Nouvelles 4E

Encre noire

Voilà six mois, jour pour jour, que ma vie n’a plus aucun sens. Elle a été gâchée par un incident troublant qui restera à jamais gravé dans ma mémoire… Pourtant j’en ai connu des histoires affreuses et troublantes au tribunal de Paris. Et oui le métier d’avocat est bien difficile.

Heureusement, ma retraite me repose de toutes mes longues années de labeur.

Je n’en peux plus. Aussi, je vais vous raconter,cet incident, cela me soulagera peut-être…

Tout a commencé ce fameux dix septembre 1970. C’était un matin d’automne comme les autres, enfin, c’est ce que je croyais. Ce matin là, donc, je me levais comme tous les vendredis, à sept heures quinze du matin. J’étais en train de préparer mon petit déjeuner, quand soudain, mon idiote de domestique frappa à la baie vitrée de ma cuisine. Pendant un instant, je me suis demander ce qu’elle voulait. Elle m’agace, mon jardinier m’agace, ils m’agacent tous ! Ils sont hypocrites, incultes, et, n’ont qu’une obsession : mon argent ! Mais à mon âge, je n’ai pas le choix, je ne peux plus m’occuper moi-même de ma maison ou plutôt, de mon château.

Bref, elle s’avança timidement vers moi, en me regardant bizarrement. Puis, elle commença à me parler de tout et de rien, jusqu’à ce qu’elle en vienne, bien entendu, à l’augmentation de son salaire. Je soupirai d’exaspération, et lui répondis brièvement et froidement qu’il était absolument impossible et hors de question que je l’augmente et que si cela la contrariait, elle pouvait s’en aller, cela ne m’affecterait point et que je me débrouillerais sans problème pour en trouver une autre. Suite à ma réponse, sûrement vexante, elle partit d’un pas rapide, sans dire un mot. Le week-end passa trop lentement à mon goût. Le temps était gris et brumeux, ce qui ne fit qu ’empirer mon ennui.

Le lundi matin, j’allai promener mon chien. A peine étais-je sorti dans l’allée de ma maison, que de grosses gouttes de pluie se mirent à tomber. Nous fîmes une ballade rapide mais insuffisante pour mon chien, qui aime beaucoup la pluie. En rentrant de notre petite sortie, nous croisâmes le facteur qui me remit mon courrier. Nous rentrâmes précipitamment à cause de ce mauvais temps. Une fois entré chez moi, je croisai ma domestique, qui n’était visiblement pas partie, sûrement à cause de son manque d’argent. Elle ne m’adressa pas un regard. Je rentrai dans mon bureau, au calme, pour ouvrir mon courrier. J’y trouvai des factures, une carte postale, de la publicité et au fond du petit tas, j’aperçus une enveloppe mal fermée, un peu déchirée et sans expéditeur. Je m’empressai de l’ouvrir. A l’intérieur se trouvait une feuille de papier pliée en quatre sur laquelle « Christian Dumas », mon nom, était inscrit. Je dépliai la lettre et la déchiffrai mot à mot, car ils n’étaient pas très nombreux. Je pus y lire : « Cette lettre vous est destinée, faites en bon usage… » Et, rien d’autre. Elle était écrite avec de l’encre très noire. Je pensai immédiatement à une plaisanterie d’ enfants du quartier. Je m’apprêtai à la jeter à la poubelle losrque je me souvins que ma domestique était partie sortir la poubelle. Je la posai donc sur le bureau de ma chambre, sans y prêter plus d’attention.

En début d’après-midi, un ancien collègue me fit la surprise de venir me rendre visite. Il voulait prendre un peu de mes nouvelles et resta jusqu’au dîner. Puis, après l’avoir raccompagné, je lus un livre fort passionnant et m’endormis.

