Le signe

Je fais des études pour devenir, un jour je l’espère, vétérinaire. Ma chienne compte beaucoup pour moi. Ce matin ma famille et moi sommes arrivés en Alsace, à Husseren, pour fêter mon anniversaire ce 11 Décembre. Il aura lieu chez ma grand-mère, à côté de Mulhouse et de ses belles montagnes : les Vosges. A peine rentré, j’aperçois ma cousine en fauteuil roulant, ça me fait du bien de la voir, car depuis 6 ans je n’ai pas pu lui adresser la parole, enfin elle ne me parle plus, depuis cet accident idiot qui aurait pu être évité :

« A l’époque, je lui avais piqué une de ses deux baskets, elle me poursuivait, nous rigolions, je traversai la route à la hâte, je ne regardai ni à gauche ni à droite, ma cousine fit de même et c’est au mauvais moment qu’une voiture arriva, ma cousine se fit renverser et fut paralysée des deux jambes, elle hurla. Mes parents accoururent ainsi que les siens et ma grand-mère. Elle fut conduite d’urgence à l’hôpital. Alors que je m’approchai de le voiture pour voir le coupable, je me penchai pour arriver à la hauteur de la fenêtre et c’est alors que je m’évanouis : il n’y avait personne dans la voiture . »

Nous fêtons mon anniversaire le soir même. Il y a un cadeau anonyme mais personne n’a vu qui l’a déposé ni quand. Ma cousine peut-être, cela m’étonnerait. Il y a peut-être un nom à l’intérieur. Ca y est, nous commençons à manger, il y a des patates revenues à l’huile accompagnées de cordon bleu et le dessert est une surprise. C’est l’heure d’ouvrir les cadeaux :

Je reçois un peu d’argent de ma grand-mère, de mes parents de même et le cadeau « mystère » est un bout de bois avec une croix rouge dessus, rouge comme du sang. Il n’y a pas de nom à l’intérieur, je ne comprends pas trop de qui cela peut bien être ni ce que cela peut bien dire mais comme on dit souvent : c’est l’intérêt qui compte. Maintenant il se fait tard, nous allons nous coucher.

Le lendemain, mon père nous propose d’aller nous aérer, et d’aller faire un tour à la lisière d’une forêt. Ma cousine ne veut pas pas venir de peur de se fatiguer et de nous ralentir, mais mon père propose d’accrocher notre chienne, Lola, à son fauteuil roulant ce qui lui évitera de s’affaiblir trop vite puisque Lola aussi tirera le fauteuil. Elle finit par accepter. Je ne me fie pas trop à cette idée mais bon, nous y allons. Je me retourne de temps en temps pour voire comment elles s’en sortent et à ma grande surprise, Lola, qui n’aime pas trop les inconnus et qui ne l’a vue qu’une seule fois, la lèche beaucoup. Puis ma cousine me demande de lui donner un bout de bois pour qu’elle puisse jouer avec elle. Je m’exécute. Puis je me retourne encore une fois, mais là au bord de CE bois, accroché à CE fauteuil, avec CETTE personne sur le fauteuil roulant et surtout avec CETTE branche, MA Lola était en train de s’étouffer ! Je crois d’abord à une vision d’horreur, une sorte de cauchemar que je fais tout éveillée. Ma cousine avec cette tête apeurée se met à hurler et je comprends que c’est la réalité ! Je me jette alors sur elle tentant par tous les moyens de lui faire cracher le bout de bois, mais rien ne sort RIEN. Je suis en pleurs lorsqu’elle s’arrête de bouger, s’immobilise, je regarde ses yeux, d’habitude si pétillants, pleins de vie, je suis affolée, ils sont tout blancs ! C’est là à ce moment précis que je réalise qu’elle n’est plus là ! Ma Lola, ma fifi, elle est morte ! Elle qui m’apporte de la joie chaque jour à chaque moment de la journée , avec sa queue qui remue tout le temps, son pelage roux, comme un fauve, l’affection qu’elle m’apporte chaque fois que je la vois, le bruit de ses pattes sur le parquet, le matin lorsqu’elle vient gratter à la porte de ma chambre, et sa truffe, oui son petit museau qui brille comme tout, ce n’est pas possible, mais pourquoi ? Comment est-ce arrivé ? Cette fichue branche était pourtant d’une trentaine de centimètres ! Je suis en colère, en colère contre mon père, mon père et cette idée idiote de l’accrocher au fauteuil roulant de Justine. En colère contre elle, d’avoir accepter cette « solution » soi-disant et de m’avoir demandé un bout de bois et, en colère contre moi, de lui avoir donné cette petite branche ! Quand soudain je repense à ce cadeau mystérieux qui m’a été offert. Mais oui ! Bien sûr, c’était un avertissement ! Mais de qui ? Ça je ne le sais pas et je ne le saurai sûrement jamais. Alors que je me retourne pour voir pour l’une des dernière fois Lola, toujours en pleurant des larmes qui ne s’arrêtaient pas, je vois ou plutôt je revois cette croix rouge, mais cette fois pas sur une branche mais bel et bien sur Lola ! Je n’en peux plus, je commence à voir flou, puis Lola se relève, court vers moi avec sa petite langue qui pend tout le temps, puis le sol se met à bouger et d’un coup plus rien et c’est alors que je m’évanouis.

