La synthèse de documents

I – PRESENTATION

1 – DEFINITION

Elle consiste à rédiger un texte composé d’ :

– une introduction

– un développement structuré en plusieurs parties

– une conclusion

à partir d’une documentation variée,

mais centrée sur un thème précis, défini par le libellé du sujet.

C’est un devoir de français entièrement rédigé dans un style clair, précis et correct.

2 – LES DOCUMENTS

Un dossier de 3 à 4 documents de nature différente choisis en référence à l’un des deux thèmes inscrits au programme de la deuxième année de BTS.

Chacun d’eux est situé dans son contexte.

Ils peuvent être extraits :

– de textes littéraires (roman, théâtre, poésie), textes de chanson

– de textes non littéraires (article de presse, extrait d’ouvrage documentaire, de recherche, d’essai sociologique, économique, historique…)

– de messages graphiques (publicité, photographie, extrait de bande dessinée, dessin humoristique, caricature),

On trouve parfois aussi des tableaux de statistiques, des cartes, des graphiques.

II – METHODE D’ETUDE DU DOSSIER

1 – L’ETUDE DU SUJET ET DES DOCUMENTS

A – Lecture périphérique

Lire le libellé du sujet et souligner la problématique soulevée.

Lire le descriptif des documents et repérer les textes théoriques et les textes illustratifs.

B – Lecture des documents

Des informations importantes figurent en marge des documents : les titres et sous-titres, auteurs, dates, notes, remarques, légendes diverses, support de publication…

Les consulter permet de lire les documents plus efficacement.

Elles donnent aussi des indications qui serviront pour l’introduction, éventuellement pour la conclusion.

Ordre d’étude

Les documents sont souvent classés par ordre chronologique.

Cependant il est plus judicieux de commencer par le texte le plus riche, celui qui fournit le plus d’éléments de réflexion.

Il s’agit souvent d’un texte assez long et clair, extrait d’un essai ou d’une revue.

Il servira de document de référence (entrée la plus complète dans la problématique).

Les autres documents viendront se confronter à ce texte. Ils illustreront, complèteront, nuanceront ou contrediront ses idées

Deux lectures sont nécessaires.

La première lecture sert repérer le type du texte, le registre de langue et le ton employé.

Elle permet aussi de dégager l’idée générale du texte.

Au cours de la seconde lecture, on met en évidence les idées et les informations qui sont en relation avec la problématique proposée.

Il faut aussi entourer les articulations logiques afin de saisir la structure du texte.

Les documents non textuels doivent être consultés après les textes.

Il faut les interpréter en fonction des commentaires qui les accompagnent.

Ils ne peuvent être considérés que comme une illustration du reste de la documentation.

C – Sélectionner les informations

Les éléments sélectionnés dans le premier texte (idées principales suivies des arguments et des exemples) doivent être reformulés en style télégraphique avant d’être reportés dans un tableau de synthèse (ci-dessous).

Ces reformulations seront assez explicites pour servir à des rapprochements par la suite.

Doc.1

Doc.2

Doc.3

Confrontation des documents (pistes)

La dernière colonne, intitulée « confrontation des documents », est destinée à recevoir les idées retenues pour élaborer le plan.

Ces idées s’imposent au fur et à mesure de l’étude des documents.

Il est important d’indiquer à chaque fois le numéro de ligne ou de paragraphe afin de pouvoir retrouver facilement le passage dans le document.

Aucune idée personnelle ne doit être introduite dans le tableau.

Objectif : Il faudra voir quelles sont les relations qui s’établissent entre les idées contenues dans les différents documents :

les idées peuvent se renforcer : on peut retrouver la même idée dans deux documents différents (ce qui lui donne de la force) ; on peut aussi trouver dans le document Y un exemple qui corrobore l’idée contenue dans le document X.

les idées peuvent se compléter : une idée développée dans le document Y peut se poursuivre dans le document Z ; une idée énoncée dans le document X peut être nuancée dans le document W.

les idées peuvent s’opposer : l’opposition peut être totale (ce qui permet de montrer dans la synthèse que deux courants existent) ; l’opposition peut être partielle (on pourra chercher à voir quels sont les points d’accord et les points de désaccord).

