Environnement
Un blog sur la géo-environnement

L’Europe séduit par son énergie.

Bonjour,

Alors que la nappe de pétrole continue de souiller les eaux et les côtes du Golfe du Mexique, un éditorial du New-York Times fait l’éloge d’un modèle énergétique européen, moins accroc au pétrole.(1) Ce billet, qui invite l’administration Obama à regarder de l’autre côté de l’Atlantique, est signé Stephen Hill, un analyste politique spécialiste de l’Europe, membre de la New American Foundation, un think tank centriste.

Il attaque : «Aujourd’hui l’Européen moyen émet moitié moins de carbone qu’un Américain moyen, et consomme beaucoup moins d’électricité. » (1) Pour parcourir un mile, une voiture américaine consomme 40% de carburant en plus qu’un véhicule européen. Au total, nous dit notre analyste, à niveau de vie équivalent, l’Europe a réduit de moitié son empreinte écologique par rapport à celle des Etats-Unis. Et tout cela, grâce à une gouvernance plus éclairée. Ou plus visionnaire. Car pendant que les Etats-Unis poursuivaient leur course au pétrole jusqu’au fond des mers, ce que nous rappelle BP et la marée noire, les paysages européens se couvraient d’éoliennes et de panneaux solaires. L’Union européenne, présentée comme leader mondial de production éolienne, augmenterait encore son potentiel solaire de 70% par an. De quoi décoiffer les Américains qui n’atteignent pas la moitié de la capacité européenne pour l’énergie produite par le vent. D’ailleurs, vent, soleil, marées,  géothermie, biomasse, tout est bon à exploiter en Europe. Mais si cela marche aussi bien pour le solaire et l’éolien européens, c’est que le Kilowatt est payé trois fois plus cher à son producteur que le Kilowatt classique. Par comparaison, les USA totalisent un petit 6% d’électricité d’origine renouvelable. Et selon une autre source, les investissements américains dans les énergies propres auraient chuté de 40% en 2010 par rapport à 2009, conséquence de la crise économique et manque de volonté politique. (2) Encore malins ces Européens qui travaillent depuis les années 1990 à construire des habitations de plus en plus sobres, quand l’habitat compte pour 50 à 70% des dépenses énergétiques d’une ville, avec des toilettes plus économes en eau. Ou qui recyclent l’énorme quantité de chaleur perdue par les centrales électriques, la transportent, et l’utilisent pour chauffer maisons et bâtiments. La «Cogénération », c’est le nom de cette production, représente 40 à 50% de l’énergie utilisée au Danemark, aux Pays-Bas, en Finlande, 20% en Allemagne et en Pologne. Contre seulement 8% aux Etats-Unis. Côté transports, l’Europe a su développer les déplacements en commun, les trains à grande vitesse, et choisit des voitures moins gourmandes. Bravo pour les centaines de kilomètres de pistes cyclables et de voies piétonnes. Encore chapeau pour les « green jobs », ces emplois liés à l’émergence d’un nouvel ordre environnemental. Sans parler  du « 20-20-20 », 20% de réduction d’émissions de CO² promis par l’Europe par rapport à 1990, 20% de renouvelable dans le bouquet énergétique,  le tout d’ici à 2020. Les USA qui promettent 17% d’ici à 2020, choisissent 2005 comme année de comparaison. Soit une petite réduction de 4% par rapport à 1990. Mais revenons à Stephen Hill qui finit par évoquer une Europe énergétique où tout n’est pas si rose. Avec une dépendance à des régions instables, 45% du pétrole importé vient du Moyen Orient, et 40% du gaz arrive de Russie.(3) Et en prime, une crise financière. Ce qui n’empêche pas notre éditorialiste de conclure: « Mais les Européens ont découvert ce que savait la précédente génération de décideurs américains : cet investissement dans les infrastructures rapporte d’avantageux dividendes pour affronter l’avenir. » (1)

Stephen Hill vient d’écrire un livre qui défend le modèle européen : « La promesse de l’Europe : pourquoi la voie européenne est le meilleur espoir en ces temps incertains. » Il y défend la thèse que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe a opéré une révolution tranquille. Une transformation qui a posé les bases d’une société moderne qui offre à ses citoyens une sécurité  économique, une protection environnementale, et une stabilité globale. Il a voyagé pendant dix ans pour pénétrer la « European way of life » et comprendre le fonctionnement d’un système géopolitique qui fait quelques envieux.

