Géographie à vivre. CM2. Xavier Leroux, André Janson, Bernard Malczyk. Accès Editions, 2011. 143 pages.

« On est jamais mieux servi que par soi-même ! » Cette expression populaire rend bien compte de la démarche suivie par Xavier Leroux, professeur des écoles – docteur en géographie et deux formateurs de l’IUFM de Douai. Si la géographie est inscrite depuis très longtemps dans les programmes scolaires de l’enseignement primaire (il suffit de penser à l’école française de géographie de Paul Vidal de la Blache), la mise en œuvre de ceux-ci avait besoin d’un guide pratique ouvrant des pistes pédagogiques à l’usage des professeurs des écoles. Il n’existait pas : les auteurs l’ont fabriqué !

Une géographie vivante

L’idée qui a prévalu est bien celle de « faire vivre la géographie », comme l’indique le titre de la collection. Cette approche s’inscrit dans la lignée de celle engagée, dès les années 1970, par Armand Frémont (dont les travaux sont connus par le paradigme d’espace vécu) dans la veine des cartes mentales de Kévin Lynch et de Peter Gould. Géographie sociale, géographie des représentations mais aussi géographie économique, géographie des aménagements des territoires voire géopolitique sont mobilisées tout au long de cet ouvrage afin de rendre vivante cette manière de faire de la géographie. Les auteurs proposent une progression mensuelle pour mettre en œuvre les programmes de 2008. Ce volume clôt une série de trois ouvrages (Géographie à vivre Ce2, Géographie à vivre CM1, et le présent volume). Un graduation de l’apprentissage des notions est faite au fil des années : description et repérage en CE2 surtout, puis davantage d’abstraction en CM1, avant d’étudier l’organisation et l’aménagement des territoires en CM2. Les volumes comportent des lexiques illustrés, ainsi qu’un DVD sur lequel l’enseignement trouvera les documents en couleur sur lesquels s’appuient les séances ainsi que des « bonus » (photographies aériennes du viaduc de Millau, les photographies d’Uwe Ommer « 18 familles d’Europe », les postes frontières : photographies de Pascal Bastien sur un temps révolu de l’avant Schengen mais aussi les logos des régions françaises…). L’ouvrage est par ailleurs accompagné de fonds de carte vierges ou pas.

Une comparaison primaire – secondaire enrichissante

La présence des posters – fonds de carte vierges est une originalité pour le professeur de géographie du secondaire. Cette méthode est qualifiée de « fédératrice et permet une construction progressive des apprentissages et la composition d’un référent commun » par les auteurs. Ainsi, ces fonds de carte vierges (France, Europe, Monde) sont les supports d’une pédagogie active collective. Les enfants fabriquent par l’imposition d’étiquettes plastifiées par le professeur cette carte qui fera partie du décor de la classe pendant un temps. Les séquences proposées dans l’ouvrage sont « clé en mains ». Elles sont basées sur des mises en activité fort intéressantes (voir à ce propos la séance sur les frontières maritimes où l’élève est amené à réfléchir sur la mise en place des ZEE entre la France et le Royaume Uni mais aussi la réflexion sur l’intérêt d’un découpage de l’espace). L’usage d’illustrations (mise à disposition des faces des pièces nationales d’un euro, par exemple) est très fréquent pour les travaux de groupe, visant à faire manipuler les élèves et à confronter leur réflexion. La variété des situations pédagogiques (travail individuel comme travail de groupe) exige toutefois un usage important de photocopies, qui peut être rentabilisé si les documents d’étude sont conservés d’une année sur l’autre dans la classe. L’origine géographique des auteurs se lit dans les choix opérés par les auteurs : beaucoup d’exemples portant sur le Nord même s’ils ont eu le souci de varier les études de cas (Alsace, Massif central). Le volume papier présente des séances toutes prêtes à photocopier (où les réponses sont inscrites en jaune, couleur qui est sensée ne pas être visible à la photocopieuse). Pour approfondir, des pages Informations enseignant ponctuent les exercices et proposent la lecture d’articles de presse sur le thème traité, ainsi qu’une petite sélection bibliographique (lien vers des articles de type universitaire ou références disponibles en documentaire jeunesse). Si, avec tout ça, les élèves qui arrivent en classe de sixième n’ont pas fait de la géographie, c’est que leur professeur y a mis de la mauvaise volonté !

Catherine Didier-Fèvre © Les Clionautes

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