Le lendemain matin, lorsque j’ouvris les yeux, il faisait déjà jour. Cette nuit-là, je n’avais pas très biendormi, sûrement à cause de l’orage qui avait éclaté dans la soirée. Je m’étirai, baillai, enfilai mes chaussons. Mon sol était poussiéreux. La domestique n’avait pas fait le ménage ! En contemplant ce sol, sale, j’aperçus une goutte, apparemment d’encre noire. Stupéfait, je tournai la tête, et, en vis une seconde, puis une troisième. J’avançai en les suivant, relevai la tête et arrivai jusqu’à mon bureau. Sur celui-ci était posé, comme la veille, l’étrange lettre anonyme. Sidéré, je constatai qu’on avait ajouteé une deuxième phrase sur cette lettre. La veille, j’en étais persuadé, il n’y en avait qu’une. Sur cette deuxième phrase était inscrit : « Votre avenir est entre mes mains ». Je frissonnai de tous mes membres après avoir lu ces mots qui pour moi n’avaient pas de sens. Qui avait bien pu entrer dans ma chambre ? Je n’avais pourtant rien entendu et personne à ma connaissance n’aurait eu intérêt à me faire peur. Pourtant, moi, j’avais peur. Je restai toute la journée chez moi, sur la défensive, toujours accompagné de mon chien, qui me rassurait. Par la fenêtre, je scrutais la rue d’un air méfiant guettant le facteur que je vis en fin de matinée, déposer le courrier. Je n’allai pas le chercher de peur de trouver une lettre, une phrase, un mot, tout ce qui me hantait…

Les jours passèrent, et la lettre se complétait toujours un peu plus. Cette lettre rongeait ma vie et envahissait toutes mes pensées. Elle me racontait des choses effrayantes, des avertissements, des mises en gardes, et cette encre noire m’épouvantait. Le papier presque rempli, disait : « Cette lettre vous est destinée, faites en bon usage. Votre destin est entre mes mains. Je peux contrôler votre vie, votre esprit à mon gré, mais aussi vous révéler des choses qui vous seront très utiles. Soyez attentif à ce que je vous dis, car sûrement, cette lettre vous sauvera la vie ». Et c’était tout. Plus le nombre de phrases augmentait, plus ma peur s ‘accentuait. J’étais seul, avec mon chien et mes domestiques, mais j’avais l’impression qu’une présence s’invitait, et épiait le moindre de mes gestes. Mon chien ne me supportait plus : nous ne sortions quasiment jamais, c’était comme si cette effroyable lettre emprisonnait mon esprit. Je voulais aller voir la police, mais quelque chose me retenait, je ne savais pas quoi.

Un soir, vers huit heures, tandis que je réfléchissais en ressassant toujours et encore à la même chose, j’entendis soudain mon chien couiner, aboyer, m’appeler en quelque sorte. J’accourus dans la cuisine, il se tenait devant sa gamelle, que j’avais rempli d’eau quelques minutes auparanvant, et qui, maintenant était remplie d’un liquide très noir qui ressemblait, pourrais-je dire, comme deux gouttes d’encre, à l’encre qui complétait cette maudite lettre. D’un coup, un violent bruit de claquement de porte qui provenait de l’étage, me fis sursauter.

C’en était trop, je montai les escaliers et arrivai dans ma chambre. Je me dirigeai vers la lettre et constatai qu’une phrase s’était de nouveau ajoutée au papier. Elle disait : « Je peux vous sauver la vie, je vais maintenant vous révéler la date…de votre mort ! Sur ces mots, j’écarquillais les yeux et sentis mon coeur battre dans ma poitrine. Je continuai : « Ce jour, il faudra vous cacher à l’endroit que je vais vous indiquer. Mais tout d’abord, voici la date de votre décès et le lieu où vous devrez vous cacher : ……. »

Et là, juste à l’endroit où étaient inscrites les indications les plus importantes, une énorme tache d’encre noire recouvrait les inscriptions. Je hurlai de rage et de désespoir en me demandant pourquoi cela m’arrivait, pourquoi à moi ? Avant de froisser cette maudite lettre, j’aperçus une dernière phrase, comme une signature : « Je peux vous aider…Ou pas… ».

Depuis ce jour, je vis dans la peur et dans l’angoisse. C’est comme si j’étais déjà mort…

Emilie, Lise, Eline, 4ème C


Commentaires (2)

Luquet Lénath février 2010 at 14:41

Super nouvelle fantastique !! J’ai adoré !

Scovolo Marie- Domenget Cloéth février 2010 at 16:02

Exellente nouvelle ! Nous avons beaucoup aimé.

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