Problèmes politiques et sociaux, « Eco quartiers et urbanisme durable ».

Article : « En Europe et ailleurs. »

Le quartier de Kronsberg à Hanovre, modèle d’« optimisation écologique » ? :

Ce quartier a été choisi pour accueillir l’exposition universelle de 2000. Pourquoi ? C’est la plus grande réserve foncière disponible à Hanovre ; la ville possède 80% des terrains. 3 thématiques ont ét  intégrées dans la planification et la construction du quartier : « l’optimisation écologique du quartier », « la ville et l’habitat social »,  et « la ville est un jardin ». La réalisation de logements de différents types, la diversité des ménages et les différents modes de financements permettent l’équilibre social de ce quartier.

La spécificité du cas néerlandais : la participation citoyenne aux « projets innovants ».

C’est le pays le plus densément peuplé de l’UE. Une crise du logement sévit dans le pays depuis les années 1980, poussant l’état à modifier sa politique de subventions.

  • · Le Kersentuin : une démarche de communication exemplaire : La municipalité a recruté des habitants désireux de voir naitre un quartier durable basé sur la participation citoyenne. Ces gens ont appris les rudiments de la construction d’un projet immobilier (dont la plupart n’avait aucune notion avant). L’objectif était de faire plus et mieux pour le même prix. Le pari a été réussi. Le seul problème reste celui de la mixité sociale : la plupart des habitants sont des familles issus de la classe moyenne néerlandaise. Les loyers de Kersentuin restent hors de portée des personnes à bas revenus.
  • · Lanxmeer : un quartier entièrement conçu par ses futurs habitants : la démarche de la fondation EVA à l’origine du projet a été, dès lors qu’elle avait trouvé un terrain et des familles intéressées, d’impliquer les futurs habitants à chaque étape du processus, que ce soit le développement des plans ou la construction elle-même. Reste toujours le problème de la mixité sociale : les habitants sont en majorité encore des familles issus de la classe moyenne avec enfants.
  • · Amersfoort : un accent particulier mis sur la mixité sociale : au début des années 1990 la municipalité voulait créer un quartier durable à haute performance énergétique qui serait caractérisé par des régimes de propriété innovants afin d’assurer la mixité sociale. Les citoyens n’ont pas été inclus dans le processus de construction.

Malmö et ses deux quartiers durables.

C’est la 3ème ville de la Suède, une ville portuaire et de commerce située en face de Copenhague. Cette région qui comprend les deux villes est un pôle majeur en Scandinavie. La politique environnementale suédoise met la nature au centre.

  • · A l’est de Malmö, le quartier durable Augustenborg : les objectifs principaux de développement durable retenus pour le quartier étaient la gestion des ressources locales (énergie, déchets, eaux pluviales), l’amélioration de la biodiversité, l’accessibilité des bâtiments, la participation des habitants à la vie du quartier. Cela a permis l’augmentation d’espaces verts du quartier (de 20%), la rétention de 40% des eaux pluviales et surtout la création de 40 emplois sur le quartier.
  • · Le projet Bo01 : requalification d’une friche industrielle : ce projet a permis d’initier renouvellement d’une zone industrielle délaissée (située à proximité du centre ville) et de changer son image.

L’exemple de Breda.

Son passé de cité militaire lui lègue 13 hectares de terrain qu’elle va reconvertir en ville comprenant un quartier résidentiel de haute qualité, respectant les principes du développement durable, avec pour objectif d’attirer des populations qui avaient migré en périphérie. La ville occupe la nature, avec des parcs, rivières, etc. Le développement durable encadre l’ensemble.

Diversité d’approches dans trois pays d’Afrique du Nord.

Plusieurs projets, affichés comme des projets d’ « écoquartiers » ou de « quartiers durables », ont été lancés ces derniers années dans différents pays arabes, notamment dans les métropoles.

  • · Benguérir : une « ville verte » marocaine fondée sur le partenariat public-privé et l’appui du roi : l’idée a germé d’expérimenter un projet de ville durable suite à l’association de différents acteurs : produire des logements pour les employés de l’entreprise de l’Office chérifien des phosphates (OCP) ; faire de ce projet une ville écologique ; etc.  La ville a pour objectif d’être exemplaire en matière de gestion des déchets et en utilisant des énergies renouvelables.
  • · Le bipôle Westown/Eastown dans le Grand Caire : la privatisation de l’éco urbanisme en Egypte : ce bipôle repose sur les principes de haute densité, compacité, espaces publics permettant des cheminements piétons, etc.

Conclusion :

On voit donc dans ces différents projets que le problème récurrent est celui d’arriver à allier une politique de développement durable dans la construction de nouveaux quartiers, que l’on peut qualifier d’ « écoquartiers », tout en parvenant à créer au sein de ces quartiers une mixité sociale. Le problème est de taille et ne semble pas résolu dans tous ces cas (voire ne l’est pas du tout), ce qui prouve que le chemin vers un développement durable idéal est encore à faire.

Paul-Axel Léandri, HK/AL

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