Rectifications orthographiques de 1990

Texte original :

http://academie-francaise.fr/sites/academie-francaise.fr/files/rectifications.pdf

Site de référence :

https://www.orthographe-recommandee.info/

Les rectifications orthographiques _ Bulletin de l’observatoire des pratiques linguistiques _ 31/08/2006

https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Observation-des-pratiques-linguistiques/Langues-et-cite/Langues-et-cite-n-7-les-rectifications-orthographiques

Le logiciel « Recto-Verso » (pour RECTifications Orthographiques / VERSion Originale) permet d’introduire automatiquement les rectifications orthographiques de 1990 dans un texte.

https://uclouvain.be/recto-verso/

Tolérances grammaticales ou orthographiques _ 28 décembre 1976

MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION

Tolérances grammaticales ou orthographiques

Le ministre de l’éducation,

Vu l’arrêté du 26 février 1901 relatif à la simplification de l’enseignement de la syntaxe française;

Vu l’avis du conseil de l’enseignement général et technique,

Arrête :

Art. 1er — La liste annexée à l’arrêté du 26 février 1901 susvisé est remplacée par la liste annexée au présent arrêté.

Art. 2. — Le directeur général de la programmation et cela coordination, le directeur des lycées, le directeur des collèges et le directeur des écoles sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté.

Fait à Paris, le 28 décembre 1976.

René HABY

 

Liste des tolérances grammaticales ou orthographiques

Dans les examens ou concours dépendant du ministère de l’éducation et sanctionnant les étapes de la scolarité élémentaire et de la scolarité secondaire, qu’il s’agisse ou non d’épreuves spéciales d’orthographe, il ne sera pas compté de fautes aux candidats dans les cas visés ci-dessous.

Chaque rubrique comporte un, deux ou trois articles affectés d’un numéro d’ordre Chaque article comprend un ou plusieurs exemples et un commentaire encadré.

Les exemples et les commentaires se présentent sous des formes différentes selon leur objet.

Premier type :

Dans l’emploi de certaines expressions, l’usage admet deux possibilités sans distinguer entre elles des nuances appréciables de sens.

Il a paru utile de mentionner quelques-unes de ces expressions. Chaque exemple est alors composé de deux phrases placées l’une sous l’autre en parallèle. Le commentaire se borne à rappeler les deux possibilités offertes par la langue.

Deuxième type :

Pour d’autres expressions, l’usage admet une dualité de tournures, mais distingue entre elles des nuances de sens; le locuteur ou le scripteur averti accorde sa préférence à l’une ou à l’autre selon ce qu’il veut faire entendre ou suggérer.

Les rubriques qui traitent de ce genre d’expressions conservent, pour chaque exemple, deux phrases parallèles, mais le commentaire se modèle sur un schéma particulier. Dans un premier temps, il rappelle les deux possibilités en précisant que le choix, entre elles, relève d’une intention; dans un second temps, il invite les correcteurs à ne pas exiger des candidats la parfaite perception de tonalités parfois délicates de la pensée ou du style. La tolérance est introduite parla succession des deux formules: « L’usage admet, selon l’intention,… » et : « On admettra… dans tous les cas ».

Troisième type :

La dernière catégorie est celle des expressions auxquelles la grammaire, dans son état actuel, impose des formes ou des accords strictement définis, sans qu’on doive nécessairement considérer tout manquement à ces normes comme l’indice d’une défaillance du jugement; dans certains cas, ce sont les normes elles-mêmes qu’il serait difficile de justifier avec rigueur, tandis que les transgressions peuvent procéder d’un souci de cohérence analogique ou logique.

Dans les rubriques qui illustrent ces cas, chaque exemple est constitué par une seule phrase, à l’intérieur de laquelle s’inscrit entre parenthèses la graphie qu’il est conseillé de ne pas sanctionner. Selon la nature de la question évoquée, le commentaire énonce simplement la tolérance ou l’explicite en rappelant la règle.

Parmi les indications qui figurent ci-après, il convient de distinguer celles qui précisent l’usage et celles qui proposent des tolérances. Les premières doivent être enseignées. Les secondes ne seront prises en considération que pour la correction des examens ou concours; elles n’ont pas à être étudiées dans les classes et encore moins à se substituer aux connaissances grammaticales et orthographiques que l’enseignement du français doit s’attacher à développer.

Le verbe

Accord du verbe précédé de plusieurs sujets à peu près synonymes à la troisième personne du singulier juxtaposés :

La joie, l’allégresse s’empara (s’emparèrent) de tous les spectateurs.

L’usage veut que, dans ce cas, le verbe soit au singulier.

On admettra l’accord au pluriel.

Accord du verbe précédé de plusieurs sujets à la troisième personne du singulier unis par comme, ainsi que et autres locutions d’emploi équivalent :

Le père comme le fils mangeaient de bon appétit.

Le père comme le fils mangeait de bon appétit.

L’usage admet, selon l’intention, l’accord au pluriel ou au singulier.

On admettra l’un et l’autre accord dans tous les cas.

Accord du verbe précédé de plusieurs sujets à la troisième personne du singulier unis par ou ou par ni :

Ni l’heure ni la saison ne conviennent pour cette excursion.

Ni l’heure ni la saison ne convient pour cette excursion.

L’usage admet, selon l’intention, l’accord au pluriel ou au singulier.

On admettra l’un et l’autre accord dans tous les cas.

3. Accord du verbe quand le sujet est un mot collectif accompagné d’un complément au pluriel :

À mon approche, une bande de moineaux s’envola.

À mon approche, une bande de moineaux s’envolèrent.

L’usage admet, selon l’intention, l’accord avec le mot collectif ou avec le complément.

On admettra l’un et l’autre accord dans tous les cas.

Accord du verbe quand le sujet est plus d’un accompagné ou non d’un complément au pluriel :

Plus d’un de ces hommes m’était inconnu.

Plus d’un de ces hommes m’étaient inconnus.

L’usage admet, selon l’intention, l’accord au pluriel ou au singulier.

On admettra l’un et l’autre accord dans tous les cas.

Accord du verbe précédé de un des… qui, un de ceux que, une des… que, une de celles qui, etc. :

La Belle au bois dormant est un des contes qui charment les enfants.

La Belle au bois dormant est un des contes qui charme les enfants.

L’usage admet, selon l’intention, l’accord au pluriel ou au singulier.

On admettra l’un et l’autre accord dans tous les cas.

Accord du présentatif c’est suivi d’un nom (ou d’un pronom de la troisième personne) au pluriel :

Ce sont là de beaux résultats.

C’est là de beaux résultats.

C’étaient ceux que nous attendions.

C’était ceux que nous attendions.

L’usage admet l’accord au pluriel ou au singulier.

Concordance des temps :

J’avais souhaité qu’il vint (qu’il vienne) sans tarder.

Je ne pensais pas qu’il eût oublié (qu’il ait oublié) le rendez-vous.

J’aimerais qu’il fût (qu’il soit) avec moi.

Dans une proposition subordonnée au subjonctif dépendant d’une proposition dont le verbe est à un temps du passé ou au conditionnel, on admettra que le verbe de la subordonnée soit au présent quand la concordance stricte demanderait l’imparfait, au passé quand elle demanderait le plus-que-parfait.

Participe présent et adjectif verbal suivis d’un complément d’objet indirect ou d’un complément circonstanciel :

La fillette, obéissant à sa mère, alla se coucher.

La fillette, obéissante à sa mère, alla se coucher.

J’ai recueilli cette chienne errant dans le quartier.

J’ai recueilli cette chienne errante dans le quartier.

L’usage admet que, selon l’intention, la forme en – ant puisse être employée sans accord comme forme du participe ou avec accord comme forme de l’adjectif qui lui correspond.

On admettra l’un et l’autre emploi dans tous les cas.

Participe passé conjugué avec être dans une forme verbale ayant pour sujet on :

On est resté (restés) bons amis.

L’usage veut que le participe passé se rapportant au pronom on se mette au masculin singulier.

On admettra que ce participe prenne la marque du genre et du nombre lorsque on désigne une femme ou plusieurs personnes.

Participe passé conjugué avec avoir et suivi d’un infinitif:

Les musiciens que j’ai entendus (entendu) jouer.

Les airs que j’ai entendu (entendus) jouer.

L’usage veut que le participe s’accorde lorsque le complément d’objet direct se rapporte à la forme conjuguée et qu’il reste invariable lorsque le complément d’objet direct se rapporte à l’infinitif.

On admettra l’absence d’accord dans le premier cas. On admettra l’accord dans le second, sauf en ce qui concerne le participe passé du verbe faire.

Accord du participe passé conjugué avec avoir dans une forme verbale précédée de en complément de cette forme verbale :

J’ai laissé sur l’arbre plus de cerises que je n’en ai cueilli.

J’ai laissé sur l’arbre plus de cerises que je n’en ai cueillies.