M.J


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(1) « Europe energized », Stephen Hill, New-York Times, 08-06-2010 http://www.nytimes.com/2010/06/09/opinion/09iht-edhill.html?hp&ex=&ei=&partner=

(2) “ Renewable Energy Investment May Reach $200 Billion in 2010”,  Jeremy van Loon, Bloomberg, 17-03-2010http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601130&sid=aqM_.nmSwKvg

(3) Géopolitique des approvisionnements énergétiques de l’UE [FR], Euractiv.com Publié: 10 -01-2007 / Updated: 20 July 2005 http://www.euractiv.com/fr/energie/gopolitique-approvisionnements-nergtiques-ue/article-142797


Publié le 14 juin 2010 par marlene dans Actualité,énergie,Europe,USA
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Agrocarburants, boire ou conduire ?

Bonjour,

Agrocarburants: boire ou conduire ? C’est la question posée par une étude américaine de la Rice University de Huston, intitulée ‘The Water Footprint of Biofuels : a Drink or Drive Issue ?”(1) Selon cette équipe de chercheurs, l’extension de cultures destinées à produire des agrocarburants pourrait affecter les ressources en eau, et dégrader la qualité des nappes souterraines. Cette étude met l’accent sur l’énorme quantité d’eau avalée par cet agro -business, et par la pollution aquifère occasionnée par l’emploi de fertilisants, de pesticides, et autres produits chimiques. Elle encourage donc les dirigeants à se soucier un peu plus de «l’empreinte -eau » laissée par ces cultures à grande échelle. Cette « empreinte -eau » résume deux inconvénients majeurs. Les pénuries liées à une explosion des cultures, nécessitant toujours plus d’irrigation. Et la pollution croissante de l’eau occasionnée par le drainage des produits chimiques employés, sans oublier l’érosion des sols. (2)

Une consommation d’eau différenciée.

Aux Etats-Unis, leader mondial d’agrocarburants principalement issus du maïs, la production a explosé au cours de la dernière décennie. Elle est passée de 1,7 milliards de gallons en 2001 à 3,9 en 2005, pour atteindre les 9 milliards en 2008. (3) (4) La consommation d’eau a suivi. Elle aurait augmenté de 246% entre 2005 et 2008. (5) Si les besoins en eau pour faire pousser ces plantes sont généralement élevés, ils ne sont pas les mêmes selon les conditions environnementales, les pratiques agricoles, et les variétés de culture. Et selon les Etats. D’après le rapport de la Rice University, Au Nebraska, il faut 50 gallons d’eau pour irriguer le maïs nécessaire à produire le carburant qui fera avancer une voiture, de consommation moyenne, d’un mile. Quand il n’en faudra que 23 dans le Nevada, toujours pour un carburant à base de maïs. Mais, au Texas, il faudra 115 gallons d’eau pour arroser le sorgho, qui produira la même quantité d’éthanol. (2)

Une plante moins assoiffée.

Les auteurs du rapport de la Rice University , qui trouvent cependant de bonnes raisons pour continuer à produire des carburants d’origine végétale, moins de pétrole importé et sources d’énergies diversifiées, brossent le portrait de la plante idéale. C’est simple. Elle devra être moins assoiffée, moins gourmande en pesticides, fertilisants, et autres substances chimiques. Il s’agira donc de trouver les plantes adaptées aux conditions environnementales locales, avec la pluie comme mode d’irrigation. C’est-à-dire, qu’il faudrait oublier le maïs dans les régions où il s’adapte mal. Mieux, le rapport propose l’option « Panic Raide », une céréale sauvage qui pousse en abondance aux Etats-Unis, et qui pourrait produire de l’éthanol. D’autres solutions à base de cellulose, déchets agricoles et forestiers, devraient être exploitées. Avantages majeurs, une matière première importante disponible un peu partout sur le territoire américain, sans les pressions environnementales. Moins de terres agricoles, moins de produits chimiques, et moins d’eau. Argument écologique complémentaire, utiliser le carburant là où il est produit (2)

Un nouvel équilibre.

