Nouvelles 4ème A

Coralie


Puygros. Petit village perdu dans les montagnes, à vingt minutes de tout commerce. Pas très pratique, quand on est une adolescente aimant aller en ville !

Aujourd’hui, il fait beau. Le soleil rayonne, étonnant pour un mois de décembre…

Je suis dans ma chambre, je viens de finir mes exercices de mathématiques, un peu difficiles d’ailleurs. Factorisation, simplification. Je trouve cela fascinant. Tous ces calculs, cette logique… J’aime bien.

Oh… Attendez, ma mère m’appelle. Je reviens dans cinq minutes. Voilà, c’est bon. Elle me dit d’écouter les informations. Il parait qu’il se passe quelque chose. Moi, je n’aime pas trop les infos : souvent, les nouvelles sont mauvaises et bien affligeantes. Mais bon.


Alors, j’allume le poste radio situé juste devant moi. Je n’ai qu’à tendre le bras pour l’atteindre et appuyer sur « on ».Je règle la fréquence France Infos. De tête, il me semble que c’est 98.40 fm.

« …tentative d’attentat dans le vol XL 333 à destination de Punta Cana. Le terroriste avait placé une bombe … »

Brutalement, j’éteins la radio. Je vous l’avais dit, les nouvelles sont souvent mauvaises.

Je frissonne. Quand je pense à tous ces gens qui ont frôlé la mort et ce terroriste qui a semé la terreur … Je tremble, je suis effrayée.


Je vais en bas, voir ma mère. Je ferme la porte de ma chambre à clef, par précautions. Mon chat rentre et grimpe dans mon lit, sinon.

Je suis en bas. Mince, ma mère n’est pas là. Elle doit être en train de sortir la poubelle.

Je remonte, sors la clef rangée précieusement dans la poche droite de mon jean et pénètre dans ma chambre.

Je n’ai pas le moral. Cette histoire de terroriste m’a choquée. Alors, j’allume la radio. Pour écouter de la musique. J’entends :

« … de 9h à 12h, Jean-Claude le voyant sur Skyrock ! »

Quoi ? De la voyance ? N’importe quoi ! Moi qui croyait que cette radio ne faisait que passer des tubes musicaux, je suis déçue.

«  … les cancer, vous êtes dans une période difficile, votre entourage ne vous est pas de grand secours… »

Je suis cancer, mais, je n’y crois pas.

« Vous serez angoissé, triste et personne ne fera attention à vous… »

Pfff !

« Attention tout de même à ne pas tomber dans une dépression. »

J’ai envie d’éteindre la radio. Mais je ne le fais pas. Je me sens bizarre, c’est comme si une partie de moi voulait quand même écouter ces horribles bêtises… Je sais qu’il ne faut pas que j’écoute cela. Si ma mère me voyait faire ! Allez, j’éteins. Je presse le bouton « off ».


Je réfléchis à tout ce que vient de dire ce Jean-Claude. Et si c’était vrai ? Non, je perds la raison. C’est strictement impossible.

Pour tout vous dire, j’ai le moral encore plus bas que tout-à-l’heure. Je suis perdue, je vois la vie en noir.

Je sors de ma chambre, la ferme à clef et m’en vais voir le beau paysage enneigé et ensoleillé, par la vitre du séjour, pour me changer les idées.


Le temps passe, il est 11h30. Je retourne dans ma chambre. J’ouvre. Tiens ! Ma sœur y est ! Il me semblait portant avoir fermé la porte ! Mais je deviens folle !

J’ hallucine, ce n’est pas possible. Mais si, elle est là. Assise sur ma chaise. Elle copie une poésie d’une écriture ronde et jolie, sur une feuille quadrillée. C’est étrange, très étrange.


Ma sœur et moi, on est jumelles. Elle s’appelle Coralie et moi, c’est Stéphanie. Nous sommes un peu comme les Dupont et Dupond. Inséparables. On se dit tout, quand l’une ne va pas bien, l’autre lui remonte le moral. Et vice-versa.


Je m’assois sur mon lit, me regarde dans le miroir. J’ai une toute petite mine. J’ai l’air abattue et une énorme envie de pleurer. Je me recroqueville sur moi-même, une larme coule sur ma joue. Ma sœur se retourne, me voit. Elle a l’air désolée. Elle vient s’asseoir à coté de moi, pose sa main sur ma tête et me chuchote qu’il ne faut pas que je pleure. Mais je pleure encore plus en entendant cela.

Ce sont de gros sanglots qui coulent maintenant sur mon visage. Je ne sais pas ce qu’il m’arrive. Je suis perdue, terrorisée. Je ne me sens pas pareille. Je suis effrayée par les infos de ce matin, mais ce n’est pas le pire. Le pire, c’est Jean-Claude. Il a dit que je serai triste et je suis triste. C’est une horrible sensation. Comme si cet homme pouvait prédire mes sentiments, ma vie… Je suis violée, mon âme est violée. Je suis épouvantée.

Et cette sœur qui est entrée alors que la porte était verrouillée. Je ne vais pas bien. Je n’arrive pas à comprendre. Je ne me sens pas seule, un peu hantée, c’est étonnant : au collège, nous avons lu un livre, « Le Horla ». C’est extrêmement étrange à dire, mais je me reconnais un peu dans le personnage principal de l’histoire.


Je demande à ma sœur comment elle est entrée :

« La porte était grande ouverte ! »me dit-elle.

Ce n’est pas vrai. Elle ment ou je suis folle.

Ensuite, je lui raconte l’histoire de la radio, la voyance.

Heureusement qu’elle est là, Coralie. Personne ne me comprend comme elle. C’est ma confidente.

Je lui explique le sentiment si étrange qui m’envahit, elle compatit avec moi. Qu’elle est douce et si gentille avec moi !


Je me lève et fais les cent pas dans ma chambre. Je tourne en rond, comme une turbine.

J’entends ma mère qui m’appelle :

« Stéphanie, à table ! »

C’est vrai, il est midi. Mais je n’ai pas faim. Toutes ces péripéties m’ont coupé l’appétit.

« Au fait, dis-je à Coralie, elle ne t’a même pas appelée, toi, pour manger. »

Ma mère a dû croire qu’elle était dehors, ou je ne sais pas où, moi. Mais je n’ai pas l’impression que c’est cela, c’est inexprimable.

Alors, avec Coralie, nous descendons manger. Je lui demande si elle a faim, elle.

Etonnée, ma mère me demande à qui je parle. Elle a l’air vraiment surprise, mais je ne réponds pas à sa question. Je continue à dialoguer avec ma soeur.

« Hou hou ! Stéphanie ! Vas-tu bien ? »

Elle met sa main sur mon front, vous savez, comme quand on a de la fièvre. Je repousse sa main, je ne suis pas malade !

« Qu’est-ce-qu’il y a Maman ? Je vais bien !

– Tu parles au mur ! Je suis inquiète, moi.

– Je parle à Coralie, au cas où tu ne l’aurais pas remarqué…

– Que dis-tu ? C’est ta peluche, Coralie ?

– Quoi ? Ma peluche ? Ma peluche ??? Maman ? »

Je palis. Tous les événements de ce matin défilent à toute allure dans ma tête, qui tourne, qui tourne. Je défaille et tombe parterre.

Camille S 4èmeA


Commentaires (2)

Scovolo Marie- Domenget Cloéth février 2010 at 16:05

Super nouvelle ! Elles sont géniales !

bourgeois-romainth juillet 2011 at 22:57

je les trouve bine

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