L’usage admet l’un et l’autre accord.

Participe passé des verbes tels que : coûter, valoir, courir, vivre, etc., lorsque ce participe est placé après un complément :

Je ne parle pas des sommes que ces travaux m’ont coûté (coûtées).

J’oublierai vite les peines que ce travail m’a coûtées (coûté).

L’usage admet que ces verbes normalement intransitifs (sans accord du participe passé) puissent s’employer transitivement (avec accord) dans certains cas.

On admettra l’un et l’autre emploi dans tous les cas.

Participes et locutions tels que compris (y compris, non compris), excepté, ôté, étant donné, ci inclus, ci-joint :

Compris (y compris, non compris), excepté, ôté :

J’aime tous les sports, excepté la boxe (exceptée la boxe).

J’aime tous les sports, la boxe exceptée (la boxe excepté).

L’usage veut que ces participes et locutions restent invariables quand ils sont placés avant le nom avec lequel ils sont en relation et qu’ils varient quand ils sont placés après le nom.

On admettra l’accord dans le premier cas et l’absence d’accord dans le second.

Étant donné :

Étant données les circonstances…

Étant donné les circonstances…

L’usage admet l’accord aussi bien que l’absence d’accord.

Ci-inclus, ci-joint :

Ci-inclus (ci-incluse) la pièce demandée.

Vous trouverez ci-inclus (ci-incluse) copie de la pièce demandée.

Vous trouverez cette lettre ci-incluse.

Vous trouverez cette lettre ci-inclus.

L’usage veut que ci-inclus, ci-joint soient :

invariables en tête d’une phrase ou s’ils précèdent un nom sans déterminant : variables ou invariables, selon l’intention, dans les autres cas.

On admettra l’accord ou l’absence d’accord dans tous les cas.

Le nom

Liberté du nombre :

De la gelée de groseille.

De la gelée de groseilles.

Des pommiers en fleur.

Des pommiers en fleurs.

L’usage admet le singulier et le pluriel.

Ils ont ôté leur chapeau.

Ils ont ôté leurs chapeaux.

L’usage admet, selon l’intention, le singulier et le pluriel.

On admettra l’un et l’autre nombre dans tous les cas.

Double genre :

Instruits (instruites) par l’expérience, les vieilles gens sont prudents (prudentes) : ils (elles) ont vu trop de choses.

L’usage donne au mot gens le genre masculin, sauf dans des expressions telles que : les bonnes gens, les vieilles gens, les petites gens.

Lorsqu’un adjectif ou un participe se rapporte à l’une de ces expressions ou lorsqu’un pronom la reprend, on admettra que cet adjectif, ce participe, ce pronom soient, eux aussi, au féminin.

Noms masculins de titres ou de professions appliqués à des femmes :

Le français nous est enseigné par une dame. Nous aimons beaucoup ce professeur. Mais il (elle) va nous quitter.

Précédés ou non de Madame, ces noms conservent le genre masculin ainsi que leurs déterminants et les adjectifs qui les accompagnent.

Quand ils sont repris par un pronom, on admettra pour ce pronom le genre féminin.

Pluriel des noms :

Noms propres de personnes :

Les Dupont (Duponts). Les Maréchal (Maréchale).

On admettra que les noms propres de personnes prennent la marque du pluriel.

Noms empruntés à d’autres langues :

Des maxima (des maximums). Des sandwiches (des sandwichs).

On admettra que, dans tous les cas, le pluriel de ces noms soit formé selon la règle générale du français.

L’article

Article devant plus, moins, mieux.

Les idées qui paraissent les plus justes sont souvent discutables.

Les idées qui paraissent le plus justes sont souvent discutables.

Dans les groupes formés d’un article défini suivi de plus, moins, mieux et d’un adjectif ou d’un participe, l’usage admet que, selon l’intention, l’article varie ou reste invariable.

On admettra que l’article varie ou reste invariable dans tous les cas.

L’adjectif numéral

Vingt et cent :

Quatre-vingt-dix (quatre vingts dix) ans.

Six cent trente-quatre (six cents trente quatre) hommes.

En mil neuf cent soixante-dix-sept (mille neuf cents soixante dix sept).

On admettra que vingt et cent, précédés d’un adjectif numéral à valeur de multiplicateur, prennent la marque du pluriel même lorsqu’ils sont suivis d’un autre adjectif numéral.

Dans la désignation d’un millésime, on admettra la graphie mille dans tous les cas.

N.B. L’usage place un trait d’union entre les éléments d’un adjectif numéral qui for-ment un ensemble inférieur à cent.

On admettra l’omission du trait d’union.

L’adjectif qualificatif

Nu, demi précédant un nom :

Elle courait nu-pieds (nus pieds).

Une demi-heure (demie heure) s’écoula.

L’usage veut que nu, demi restent invariables quand ils précèdent un nom auquel ils sont reliés par un trait d’union.

On admettra l’accord.

Pluriel de grand-mère, grand-tante, etc. :

Des grand-mères.

Des grands-mères.

L’usage admet l’une et l’autre graphie.

Se faire fort de …. :

Elles se font fort (fortes) de réussir.

On admettra l’accord de l’adjectif.

Avoir l’air :

Elle a l’air doux.

Elle a l’air douce.

L’usage admet que, selon l’intention, l’adjectif s’accorde avec le mot air ou avec le sujet du verbe avoir.

On admettra l’un et l’autre accord dans tous les cas.

Les indéfinis

L’un et l’autre :

L’un et l’autre employé comme adjectif :

J’ai consulté l’un et l’autre document.

J’ai consulté l’un et l’autre documents.

L’un et l’autre document m’a paru intéressant.

L’un et l’autre document m’ont paru intéressants.

L’usage admet que, selon l’intention, le nom précédé de l’un et l’autre se mette au singulier ou au pluriel.

On admettra l’un et l’autre nombre dans tous les cas.

Avec le nom au singulier, l’usage admet que le verbe se mette au singulier ou au pluriel.

L’un et l’autre employé comme pronom :

L’un et l’autre se taisait.

L’un et l’autre se taisaient.

L’usage admet que, selon l’intention, le verbe précédé de l’un et l’autre employé comme pronom se mette au singulier ou au pluriel.

On admettra l’un et l’autre nombre dans tous les cas.

L’un ou l’autre, ni l’un ni l’autre :

L’un ou l’autre, ni l’un ni l’autre employés comme adjectif.

L’un ou l’autre projet me convent.

L’un ou l’autre projet me conviennent.

Ni l’une ni l’autre idée ne m’inquiète.

Ni l’une ni l’autre idée ne m’inquiètent.

L’usage veut que le nom précédé de l’un ou l’autre ou de ni l’un ni l’autre se mette au singulier; il admet que, selon l’intention, le verbe se mette au singulier ou au pluriel.

On admettra, pour le verbe, l’un et l’autre accord dans tous les cas.

L’un ou l’autre, ni l’un ni l’autre employés comme pronoms.

De ces deux projets, l’un ou l’autre me convient.

De ces deux projets, l’un ou l’autre me conviennent.

De ces deux idées, ni l’une ni l’autre ne m’inquiète.

De ces deux idées, ni l’une ni l’autre ne m’inquiètent.

L’usage admet que, selon l’intention, le verbe précédé de l’un ou l’autre ou de ni l’un ni l’autre employés comme pronoms se mette au singulier ou au pluriel.

On admettra l’un et l’autre nombre dans tous les cas.

Chacun :

Remets ces livres chacun à sa place.

Remets ces livres chacun à leur place.

Lorsque chacun, reprenant un nom (ou un pronom de la troisième personne) au pluriel, est suivi d’un possessif, l’usage admet que, selon l’intention, le possessif renvoie à chacun ou au mot repris par chacun.

On admettra l’un et l’autre tour dans tous les cas.

« Même » et « tout »

Même :

Dans les fables, les bêtes mêmes parlent.

Dans les fables, les bêtes même parlent.

Après un nom ou un pronom au pluriel, l’usage admet que même, selon l’intention, prenne ou non l’accord.

On admettra l’une ou l’autre graphie dans tous les cas.

Tout :

Les proverbes sont de tout temps et de tout pays.

Les proverbes sont de tous temps et de tous pays.

L’usage admet, selon l’intention, le singulier ou le pluriel.

Elle est toute (tout) à sa lecture.

Dans l’expression être tout à…, on admettra que tout, se rapportant à un mot féminin, reste invariable.

Elle se montra tout (toute) étonnée.

L’usage veut que tout, employé comme adverbe, pierine la i»arque du genre et du nombre devant un mot féminin commençant par une consonne ou un h aspiré et reste invariable dans les autres cas.

On admettra qu’il prenne la marque du genre et du nombre devant un nom féminin commençant par une voyelle ou un h muet

L’adverbe « ne » dit explétif

Je crains qu’il ne pleuve.

