Sciences humaines, N° spécial anniversaire. 20 ans d’idées : le basculement, janvier 2011.

Sciences Humaines a 20 ans !

La revue fête son anniversaire en publiant un numéro spécial. Voici donc vingt ans que Jean-François Dortier et Jean Claude Ruano-Borbalan ont lancé cette expérience. Un vrai pari ! Car « comment lancer une revue quand on habite dans l’Yonne, que l’on est en dehors de tout groupe de presse et même en dehors de l’université ? » Et, pourtant ! Le miracle a eu lieu grâce à l’investissement financier et personnel des deux hommes, à l’engagement d’institutions locales (L’Yonne Républicaine et la Caisse Chirurgicale Mutuelle de l’Yonne) qui ont permis à ces deux hurluberlus d’obtenir un prêt d’un million de francs et de lancer dans la cour des grands ce petit bulletin associatif, né au tournant des années 1988 et 1989.

La mise sur le marché de cette revue correspond alors à un besoin : proposer un cadre de réflexion sur la thématique des sciences humaines alors que les « maîtres à penser » des années 1970 (J.P. Sartre, J. Piaget, J. Lacan, M. Foucault, F. Braudel…) ne sont plus là pour animer les débats. Grâce au parrainage de personnalités phares (Edgar Morin, Georges Duby, Alain Touraine…), la sauce prend ! Le public est au rendez-vous, le succès aussi, jusqu’au début des années 2000. 2004 et 2006 sont des années noires pour la revue, comme pour la presse européenne avec l’émergence d’internet et de la presse gratuite. Les comptes sont dans le rouge. La direction bicéphale se déchire sur la conduite à tenir. J. C. Ruano-Borbalan quitte l’aventure, les salariés deviennent actionnaires. Depuis le pari de faire confiance aux lecteurs a permis de ne pas mettre la revue en péril en dépendant du marché publicitaire. L’activité s’est diversifiée avec l’édition de livres (avec par exemple : La bibliothèque idéale des Sciences Humaines, 2008 mais aussi un ouvrage plus ancien L’Histoire aujourd’hui, 1999, qui a été le livre de chevet de bien des candidats aux concours de l’enseignement !), l’animation du site internet (http://www.scienceshumaines.com/index.php ) mais aussi l’organisation d’évènements (2010/2011, XII° cycle de conférences organisé par Sciences Humaines et la Maison de l’entreprise d’Auxerre).

Quel cadeau nous réserve Sciences Humaines pour ses 20 ans ?

Ce numéro bilan, qui revient sur l’évolution des idées depuis 1990, propose de dresser le paysage mental de ce début de XXIème siècle : « la nouvelle carte des idées » comme le dit Jean-François Dortier dans l’introduction du hors série. Pour cela, une vingtaine de mots-clés ont été retenus. De courtes mises au point rythment l’ensemble. Elles sont particulièrement revigorantes. La mise en évidence de l’émergence des concepts tels que le développement durable ou la mondialisation s’inscrit dans un contexte : celui de la fin de la guerre froide. Etre conscient que l’histoire des idées est corrélée à celle de la géopolitique est crucial pour comprendre notre monde et aller au-delà des effets de mode. En quelques pages, le point sur le sujet est fait pour replacer les évolutions en cours : famille, genre, individu, religion… La société, par le biais des transformations qu’elle a connu depuis les années 1990 (réseaux, flux, risques), en vient à être remise en cause en tant que concept (Martuccelli. La consistance du social, une sociologie pour la modernité. 2005). Ce recul épistémologique est nécessaire pour comprendre notre monde. Merci à l’équipe de Sciences Humaines de nous fournir les clés de lecture du présent sans pour autant perdre de vue que l’histoire des idées n’est pas figée. Ainsi, c’est dans ce but que l’équipe nous invite à suivre les débats actuels avec le colloque numérique, lancé cette année : http://changerdere.scienceshumaines.com/

Qui a dit qu’il ne se passait rien dans l’Yonne ?

Catherine Didier-Fèvre © clionautes

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