Oct 13 2010

L’Eglise et le monde du travail: l’église Notre-Dame du Travail à Paris

Publié par ericdarrasse dans Images du travail, Non classé      

Le courant catholique social de l’Eglise  rêve d’une réconciliation des classes sociales (ouvriers et patrons)  dans une communauté de travail appelée monde du travail. Comme sa pensée l’art ecclésiastique s’inspire d’un Moyen-Age idéalisée où la ferveur serait aller de pair avec l’attachement au travail bien fait. Dans cette optique le curé Roger Soulange-Bodin, lorsqu’il projette de bâtir l’église paroissiale du quartier ouvrier parisien de Plaisance en 1897 décide de la nommer « Notre-Dame du Travail », qu’il souhaite inaugurer lors de l’Exposition Universelle de 1900. Dans son tract de souscription des fonds, tiré à 100 000 exemplaires il affirme son but: « Pour unir sur le terrain de la Religion les travailleurs de toutes les classes ». L’église sera « pour les producteurs du travail n grand sanctuaire d’union et de concorde. »  L’Eglise est financée par des patrons de l’industrie et du commerce, unie dans « L’union fraternelle du commerce et de l’industrie ».  A la fois pour des raisons d’économie et d’adéquation à ce projet, l’intérieur de l’église laisse apparaître la structure métallique; et les murs sont décorés par des fresques sur les différents métiers; tandis que la façade adopte le style néo-byzantin courant à l’époque.

La façade de l'église de Notre Dame du Travail à Plaisance (Paris) dissimule l'architecture métallique sous un plaquage de pierre, dans un style néo-roman courant à l'époque: plus que négation de l'industrialisation de l'architecture, un rappel du Moyen Age perçu comme une époque de foi par contraste avec des temps modernes vicitmes de la déchristianisation.

Cette freque en l'honneur de St Eloi patron des ouvriers sidérurgistes réconcilie artisans et patrons, monde du travail et monde politique, dans un éloge de la virtuosité .

En 1908 la statue de Notre-Dame du Travail repose sur un socle où figurent le différents outils de l agriculture, de lindustrie et des transports, dans une célébration du progrès par le travail.

Le socle de la statue de ND du Travail en 1908 juxtapose artisanat et industrie, ainsi que les divers secteurs.

Cette fresque de ND du Travail en 1904 nous rappelle que la faucille et le marteau sont deux vieux symboles pré-industriels des travailleurs de l'agriculture et de l'industrie.

Le prospectus de souscription résume l’idéal social de l’Eglise, celui d’une union des classes au sein d’un monde du travail fraternel, dans un rappel des corporations médiévales idéalisées. Ici un bourgeois et un ouvrier représentent le métier des sculpteurs, apportant leur tribut. Le style dépouillé de l’intérieur de N.D. du Travail: église bâti comme une usine.

Cette fresque de N.D du Travail est consacrée à St Joseph patron des menuisiers et charpentiers. Elle rappelle d'abord le modèle de la Sainte Famille comme famille ouvrière: Joseph maître artisan, Marie filant, Jésus apprenti. Ensuite elle juxtapose un premier plan antiquisant avec un arrière plan moderne: les charpentiers édifient des immeubles en hauteur, la ville à l'arrière plan ressemblant à Paris .


Oct 13 2010

Le monde du travail agricole dans la photographie, vers 1900

Publié par ericdarrasse dans Non classé      

Alors que les labours ne sont guère mécanisés avant les années 1950, le battage le fut plus précocément, à partir du Second Empire. Des entreprises de travaux agricoles, disposant de grosses batteuses à vapeur, remontaient du sud au nord de la France, commençant à battre en juin dans le midi, pour finir à l'automne dans le nord. L'arrivée de la machine dans une ferme était l'occasion du plus grand rassemblement de main d'oeuvre de l'année: il fallait alimenter la machine fixe avec les bottes de paille, évacuer celle-ci et les grains. D'où, à la fin de ces grands travaux, une fête, encore plus importante que celle des vendanges. Cette photographie veut immortaliser une petite société de travailleurs, une fois la tâche commune accomplie.

