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Le Monde, 17/10/11

Elus français et allemands tentent d’appliquer sur le terrain le programme européen Interreg IV
Nordrach (Bade-Wurtemberg) Envoyé spécial

La vallée est une véritable carte postale : des champs verts éclatants qui gravissent les versants, des vaches ruminant paisiblement en contrebas des sapins, de grandes fermes fleuries aux balcons de bois. C’est dans ce cadre serein de la Forêt-Noire allemande que se sont retrouvés, mercredi 12 octobre, à Nordrach, petite commune du Bade-Wurtemberg, une quinzaine d’élus et plusieurs universitaires afin de travailler concrètement sur la question de l’étalement urbain.

Tous participent à une démarche innovante qui croise les expériences allemandes et françaises avec l’appui de scientifiques, dans le cadre d’un programme européen de recherche, dit Interreg IV, sur la  » Gestion économe de l’espace  » dans les petites communes du Rhin.

Lancé en 2010, il réunit régulièrement des maires de part et d’autre de la frontière. Avec des préoccupations semblables, mais des soucis différents. Ainsi, explique Carsten Erhardt, maire de Nordrach,  » nos communes de la Forêt-Noire subissent un exode rural : les jeunes partent en ville parce qu’ils y trouvent des cinémas, des amis, des services, des magasins, des emplois. « 

La vallée est une véritable carte postale : des champs verts éclatants qui gravissent les versants, des vaches ruminant paisiblement en contrebas des sapins, de grandes fermes fleuries aux balcons de bois. C’est dans ce cadre serein de la Forêt-Noire allemande que se sont retrouvés, mercredi 12 octobre, à Nordrach, petite commune du Bade-Wurtemberg, une quinzaine d’élus et plusieurs universitaires afin de travailler concrètement sur la question de l’étalement urbain.

Tous participent à une démarche innovante qui croise les expériences allemandes et françaises avec l’appui de scientifiques, dans le cadre d’un programme européen de recherche, dit Interreg IV, sur la  » Gestion économe de l’espace  » dans les petites communes du Rhin.

Lancé en 2010, il réunit régulièrement des maires de part et d’autre de la frontière. Avec des préoccupations semblables, mais des soucis différents. Ainsi, explique Carsten Erhardt, maire de Nordrach,  » nos communes de la Forêt-Noire subissent un exode rural : les jeunes partent en ville parce qu’ils y trouvent des cinémas, des amis, des services, des magasins, des emplois. « 

L’enjeu essentiel est donc de renforcer l’attractivité du centre du bourg effilé sur la vallée. Diverses actions ont été entreprises, comme la rénovation du foyer communal ou l’aménagement d’un lotissement proche du centre et accessible à pied. La reconquête du centre des communes rurales émerge comme le meilleur moyen d’empêcher la fuite vers la ville ou l’étalement des communes et des villages.

Du côté français, la démographie est plus dynamique, et les élus doivent plutôt gérer une population croissante. A Saales (Bas-Rhin), le maire, Jean Vogel, se félicite de ne délivrer qu’un permis de construire par an. Depuis quinze années, sa municipalité rénove les bâtiments communaux et soutient les commerces. Le presbytère et des maisons en déshérence ont été transformés en logements sociaux.

De son côté, la communauté de communes de la vallée de Saint-Amarin, près de Mulhouse, a repris une friche industrielle, au lieu de l’abandonner comme c’est souvent le cas pour d’anciens sites d’usines. Rachetés à bas prix, terrains et locaux sont progressivement réhabilités.  » En moins de dix ans, dit François Tacquard, président de la communauté, c’est devenu un lieu où vivent 300 personnes, 80 entreprises avec 250 emplois, un supermarché, un jardin botanique et un musée. « 

Singularité rurale

La communauté de communes veut maintenant refondre les plans d’urbanisme de la vallée, et notamment déclasser 80 hectares de terres constructibles, pour limiter l’étalement.  » C’est risqué politiquement, dit M. Tacquard. Aux dernières élections municipales, j’ai perdu des voix parce que j’ai bloqué la construction sur un champ dans ma commune. « 

En France, le maire est maître de l’urbanisme, mais il est soumis aux pressions des électeurs propriétaires de terrain.

En Allemagne, l’autonomie des communes est plus limitée :  » Il y a trois niveaux hiérarchiques au-dessus de nous, dit Carsten Erhardt. Tous doivent être d’accord pour que l’on prenne une décision d’aménagement. « 

La volonté politique est aussi beaucoup plus forte outre-Rhin : la  » consommation  » foncière y est aujourd’hui limitée à 100 hectares par jour (contre 200 en France), et l’Etat fédéral vise à descendre à 30 hectares par jour en 2020.

Mais l’étalement urbain n’est pas qu’un problème technique et juridique. Il renvoie à un mouvement profond de la société, souligne Patricia Zander, de l’université de Strasbourg, qui coordonne le projet :  » Avec l’étalement, la singularité rurale se perd alors qu’elle est recherchée. La population attend des espaces de rencontres dans un environnement qui lui paraît de plus en plus confus. Le modèle de la maison individuelle s’effrite aussi en raison du coût du transport. Répondre à ces demandes suppose un projet politique, qui s’appuie sur la participation des habitants.  » Le bilan d’Interreg IV sera tiré fin 2012.

Hervé Kempf

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