Quand les informations du premier document étudié sont inscrites dans le tableau, il faut noter celles du second document :

– chaque idée du deuxième document doit être confrontée à celle du premier.

– les idées complémentaires sont notées en bas de colonnes.

Il est nécessaire d’être très vigilant à ce stade pour ne pas effectuer de rapprochement trop hâtif.

Il faut ensuite poursuivre l’analyse des autres textes selon la même méthode.

Les pistes de réflexion sont reformulées au fur et à mesure dans la dernière colonne.

En effet la prise en compte d’un nouveau document peut amener à découvrir dans un texte déjà étudié un aspect auquel on n’avait pas été assez attentif.

Une fois le tableau achevé, il se peut que toutes les cases ne soient pas remplies car certains documents donnent peu d’informations.

Mais il faut toujours vérifier si un document ne contient pas quelques idées supplémentaires.

Le tableau doit offrir tous les éléments nécessaires à la compréhension de la problématique et à la construction du plan.

2 – L’ELABORATION DU PLAN

A – Respect des critères

Pour réaliser un plan correct, il faut se souvenir des critères suivants, et les vérifier constamment :

– le plan correspond à la problématique,

– le plan est complet, il rend compte de tous les aspects du problème

– le plan est progressif et logiquement structuré ; les idées s’enchaînent logiquement et la réflexion avance peu à peu,

– les documents sont traités ensemble, non successivement et plusieurs documents apparaissent dans chaque partie du plan, utilisés plusieurs fois,

– les parties du plan sont équilibrées, à peu près de la même importance, il comporte des transitions et des liens logiques, mettant en évidence sa structure.

B – Le plan d’ensemble

La marche à suivre comporte 5 étapes :

? observer la dernière colonne du tableau, celle des pistes de réflexion,

? déterminer 2 ou 3 rubriques (en général celles qui sont le plus fournies) sous lesquelles ces pistes pourraient être toutes regroupées.

Le résultat de ce travail se fera sur une feuille de brouillon à part.

Ce processus nécessite une grande attention et il est fréquent d’avoir à formuler

3 à 4 hypothèses avant d’être en mesure de choisir une solution satisfaisante.

Aucune piste de réflexion ne doit être laissée de côté.

La synthèse doit rendre compte de toutes les idées contenues dans la documentation.

? organiser logiquement la succession de ces 2 ou 3 rubriques, qui deviennent les parties du plan (numéroter les pistes de réflexion directement sur le tableau : I, II, III).

? noter au brouillon les transitions.

? vérifier le résultat obtenu : les parties doivent être à peu près d’égale importance et ne pas être redondantes.

C – Les sous-parties

Dans chaque partie du devoir, on doit trouver entre 2 ou 3 sous-parties.

Lire le tableau à l’horizontale de manière à exploiter toutes les informations de chaque piste de réflexion.

Il ne faut pas suivre l’ordre des documents mais un ordre qui permet de relier les informations de manière progressive et logique.

Dans la mesure du possible, les éléments les plus apparents précéderont ceux qui relèvent de l’analyse et du jugement.

D – Les types de plan

Le choix du plan dépend de la problématique spécifique du dossier.

1. Le plan par catégories, dit aussi plan-inventaire ou thématique

2. Le plan par opposition : aspects positifs / aspects négatifs ; avantages et inconvénients

3. Le plan problème / causes / conséquences, ou constatation / explication / solutions

Il faut parvenir au brouillon à un plan détaillé, qui comprendra :

le titre des parties

les sous-parties (paragraphes)

les arguments utilisés dans les paragraphes (associés systématiquement à l’indication de leur source ; par exemple doc.3, lignes 13-17)

Bien tenir compte de la date du document : les comparaisons, rapprochements, oppositions, n’ont pas le même sens si deux documents ont été produits à des dates très différentes.

III – LA REDACTION DE LA SYNTHESE

1 – L’INTRODUCTION

Rédigée au brouillon, elle sera ensuite recopiée.

Elle comporte un seul paragraphe et respecte l’ordre suivant :

– le thème,

– la présentation rapide des documents,

– l’annonce du plan choisi.

