Relations intergénérationnelles

Le constat réaliste de Bossuet, qui insiste sur l’idée de succession inexorable des générations, met aussi en lumière la notion de coexistence. Entre les générations de type « vertical », soulignées par les âges et par un rang ou un rôle familial, se créent des relations ascendantes ou descendantes, qui peuvent se doubler de réciprocité. Entre les membres d’une génération au sens « horizontal », les relations sont de nature différente, mais toutes illustrent la diversité de la vie et la complexité des liens familiaux et sociaux.

Des relations « verticales »

À l’intérieur d’une famille, les relations verticales sont les liens entre ascendants et descendants, liens qui reposent sur des conceptions traditionnelles et sur des interdits : les adultes détiennent l’autorité du fait de leur expérience et de leur position familiale, les jeunes l’acceptent ou la rejettent, la contournent, la contestent. Selon les contextes historiques et les cultures, le « conflit de génération » révèle la difficulté d’émancipation des enfants, les jalousies intergénérationnelles et la nécessité freudienne de « tuer » le père, symboliquement, pour accéder à une forme de liberté. Ces relations entre générations existent aussi dans les milieux professionnels : leurs fondements sont l’âge, la hiérarchie, la manière de concevoir le travail qui varie avec le temps.

Mais les relations verticales entre générations, ce sont aussi les aides et transferts divers : transmission des savoirs et savoir-faire, soutien moral et matériel apporté aux enfants et petits-enfants par les grands-parents, prise en charge des parents âgés. Tous les sociologues signalent la présence et l’importance de ces formes de solidarité.

Les relations « horizontales »

On parle de « relations horizontales » entre membres d’un groupe vivant à la même époque et témoin ou acteur des mêmes événements. Ceux qui composent ce type de génération ont en commun une simultanéité d’existence dans un contexte historique et socioculturel identique. Cette situation est en elle-même génératrice de nombreuses similitudes, qui en deviennent la caractéristique : vécu proche, similitude des écueils à affronter dans la vie et réponses allant dans le même sens, goûts similaires, sentiment d’une appartenance commune à un groupe large aimant les mêmes choses, vibrant aux mêmes modes d’expression, reconnaissable à une apparence vestimentaire identifiable, sensible aux mêmes modes. Il est difficile de dire alors ce qui relève du regroupement volontaire et ce qui appartient à l’influence prégnante de «l’air du temps », repris avec efficacité par la publicité.