Introduction
Une liberté de choix
L’idée que dans toutes les circonstances de la vie, il vaut mieux aller droit au but, est régulièrement contredite par l’utilisation, parfois choisie, parfois subie, de toutes les formes de détour. Le chemin le plus court raccourcit distance et durée, évitant écueils et dangers. Mais que devient le plaisir du vagabondage et des sentiers écartés ? Faut-il toujours aller vite ? La liberté qui s’exprime dans les choix d’orientation – aller d’un côté plutôt que de l’autre – apporte à celui qui l’exerce la certitude qu’il n’est soumis à aucune détermination autre que la sienne. Mais, qu’est-ce qui est le plus enrichissant ? Choisir sa route ou devoir vaincre les obstacles auxquels une force extérieure confronte le voyageur ?
Un mode de communication
De même, l’expérience de la communication nous apprend qu’un langage clair et direct a plus de chance d’être compris qu’une langue de bois aux mots vides de sens, ou un « galimatias » inutilement compliqué. Mais n’est-il pas souhaitable, parfois, d’utiliser des circonvolutions diplomatiques pour des propos difficiles à formuler ? On peut objecter que le mensonge n’est pas loin. Mais il est des vérités qui ne sont pas plus faciles à dire qu’à entendre… Et qui n’a pas le souvenir de paroles trop dures, qu’il aurait mieux valu enrober d’un peu de flou ? Miroir de la vie, le théâtre en offre bien des exemples…
Un outil didactique
Le détour triomphe dans le domaine didactique : anecdotes, parabole : digressions, apologues. À la concision de la maxime se substitue un récit familier. La leçon prend un chemin détourné, avec des analogies qui servent de repères : l’errance n’est qu’apparente. Soigneusement balisée, elle laisse croire au lecteur qu’il en a découvert toutes les clés.
Des chemins affectifs
Et que dire des sentiments ? Leurs ramifications constituent des cheminements si complexes et si conventionnels qu’on a pu les représenter sous la forme de parcours codifiés. Certes, il est toujours possible d’aller droit au but, mais c’est négliger la stratégie au profit de l’action immédiate, pas toujours sûre. Que Dom Juan se compare à Alexandre le Grand n’et guère étonnant : on a toujours rapproché la stratégie amoureuse de Ia stratégie militaire. Pour vaincre les forces en présence, armées ou amour propre, il est bon d’utiliser des subterfuges. Ces procédés « de bonne guerre » ne relèvent pas toujours de « bonne morale », mais ils témoignent de l’importance des enjeux et de la présence de nombreux aléas.
Une notion porteuse de contradictions
II apparaît ainsi que la notion de « détour » comporte de nombreuse contradictions : tout détour peut en effet se révéler simultanément utile et dangereux. Suivre le chemin le plus long ou envisager l’accès le plus direct relève de choix qui mêlent l’affirmation d’une liberté aux contraintes du hasard. C’est pourquoi la représentation symbolique du détour sous la forme du labyrinthe se trouve si souvent assimilé à la vie : il en illustre la complexité, les aléas et la nécessité, à chaque carrefour, de choisir entre plusieurs voies.
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