Discipline réputée sérieuse, la géographie n’a pas la cote. Son enseignement mérite d’être dépoussiéré pour favoriser la compréhension du monde.

Le bulletin officiel de l’Education nationale a publié début janvier les progressions annexes aux programmes pour les cycles 2 et 3. Les progressions proposées sont le reflet des programmes de 2008, qui avaient été vivement critiqués pour leur caractère passéiste, ce qui est particulièrement préjudiciable à un enseignement de la géographie qui sent la naphtaline. Par exemple, les progressions cheminent du plus proche en CE2 au plus lointain en CM2 (lire l’article Quel programme pour le XXIe siècle ? ). Cette conception n’est pourtant pas si évidente que ça. « Le local n’est pas forcément plus facile à analyser pour les plus jeunes alors que les CM2, qui deviennent plus autonomes, sont plus à même d’en comprendre les dynamiques », estime Xavier Leroux, professeur des écoles et docteur en géographie, co-auteur de la collection Géographie à vivre (lire l’article Pour une approche par thèmes ).

Dans la pratique, l’enseignement de la géographie en primaire reste encore très marqué par la description, la mémorisation, l’inventaire. Apprendre par cœur la liste des fleuves et des affluents, celle des sommets, identifier des paysages d’après photo (désert, mer, montagne…) en dehors de tout contexte, cette manière de faire reste largement répandue si on en croit une étude de l’Inspection générale selon laquelle seulement 20% des séances reposent sur « une véritable démarche d’analyse documentaire » (lire l’article La pratique en géo | Etat des lieux).

De son côté, Pascal Clerc, maître de conférences à Lyon, estime que « l’objectif de la géographie, c’est d’aider à comprendre le monde contemporain ». « Le but de l’école n’est pas de faire des petits géographes mais bien de mobiliser des savoirs géographiques pour mieux comprendre ce qui les entoure » ajoute-t- il. Cette définition donne une autre dimension à l’enseignement de la discipline en primaire. Par la compréhension des enjeux de société, il rejoint une mission première de l’institution : l’éducation à la citoyenneté.

Les difficultés à changer d’échelle

Il n’est pas facile pour un enseignant de changer d’échelle. En premier lieu il y a sa propre représentation, cette matière étant bien souvent considérée selon Pascal Clerc comme « sérieuse et ennuyeuse ». La géographie méconnue des enseignants, quand parmi eux il y en a peu qui possèdent une licence de géographie, cela n’a rien d’étonnant. D’autant que du côté des universitaires, peu de travail a été fait pour rendre la discipline plus lisible. Certes, le rôle du maître n’est pas d’être un géographe. « Il enseigne plusieurs disciplines mais n’est spécialiste d’aucune d’entre elles » rappelle Philippe Charpentier, chercheur à l’université de Reims dans une étude consacrée à la transformation du travail des maîtres du primaire induite par l’émergence de l’Internet.

lire la suite sur

http://www.snuipp.fr/-Geographie-des-cartes-a-rebattre

Étiquettes : , , ,

Laisser une réponse :

Vous devez être connecté pour poster un commentaire...