Environnement
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Les pieds dans l’eau, l’Inde révèle son plan « Climat »

Bonjour,

L’Inde, quatrième pollueur de la planète, révèle un plan pour lutter contre le réchauffement climatique. Info, BBC News.
Le pays devrait progressivement introduire les énergies renouvelables dans son modèle de développement. Et selon son Premier Ministre, Manmohan Singh, l’énergie solaire devrait être au cœur de cette conversion annoncée. Tout devrait être mis en œuvre pour faire basculer une économie alimentée aux énergies fossiles, vers un système de production basé sur le renouvelable. « Notre succès dans cette entreprise changera la face de l’Inde », a prédit le Premier Ministre.

Il y a un an, le pays s’est doté d’un Council Climate Change, un organisme institutionnel dédié aux problèmes climatiques, et au développement durable. Un site internet, « Climate change », y révèle les positions, et les engagements du gouvernement indien. L’Inde fait d’ailleurs partie des 120 pays en développement ayant ratifié le protocole de Kyoto. Ce qui ne l’engage pas à grand-chose. L’Inde, espace économique émergent, est exemptée des objectifs de réduction de gaz à effet de serre qui obligent, en principe, les grand pays industrialisés engagés. En présentant son plan d’action national de lutte contre le changement climatique, Manmohan Singh a éludé la question d’une réduction des émissions de carbone, pourtant annoncés à la hausse. D’après la Banque Mondiale, et son « Petit Livre Vert de l’environnement », édition 2002, les émissions de l’Inde avaient déjà progressé de 57%, entre 1992 et 2002.

Malgré son engagement en faveur du climat, et son intérêt pour Kyoto, l’Inde revendique pour son peuple, le droit au développement économique et social. Avec un objectif majeur, sortir de la pauvreté. Et autre argument développé pour détourner la question des gaz à effet de serre, les émissions de carbone par tête d’habitant sont minimes, comparées à celles des pays riches. L’Inde, qui rassemble 17% de la population mondiale, prétend ne contribuer qu’à 4% des rejets mondiaux.(1)

Dans un rapport intitulé « L’alerte bleue », daté de mars dernier et rédigé par un Indien, Greenpeace projette les effets de températures plus élevées de 4°C à 5°C d’ici la fin du siècle, en Asie du Sud. La montée des océans , le dérèglement des moussons, les sécheresses, ou les difficultés d’approvisionnement en eau, pourraient déplacer 130 millions de personnes, dont une grosse majorité située sur une zone côtière, très exposée. Une élévation de 40 cm du niveau marin, prévision du GIEC d’ici 2100, déracinerait les fortes densités du Delta du Ganges-Brahmaputra, au Bangladesh, et les populations de la longue frange côtière indienne, semée de grosses métropoles. Dans un autre article de BBC News, daté de janvier 2008, un journaliste – qui relie prudemment l’élévation du niveau marin au changement climatique – rapporte que deux îles des Sunbardans, ont été rayées de la carte. Submergées. 6000 personnes ont été déplacées. Une mer plus haute de 45 cm pourrait avaler les trois quarts de la plus grande forêt de mangrove du monde, patrimoine mondial UNESCO. Et priver de terres des millions de personnes dans l’archipel des Sunbardans, et du pourtour du Golfe du Bengale. Dans cette zone, l’élévation du niveau marin, liée aux fontes de l’Himalaya, progresse plus vite qu’ailleurs.

Vidéo WWF, le Delta des Sunbardans, en Inde et au Bangladesh, exposé au réchauffement climatique.

M.J

(1)Chiffre de mars 2007, préparation du sommet du G8 de Heiligendamm (Allemagne – Juin 2007)


Publié le 4 juillet 2008 par marlene dans Climat,Inde
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