Je crains qu’il pleuve.

L’année a été meilleure qu’on ne l’espérait.

L’année a été meilleure qu’on l’espérait.

L’usage n’impose pas l’emploi de ne dit explétif.

Accents

Accent aigu :

Assener (asséner); referendum (référendum).

Dans certains mots, la lettre e, sans accent aigu, est prononcée [é] à la fin d’une syllabe.

On admettra qu’elle prenne cet accent même s’il s’agit de mots d’origine étrangère sauf dans les noms propres.

Accent grave :

Événement (événement); je céderai (je céderai).

Dans certains mots, la lettre e avec un accent aigu est généralement prononcée [è] à la fin d’une syllabe.

On admettra l’emploi de l’accent grave à la place de l’accent aigu.

Accent circonflexe :

Crâne (crane); épître (épitre); crûment (crument).

On admettra l’omission de l’accent circonflexe sur les voyelles a, e, i, o, u dans les mots où ces voyelles comportent normalement cet accent, sauf lorsque cette tolérance entraînerait une confusion entre cieux mots en les rendant homographes (par exemple : tâche/tache; forêt/foret; vous dîtes/vous dites; rôder/roder; qu’il fût/il fut).

Trait d’union

Arc-en-ciel (arc en ciel); nouveau né (nouveau né), crois-tu? (crois tu?); est-ce vrai? (est ce vrai?); dit-on (dit on); dix-huit (dix huit); dix-huitième (dix huitième); par-ci, par-là (par ci, par là).

Dans tous les cas, on admettra l’omission du trait d’union, sauf lorsque sa présence évite une ambiguïté (petite-fille/petite fille) ou lorsqu’il doit être placé avant et après le t euphonique intercalé à la troisième personne du singulier entre une forme verbale et un pronom sujet postposé (viendra-t-il?).

Observation

Dans les examens ou concours visés en tête de la présente liste, les correcteurs, graduant leurs appréciations selon le niveau de connaissances qu’ils peuvent exiger des candidats, ne compteront pas comme fautes graves celles qui, en dehors des cas mentionnés ci-dessus. portent sur de subtiles particularités grammaticales.

Arrêté relatif à la simplification de la syntaxe française _ 26 février 1901

Arrêté relatif à la simplification de la syntaxe française _ 26 février 1901

Georges Leygues

Observations

Il conviendra, dans les examens, de ne pas compter comme fautes graves celles qui ne prouvent rien contre l’intelligence et le véritable savoir des candidats, mais qui prouvent seulement l’ignorance de quelque finesse ou de quelque subtilité grammaticale. Ainsi, notamment, il conviendra de compter très légèrement : les fautes portant sur les substantifs qui changent de genre suivant qu’ils sont employés au sens abstrait ou au sens concret, tels que aide, garde, manœuvre, etc. ou qui changent légèrement de sens en changeant de genre, tels que couple, merci, relâche, etc. ; les fautes relatives au pluriel spécial de certains substantifs, particulièrement dans les langues techniques, tels que aïeuls et aïeux, ciels et deux, œils et yeux, travails et travaux, etc. ; les fautes relatives à l’emploi ou à la suppression de l’article ou à l’emploi de prépositions différentes devant les noms propres masculins désignant des pays. Ex. : aller en Danemark, en Portugal, mais aller au Japon, au Brésil.

Art. 1er. — Dans les examens ou concours dépendant du ministère de l’Instruction publique, qui comportent des épreuves spéciales d’orthographe, il ne sera pas compté de fautes aux candidats pour avoir usé des tolérances indiquées dans la liste annexée au présent arrêté.

La même disposition est applicable au jugement des diverses compositions rédigées en langue française, dans les examens ou concours dépendant du ministère de l’Instruction publique qui ne comportent pas une épreuve spéciale d’orthographe.

Art. 2. — L’arrêté du 31 juillet 1900 est rapporté.

Liste annexée à l’arrêté du 26 février 1901

Substantif

Pluriel ou singulier.

Dans toutes les constructions où le sens permet de comprendre le substantif complément aussi bien au singulier qu’au pluriel, on tolérera l’emploi de l’un ou l’autre nombre. Ex. : des habits de femme ou de femmes ; des confitures de groseille ou de groseilles ; des prêtres en bonnet carré ou en bonnets carrés ; ils ont ôté leur chapeau ou leurs chapeaux.

Substantifs des deux genres

Aigle.

L’usage actuel donne à ce substantif le genre masculin, sauf dans le cas où il désigne des enseignes. Ex. : les aigles romaines.

Amour, orgue.

L’usage actuel donne à ces deux mots le genre masculin au singulier. Au pluriel, on tolérera indifféremment le genre masculin ou le genre féminin. Ex. : les grandes orgues ; un des plus beaux orgues ; de folles amours, des amours tardifs.

Délice, délices

Délice et délices sont, en réalité, deux mots différents. Le premier est d’un usage rare et un peu recherché. Il est inutile de s’en occuper dans l’enseignement élémentaire et dans les exercices.

Automne, enfant.

Ces deux mots étant des deux genres, il est inutile de s’en occuper particulièrement. Il en est de même de tous les substantifs qui sont indifféremment des deux genres.

Gens, orge.

On tolérera, dans toutes les constructions, l’accord de l’adjectif au féminin avec le mot gens. Ex. : instruits ou instruites par l’expérience, les vieilles gens sont soupçonneux ou soupçonneuses.

On tolérera l’emploi du mot orge au féminin sans exception : orge carrée, orge mondée, orge perlée.

Hymne.

Il n’y a pas de raison suffisante pour donner à ce mot deux sens différents suivant qu’il est employé au masculin ou au féminin. On tolérera les deux genres aussi bien pour les chants nationaux que pour les chants religieux. Ex. : un bel hymne ou une belle hymne.

Pâques.

On tolérera l’emploi de ce mot au féminin aussi bien pour désigner une date que la fête religieuse. Ex. : à Pâques prochain, ou à Pâques prochaines.

Pluriel des substantifs

Pluriel des noms propres.

La plus grande obscurité régnant dans les règles et les exceptions enseignées dans les grammaires, on tolérera dans tous les cas que les noms propres, précédés de l’article pluriel, prennent la marque du pluriel : les Corneilles comme les Gracques ; des Virgiles (exemplaires) comme des Virgiles (éditions). Il en sera de même pour les noms propres de personnes désignant les œuvres de ces personnes. Ex. : des Meissoniers.

Pluriel des noms empruntés à d’autres langues.

Lorsque ces mots sont tout à fait entrés dans la langue française, on tolérera que le pluriel soit formé suivant la règle générale. Ex. des exéats comme des déficits.

Noms composés

Noms composés. Les mêmes noms composés se rencontrent aujourd’hui tantôt avec le trait d’union, tantôt sans trait d’union. Il est inutile de fatiguer les enfants à apprendre des contradictions que rien ne justifie. L’absence de trait d’union dans l’expression pomme de terre n’empêche pas cette expression de former un véritable mot composé aussi bien que chef-d’oeuvre par exemple. Ces mots pourront toujours s’écrire sans trait d’union.

Article

Article devant les noms propres de personnes.

L’usage existe d’employer l’article devant certains noms de famille italiens : le Tasse, le Corrège, et quelquefois à tort devant des prénoms : (le) Dante, (le) Guide. On ne comptera pas comme une faute l’ignorance de cet usage. Il règne aussi une grande incertitude dans la manière d’écrire l’article qui fait partie de certains noms propres français : la Fontaine, la Fayette ou Lafayette. Il convient d’indiquer, dans les textes dictés, si, dans les noms propres qui contiennent un article, l’article doit être séparé du nom.

Article supprimé.

Lorsque deux adjectifs unis par et se rapportent au même substantif de manière à désigner en réalité deux choses différentes, on tolérera la suppression de l’article devant le second adjectif. Ex : L’histoire ancienne et moderne, comme l’histoire ancienne et la moderne.

Article partitif.

On tolérera du, de la, des au lieu de de partitif devant un substantif précédé d’un adjectif. Ex. : de ou du bon pain, de bonne viande ou de la bonne viande, de ou des bons fruits.

Article devant plus, moins, etc.

La règle qui veut qu’on emploie le plus, le moins, le mieux comme un neutre invariable devant un adjectif indiquant le degré le plus élevé de la qualité possédée par le substantif qualifié sans comparaison avec d’autres objets est très subtile et de peu d’utilité. Il est superflu de s’en occuper dans l’enseignement élémentaire et dans les exercices. On tolérera le plus, la plus, les plus, les moins, les mieux, etc. dans des constructions telles que : on a abattu les arbres le plus ou les plus exposés à la tempête.

Adjectif

Accord de l’adjectif.

Dans la locution se faire fort de, on tolérera l’accord de l’adjectif. Ex. : se faire fort, forte, forts, fortes de.

Adjectif construit avec plusieurs substantifs.

