Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Un milliard d’affamés.

Bonjour,

Plus d’un milliard de personnes, à peu près 1/6° de l’humanité, est sous-alimenté. C’est le constat de l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture des Nations Unies (FAO). La crise économique mondiale et le prix élevé des denrées alimentaire dans nombre de pays en développement expliquent ce record honteux. Cette année, 100 millions de personnes supplémentaires, devenues plus pauvres en raison du chômage et d’une baisse de leurs revenus, n’auront pas les moyens de se nourrir décemment. Pour le Programme alimentaire mondial (PAM), qui signe ce constat avec la FAO, c’est un retour en arrière après quatre décennies d’avancées sur le front de la faim dans le monde. Les prix élevés du pétrole et de la nourriture, en 2008, ont préparé le terrain à ce regain de pauvreté, stimulé par la crise mondiale. (1)

Moins de revenus en provenance des travailleurs exilés à l’étranger, baisse de l’activité économique et des exportations, hausse du chômage, prix alimentaires élevés, les pauvres sont plus pauvres, et une nouvelle classe de démunis, jusque-là épargnée, apparaît. Pour fouiller le problème, le PAM a retenu cinq pays, Arménie, Bengladesh, Ghana, Nicaragua, et Zambie. L’Arménie, très dépendante des revenus de ses travailleurs du bâtiment employés en Russie et en Europe, 20% de son PIB et soutien financier pour de nombreuses familles, a immédiatement ressenti les effets de la crise. Une classe de nouveaux pauvres en témoigne. Beaucoup de gens achètent déjà de la nourriture à crédit. Et l’hiver annonce des risques de pénuries alimentaires. Le Nicaragua, touché par les conséquences d’un ouragan et d’inondations, qui mise sur les revenus de sa main d’œuvre exilée à l’étranger, est particulièrement vulnérable au ralentissement économique des Etat-Unis. Les exportations, café, fruits de mer, et confection, à destination du grand voisin, sont compromises. Les familles paupérisées, sont réduites à vendre leur bétail pour joindre les deux bouts. La santé et l’éducation des enfants ne sont plus une priorité. En Zambie, le prix de la nourriture de base a explosé, 2/3 plus cher que l’an dernier à la même époque. De nombreuses familles sautent déjà des repas, et se contentent d’une alimentation bon marché, bien moins nourrissante. La monnaie est dévaluée. Le prix du cuivre, principale exportation du pays, est tombé. Les mines de cuivres licencient en pagaille. Au chômage, les mineurs perdent deux avantages majeurs, des repas et un suivi médical – beaucoup souffrent du SIDA -.Au Bengladesh, très dépendant de l’argent gagné au-delà des frontières, la situation n’est guère plus brillante. Les migrations de travailleurs ont chuté de 40% par rapport à l’année précédente. Les commandes de prêt-à-porter sont tombées, les exportations de poissons aussi. Fin 2008, 20% de la population souffrait déjà de malnutrition chronique. Au Ghana, jusqu’alors remarqué pour sa bataille contre la faim et ses progrès sociaux, il y a risque de retour à la case départ. Ses deux principales exportations, le cacao et l’or, doivent porter une économie très ralentie par la crise. Les prix alimentaires y sont très élevés. On y mange moins, et moins bien qu’avant. Particulièrement touchées, la zone de production des noix de Karité employées dans l’industrie cosmétique, et les femmes qui en dépendent.

La géographie de la sous-alimentation, largement calquée sur un monde pauvre, place l’Asie- Pacifique en tête -642 millions de personnes -, suivie par l’Afrique sub-saharienne – 265 millions -, Amérique latine – Caraïbes – 53 millions-, Proche Orient- Afrique du Nord – 42 millions. Sans oublier le « monde développé », 15 millions. A propos de cette cartographie de la misère, théâtre potentiel d’instabilités et de migrations accélérées, Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, a déclaré : « Cela est inacceptable. Comment peut-on expliquer à des gens sensés et de bonne volonté une telle situation dramatique dans un monde où les ressources internationales abondent et alors que des trillions de dollars sont dépensés pour stimuler l’économie mondiale? »

M.J

(1)« AO/ Une personne sur Six dans le monde soufre de la faim », Centre d’actualités de l’ONU, 19 juin 2009, http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=19432&Cr=FAO&Cr1=faim

(2) « Households Go Hungry as Financial Crisis Bites », WFP , Published on 11 June 2009 http://www.wfp.org/news/news-release/households-go-hungry-financial-crisis-bites

(3) «La AO appelle à renforcer la sécurité alimentaire mondiale », Centre d’actualités de l’ONU, 8 juin 2009. http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=19330&Cr=alimentation&Cr1=FAO


Publié le 23 juin 2009 par marlene dans Actualité,faim
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