Vers 1900 deux paysans posent dans le studio du photographe, devant une toile peintre représentant un noble décor. Alors que les vêtements sont disparates, les sabots sont mis en valeur. En effet cette chaussure de bois, avant d’être le symbole des paysans, n’est pas un signe de pauvreté. Les sabots sont aussi voire plus chers que les godillots en cuir. Mais ils sont préférés des paysans pour plusieurs raisons: la terre y accroche moins qu’aux godillots; ils isolent plus du froid ; ils permettent de peser sur la bêche; ils durent parfois  toute une vie. Dans le cadre du folklore les sabots deviennent un symbole d’identité paysanne.
Quoiqu’en diminution constante depuis 1850 du fait de la mécanisation et de l’émiettement des exploitations, les ouvriers agricoles restent nombreux jusqu’en 1946. Dans les plus grandes exploitations ils forment des équipes permanentes, renforcées lors des grands travaux par des saisonniers. Ici, vers 1900, cette photographie saisit sans doute la fin degrands travaux: le patron à gauche en tenue bourgeoise ,  tient une bouteille; les ouvriers à droite sont en tenue de travail; les godillots et sabots étant encore couverts de terre.

Oct 13 2010

Un monde du travail inclassable: les petits métiers des rues.

Publié par ericdarrasse dans Non classé      

Ce grand tableau à l'huile de Pierrre Carlier, en 1885, dans la veine naturaliste, représentant des livreurs de farine dans Paris, montre les limites d'une classification trop étroite des mondes du travail, urbain et rural, agricole et tertiaire. Puisque qu'en ville sont reproduits des gestes similaires à ceux des agriculteurs, qui combinent force et adresse pour ne pas se briser. Donc ne pas assimiler secteur tertiaire et col blanc; mais plutôt distinguer les travailleurs de force des autres.

Un exemple des gravures décoratives sur les petits métiers des rues à la fin de l’Ancien Régime: l’étal de la ravaudeuse, qui répare les accrocs aux vêtements, ici un bas d’homme.

EN 1840 une gravure décorative sur l'éveil de la rue à Paris vers 1840, représentant à gauche la maison d'édition de la gravure.

Un cordonnier, vers 1900, a installé son métier devant une maison: petites réparations des chaussures, et non plus fabricant, en fait un savetier.

Cette peinture de Jean-Ulysse Roy met en scène un petit ramoneur savoyard, tranchant avec sa suie sur la neige au centre de Paris. Ce métier spécifiquement enfantin était particulièrement pénible: les enfants s’engageaient dans les conduits de cheminée, qu’ils curaient avec un hérisson métallique. Ici le pittorestque gavroche occulte une misère enfantine, en 1891, alors que l’école primaire est déjà obligatoire.

Photographie pittorsque ou la misère escamotée: le machand de paniers. 1899.

Eugène Atger. Carte postale. Le chiffonier à Paris.

En marge du commerce établi en boutique, qui permet d’intégrer la petite bourgeoisie,  se maintiennent difficilement les métiers des rues , qui requièrent un capital initial très modeste, soit un petit stock pour les marchands ambulants, soit quelques outils pour les artisans des rues. Au fur et à mesure de l’hausmannisation  des villes et de la multiplication des boutiques, jusqu’à la Libération, ce secteur informel, qui souvent ne paye pas de patente et est seulement toléré par la police comme palliatif à la misère populaire, recule.  Or, au moins depuis le XVII siècle toute une tradition picturale, dénommée « Les cris de Paris », représente ces petits métiers, avec leurs cris caractéristiques pour attirer le chaland.  A la fin du XIX siècle la photographie, notamment Eugène Atger,  prend le relais des gravures, particulièrement sous forme de carte postale; tandis que certains peintres réalistes folklorisent ces métiers sur le déclin.