Lorsqu’un adjectif qualificatif suit plusieurs substantifs de genres différents, on tolérera toujours que l’adjectif soit construit au masculin pluriel, quel que soit le genre du substantif le plus voisin. Ex. : appartements et chambres meublés.

Nu, demi, feu.

On tolérera l’accord de ces adjectifs avec le substantif qu’ils précèdent. Ex. : nu ou nus pieds, une demi ou demie heure (sans trait d’union entre les mots), feu ou feue la reine.

Adjectifs composés.

On tolérera la réunion des deux mots constitutifs en un seul mot qui formera son féminin et son pluriel d’après la règle générale. Ex. : nouveauné, nouveaunée, nouveaunés, nouveaunées ; courtvêtu, courvêtue, courtvêtus, courtvêtues, etc. Mais les adjectifs composés qui désignent des nuances étant devenus, par suite d’une ellipse, de véritables substantifs invariables, on les traitera comme des mots invariables. Ex. : des robes bleu clair, vert d’eau, etc., de même qu’on dit des habits marron.

Participes passés invariables.

Actuellement les participes approuvé, attendu, ci-inclus, ci-joint, excepté, non compris, y compris, ôté, passé, supposé, vu, placés avant le substantif auquel ils sont joints, restent invariables. Excepté est même déjà classé parmi les prépositions. On tolérera l’accord facultatif pour ces participes, sans exiger l’application de règles différentes suivant que ces mots sont placés au commencement ou dans le corps de la proposition, suivant que le substantif est ou n’est pas déterminé. Ex. : ci joint ou ci jointes les pièces demandées (sans trait d’union entre ci et le participe) : je vous envoie ci joint ou ci jointe copie de la pièce. On tolérera la même liberté pour l’adjectif franc. Ex : envoyer franc de port ou franche de port une lettre.

Avoir l’air.

On permettra d’écrire indifféremment : elle a l’air doux ou douce, spirituel ou spirituelle. On n’exigera pas la connaissance d’une différence de sens subtile suivant l’accord de l’adjectif avec le mot air ou avec le mot désignant la personne dont on indique l’air.

Adjectifs numéraux.

Vingt, cent. La prononciation justifie dans certains cas la règle actuelle qui donne un pluriel à ces deux mots quand ils sont multipliés par un autre nombre. On tolérera ce pluriel de vingt et de cent même lorsque ces mots sont suivis d’un autre adjectif numéral. Ex. : quatre vingt ou quatre vingts dix hommes ; quatre cent ou quatre cents trente hommes. Le trait d’union ne sera pas exigé entre le mot désignant les unités et le mot désignant les dizaines. Ex. : dix sept. Dans la désignation du millésime, on tolérera mille au lieu de mil, comme dans l’expression d’un nombre. Ex. : l’an mil huit cent quatre vingt dix ou l’an mille huit cents quatre vingts dix.

Adjectifs démonstratifs, indéfinis et pronoms

Ce.

On tolérera la réunion des particules ci et là avec le pronom qui les précède, sans exiger qu’on distingue qu’est ceci, qu’est cela de qu’est ce ci, qu’est ce là. On tolérera la suppression du trait d’union dans ces constructions.

Même.

Après un substantif ou un pronom au pluriel, on tolérera l’accord de même au pluriel et on n’exigera pas de trait d’union entre même et le pronom. Ex. : nous mêmes, les dieux mêmes.

Tout.

Devant un nom de ville on tolérera l’accord du mot tout avec le nom propre sans chercher à établir une différence un peu subtile entre des constructions comme toute Rome et tout Rome. On ne comptera pas de faute non plus à ceux qui écriront indifféremment, en faisant parler une femme, je suis tout à vous ou je suis toute à vous. Lorsque tout est employé avec le sens indéfini de chaque, on tolérera indifféremment la construction au singulier ou au pluriel du mot tout et du substantif qu’il accompagne. Ex. : des marchandises de toute sorte ou de toutes sortes ; la sottise est de tout (tous) temps et de tout (tous) pays.

Aucun.

Avec une négation, on tolérera l’emploi de ce mot aussi bien au pluriel qu’au singulier. Ex. : ne faire aucun projet ou aucuns projets.

Chacun.

Lorsque ce pronom est construit après le verbe et se rapporte à un mot pluriel ou complément, on tolérera indifféremment, après chacun, le possessif son, sa, ses ou le possessif leur, leurs. Ex. : ils sont sortis chacun de son côté ou de leur côté ; remettre des livres chacun à sa place ou à leur place.

Verbe

Verbes composés.

On tolérera la suppression de l’apostrophe et du trait d’union dans les verbes composés. Ex. : entrouvrir, entrecroiser.

Trait d’union.

On tolérera l’absence de trait d’union entre le verbe et le pronom sujet placé après le verbe. Ex. : est il ?

Différence du sujet apparent et du sujet réel.

Ex. : sa maladie sont des vapeurs. Il n’y a pas lieu d’enseigner de règles pour des constructions semblables dont l’emploi ne peut être étudié utilement que dans la lecture et l’explication des textes. C’est une question de style et non de grammaire, qui ne saurait figurer ni dans les exercices élémentaires ni dans les examens.

Accord du verbe précédé de plusieurs sujets non unis par la conjonction et.

Si les sujets ne sont pas résumés par un mot indéfini tel que tout, rien, chacun, on tolérera toujours la construction du verbe au pluriel. Ex. : Sa bonté, sa douceur le font admirer.

Accord du verbe précédé de plusieurs sujets au singulier unis par ni, comme, avec, ainsi que et autres locutions équivalentes.

On tolérera toujours le verbe au pluriel. Ex. : ni la douceur ni la force n’y peuvent rien ou n’y peut rien ; la santé comme la fortune demandent à être ménagées ou demande à être ménagée ; le général avec quelques officiers sont sortis ou est sorti du camp ; le chat ainsi que le tigre sont des carnivores ou est un Carnivore.

Accord du verbe quand le sujet est un mot collectif.

Toutes les fois que le collectif est accompagné d’un complément au pluriel, on tolérera l’accord du verbe avec le complément. Ex. : un peu de connaissances suffit ou suffisent.

Accord du verbe quand le sujet est plus d’un.

L’usage actuel étant de construire le verbe au singulier avec le sujet plus d’un, on tolérera la construction du verbe au singulier même lorsque plus d’un est suivi d’un complément au pluriel. Ex. : plus d’un de ces hommes était ou étaient à plaindre.

Accord du verbe précédé de un de ceux (une de celles) qui.

Dans quels cas le verbe de la proposition relative doit-il être construit au pluriel, et dans quels cas au singulier ? C’est une délicatesse de langage qu’on n’essaiera pas d’introduire dans les exercices élémentaires ni dans les examens.

C’est, ce sont.

Comme il règne une grande diversité d’usage relativement à l’emploi régulier de c’est et de ce sont, et que les meilleurs auteurs ont employé c’est pour annoncer un substantif au pluriel ou un pronom de la troisième personne au pluriel, on tolérera dans tous les cas l’emploi de c’est au lieu de ce sont. Ex. : c’est ou ce sont des montagnes et des précipices.

Concordance ou correspondance des temps.

On tolérera le présent du subjonctif au lieu de l’imparfait dans les propositions subordonnées dépendant de propositions dont le verbe est au conditionnel présent. Ex. : il faudrait qu’il vienne ou qu’il vînt.

Participe

Participe présent et adjectif verbal.

Il convient de s’en tenir à la règle générale d’après laquelle on distingue le participe de l’adjectif en ce que le premier indique l’action et le second l’état. Il suffit que les élèves et les candidats fassent preuve de bon sens dans les cas douteux. On devra éviter avec soin les subtilités dans les exercices. Ex. : des sauvages vivent errant ou errants dans les bois.

Participe passé.

Il n’y a rien à changer à la règle d’après laquelle le participe passé construit comme épithète doit s’accorder avec le mot qualifié, et construit comme attribut avec le verbe être ou un verbe intransitif doit s’accorder avec le sujet. Ex. : des fruits gâtés ; ils sont tombés ; elles sont tombées.

Pour le participe passé construit avec l’auxiliaire avoir, lorsque le participe passé est suivi soit d’un infinitif, soit d’un participe présent ou passé, on tolérera qu’il reste invariable, quels que soient le genre et le nombre des compléments qui précèdent. Ex. : les fruits que je me suis laissé ou laissés prendre ; les sauvages que l’on a trouvé ou trouvés errant dans les bois. Dans le cas où le participe passé est précédé d’une expression collective, on pourra à volonté la faire accorder avec le collectif ou avec son complément. Ex. : la foule d’hommes que j’ai vue ou vus.

Ne dans les propositions subordonnées.

