et des pressions qui pèsent sur elle. Une esquisse qui donne la mesure des efforts à accomplir pour tendre vers les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD – 2000),  et ceux  du Sommet mondial sur le développement durable (2002). Il s’agissait, à l’horizon 2015, de réduire de moitié la population n’ayant pas accès à l’eau potable et à un réseau sanitaire.

Ressource et pénurie. Sur notre planète, l’eau est surtout salée.  97% de la ressource circule dans les mers et les océans. L’eau fraîche, 3%, est principalement stockée dans les glaces des pôles (70%), ou retenue dans les sols et les nappes aquifères. Ce qui reste, moins de 1%, permet de subvenir à nos besoins, domestiques, agricoles, et industriels. Environ 20% de l’eau totale consommée provient de nappes phréatiques, renouvelables ou non. Et plus les régions sont sèches, plus les nappes souterraines sont sollicitées. Un palmarès des plus gros consommateurs, en volume,  place l’Inde, la Chine, les Etats-Unis en tête, suivis par le Pakistan, le Japon, la Thaïlande, l’Indonésie, le Bengladesh, le Mexique, et la fédération russe. La « pénurie d’eau » recouvre deux réalités. Une eau en abondance, mais employée inefficacement ou gaspillée. Et une eau rare, déficit de pluies ou population importante et ressource limitée. La crise de l’eau, qui n’est pas forcément liée à la géographie de la ressource, dépend beaucoup de la géopolitique – des rivalités pour l’accès à l’eau-, de la pauvreté, et des inégalités associées.

Eau potable. Chaque jour, nous avons besoin de 20 à 50 litres d’eau, non polluée, pour satisfaire nos besoins immédiats. Correction immédiate, un enfant né dans un pays développé consomme 30 à 50 fois plus d’eau qu’un autre enfant qui grandit dans un espace pauvre. 87% de la population mondiale, près de 6 milliards de personnes, consomme de l’eau potable en provenance d’une source. Dont 54% dispose d’une arrivée d’eau dans leur logement. Et 33% qui utilise les fontaines publiques, les puits, ou les collectes d’eau de pluie. Restent 884 millions de personnes, dont la moitié vit sur le continent asiatique, qui consomment de l’eau non contrôlée, puisée dans les étangs, les rivières, les canaux d’irrigation, ou les puits non protégés. L’accès à l’eau potable, véritable défi pour une population urbaine appelée à exploser vers le milieu du siècle, enregistre quelques progrès. En Afrique. La Tanzanie, qui couvrait 38% de ses besoins en 1990, parvient à 73% en 2002. Pour la même période, la Namibie est passée de 58% à 80%. Et à la question, « qui va chercher l’eau potable à une source éloignée du domicile » ? Les femmes, deux fois plus nombreuses que les hommes.

Eau et santé. Environ 2,5 milliards de personnes vivent sans structure sanitaire. Avec des ruraux plus mal lotis que les urbains. Et une fracture Nord-Sud évidente. Moitié moins d’équipements sanitaires dans les pays en développement que dans les pays industrialisés. Près de deux millions de personnes, essentiellement des enfants de moins de 5 ans, meurent de maladies diarrhéiques chaque année. Sur le papier, un accès à l’eau potable, des structures sanitaires, et une éducation à la propreté, pourraient faire chuter le nombre de ces morts prématurées. Une réduction de la morbidité estimée entre 20 et 45%. En réalité, les progrès sont lents. D’ici à 2015, la population d’exclus des équipements sanitaires pourrait glisser vers les 2,4 milliards de personnes.

Eau et pauvreté. Environ deux personnes sur trois sans accès à l’eau potable survivent avec moins de 2 dollars par jour. Moins d’un dollar pour la troisième. Plus de 600 millions de personnes privées d’évacuations sanitaires disposent de moins de 2 dollars par jour. Plus de 385 millions n’arrivent pas au dollar journalier. Difficile pour ces ménages d’investir dans l’aménagement domestique, dans l’hypothèse où les réseaux sont en place. Au niveau des Etats, les chiffres montrent que l’investissement dans la distribution d’eau potable et la multiplication de réseaux sanitaires éviteraient de plus grosses dépenses liées à la pollution de l’eau, aux maladies, et aux morts prématurées. Cette mortalité coûterait au continent africain l’équivalent de 5% de son PIB. Au chapitre « eau et corruption », le prix d’un raccordement domestique au réseau d’eau serait majoré d’environ 30%.

Eau et agriculture. Grande consommatrice d’eau,  l’agriculture avale 70% des réserves disponibles. Dont une bonne partie est absorbée par l’irrigation, environ 20% des surfaces mondiales cultivées. Soit 40% de la production vivrière totale. Le développement de l’élevage, et le besoin d’aliments qui l’accompagne, accroît la pression sur la ressource. En d’autres termes, la production de viande demande 8 à 10 fois plus d’eau que la production de céréales. Pour le dire autrement, 1 kg de viande nécessite autant d’eau que la consommation moyenne d’une famille riche – 50 litres d’eau par jour et par personne – pendant 10 mois. Pour nourrir tout le monde en 2050, les malnutris et les trois milliards de personnes à naître, il faudrait 50% d’eau en plus. A moins de réduire le gaspillage, moins de récoltes gâchées, moins de transports, et moins d’aliments jetés à la poubelle. Sans oublier une irrigation plus efficace, arroser moins pour produire plus. Une irrigation moins généreuse, aussi, pour les cultures destinées aux carburants alternatifs.

Eau et climat. Pendant la dernière décennie du siècle passé, plus de deux milliards de personnes ont été affectées par les désastres naturels, inondations et sécheresses, surtout. Des sécheresses meurtrières, qui exacerbent la malnutrition et la famine. Et qui rendent l’accès à l’eau encore plus difficile. Des inondations qui corrompent les installations sanitaires, et font le lit des épidémies. L’amplification des inondations pourrait produire 330 millions de réfugiés climatiques. Une errance qui retarderait encore les objectifs des années 2000 et 2002.

M.J.

En lien, une carte inter-active (FAO), « L’eau et les pauvres en milieu rural », irrigation, pauvreté, cultures, et interventions pour réduire la pauvreté sur le continent africain. …


Publié le 10 septembre 2010 par marlene dans Actualité,Développement durable,eau
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