Oct 13 2010

Le monde du travail des bâtisseurs: encore très artisanal.

Publié par ericdarrasse dans Non classé      

Dans une petite entreprise une équipe de menuisiers prend une pause. 1900.

Une équipe de tailleurs de pierres posant avec ses outils, sur le chantier de restauration d’une église, vers 1900

Vers 1900, dans le studio du photographe, deux jeunes couvreurs fiers des outils spécifiques de leur métier, notamment le marteau à casser les ardoises.

Vers 1900 des tailleurs de pierre sur le chantier d’un immeuble à ossature métallique.

Cette gravure de 1841 sert de tableau de réception pour les compagnons charpentiers Passants ou de Maître Jacques , l’organisation catholique, à Lyon.  Le nouveau compagnon, en place Bellecour, porte la canne colorée qui sert tout à la fois de signe de ralliement, de baton de marche et d’arme dans les rixes.  Les initiales expriment des devises: UVGT pour Union Vertu Génie Travail, UPFS pour Union Prudence Franchise Sagesse. Le décor mêle le métier, la morale et une culture antique traditionnelle.

En 1875 le peintre Gustave Caillebotte décrit le rude travail des menuisiers rénovant un plancher dans un appartement bourgeois, pliés par l'effort. Le bâtiment reste un secteur de travail manuel, dans lequel les machines soulagent encore très peu les hommes, à la différence de l'industrie. On voit aussi comment le bâtiment, particulièrement le second oeuvre , peut s'organiser en petites entreprises artisanales, la mise de fond initiale étant minime.


Oct 13 2010

Un paysage marqué par le travail usinier: la banlieue au nord de Paris dans les années 1930.

Publié par ericdarrasse dans Non classé      

Les banlieues industrielles, qui mêlent habitat ouvrier et usines, ont attiré très tardivement les peintres d’extérieur, ceux-ci leur préférant longtemps les scènes rurales archaïsantes. Ici trois peintres des années 30 s’inspirent de la plaine Saint-Denis, principale zone industrielle au nord de Paris

Jean LUGNIER, le canal St Denis vers 1930. Les péniches du canal apportent le charbon du Nord-Pas de Calais aux usines de la périphérie nord de Paris.

En 1933 Paul Signac se focalise sur la forêt de cheminées d'usine de la plaine St Denis, dont les usines qui produisaient du gaz et de l'électricité à partir du charbon du Nord-Pas de-Calais acheminé par canal. Les cheminées servaient à évacuer les fumées, principalement celles des chaudières à vapeur; afin de limiter la pollution au sol. Elles deviennent donc l'emblême de l'industrie.

Dans les année 1930 Maurice FALLIES articule deux éléments de la banlieue industrielle: le chemin de fer qui permet des migrations pendulaires vers le centre-ville; les cheminées d'usines.


Oct 13 2010

Les Halles ou le Ventre de Paris. 1880-1900.

Publié par ericdarrasse dans Non classé      

Victor-Gabriel GILBERT, Le Carreau des Halles, 1880. Si les Halles servaient de marché de gros, leurs alentours servaient aussi de marché de détail; ici des paysannes ou revendeuses fournissant des fruits et légumes.

En 1900 cette photographie prise dans la halle à la viande de Paris montre la proximité des emplois manuels de l'agriculture, de l'industrie et des services: saleté du lieu de travail avec l'accumulation de déchets; dangers du travail avec l'absence de systèmes de protection; pénibilité par la répétition de gestes. 1900.


Oct 13 2010

Le travail au féminin: métiers de femme.