La relation entre la production massive d’agro-carburants et les besoins en eau fait débat. En août 2007, à Stockholm, lors de la Semaine Mondiale de l’Eau, des experts avaient craint que le développement de la bioénergie absorbe des ressources indispensables au développement de l’agriculture vivrière. Avertissement repris par les chercheurs de la Rice University. Pedro Alvarez, le rédacteur du rapport, rappelle que pour produire un kg de pain, il faut 1000 litres d’eau, et 10.000 pour un kg de viande. La démographie planétaire renforce l’argument. Selon lui, dans un monde plus peuplé, les décideurs devront réglementer l’usage de l’eau, en fonction des besoins de l’agriculture et de l’élevage. Alvarez parle d’un nouvel équilibre: consommer moins de pétrole, sauver les revenus des fermiers, tout en préservant l’eau indispensable à l’agriculture. (6)

M.J

“Ethanol, the inconvenient truth”, l’eau et bien d’autres défauts…

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(1) Introduction au rapport: http://cohesion.rice.edu/centersandinst/shellcenter/research.cfm?doc_id=11975

(2) « Rice U. researchers ask if biofuels will lead to a ‘drink or drive’ choice – Report weighs balancing biofuels and water resources », June 2009, http://www.rice.edu/nationalmedia/news2009-06-12-biofuelandwater.shtml

(3)  Wipedia. http://en.wikipedia.org/wiki/Ethanol_fuel_in_the_United_States

(4) 1 US gallon = 3,785 litres.

(5) « Bioproducts and Biosystems Engineering », Y. Chiu, B. Walseth, S. Suth, Univerrsité du Minnsota, in « Biocarburants : une soif qui pèse sur les reserves des Etats-Unis », BE Etats-Unis 162, 17-04-2009. http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/58699.htm

(6) “Researchers Say Increased Biofuel Production Could Harm Water Resources”, VOANews.com, , 23 June 2009 http://www.voanews.com/english/2009-06-23-voa62.cfm


Publié le 29 juin 2009 par marlene dans Actualité,biocarburants,eau,Non classé
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Les Grands Lacs et la Maison Blanche.

Bonjour,

Après le climat et les questions d’énergie, le nouveau Président des Etats-Unis devra s’attaquer à un autre gros dossier environnemental, la pollution des Grands Lacs. Un dossier qui, d’après la presse américaine, tend à s’imposer dans la campagne présidentielle. La région des Grands Lacs, qui chevauche la frontière entre les USA et le Canada, comprend quelques Etats – clé pour cette élection : Ohio, Pennsylvania, Indiana, Minnesota, et le Wisconsin. Sans oublier l’Illinois et New-York, considérés « acquis » à Obama.(1) John MacCain et Barack Obama ont promis aux électeurs de réhabiliter ce vaste système de zones humides corrompu par les rejets polluants industriels, urbains, et agricole. Et qui représente 90% des réserves d’eau douce de surface du pays.

Un endroit intact, jusqu’à l’arrivée des Blancs.

Rapide exposé du problème. Les Grands Lacs, le « quatrième littoral » des Etats-Unis, est le système d’eau douce le plus étendu au monde, 250 000 km², près de la moitié du territoire français. Situé sur l’espace frontalier entre le Canada et le Etats-Unis, cet ensemble comprend cinq grands lacs, Supérieur, Huron, Michigan – le seul qui soit totalement assis sur le territoire des Etats-Unis -, Erié, et Ontario. L’ensemble, associé au fleuve Saint Laurent, présente un réseau complexe de petits lacs secondaires et de chenaux.