L’emploi de cette négation dans un très grand nombre de propositions subordonnées donne lieu à des règles compliquées, difficiles, abusives, souvent en contradiction avec l’usage des écrivains les plus classiques. Sans faire de règles différentes suivant que les propositions dont elles dépendent sont affirmatives ou négatives ou interrogatives, on tolérera la suppression de la négation ne dans les propositions subordonnées dépendant de verbes ou de locutions signifiant :

Empêcher, défendre, éviter, que, etc.

Ex. : défendre qu’on vienne ou qu’on ne vienne ; Craindre, désespérer, avoir peur, de peur que, etc. Ex. : de peur qu’il aille ou qu’il n’aille ; Douter, contester, nier que, etc. Ex. : je ne doute pas que la chose soit vraie ou ne soit vraie ; Il tient à peu, il ne tient pas à, il s’en faut que, etc. Ex. : il ne tient pas à moi que cela se fasse ou ne se fasse.

On tolérera de même la suppression de cette négation après les comparatifs et les mots indiquant une comparaison : autre, autrement que, etc. Ex. : l’année a été meilleure qu’on l’espérait ou qu’on ne l’espérait ; les résultats sont autres qu’on le croyait ou qu’on ne le croyait ; De même après les locutions à moins que, avant que. Ex. : à moins qu’on accorde le pardon ou qu’on n’accorde le pardon.

Observation

Il conviendra, dans les examens, de ne pas compter comme fautes graves celles qui ne prouvent rien contre l’intelligence et le véritable savoir des candidats, mais qui prouvent seulement l’ignorance de quelque finesse ou de quelque subtilité grammaticale.

Participe passé en -é ou infinitif en -er ?

Participe passé en -é ou infinitif en -er ?  Cette règle n’est pas si simple.

Il faut tenir compte des auxiliaires, des verbes pronominaux, de la voix passive, de la ressemblance entre adjectifs qualificatifs et participes passés, du remplacement dans le langage courant du verbe aller par le verbe être aux temps composés, d’homophones grammaticaux, de la ponctuation…

Donc privilégier des moments réguliers d’observations et d’échanges puis la constitution de listes récapitulatives.

Après une préposition, on écrit le verbe à l’infinitif.

  • Il vient de manger.
  • Il court pour s’entrainer.
  • Il a obéi sans discuter.
  • Il me cherche afin de m’expliquer la situation.
  • Il a à manger et à boire.

Après l’auxiliaire avoir, on écrit le participe passé.

  • On a gagné, on aura gagné, on avait gagné, on eut gagné, on aurait gagné, qu’on ait gagné, qu’on eût gagné, ayant gagné, …

On écrit aussi le participe passé pour les formes surcomposées :

  • dès que j’ai eu mangé, lorsqu’il avait eu envoyé, quand il aura eu payé, …

Après l’auxiliaire être, on écrit le participe passé.

  • il est monté, il est arrivé, il est passé, …

Ainsi que pour les verbes pronominaux :

  • il s’est approché, il s’est moqué, il s’est installé, …

Et la voix passive :

  • il est attrapé, il était attrapé, il fut attrapé, il sera attrapé, il serait attrapé, qu’il soit attrapé, qu’il fût attrapé, étant attrapé, être attrapé, sois attrapé, il a été attrapé, il avait été attrapé, il eut été attrapé, il aura été attrapé, il aurait été attrapé, qu’il ait été attrapé, qu’il eût été attrapé, ayant été attrapé, avoir été attrapé, …

Après le verbe être, on trouve aussi des adjectifs qualificatifs.

Il est souvent difficile de distinguer le participe passé de l’adjectif qualificatif.

  • Il est fatigué. (adjectif : on peut le remplacer par heureux, âgé, triste, …).
  • Il est fatigué par le bruit. (participe passé de fatiguer à la voix passive).

Dans le langage courant, le verbe aller est remplacé par le verbe être aux temps composés.

Le verbe être est alors suivi d’un infinitif :

  • Il est allé chercher le pain. ? Il a été chercher le pain.
  • Il sera allé réparer la voiture. ? Il aura été réparer la voiture.
  • Il était allé regarder par la fenêtre. ? Il avait été regarder par la fenêtre.
  • Il serait allé attraper une poule. ? Il aurait été attraper une poule.

Après les autres verbes, on remplace par un participe passé (exemples : déçu, fini, grandi, vendu, vu) ou par un infinitif (décevoir, finir, grandir, vendre, voir).

  • Il parait encouragé. ? Il parait déçu.    Il parait encourager. ? Il parait décevoir.
  • Il aime marcher. ? Il aime voir.
  • Il se voyait félicité. ? Il se voyait grandi.     Il se voyait féliciter. ? Il se voyait grandir.
  • Je sais le terminer. ? Je sais le finir.
  • Il semble accéléré. ? Il semble fini.      Il semble accélérer. ? Il semble finir.

se voir

se voir rassuré, se voir interrompu : être rassuré, être interrompu.
se voir rassurer quelqu’un, se voir interrompre quelque chose : imaginer rassurer quelqu’un, prévoir d’interrompre quelque chose.
se voir rassurer, se voir interrompre (par quelque chose, par quelqu’un) : se laisser rassurer, se laisser interrompre.

Autres remarques.

La place du pronom personnel COD est un indice :

  • Je le veux préparé. ? Je le veux fini.     Je veux le préparer. ? Je veux le finir.
  • Je le sais réveillé. ? Je le sais fini.     Je sais le réveiller. ? Je sais le finir.

Ne pas confondre les verbes être et savoir au futur simple et au conditionnel :

  • Je serai décidé. Je saurai décider.
  • Je serais décidé. Je saurais décider.

Il faut être attentif aux homophones grammaticaux :

  • Il s’est manifesté calmement. Il sait manifester calmement.

Ainsi qu’à la ponctuation :

  • Il a commencé à chercher et à questionner. Il a commencé, a cherché et a questionné.

L’accent circonflexe

L’accent si complexe

L’accent circonflexe se reconnait surtout par la forme des sourcils car beaucoup de mots concernés laissent dubitatifs. Je demande aux spécialistes des propérispomènes et périspomènes de ne pas se laisser entrainer à une diatribe vengeresse, il ne s’agit que de remarques sur des mots collectés pour le mégadictionnaire.

Les mots pour lesquels l’accent circonflexe ne suscite pas de débat.

L’accent circonflexe semble immuable quand il existe des mots dérivés du type hôpital, hôte / hospitalier, forêt / forestier. Et pourtant, ce n’est pas une évidence : bête / bestial mais bétail…, fête / festivité mais fêtard.

La comparaison des dictionnaires montre que l’usage de cet accent est aléatoire selon les époques et même les lexicographes.

La conjugaison est une mécanique bien huilée où s’insèrent sans difficulté tous les verbes récents. Les leçons de conjugaison sont bien souvent des rappels orthographiques (verbes en -ger, -cer,…). Les seuls anarchistes sont les verbes en -guer. L’accent circonflexe, s’il n’existe pas dans l’infinitif, apparait donc au passé simple (avec nous et vous) et par voie de conséquence au passé antérieur et au subjonctif.

On remarque parfois la faute « vous dîtes » que les correcteurs automatiques ne peuvent signaler car cette forme existe au passé simple.

La prononciation

Bien souvent la prononciation est le prétexte du chapeau ajouté sur les lettres a et o : pâte / patte ; côte / cote,… La manière de prononcer les mots privilégiant de plus en plus les archiphonèmes [Qui prononce encore différemment le â de gâteau et le a de bateau ?], cette distinction devient peu évidente : cône, mais conique, binôme, mais axiome, syndrome / symptôme. Même la dérivation est peu évidente : symptôme, symptomal, symptomatique, symptomatiquement, symptomatologie, symptomatologique. Pour fantôme, cet accent remplacerait le «s» de phantasma, fantasme et fantôme étant 2 doublets, ou le «au» de fantauma, la prononciation ayant aussi son influence : fantomatique, fantomal ou fantômnal. Pour le mot cône, c’est à pile ou face : kératocône, lenticône, métacone ou métacône, métaconide,…

La prononciation semble justifier l’accent circonflexe pour le suffixe -âtre exprimant l’atténuation, et, corrélativement, l’approximation et la dépréciation, à ne pas confondre avec -iatre, qui vient du grec et signifie « médecin », -iatrie indiquant la spécialité.

Le suffixe -ache, diminutif ou augmentatif, généralement péjoratif, apparait surtout dans des mots de langue populaire, ou transpose en français des terminaisons italiennes, espagnoles, provençales. On note aussi Malgache, malgache (= de Madagascar). La terminaison -âche se retrouve dans les mots : bâche, rabâche, fâche, gâche, lâche, relâche, mâche (substantif ou verbe), tâche. En savoir beaucoup plus : CNRTL.

La terminaison -ât ne semble utilisée qu’au subjonctif imparfait. Voir les noms se terminent par -at : CNRTL.

La «circonflexion» des lettres I et U.

