STE SOP

La ville d’Istanbul anciennement Byzance n’a cessé d’être un endroit carrefour, où ont transité aussi bien les européens que les asiatiques. Située sur le détroit du Bosphore, sa situation géographique privilégiée lui a permit de se construire une identité multiple, à l’image de sainte Sophie, la célèbre basilique de Constantin depuis remaniée en mosquée puis en musée. Bâtie au VIème siècle, elle allie aujourd’hui les mélanges de styles et d’époque comme en témoignent le réaménagement intérieur et les minarets. Ainsi se juxtaposent icônes chrétiens et symboliques musulmanes. La photographie ci- jointe montre bien l’assemblage unique et je dirais merveilleux de différentes cultures et religions : la forme en croix des fondations de la basilique surmontées par  une coupole de plus de trente mètres de diamètre à laquelle se greffent des minarets et des annexes comme les écoles coraniques et les dépendances d’une mosquée classique.

Elle est en cela la parfaite illustration de la ville, le cosmopolitisme. Berceau de nombreuses civilisations la ville n’a cessé de rechercher à justifier son identité par la réappropriation de lieux déjà présents. L’identité est donc à Istanbul une question géographique déterminante. Elle organise l’espace. Car Istanbul c’est l’histoire d’une reconquête infinie, d’abord les grecs puis les romains puis les chrétiens et les musulmans. Cela a pour conséquence le cosmopolitisme. Chaque nouvelle identité de la ville s’est greffée sur les anciennes. Il n’est pas étonnant de ce fait de voir un alliage particulier des diverses influences orientales et occidentales. Le quartier européen de Galata le montre bien : immeuble de style art nouveau joint à une surabondance des fioritures orientales et de couleurs méditerranéennes. Italie, France, Angleterre sont autant de style qui ont marqué la construction de la ville. Mais à cette volonté de copier l’Occident s’ajoute la tradition ottomane des formes orientales, des arabesques et des cloisonnements sociétaux comme les harems.  

Le développement urbanistique de la ville est donc unique, il reflète la société turque dans toute la variété de son histoire. L’étude géographique de la cité est très intéressante dans la mesure où elle permet d’expliquer l’importance et l’unicité d’une ville bimillénaire, classée au patrimoine mondial de L’UNESCO. Istanbul explique par là tout le paradoxe turc. En effet la question de l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne passe par cette interrogation de l’identité. Et de ce fait la question s’avère sans réponse et extrêmement complexe, c’est à la fois l’Europe et c’est la fois autre chose. C’est une volonté d’être occidental sans jamais vraiment tomber dépendant de l’occident. Istanbul c’est le choc de civilisations qui trouvent, unies, une saveur particulière, quelque chose d’inexplicable qui fait que la Turquie n’est ni vraiment L’Europe et n’est ni vraiment l’Asie mais un peu des deux. Cette notion de carrefour géographique explique tout l’enjeu d’Istanbul comme témoin d’un mélange des cultures, d’un « melting pot », d’une histoire unique, d’une géographie particulière.

 

                                                                                                                                    Thomas Abarnou, HK A/L

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