Dès le milieu du XIX° siècle, l’accès à l’eau, puis l’aménagement de nombreuses voies navigables, y attirent les industries, métallurgie, chimie, automobile, papeterie, ou produits manufacturés. L’agriculture s’y développe sans rendre de comptes à l’environnement. Chicago, Detroit, Milwaukee, ou Cleveland, grossissent à proximité. Un siècle et demi plus tard, la densité industrielle et urbaine et les activités agricoles ont fini par dénaturer ce complexe de zones humides, resté à peu près intact jusqu’à l’arrivée des Blancs. De fait, cette pollution apparaît dès les années 60. Les rejets industriels toxiques, les contaminations d’origine agricole, les égouts refoulés par les villes, ou les sels de déneigement, ont eu raison de la qualité de l’eau. Les pluies nourries en pesticides, les nuages polluants issus des usines, et les émanations urbaines ont vicié la qualité de l’air. L’invasion de la carpe asiatique et la prolifération d’algues ont dénaturé les écosystèmes. En lien, une approche fouillée de la pollution dans le système des Grands Lacs.

Le dixième de la population des USA.

En 1972, Les Etats-Unis et le Canada signent un premier accord sur la qualité de l’eau des Grands Lacs, coopération renouvelée en 1978. Les deux pays s’engagent à restaurer les écosystèmes, et à les maintenir en bonne santé. Pendant deux décennies, les rejets toxiques diminuent, sans s’arrêter complètement. Mais la concentration de sédiments contaminés dans les rivières qui alimentent les lacs reste inquiétante. Ces produits contaminants affectent la faune et la flore des Grands Lacs, sans épargner les poissons, et les riverains. En 2002, on estime que la santé de cinq millions de personnes est menacée, des deux côtés de la frontière, en raison de la consommation de poissons contaminés. Au Etats-Unis, une trentaine de sites sont sous haute surveillance. Le pays adopte la Great Lakes Legacy Act , qui annonce un vaste programme de décontamination de la zone, relayé par la US Environmental Protection agency (USEPA) et le Great Lake National Program Office (GLNPO). En 2004, Bush classe ces zones humides « National Treasure », « trésor » partagé par le Canada. Et chaque année, The State of The Lakes Ecosystem Conference (SOLEC), dresse un état des lieux environnemental. Ce dispositif costaud est relayé par une nébuleuse d’initiatives au niveau des Etats et des régions, ou par des d’associations. The Great Lakes Commission est une organisation régionale, la seule, qui a autorité pour représenter les intérêts des huit Etats des Grands Lacs, sur des questions environnementales ou économiques. Pollutions installées, fonds difficiles à débloquer, ce vaste complexe de zones humides n’a pas retrouvé la santé. Début septembre, une coalition environnementale a insisté sur le dossier des Grands Lacs, enjeu écologique, et enjeu économique. Plus de 30 millions de personnes y vivent, le dixième de la population des USA. .

La région des Grands lacs sur la route de la Présidence.

Créer un fonds à partir d’arriérés fiscaux prélevés aux compagnies pétrolières, nommer un coordinateur, réparer les systèmes d’égouts, dépolluer les sédiments, restaurer les écosystèmes et les habitats, développer une politique « zéro toxique », Barack Obama a déjà détaillé son plan d’action pour la région des Grands Lacs. John MacCain, plus évasif sur sa stratégie, en a lui aussi fait un thème de campagne. Au passage, il a été épinglé par les Démocrates qui lui reprochent d’avoir voté contre un budget, en partie destiné à édifier une barrière dans l’Illinois pour stopper la migration de la carpe asiatique dans le lac Michigan. (2) Obama a promis d’en finir la construction, faute de quoi la fameuse carpe pourrait coûter cher aux pêcheries de la région, moins 4 billions de dollars. (1) La restauration des Grands Lacs est aussi une question d’économie régionale. Dans le Wisconsin, cette ressource naturelle rapporterait 55 billions de dollars annuels, via le tourisme et la création de 11 000 emplois. Reste la question du financement du plan de restauration des Grands Lacs, une enveloppe estimée à plus de 20 billions de dollars, alourdie par la crise financière.(1) Dans une lettre ouverte aux candidats, l’association Healthy Lakes rappelle que les deux dernières élections présidentielles ont montré que les Etats riverains des Grands Lacs pesaient pour gagner la Maison Blanche. Début septembre, Rahm Emanuel, Démocrate, représentant de l’Illinois, déclare lors d’une réunion à Chicago: « La région des Grands Lacs est clé pour gagner la présidence. »