Publié par ericdarrasse dans Non classé      

Si bien des entreprises réunissaient hommes et femmes sur le même lieu de travail, parfois aux mêmes poste, certains métiers issus du travail domestique restent féminins. Ainsi du travail du linge.  Les peintres Daumier et Degas montrent la dureté du blanchissage et du repassage, à une époque où la plupart des foyers n’étaient pas équipés pour ces tâches et confiaient donc ce travail à des professionnelles.

Honoré DAUMIER, artiste polémique proche de la République Sociale, dans ce tableau La Blanchisseuse, de 1863, exprime par la massivité et la courbure des corps le harassement des blanchisseuses travaillant sur les bâteaux lavoirs de la Seine à Paris. C'étaient de longues heures agenouillées, les bras dans l'eau froide, à battre puis rincer le linge, qu'il fallait ensuite livrer chez les clients. Les blanchisseuses étaient parmi les ouvrières les moins payées: guère de qualification ni d'outils, seulement l'achat du savon et la location d'une place, donc une concurrence qui tirait les tarifs vers le bas. Un exemple de la distinction à opérer entre salariat et prolétariat: bien des travailleurs dits indépendants s'exploitaient eux-mêmes plus durement que les patrons ne le faisaient avec certains de leurs salariés. Qu'il soit vendu à un patron contre salaire ou vendu directement à un client, le travail non qualifié rapportait peu.

Sans misérabilisme ni prosélytisme, car éloigné des idées socialisantes, Edgar Debas fournit en 1884 un tableau saisissant de la fatigue au travail. A droite une repasseuse pèse de tout son corps sur un fer en fonte préalablement chauffé. A gauche une autre ouvrière se détend lors d'une pause, le vin rouge aidant à supporter l'ankylose et le sommeil.

En 1905 Léon Delachaux inscrit la scène du lingère reprisant du linge à domicile dans la tradition de la peinture d'intérieur hollandaise du XVII, pour donner une image positive du travail féminin, à l'opposé du travail dégradant représenté par Daumier et Degas. Non seulement les conditions de travail sont favorables (lumière, chaleur,propreté), mais encore la femme se concentre paisiblement sur une tâche méticuleuse mais non dangereuse, gage de prospérité. En réalité bien des femmes seules survivaient à peine de ces petits métiers du textile.

Cette affiche publicitaire de lancement d'un roman populaire intéresse doublement les travailleuses. D'abord l'héroîne de ce mélodrame, Jenny, est une ouvrière malheureuse mais méritante: chargée d'un enfant du fait d'un séducteur, elle se rachète par un travail acharné, affronte des tribulations mélodramatiques comme le rapt . Ensuite le public visé est populaire: un coût modéré de 10 centimes pour chaque fascicule, une identification avec l'héroïne.


Oct 13 2010

Les peintres et le travail agricole: Milet en 1848-1857

Publié par ericdarrasse dans Non classé      

Depuis le Second Empire, alors même que la France s’industrialise, le travail agricole intéresse les peintres, qui hésitent entre une vision bucolique et la rudesse du labeur.

En 1848, alors qu'il est devenu électeur, le paysan est représenté par Milet, ici au vannage du blé

Cette scène très réaliste, d'un couple de petits paysans ayant récolté des pommes de terre, a été utilisée par la propagande agrarienne pour opposer le paysan vertueux car naturel et pieux à l'ouvrier vicié par la ville et l'irréligion.


Oct 13 2010

Publicité et travail agricole: La Terre de Zola 1887, les Engrais Jourdain 1895

Publié par ericdarrasse dans Non classé      

Deux affiches publicitaires évoquent le monde agricole: une publicité pour le roman La Terre d’Emile Zola en 1887, qui dénonce la fatalité d’un labeur ingrat; a contrario une publicité des engrais jourdains qui promet une abondance biblique au moisonneur. Point commun: le cadre est la Beauce, un plateau céréalier de grande culture.


Oct 13 2010

Une propagande socialisante tentant d’unir travailleurs des villes et des champs: Steinlein en

Publié par ericdarrasse dans Non classé