Environnement
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Durban, un climat différent de Kyoto.

Bonjour,

La conférence des Nations Unies sur le changement climatique, réunie à Durban en Afrique du sud, se termine vendredi. Ministres de l’environnement et négociateurs  devaient imaginer la seconde phase du protocole de Kyoto , seul outil international contraignant.  Il obligeait une quarantaine de pays industrialisés à réduire leurs rémissions  de gaz à effet de serre d’environ 5%, par rapport à 1992. Cet engagement commun pour limiter la hausse des températures valait pour 5 ans, 2008-2012. Durban, comme les conférences de Copenhague et de Cancun, qui se sont tenues au cours des deux  années précédentes, n’a pas permis de poser les bases d’un nouveau Kyoto.

 

La cartographie des gros pollueurs dopés aux énergies fossiles, pétrole, gaz, charbon, fait apparaître les Etats-Unis et la Chine en rouge. Les deux pays émettent  40% des rejets mondiaux. Les Etats-Unis  y révèlent le niveau de vie élevé de leurs  habitants, addicts aux transports gourmands en carburant, et leurs activités industrielles. La Chine y montre l’importance du charbon, qui produit les 2/3 de son électricité, le boom du bâtiment, et l’expansion de son parc automobile. En matière d’émissions globales, la Chine dépasse déjà  les Etats-Unis. Puis viennent la Russie, l’Inde, le Japon, qui devancent  l’Allemagne et le Canada. Les rejets de CO² par habitant modifient un peu la carte.  Ils placent les Etats-Unis et le Canada en tête, devant la Russie et le Japon. Mais le record mondial revient sans doute à l’Australie. Un Australien émet deux fois plus de gaz à effet de serre qu’un japonais. Quand, le continent africain, dix fois plus peuplé que le Japon, rejette pratiquement l’équivalent de l’archipel nippon.  Le continent africain, déjà affecté par les conséquences du réchauffement qui se conjuguent à un climat instable, est l’un des points sombres de cette cartographie mondiale. Vagues de chaleur, inondations, orages violents, élévation du niveau des mers, baisse de la production agricole , et métropoles devenues invivables, signalent ce changement. Acteurs et  sinistrés du réchauffement climatique, réunis à Durban, n’ont pas tous le même intérêt à finaliser un nouveau Kyoto.

 

Le Japon, la Russie, le Canada, et l’Australie, ne souhaitent pas  forcément reconduire un accord juridiquement contraignant. Ils préfèrent l’option souple, à l’américaine, basée sur le « volontariat ». C’est le pays qui décide de ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre, du calendrier, et des moyens pour y parvenir. Barack Obama, qui mise sur les agro – carburants et les énergies alternatives, ou se déclare favorable à un marché du CO², semble bien disposé à engager les Etats-Unis  dans la lutte contre le réchauffement, sans subir les contraintes d’un texte international.  Les Etats-Unis n’ont jamais ratifié Kyoto. De l’autre côté, la plupart des pays en développement craignent que cette option « volontariste » conduise  les pays riches à polluer un peu plus. Fidèles à l’esprit de Kyoto, qui impose des restrictions chiffrées, ils souhaitent un nouvel accord international. L’Union européenne défend, elle aussi, l’idée d’un nouveau Kyoto. Plus contraignant que le premier.  Si les pays riches souhaitent contenir la hausse des températures autour des 2°C, option basse,  beaucoup de pays en développement considèrent  ce seuil comme déjà insupportable.

 

En 2010, les pays riches ont promis aux plus pauvres d’accompagner leur adaptation au changement de climat. Après 2020, ils recevront une enveloppe annuelle de 100 milliards de dollars. Mais ce « Fonds Vert » peine à trouver un financement en période de crise économique.  On parle d’une taxe sur les transactions financières, sans pouvoir vraiment préciser le mécanisme de cette nouvelle  aide Nord-Sud.  Le REDD (Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation), un programme ambitieux des Nations Unies,  propose encore  de donner de l’argent aux pays qui protègent leurs forêts tropicales. Cette stratégie, qui mise à la fois sur la réduction des émissions de carbone et sur l’aide aux pays  pauvres, se met doucement en place, ralentie par quelques réalités de terrain. Certains pays forestiers, qui pourraient profiter de cette opportunité économique, comptent parmi les plus corrompus.  D’autre part, beaucoup de gens, sans autre ressource, comptent sur les coupes d’arbres pour s’assurer une source de revenus.  Sans compter les  « coupeurs », qui inspirés par la tradition, respectent les rythmes d’une forêt qu’ils habitent depuis toujours. Comment dédommager cette petite humanité ?

 

En 2013, aucun texte n’obligera les pays à  faire chuter leurs émissions de gaz à effet de serre. Un nouveau Kyoto, précisé vers 2015, pourrait démarrer en 2020. Avec l’espoir que la Chine, l’Inde, le Brésil, mais aussi les Etats-Unis, contribuent à l’effort commun. Contrariée par les difficultés économiques du moment, des intérêts divergents, et des réponses multiples sur la façon de réagir au changement climatique,  Durban n’aura été qu’une étape vers un nouvel accord. (1) Pourtant, fin novembre, l’Organisation météorologique mondiale prévient : « « Les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ont atteint de nouveaux pics qui s’approchent très rapidement des niveaux correspondant à une élévation de 2 à 2,4 degrés Celsius de la température moyenne à la surface du globe, laquelle pourrait entraîner, selon les scientifiques, des changements radicaux et irréversibles de notre planète, de la biosphère et des océans ».

 

M.J

Réchauffement climatique en Russie…………

 

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(1) «  A Durban, Ban Ki-moon exhorte les pays à faire de réels progrès sur le climat. », Centre d’Actualités de l’ONU, 06-12-2011. http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=27077&Cr=climatique&Cr1=

 


Publié le 8 décembre 2011 par marlene dans Actualité,Climat
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