L’Académie française a indiqué en 1990 que sur i et u, l’accent circonflexe ne joue aucun rôle phonétique ; il est l’une des principales causes d’erreurs et son emploi, aléatoire, ne peut être justifié par l’étymologie. Les seuls cas où il apporte une distinction de sens utile sont les adjectifs masculins singuliers dû, mûr et sûr, jeûne(s) et les formes de croître qui, sans accent, se confondraient avec celles de croire (je croîs, tu croîs, etc.).

Chacun peut bien sûr continuer à écrire connaître, il paraît,… mais il semble que le fait d’écrire les mots avec i et u sans accent circonflexe soit accepté. Aucune remarque à ce sujet n’a été transmise ces dix dernières années concernant le Dictho ou les centaines d’exercices du site Gaétan Solo.

Ces rectifications de 1990 ont apporté une réelle simplification concernant les adverbes. Et là aussi, les graphies semblent évoluer.

L’accent circonflexe disparait sur i et u.

On le maintient néanmoins dans les terminaisons verbales du passé simple, du subjonctif et dans cinq cas d’ambigüité.

Ancienne orthographe : coût, entraîner, nous entraînons, paraître, il paraît,…

Nouvelle orthographe : cout, entrainer, nous entrainons, paraitre, il parait,…

Les mots où le circonflexe est conservé parce qu’il apporte une distinction de sens utile sont :

  • les adjectifs masculins singuliers dû, mûr et sûr, jeûne(s)
  • et les formes de croitre qui, sans accent, se confondraient avec celles de croire (je croîs, tu croîs, etc.).

Sur i et u, l’accent circonflexe ne joue aucun rôle phonétique ; il est l’une des principales causes d’erreurs et son emploi, aléatoire, ne peut être justifié par l’étymologie.  Orthographe-recommandée

Homonymes, paronymes, synonymes et antonymes

Les homonymes

Les noms propres

  Quand on parle d’homonymes, on pense d’abord à deux personnes qui n’ont pas de lien de parenté mais qui ont le même nom.

Les noms communs :

   Un homonyme est un mot ou un signifiant qui a une prononciation et/ou une graphie identique à celle d’un autre mais un signifié différent.

  • un coq, une coque, un coke

  • une geste, un geste

  • se fier, il est fier

Voici des outils permettant d’étudier les homonymes quand il s’agit de noms communs :

  Les homographes sont des mots qui s’écrivent de la même façon, les homophones ont la même prononciation.

Les homographes homophones

  Certains homographes se disent aussi de la même façon :

  • une pêche (un fruit)

  • une pêche de poissons.

  Ces mots n’ont pas la même origine.

Les homographes non homophones

  D’autres homographes (parfois nommés hétéronymes) se prononcent différemment : Il est à l’est.

  Vous trouverez les homographes non homophones dans ces pages :

Les homophones non homographes

  • Quand tu auras le temps d’aller à Caen, il faudra qu’en partant du camp tu me préviennes.

  Les homophones non homographes, généralement appelés homonymes, sont étudiés plus souvent.

  Voir : Découverte des homophones.

Les paronymes

  Beaucoup de mots se ressemblent phonétiquement mais n’ont pas le même sens, ce sont des paronymes.

  • une gallérie (= un insecte)

  • une galerie (= un lieu de passage ou de promenade, plus long que large ; une salle aménagée pour une exposition ; un magasin de vente d’œuvres d’art ; …)

  Vous en trouverez de nombreux exemples dans le Dictho.

Les antonymes

  Quand un mot a un sens contraire à un autre, ils sont antonymes.

  • grand, petit

  Voir : Synonymes et contraires.

 Monsieur,

 Professeur en retraite depuis maintenant plus de quinze ans, je ne maîtrise pas suffisamment l’informatique pour correspondre directement sur vos sites et je vous prie de m’excuser pour le dérangement que cela pourra vous causer.

 Je ne peux que souligner la richesse de ce que vous présentez :

  • l’usage du bon sens plutôt que l’énoncé de règles conventionnelles pour les mots composés, les accords dans le groupe nominal, …..

  • la signification des mots terminés en al, ail,….. à l’occasion de leur mise au pluriel.

  • une longue liste d’homographes non homophones

 Et bien d’autres détails, notamment les fluctuations des règles de grammaire au cours des siècles passés qui constitueraient une savoureuse conclusion à votre exposé « du singulier au pluriel » .

 Cependant il est une question sur laquelle même des spécialistes restent plutôt muets :

 Les nuances de la phonétique dans les homophones

« Les homonymes sont des mots qui se prononcent de la même façon mais qui n’ont pas la même signification ».

 Alors, après écoute attentive des voyelles,

  • patte et pâte : longueur du son

  • pomme et paume : ouverture

  • pêcher (du poisson) et pécher (faute) : ouverture

  • du lait (lè) dans le Nord et du lait (lé) dans le Midi : ouverture

  • ou et houx : expiration

  • haie et hé ! : intonation

 Ces mots forment-ils des couples d’homonymes

  • à l’école primaire ?

  • au lycée ?

  • en faculté ?

 En vous remerciant de votre attention, je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs

 Bonsoir Monsieur,

 Étant également retraité, cela me permet d’aborder les questions linguistiques  sans les contraintes de l’enseignement qui pourtant a guidé ma démarche. Aussi j’apprécie vraiment votre message et votre ouverture.

 Je suppose que vous faites référence à ma tentative de clarification des contenus enseignés que ce soit en grammaire, conjugaison, vocabulaire et orthographe. Il y a tellement de temps perdu avec des apprentissages inutiles et des contradictions…

 Cependant, ma « priorité » pour deux ou trois ans encore est le Dictho que j’utiliserai ensuite pour parfaire ces réflexions sur la validité des règles. La conception de ce dictionnaire est de permettre de trouver l’orthographe d’un mot même si on n’en connait qu’approximativement la prononciation ou de découvrir ce mot au moyen des familles étymologiques.

 Dans cette optique, s’imposent les archiphonèmes afin de tenir compte des différences de prononciation entre régions, entre pays et même entre voisins… C’est pourquoi y figure souvent la mention « Prononciation plus ou moins proche selon les régions ».

 Dans le Dictho, la démarche est de faire figurer le plus grand nombre de mots avec des définitions qui aident à reconnaitre la graphie correcte (ou les graphies), et en mettant en évidence les similitudes ou ressemblances phoniques.

 Cela ne signifie pas d’effacer les différences phonologiques que vous mettez justement en valeur mais d’aider à la réflexion et au choix. Par exemple, une des causes d’échec dans l’apprentissage de la lecture est le fait que l’enseignant impose une prononciation alors que la plupart des mots (votre exemple du lait est tout-à-fait révélateur) sont prononcés différemment selon les élèves. Un bon lecteur a compris que beaucoup de mots peuvent être dits de plusieurs façons.

 Le degré d’homophonie que vous mettez en évidence est un élément fondamental de la langue française mais le tort est d’imposer une norme de prononciation alors que c’est un moyen de comparer et d’enrichir la langue. Et ces oppositions sont intéressantes dès la maternelle si ce n’est pas une volonté d’imposer un savoir : cela constitue alors un enrichissement par la mise en valeur des différences et de l’évolution de nos échanges oraux.

 En espérant que mon courriel vous est parvenu (les adresses e-mail étant tellement usurpées), je vous adresse l’expression de mes cordiales salutations.

 Gilles Colin

Les adverbes en -ment

Il y a environ 1500 adverbes en -ment. Ces adverbes correspondent généralement à un adjectif.

Si l’adjectif est terminé par -ent, l’adverbe se termine par -emment :

  • il est apparent ? apparemment
  • il est ardent ? ardemment
  • il est concurrent ? concurremment
  • il est conscient ? consciemment
  • il est conséquent ? conséquemment
  • il est décent ? décemment
  • il est différent ? différemment
  • il est diligent ? diligemment
  • il est éloquent ? éloquemment
  • il est éminent ? éminemment
  • il est évident ? évidemment
  • il est excellent ? excellemment
  • il est fréquent ? fréquemment
  • il est impatient ? impatiemment
  • il est impertinent ? impertinemment
  • il est imprudent ? imprudemment
  • il est impudent ? impudemment
  • il est incident ? incidemment
  • il est inconscient ? inconsciemment
  • il est inconséquent ? inconséquemment
  • il est indécent ? indécemment
  • il est indifférent ? indifféremment
  • il est indolent ? indolemment
  • il est innocent ? innocemment
  • il est insolent ? insolemment
  • il est intelligent ? intelligemment
  • il est négligent ? négligemment
  • il est patient ? patiemment
  • il est pertinent ? pertinemment
  • il est précédent ? précédemment
  • il est prudent ? prudemment
  • il est récent ? récemment
  • (la science) ? sciemment
  • il est subséquent ? subséquemment
  • il est urgent ? urgemment
  • il est violent ? violemment

Particularités :