Pour définir l’énoncé du problème, on s’aide du titre du dossier et du libellé du sujet. Il fournit souvent la problématique de la synthèse.

La présentation rapide des documents comprend la nature, le titre, l’auteur et la date de parution du document.

L’annonce du plan choisi doit être concise. En une phrase ou deux, elle présente les 2 ou 3 parties du développement en mettant en évidence les divers liens logiques qui les relient entre elles.

2 – LE DEVELOPPEMENT

A – Son organisation

Le plan doit être matérialisé sur la copie :

– sauts de lignes entre introduction et développement, entre développement et conclusion ; ainsi qu’entre chaque partie et entre les deux conclusions,

disposition en paragraphes.

Cette mise en page, associée à une marge assez large, aidera le correcteur à saisir la structure du devoir.

Chaque partie commence par une phrase de transition ou une phrase qui annonce de quoi on va parler (seulement pour la première partie).

On veille à la cohérence de chaque partie, qui ne traite qu’un seul thème général.

Chacun des paragraphes, d’environ 10 lignes, doit commencer par l’énonciation de l’idée qui sera développée dans le corps du paragraphe ; on devrait pouvoir retrouver le plan en liant uniquement les premières phrases de chaque paragraphe.

Chaque paragraphe cite au moins deux auteurs.

Les transitions servent à rendre cohérent le devoir.

Il est donc nécessaire d’utiliser un lien logique en début de paragraphe, qui indique le rapport qu’il entretient avec le précédent : addition, opposition, restriction, déduction, cause ou conséquence.

Par ailleurs, il faut placer entre chaque partie une phrase qui rappelle le point précédent et qui annonce celui que l’on va aborder.

B – La reformulation des idées

C’est un vrai travail de reformulation : restituer une idée sans la recopier.

Il faut éviter les répétitions comme « auteur, dire, document… »

Une synthèse objective doit rapporter les idées et les faits relevés dans les documents sans les modifier.

On manque d’objectivité quand on ne reproduit que partiellement la pensée d’un auteur, quand on la déforme ou quand on introduit un jugement personnel.

C – Les références aux documents

La synthèse s’appuie explicitement sur les documents, auxquels on fait référence sans les citer longuement : seules quelques expressions fortes peuvent être reprises, signalées entre guillemets.

Le devoir doit pouvoir être parfaitement intelligible pour quelqu’un qui n’a pas lu les textes de la synthèse. Il faut rester absolument neutre.

Les références aux documents sont la garantie de l’objectivité du travail : chaque idée, chaque remarque doit être référencée, rapportée au document dont elle est issue.

On les introduit par une formule standard (Selon X, Y constate, comme le souligne Z…)

On essaie de recourir à des verbes précis et variés :

? pour amener une réflexion

Constater, évoquer, expliquer, analyser, faire apparaître, mettre en évidence…

? pour amener une question

Se demander, s’interroger sur…

? pour amener une contestation

Contester, réfuter l’idée selon laquelle, douter que…

? pour amener une confirmation

Insister sur, souligner que, rappeler que, être d’accord avec, partager le point de vue de, ajouter, préciser…

? pour amener une idée implicite

Suggérer que, laisser entendre que, insinuer que, sous-entendre que…

? pour amener un conseil

Conseiller, souhaiter, préconiser, recommander, proposer…

? pour exprimer un sentiment

S’indigner, déplorer, s’insurger contre, protester, craindre, se réjouir, s’enthousiasmer pour…

Pour éviter les répétitions, on peut désigner le document par son titre, par son genre (extrait de roman, d’essai, article, tableau statistique…), par le titre de l’ouvrage, de la revue, du journal dont il est tiré, par le nom de l’auteur ou par sa « spécialité ».

On ne désigne pas le document par son numéro dans la documentation fournie.

.3 – LA CONCLUSION

Elle ne comporte que quelques lignes, d’une concision rigoureuse.

Elle reprend la problématique de l’introduction en résumant les grandes directions prises par les divers auteurs.

Elle n’introduit aucune idée nouvelle, aucune autre analyse que celles contenues dans le développement.