Quand je reprends connaissance nous sommes chez ma grand-mère, ils ont déjà enterré Lola. Je ne pourrai plus jamais la voir, sauf sur des photos, ces souvenirs immortalisés souvent tristes, douloureux, lorsque l’on y repense. Ils apportent une pincée de chagrin, une boule dans la gorge, qui vous fait monter les larmes aux yeux ou alors de la gaité. C’est alors un souvenir joyeux qui vous fait sourire ou alors rigoler tout seul. Je me remets à pleurer. Cette croix rouge me fait peur à présent, elle me hante, je la revois, là au niveau du cœur de Lola pas très grande, mais bien présente. Après le repas du midi, mes parents me conseillent d’aller me reposer, que le voyage de la veille et la mort de Lola m’épuise. Je les écoutai et je m’endors aussitôt que je suis sous la couette.

Lorsque je me réveille, il fait jour, je comprends que j’ai dormi plus de vingt-quatre heures. Cette nuit, ou plutôt le temps que j’ai passé à dormir, j’ai rêvé, non j’ai plutôt cauchemardé, enfin j’ai revécu le jour où ma cousine s’est faite percuter par cette voiture sans conducteur. J’ai vu, oui je l’ai vu, j’en suis sûre désormais, il y avait une croix rouge sur la chaussure que j’avais pris à Justine ! Je m’en souviens très bien maintenant ! Elle était sur la droite, sur le côté droit de la chaussure ! Justine avait été prévenue grâce à ce signe, qu’il allait lui arriver un malheur !

Mais Lola pourquoi ne l’ai-je pas vu avant ? Je n’ai pas dû faire très attention, et elle n’était pas très grande. Mais quoi qu’il en soit ce bâton m’a prévenue. Puis je prends ma tête entre mes mains et je me remets à sangloter lorsque, quelque chose de rouge attire mon attention. . . Quelque chose de rouge sur ma main ! Non, je dois rêver, ce n’est pas possible ! Des frissons commencent à me monter dans le dos, je sens mes poils se hérisser, je n’ose pas regarder, mon coeur s’accélère, mon sang se glace, je ne veux pas regarder, non, JE NE VEUX PAS ! Et pourtant cette chose m’attire comme. . . un aimant. Ma tête tourne lentement en direction de ma main, je ne me contrôle plus, puis mes yeux s’y posent. Je vois cette croix rouge, oui, cette croix rouge la ! Exactement la même sur ma main droite ! Avec cette couleur, oui, cette couleur terrifiante de sang. Horrifiée, je cours dans la salle de bain, je mouille mes mains, je les savonne, je tente de l’effacer : en vain ! Mais je continue à frotter encore et encore, mais c’est exactement comme au début ! Cette maudite croix est. . . incrustée dans ma peau ! Désespérée, je m’asseois par terre : quelque chose va m’arriver à moi aussi, quelque chose de terrible, comme à Justine et à Lola, quelque chose qui me coûtera la vie peut-être, une chose. . . à laquelle je ne m’attends pas.

Lisa E. 4°A

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