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Le Monde, 1 juin 2012

Les diocèses et les communes ont de plus en plus de mal à financer l’entretien des édifices religieux et décident parfois de s’en séparer. A charge pour les acquéreurs de ne pas en faire un usage inconvenant

Curieux destin. L’église Saint-François-d’Assise à Vandoeuvre-lès-Nancy, en Meurthe-et-Moselle, risque de se transformer en fast-food, sous l’enseigne américaine KFC. Le spécialiste du poulet frit du Kentucky souhaite implanter un nouveau restaurant dans cette zone commerciale de la banlieue de Nancy. L’affaire a ému les riverains, a indigné la presse locale et a mobilisé les défenseurs du patrimoine, qui s’efforcent d’obtenir son inscription à l’inventaire des monuments historiques. Inauguré en 1961 et signé par l’architecte Henri Prouvé, frère du designer Jean Prouvé, l’édifice de béton constitue par sa forme ovoïde une oeuvre singulière, même si sa façade a déjà perdu de son lustre : la paroisse désargentée avait autorisé il y a quelques années la pose de panneaux publicitaires lumineux déroulants !

Le diocèse de Nancy-Toul, propriétaire de l’église, l’a mise en vente, en 2007, avec l’espoir que la ville se porte candidate, mais, après plusieurs mois de discussion, la municipalité a renoncé, sans doute en raison du prix et de rivalités politiques. C’est finalement un promoteur privé qui s’est porté acquéreur. Une bonne affaire pour le diocèse : la transaction s’est conclue en janvier 2011 à 1,3 million d’euros. Accusé de brader un patrimoine architectural, le diocèse explique l’avoir vendu à un marchand de biens sans connaître l’investisseur final. Le compromis de vente proscrivait seulement, conformément au droit canonique,  » tout commerce inconvenant « . Le promoteur avait d’abord envisagé de transformer l’église en centre commercial, mais le projet a échoué, contrarié notamment par la mobilisation des défenseurs de l’oeuvre d’Henri Prouvé.

 » Lorsque nous avons fait le bilan financier de cette église, la décision de vente s’est imposée, explique l’économe du diocèse de Nancy-Toul, Michel Petitdemange. Nous étions obligés de réaliser des travaux de mise aux normes, notamment pour l’accueil de public handicapé, son entretien était coûteux et surtout sa fréquentation devenait marginale, nous comptions en moyenne quatre-vingts fidèles, alors que sa capacité d’accueil est de huit cents personnes. Nous avions un espace surdimensionné. «  L’église, construite pour accompagner le boom démographique des années 1960 et la périurbanisation, se trouve désormais enserrée entre routes et centres commerciaux. Le diocèse de Nancy-Toul ne manque pas de lieux cultuels, il détient une trentaine d’églises et de chapelles.  » C’est un patrimoine très lourd d’entretien qui nous oblige à une rationalisation. Soit on abandonne certains biens et ce n’est pas très responsable, soit nous leur trouvons un nouvel avenir « , plaide Michel Petitdemange.

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