M.J

(1) Restoring big lakes become a campaign issue /John flescher, Associated Press Friday October 17, 2008,

http://ap.google.com/article/ALeqM5gWqADKl0RU5XX6M7_ATQh43GwmswD93S6TJ00

(2) “Editorial: Obama’s Great Lakes initiative promising », Herald Times Reporter.

http://www.htrnews.com/apps/pbcs.dll/article?AID=/20080921/MAN06/809210381/1410


Publié le 24 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Biodiversité,USA
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« American way of life », vue du ciel.

Bonjour,

D’immenses plaines ensemencées tirées à la règle, des rangées de maisons bien organisées, d’autres bâtisses abandonnées, des lotissements au milieu de nulle part, des milliers de voitures posées sur des kilomètres de parkings, des parcs de loisirs aux allures de gros gâteaux aux couleurs acidulées, des friches industrielles héritées de l’âge d’or de l’acier, des concentrations d’avions, de trains, de camions, de bateaux, en service ou usagés, des dépôts de matériel électro-ménager au rebut, des terrains des golfs verts imposés à un environnement aride, du haut de son avion, Alex MacLean prend des photos. Il accumule les paysages américains, saisit leur évolution, et témoigne de leurs blessures. A la façon d’un reporter, il raconte comment la société américaine traite son environnement. Très attaché aux formes, aux lignes, et aux couleurs, son témoignage est esthétique.

« Je travaille comme photographe aérien depuis que j’ai obtenu un diplôme de l’école de design, et j’ai essayé d’envisager cette discipline selon trois directions – – d’un point de vue éditorial, comme un photographe d’art, et avec l’œil d’un architecte/ aménageur… », rapporte-t-il dans un entretien.(1) Seul à bord de son avion, il prend ses photos à une altitude comprise entre 500 à 14000 pieds, vitre ouverte. Son poste de travail est étroit et bruyant. Depuis 30 ans Alex MacLean survole les villes et les grands espaces pour y traquer les stigmates laissés par «l’American way of life », Etats-Unis, Canada. Il a aussi collecté des clichés en Europe, et en Asie. Il signe six catalogues qui témoignent de changements environnementaux, résultat d’un processus naturel, ou signature humaine.

« Over », son dernier ouvrage, est un témoignage plus alarmiste. Atmosphère, désert, élévation du niveau des mers, urbanisme, dépendance à la voiture et à l’électricité, gaspillage, résidences somptueuses et golfes assoiffés, le style de vie américain n’est plus compatible avec l’état de la planète.Un plaidoyer en images pour un appel au changement : “Over nous oblige à reconsidérer nos comportements, notre façon de vivre, de travailler, de se divertir, et révèle que, pendant que les défis auxquels nous sommes confrontés ne sont pas insurmontables, le futur dépend de notre vision collective, de notre passion, et de notre engagement ». La suite sur son site, son portfolio rappelle qu’il est aussi un artiste…

M.J

(1) http://ocw.mit.edu/NR/rdonlyres/Urban-Studies-and-Planning/11-947Fall-1998/A264FCF9-318A-4FBB-AD7B-520F1FF61E70/0/11.pdf


Publié le 29 septembre 2008 par marlene dans photographie
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Des Américains à Bali.

Bonjour,

Un petit retour sur Bali. Et sur les positions américaines.