  • il est lent, elle est lente ? lentement
  • il est présent, elle est présente ? présentement
  • il est véhément, elle est véhémente ? véhémentement.
  • Verbe en -emment : ils gemment (gemmer)

Si l’adjectif est terminé par -ant, l’adverbe se termine par -amment :

  • il est abondant ? abondamment
  • il est arrogant ? arrogamment
  • il est bienveillant ? bienveillamment
  • il est brillant ? brillamment
  • il est bruyant ? bruyamment
  • il est complaisant ? complaisamment
  • il est concomitant ? concomitamment
  • il est constant ? constamment
  • il est courant ? couramment
  • il est dégoutant ? dégoutamment (anciennement : dégoûtant, dégoûtamment)
  • il est désobligeant ? désobligeamment
  • il est élégant ? élégamment
  • il est épatant ? épatamment (familier)
  • il est étonnant ? étonnamment
  • il est galant ? galamment
  • il est incessant ? incessamment
  • il est indépendant ? indépendamment
  • il est inélégant ? inélégamment
  • il est instant ? instamment
  • il est insuffisant ? insuffisamment
  • il est languissant ? languissamment
  • il est méchant ? méchamment
  • il est nonchalant ? nonchalamment
  • notamment
  • nuitamment
  • il est obligeant ? obligeamment
  • il est pesant ? pesamment
  • il est plaisant ? plaisamment
  • précipitamment
  • il est puissant ? puissamment
  • il est savant ? savamment
  • il est suffisant ? suffisamment
  • il est surabondant ? surabondamment
  • il est vaillant ? vaillamment
  • il est vigilant ? vigilamment
  • il est friand ? friamment  (friand vient du participe présent adjectivé de frire au sens de « qui grille, frétille d’impatience ») CNRTL

Des verbes se terminent par -amment :

  • ils déprogramment, ils programment, ils reprogramment.
  • ils enflamment

Les suffixes -amment et -emment

Si l’adjectif est terminé par une consonne, on l’écrit au féminin puis on ajoute -ment.

  • il est amer, elle est amère ? amèrement
  • aucun, aucune [adjectif ou pronom indéfinis] ? aucunement
  • il est bas, elle est basse ? bassement
  • il est bon, elle est bonne ? (tout) bonnement
  • il est cher, elle est chère ? chèrement
  • il est fier, elle est fière ? chèrement
  • il est frais, elle est fraiche ? fraichement
  • il est général, elle est générale ? généralement
  • il est haut, elle est haute ? hautement
  • il est importun, elle est importune ? importunément
  • il est intuitif, elle est intuitive ? intuitivement
  • il est malencontreux, elle est malencontreuse ? malencontreusement
  • il est nominatif, elle est nominative ? nominativement
  • il est opportun, elle est opportune ? opportunément
  • il est préférentiel, elle est préférentielle ? préférentiellement
  • il est sournois, elle est sournoise ? sournoisement
  • il est universel, elle est universelle ? universellement

Si l’adjectif est terminé par une voyelle, il suffit d’ajouter -ment.

Adjectifs terminés par -i ou -u :

  • absolu ? absolument
  • ambigu ? ambigument (rare)
  • assidu ? assidument (anciennement : assidûment)
  • congru ? congrument (anciennement : congrûment)
  • continu ? continument (anciennement : continuellement)
  • cru ? crument (anciennement : crûment)
  • dû ? dument (anciennement : dûment)
  • éperdu ? éperdument
  • étourdi ? étourdiment
  • gai ? gaiment (anciennement : gaiement)
  • gentil ? gentiment
  • goulu ? goulument (anciennement : goulûment)
  • hardi ? hardiment
  • impoli ? impoliment
  • incongru ? incongrument (anciennement : incongrûment)
  • indéfini ? indéfiniment
  • indu ? indument (anciennement : indûment)
  • ingénu ? ingénument
  • joli ? joliment
  • nu ? nument (anciennement : nûment ou nuement)
  • poli ? poliment
  • prétendu ? prétendument
  • quasi (adverbe) ? quasiment
  • résolu ? résolument
  • uni ? uniment
  • vrai ? vraiment

Adjectifs terminés par -é :

  • assuré ? assurément
  • aveuglé ? aveuglément
  • carré ? carrément
  • décidé ? décidément
  • désespéré ? désespérément
  • exagéré ? exagérément
  • nommé ? nommément
  • obstiné ? obstinément
  • posé ? posément
  • sensé ? sensément
  • Particularité : précipité ? précipitamment.

Adjectifs terminés par -e :

  • aigre ? aigrement
  • aimable ? aimablement
  • authentique ? authentiquement
  • bizarre ? bizarrement
  • calme ? calmement
  • esthétique ? esthétiquement
  • étrange ? étrangement
  • féroce ? férocement ;
  • inéaire ? linéairement
  • ordinaire ? ordinairement
  • précoce ? précocement
  • préférable ? préférablement
  • rapide ? rapidement
  • sage ? sagement
  • simple ? simplement
  • sincère ? sincèrement
  • subreptice ? subrepticement
  • timide ? timidement
  • vorace ? voracement

Accord de l’adjectif et du participe passé

Il est possible de présenter simplement ce qui peut sembler ardu.

  • En orthographe, l’accord du participe passé et celui de l’adjectif attribut peuvent être étudiés simultanément, d’autant que des participes passés sont souvent employés comme adjectifs…

On reconnaitra, s’il en est besoin, le participe passé en changeant le temps de conjugaison.

Elle est venue. Elle vient. (verbe venir)  Elle est jolie. Elle était jolie. (verbe être)

  • On peut également aborder l’accord après être et avoir par une démarche similaire :

Verbe être :

Nathalie est venue. Qui est venu ?

Les enfants qui ont été sages auront un gâteau. Qui a été sage ?

Il me dit qu’elle sera réparée demain. Qu’est-ce qui sera réparé ?

Auxiliaire avoir :

 On n’accorde jamais le participe passé avec le sujet. Ce participe s’accorde si on sait qui ou ce qui est concerné.

Voici le mécanicien qui a réparé la voiture. Quand on dit « réparé », sait-on ce qui est réparé ? Non, alors on n’accorde pas. (Il pourrait avoir réparé le moteur, les roues, …)

Ma sœur arrive. Je l’ai aperçue. Quand on dit « aperçu », sait-on qui est aperçu ? Oui, alors on l’accorde.

Particularités :

  • les enfants que j’ai vus jouer. (= j’ai vu les enfants qui jouaient) ;  les tours que j’ai vu jouer (= j’ai vu jouer des tours) ;
  • les trois heures que j’ai passé à travailler (dans « J’ai passé trois heures »,  « trois heures » indique la durée) ;
  • les efforts qu’il a fallu, les averses qu’il a plu (On ne peut pas dire : « Qu’est-ce qui est fallu ? Qu’est-ce qui est plu ?) ;
  • des tartes, j’en ai fait beaucoup (on décide que « en » n’est pas assez précis pour faire l’accord…).

Verbes pronominaux :

Elle s’est maquillé les cils. Quand on dit « maquillé », sait-on ce qui est maquillé ? Non, on n’accorde pas.

Elle s’est maquillée avec du mascara. Quand on dit « maquillé », sait-on qui est maquillé ? Oui, on l’accorde.

Elles se sont donné des gâteaux. Quand on dit « donné », sait-on ce qui est donné ? Non.

Elles se sont rencontrées chez une amie. Quand on dit « rencontré », sait-on qui est rencontré ? Oui.

Autres exemples :

  • Ils se sont lavés. Ils se sont lavé le visage.
  • Ils se sont battus.
  • Elle s’est préparée. Elle s’est préparé une tarte.
  • Elle s’est rendue à Paris. Elle s’est rendue insupportable. Elle s’est rendu compte qu’elle avait raison. Elle s’en est rendu compte.

Particularités :

Elle s’est fait surprendre. (pas d’accord après « fait » et « laissé » suivis d’un infinitif).

Elles se sont succédé. (On ne peut pas dire : « Qui est succédé ? »)

Ils se sont plu. (On ne peut pas dire : »Qui est plu ? »)

Beaucoup de participes passés peuvent s’accorder. Exemples  :

  • Je fais des tartes.  Les tartes sont faites par moi.  Je les ai faites. (Mais : Je les ai fait cuire.)
  • Je prépare des tartesLes tartes sont préparées par moi. Je les ai préparées.
  • Je suis venu(e). Tu es venu(e). Vous êtes venu(e)(es)(s).
  • Il s’est levé. Elle s’est levéeIls se sont levésElles se sont levées.
  • Ils se sont parlé (= Chacun a parlé à l’autre.)
  • Ils se sont procuré des documents (= Ils ont procuré à eux des documents.)

