photographie de Floriane Nothhelfe

Localisation :

 

Cette photo a été prise depuis la presqu’île de Mussolo. Elle fait face à Luanda, capitale de l’Angola. Elle est rattachée à la ville par le Sud et remonte vers le Nord, séparant la baie de Mussolo de l’océan Atlantique. Cet endroit de la presqu’île est très particulier : c’est une baie à l’extrémité nord de Mussolo. Sa configuration varie au gré des courants.

 

Description :

 

Au premier plan, nous voyons une plage de sable blanc au bord d’une mer claire et plutôt calme. Au second plan se trouve une petite barque de pécheurs au mouillage et l’autre rive de la petite baie, sur laquelle se trouvent des arbres, des palmiers, des cabanons de fortune, des oiseaux, et au-delà, au dernier plan, nous voyons la ville de Luanda, avec ses immeubles, ses mussecs (bidonvilles angolais), des grues de construction et un ciel gris relativement pollué. Nous pouvons aussi distinguer un quartier de maisons récentes américaines et la villa de la mère d’Eduardo Dos Santos, président actuel de l’Angola.

 

Interprétation :

 

Luanda n’est pas réputée pour son littoral touristique. Bien qu’ayant un fort potentiel, il n’est nullement exploité, c’est pourquoi il n’y a aucune infrastructure au bord de mer et que la plage est déserte sur la presqu’île. Sur cette partie de la presqu’île, c’est-à-dire exactement entre la mer de Luanda et l’océan Atlantique, nous avons ce phénomène exceptionnel des courants qui empêchent la pollution de se déposer sur la plage. En effet, Luanda est une ville en bord de mer, mais elle est surpeuplée et aucun système de déchetterie, poubelle ou autre n’est organisé, si bien que la mer de Luanda est extrêmement polluée. De nombreux détritus flottent à la surface de l’eau et se déposent sur les bords de la ville et sur la partie de Mussulo qui lui fait face. Après les grosses pluies, toutes les ordures de la ville se retrouvent emportées dans la mer. L’autre rive, côté océan, est préservée de cette pollution. Par ailleurs, la présence de la barque et des cabanons de fortune nous rappellent les conditions de vie rudimentaires de la majorité des locaux. Ainsi, la plupart des Angolais n’a ni logements en dur ni emploi fixe. Ils vivent donc de pêche et de la vente dans les rues de toutes choses (des chemises aux tables de chevet, en passant par les pare-buffles et les télévisions). Cela explique la pauvreté du peuple, ici représentée par ces cabanes et les mussecs sur Luanda. Luanda est cependant en développement et en expansion depuis quelques années, aussi des immeubles poussent un peu partout dans la ville, et de nouveaux quartiers sont en construction. De plus en plus d’expatriés viennent y travailler, notamment dans le domaine du pétrole, ainsi des complexes ont été construits à l’extérieur de la ville pour les accueillir avec leurs familles. Sur la photo, nous avons pu distinguer la villa de la mère d’Eduardo Dos Santos. C’est une immense propriété aux très beaux jardins bien entretenus. Elle rappelle la richesse des hommes d’Etat angolais.

 

Intérêt :

 

Cette photographie illustre de nombreux aspects de Luanda et est très représentative du cadre de vie qu’on y trouve. Nous pouvons clairement repérer des éléments propres aux grandes villes des pays en développement. Nous avons ici un cliché qui fige un instant de l’expansion de la ville. En trois années, les modifications ont été notables, et assurément Luanda va encore profondément changer de visage. En septembre 2012, les premières élections présidentielles depuis que Dos Santos est au pouvoir, soit depuis l’indépendance du pays, vont avoir lieu. Bien que les Angolais n’aient pas encore accès à la vie promise par le président, il ne semble pas que le printemps arabe, qui a pourtant eu lieu dans des conditions semblables, ait des répercussions en Angola, où la population n’organise pas de mouvements de révolte.

 

Floriane Nothhelfer, hypokhâgne al

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