Bush et Bali.

La conférence de Bali sur le climat devait donc formuler une feuille de route pour préparer l’après Kyoto. Kyoto, qui expire en 2012, reste le seul instrument international pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement. A Bali, un projet de texte incitait les pays industrialisés à réduire leurs rejets de 25% à 40%, d’ici 2020. Calcul fait en référence aux émissions de 1990. L’administration Bush, la voix officielle des Etats-Unis à Bali, a évidemment rejeté cette proposition chiffrée. Bush, qui a longtemps nié la relation entre les gaz à effet de serre et le climat, commence à réviser ses positions, sans lâcher le morceau. Les intérêts pétroliers, industriels, et financiers, passent toujours avant la crise climatique. A Bali, si les représentants de Bush ont refusé de valider des objectifs dictés, c’est qu’ils prétextent encore que cette restriction doit concerner tout le monde, pays industrialisés et pays en voie de développement. Sous- entendu, l’Inde et la Chine, grosses économies et gros pollueurs, doivent aussi agir pour limiter leurs émissions. Le texte final, qui engage aussi les pays en voie de développement, et qui avait sans doute besoin de l’approbation américaine pour faire autorité, reflète les exigences de la superpuissance. Pas de programme contraignant, seulement des « actions », et des « engagements », pour réduire les émissions de gaz effet de serre. C’est encore gagné. Dix ans après Kyoto, les Etats-Unis restent la seule puissance occidentale en dehors du Traité. Petite avancée, en signant le texte de Bali, les Etats-Unis ont reconnu le rôle de l’ONU dans la gestion de la crise climatique.

Gore, Kerry, Schwarzenneger, Clinton, et les autres.

A Bali, d’autres Américains sont venus faire entendre une voix différente de celle de l’administration Bush. Al Gore, qui faute d’être devenu un Président démocrate, a beaucoup fait progresser les consciences sur le réchauffement. Son film, « Une vérité qui dérange », démonstration très soulignée sur les causes et les effets de la crise climatique, a fait le tour de la planète. Al Gore, venu recevoir son Prix Nobel de la Paix à Oslo le 10 décembre dernier, récompense partagée avec le GIEC, déclarait: « Les Etats-Unis et la Chine doivent réduire leurs émissions sous peine de torpiller les efforts internationaux contre le réchauffement climatique. » (1) Avant de se rendre à Bali, quelques minutes de son intervention , in English:

Autre personnalité présente à Bali, John Kerry, sénateur démocrate, candidat aux Présidentielles de 2004. Kerry a prédit qu’une Amérique démocrate ne s’opposerait plus aux contraintes de la lutte contre la crise climatique. Et de nuancer: « Les Etats – Unis auront un rôle moteur. Mais ils ne s’engageront sur des objectifs contraignants qu’à la condition que les pays émergents soient aussi concernés ». (1) Egalement présent en Indonésie, Arnold Schwarzenneger, le Gouverneur de Californie. Dernier succès, il vient faire signer un accord à neuf Etats du Middle West pour les inciter à réduire leurs émissions polluantes. Plus « people », Brad Pitt et George Clooney, étaient aussi attendus à Bali. Aux Etats-Unis, Hillary Clinton, en course pour l’investiture démocrate, dénonce les positions de Georges Bush. Si elle est élue, elle annonce une Présidence « écologique ». Elle souhaite impulser un nouveau Traité international pour remplacer Kyoto. Dans un récent discours, elle a proposé de développer les énergies  » propres », et de détourner une partie des bénéfices pétroliers au profit des sources alternatives. En attendant les élections, cette autre Amérique dispose déjà d’un territoire. Une vingtaine d’Etats, et 300 villes, se sont engagés à remplir les conditions du Protocole de Kyoto.

M.J

(1) « Cette Amérique qui veut faire plier Bush sur le climat », Tribune de Genève, Philippe Dumartheray, 11 décembre 2007.


Publié le 19 décembre 2007 par marlene dans Actualité,Climat
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