Pour approfondir cette question :

Accord du participe passé (Office québécois de la langue française) ;

L’accord du participe passé en une seule règle

  • Travail spécifique sur les verbes se conjuguant avec l’auxiliaire être :  advenir, aller, arriver, décéder, descendre*, devenir, entrer*, intervenir, monter*, mourir, naître, parvenir, partir, redescendre*, redevenir, rentrer*, ressortir*, rester, retomber, retourner*, revenir, sortir*, tomber*, venir.

* Ces verbes peuvent aussi être conjugués avec l’auxiliaire avoir : « Il a monté le son. Il a descendu la poubelle. »

  • Travail sur le passif en liaison avec l’étude du complément d’objet.
  • Les verbes pronominaux peuvent faire l’objet d’observations et de relevés.

Orthographe recommandée :

Comme celui de faire (Elle s’est fait photographier.), le participe passé de laisser suivi d’un infinitif est invariable.

  • ancienne orthographe : elle s’est laissée maigrir ; je les ai laissés partir
  • nouvelle orthographe : elle s’est laissé maigrir ; je les ai laissé partir

 

Doit-on dire :

– Je me suis fait belle ou faite belle ?

– Elle a été fait prisonnière ou faite prisonnière ?

– Elles se sont aperçu de leur erreur ou aperçues de leur erreur ?

Merci

Je me suis faite belle. Je me suis fait teindre les cheveux.

Elle nous a fait mal. Elle s’est fait mal.

Elle s’est faite mâle. (Elle a décidé de se déguiser en lion plutôt qu’en lionne.)

Elle s’est faite malle. (Ce déguisement parait compliqué…)

Elle a été faite prisonnière, elle est faite prisonnière, elle est devenue prisonnière.

Elles se sont aperçues de leur erreur. (Dans ce cas, c’est un verbe pronominal.)

Elles les ont aperçus (ou aperçues).

 

Pour en savoir plus :

liste de participes passés invariables : Office québécois de la langue française

accord du participe passé (que j’ai eue, que j’ai eu à gérer) : Académie française

accord et fonctions du participe passé employé sans auxiliaire : Office québécois de la langue française

participe passé employé avec l’auxiliaire avoir : Office québécois de la langue française

participe passé avec l’auxiliaire avoir (tableau-synthèse) : Office québécois de la langue française

participe passé employé avec l’auxiliaire être : Office québécois de la langue française

participe passé avec l’auxiliaire être (tableau-synthèse) : Office québécois de la langue française

participe passé employé comme préposition : Office québécois de la langue française

participe passé sans auxiliaire (tableau-synthèse) : Office québécois de la langue française

participe passé des verbes exprimant la mesure, la quantité, la durée : Office québécois de la langue française

participe passé des verbes impersonnels : Office québécois de la langue française

participe passé dont l’objet direct est l’ : Office québécois de la langue française

participe passé suivi d’un attribut du complément direct : Office québécois de la langue française

participe passé suivi d’un infinitif : Office québécois de la langue française

participe passé suivi d’un infinitif sous-entendu : Office québécois de la langue française

participe passé des verbes essentiellement pronominaux : Office québécois de la langue française

participe passé des verbes occasionnellement pronominaux : Office québécois de la langue française

participe passé d’un verbe pronominal suivi d’un infinitif, d’un adjectif ou d’un autre participe passé : Office québécois de la langue française

participe passé précédé de en : Office québécois de la langue française

participe passé précédé d’un adverbe de quantité : Office québécois de la langue française

participe passé précédé d’un nom collectif : Office québécois de la langue française

participe passé précédé d’une fraction, d’un pourcentage ou d’un nom numéral : Office québécois de la langue française

participe passé (accord) : Parler français

participe passé des verbes pronominaux (accord) : Parler français

accord du participe passé : Académie française

Exercices

Exemple d’exercice permettant aux élèves de confronter leurs connaissances.

Il est préférable, dans un premier temps, de leur dire d’attendre qu’ils soient d’accord pour relier.

En effet, ils se basent souvent sur le sens de la phrase.

 

  • Surtout, bien préciser : Après l’auxiliaire avoir, on n’accorde pas le participe passé avec le sujet.
  • Vous allez chercher s’il faut accorder le mot en italique (adjectif attribut ou participe passé) et vous expliquerez pourquoi.

Cette histoire est arrivé   l’an dernier.

Les ouvriers qui ont été convoqué   partiront en car.

En sortant, la demoiselle avait plissé   les yeux à cause du soleil.

Cette nuit, plusieurs cambrioleurs ont percé   les murs de la banque.

Depuis longtemps, Pierre et Sonia étaient habitué     à la chaleur.

Les combattants ont lutté    pendant des heures.

Les copains que j’ai invité   ne sont pas pressé   de repartir.

Elles auraient protesté   vigoureusement si elles avaient su   que des pages avaient été arraché    .

Maintenant, les sorties sont autorisé     le soir.

Les touristes ont préféré   ce guide.

Je te félicite, la pelouse a été bien tondu  .

Le crabe m’a pincé   le doigt.

À quelle heure sont-elles parti      ?

Toute la famille a bien profité    de ces vacances.

La semaine dernière, cette leçon n’avait pas été appris  .

À cause de la grève, de nombreux voyageurs ont été retardé  .

Pour le carnaval, elle avait déguisé   Nathalie en pirate.

Les joueurs ont beaucoup discuté   .

  • Penser à faire varier les temps de conjugaison.
  • Écriture ou correction d’un texte en commun.
  • Dictée argumentée.
  • Dictée de phrases avec des mots appris ou à la disposition des élèves.
  • Correction par deux, puis par la classe, d’une dictée non préparée.

Comment le français évolue.

Ces évolutions de la langue française semblent se pérenniser, certaines n’étant déjà plus considérées comme « fautives ».

À l’oral :

  • La phrase négative utilise rarement « ne » : J’ai pas faim. Ils ont jamais le temps.
  • S’il y a hésitation, le pluriel en « als » est privilégié : « Ils sont vraiment phénoménals. Voici des casques intégrals. Il a eu des gestes amicals. » Il en est de même quand l’adjectif est éloigné du nom :  » Les procédés utilisés sont vraiment spécials. »
  • Le pluriel travails désigne des métiers, des professions : « J’ai effectué plusieurs travails dans cette entreprise et j’ai terminé mes travaux de rénovation. »
  • Le masculin et le féminin sont une grande source d’ambigüité (du moins grammaticalement) . Le boulanger dit une éclair au chocolat. Les machines ou appareils sont au masculin, au féminin, ou les deux (un photocopieur ou une photocopieuse, une plastifieuse, un finisseur, une niveleuse). Même pour les métiers, le féminin n’est pas encore systématique. De plus, le choix du féminin d’un nom en -teur est source de perplexité.
  • L’élision du « e » se généralise : un sam’di, une s’maine, un ch’val, à vous d’jouer. « œ » est prononcé « eu » dans les mots habituels (œsophage, œnologie), « é » dans les mots scientifiques.
  • Le verbe aller est maintenant supplanté par le verbe être devant un infinitif : « J’ai été chercher le pain. »
  • « Écoutez », « en fait » sont devenus des expressions incontournables pour ceux qui n’ont rien de précis à dire.
  • Les évolutions phonétiques amenuisent les différences é/ai/è, in/un et même an/on, sauf s’il y a un risque d’homophonie.
  • Les Français étant peu nombreux à maitriser une langue étrangère s’approprient les mots lorsqu’ils n’en trouvent pas d’équivalents (un rush prononcé ruche…).

À l’écrit :

  • Dans les textes sur l’internet, contrairement à ceux qui sont imprimés, on observe qu’il n’y a pas d’accent sur les majuscules ni d’espace avant le point d’interrogation ou d’exclamation alors que cette espace est souvent insérée devant une virgule.
  • La confusion est fréquente entre le futur antérieur et le conditionnel passé : « Je me demande si j’aurais fini à temps. »
  • Le subjonctif imparfait est rarement utilisé volontairement à l’oral (Il fallait qu’il le finisse.), et encore moins d’une manière correcte : « Il fallait qu’il le prisse. » Qui écrirait maintenant : « Il fallait que nous vinssions ? »
  • Les verbes en -eler et -eter, dans leur majorité, ne sont utilisés qu’à l’infinitif en raison des hésitations sur leur conjugaison, malgré la simplification de 1990.
  • Deux autres rectifications de 1990 sont de plus en plus appliquées pour les noms composés : le pluriel et la suppression du trait d’union (un porteclé, des porteclés, un curedent, des curedents)
  • La création d’adverbes en -ment semble ralentie. Cependant, « flambloyamment » est apparu récemment.
  • Par contre, les participes présents sont de plus en plus utilisés comme noms et adjectifs (les apprenants et les sachants).
  • Choisir entre « onn » et « on » relève souvent du hasard, de même pour -cage ou -quage, -cant ou -quant, les règles faisant défaut.

Faut-il s’offusquer de ces « fautes » ? Vous avez certainement d’autres exemples…