http://www.franceculture.fr/blog-globe-2010-11-24-les-mutations-recentes-de-l-espace-rural-en-france.html

 

Avant de poser les questions centrales de cet article, les auteurs présentent les campagnes françaises comme représentatives d’une France qui a su longtemps « rester attacher à sa terre et à son terroir ». Aujourd’hui, la réalité du monde rural est nuancée, et difficile à saisir : les recompositions spatiales se sont accompagnées d’une redéfinition de la place des territoires ruraux au sein du territoire national, donnant lieu à une controverse au sein des géographes : doit-on parler d’une « crise rurale », comme l’affirme R. Béteille ou d’une « renaissance » suggérée par B. Kayser ? Quoiqu’il en soit, les auteurs proposent de caractériser les espaces ruraux en s’interrogeant sur leurs diversités et sur leurs spécificités, afin de répondre à la question suivante : les campagnes françaises sont-elles vouées à un déclin irrémédiable, ou au contraire, doit-on y voir un renouveau prenant de multiples formes ?

I-                   La crise des campagnes

Si la notion est remise en cause aujourd’hui, il s’agit néanmoins de présenter les aspects de la « crise » qui aurait touché les espaces ruraux dans la deuxième moitié du 20ème siècle. Cette crise s’articule autour de (A) la « fin des paysans » et (B) sur la question d’une « désertification » de l’espaces rural.

(A) Les auteurs partent d’un postulat, la disparition de l’espace rural façonné depuis des siècles par la société paysanne sous l’effet de la seconde révolution agricole, afin d’expliquer cette « fin des paysans ». Elle s’est produite sous l’effet d’une modernisation, d’une concentration et d’une spécialisation à l’origine d’une disparition de trois agriculteurs sur quatre depuis 1950. En outre, le profil socio-économique des agriculteurs s’est largement modifié : on parle d’ « agrimanagers », qui assurent l’essentiel de la production agricole, face à un « petit prolétariat agricole », qui s’est difficilement maintenu.

(B) On remarque en France un exode rural, qui touche tardivement la France par rapport aux autres pays d’Europe occidentale. C’est seulement en 1936 que la France est composée d’une population à majorité urbaine (90 ans après l’Angleterre). Les dernières vagues d’exode rural sont les plus rapides et les plus massives (entre 1954 et 1975, la population rurale passe en France de 43% à 27%). Ce déclin démographique de l’espace rural accélère la dégradation de son activité économique. Dans un contexte marqué par une limitation croissante des dépenses publiques, certains services sont de plus en plus difficiles à maintenir (écoles, postes), les traduction paysagères de cette « désertification » sont multiples (progression des friches) et la désertification conduirait à la décomposition des sociétés rurales pour certains auteurs.

II-                Voies et limites de la renaissance des espaces ruraux

Après avoir étudié dans quelle mesure il est possible de parler d’une crise des campagnes, étudions les espaces ruraux, à l’instar de Kayser, sous l’angle de leur « renaissance » en analysant les manifestations de la revitalisation de la société et de l’économie rurales, mais aussi des limites de celle-ci.

La désertification des campagnes n’est plus d’actualité : la population des espaces ruraux augmente au même rythme que la population française depuis 1999. L’espace rural est dynamisé par les « néo-ruraux », qui travaillent en ville, mais ont fait le choix d’habiter à la campagne. Ce regain démographique ne se limite pas aux auréoles périurbaines : le « retour aux pays « des employés à la retraite ou « le désir de campagne » de citadins européens revitalisent l’ensemble de l’espace rural, excepté « la diagonale du vide », l’arc Nord-Est et les moyennes montagnes, qui demeurent en position de faiblesse. Il semble nécessaire de rappeler que l’agriculture n’est pas la seule activité à la campagne, qui est le lieu de l’implantation de nombreuses usines (en 2006, 500 mille emplois manufacturiers dans des communes de moins de 2000 habitants), et qui profite du tourisme pour être revitalisée. ¼ des Français choisissent la campagne comme lieu de vacances, permettant la création ou le maintien d’emplois. Seulement, l’essor touristique dépend de plusieurs conditions (patrimoine culturel mis en valeur, bonne accessibilité par les grands axes de communication routière et ferroviaire). Cette inégale « mise en tourisme » contribue à accroître la sélection spatiale au sein de l’espace rural.

III-             Des espaces ruraux aux dynamismes fortement différents

Quoi de commun entre les campagnes fragiles de la France du vide et les territoire opulents des produits agricoles à forte valeur ajoutée ?

Pour répondre à cette question, l’auteur propose une typologie des territoires, en distinguant (A) les « campagnes agricoles », qui sont les agricultures intensives produisant l’essentiel des activités : plateaux de la Beauce et de la Brie, de (B) les « campagnes fragilisées », qui sont des campagnes qui ont du mal à s’adapter à la logique productiviste : les montagnes sont particulièrement concernées, de (C) les « campagnes des villes », qui se distinguent par un population très mobile et un paysage rural transformé mêlant traditionnel et moderne : l’arrière-pays niçois ou l’Alsace, de (D) les « campagnes diversifiées », qui sont touristiques (Haute Provence ou Haut Languedoc) ou industrielles (le Choletais).

 

 

 

On reconnaît bien les exigences de l’université française dans ce chapitre : le plan est en trois parties et répond au problème : « une crise ou un renouveau des campagnes françaises ? », tout cela répond donc à des exigences formelles évidentes, qui rendent le propos clair et précis, dialectique (on aurait reconnu le classique thèse, antithèse, typologie des campagnes françaises) mais parfois monotone. Heureusement, les rubriques : « Zoom » dynamisent le propos en donnant des exemples précis en Sologne ou dans la vallée de Germigny par exemple. On peut donc avant tout congratuler les auteurs d’arriver à nous donner une vision globale de ce problème en France en une vingtaine de pages à peine, même s’il est certain qu’un plus grand nombre de cartes montrant la diversification des espaces ruraux aurait pu être bienvenu.

 

Louis Airy, HK/AL

 

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Un commentaire pour “L’espace rural français, de la crise au renouveau ?”

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