Photographie de Camille Bichler

Cette photographie a été prise dans un quartier très populaire appelé « la Viscachera » qui est aussi le nom d’un gros rongeur d’Amérique du Sud  qui vit en haute altitude. Ce quartier est situé dans le prolongement de Campoy, petite ville périphérique de la grande capitale du pays, Lima. Ce quartier peut être qualifié de bidonville car, s’il regroupe des péruviens de la classe moyenne, il accueille également de plus en plus de péruviens défavorisés qui n’ont d’autre choix que de loger dans des habitations précaires faites de matériaux de récupérations. Le quartier regroupe donc deux classes bien distinctes : la classe moyenne (au premier plan) et la classe la plus défavorisée (au second plan).

 

 

Au premier plan, on distingue donc des habitations dites de « classe moyenne » au Pérou, ces

Logements sont pour la plupart faits de briques rouges, caractéristiques du pays. Cependant, si la classe moyenne bénéficie de véritables murs de pierre, ils n’ont pas tous les moyens de s’offrir un toit, au sens propre du terme, puisque certains d’entre eux n’ont qu’une simple bâche en guise de toiture. On peut voir que certaines de ces maisons sont construites sur deux voire trois étages car dans la tradition péruvienne, toute la famille vit ensemble : ainsi, les grands parents habitent le rez-de-chaussée, les enfants construisent alors un premier étage dans lequel ils logent puis ils en construiront un second pour loger leurs enfants…

Devant ces maisons, on aperçoit des câbles électriques : en effet si la population n’a pas accès à l’eau courante, les plus chanceux jouissent de l’électricité, ainsi, certains foyers ont le téléphone et même la télévision. Les hauts cactus situés derrières les maisons sont révélateurs du climat désertique et sec. De plus, le quartier, situé au départ entre deux montagnes, doit faire face à des éboulements et des glissements de terrains très fréquents, ce qui crée des nuages de poussières, qui ne font que décupler la soif des habitants ainsi que leur problème de santé.

 

Au second plan, on devine une petite route au cœur du quartier, on aperçoit deux petits bus rouges : la plupart d’entre eux amènent les enfants à l’école et la population en ville. Les transports en communs (petit bus, pouce-pouce, car…) jouent un rôle très important car ils acheminent les habitants de la Viscachera à la ville et font le lien avec l’extérieur, car rares sont ceux qui possèdent leur propre véhicule. Les bus effectuent donc des allers-retours quotidiens et indispensables.

Derrière cette route, on distingue le même type d’habitations qu’au premier plan, des maisons faites de briques ou bien de pierres abritant la classe moyenne. La différence avec les habitations du premier plan est qu’elles sont construites  sur un relief montagneux, ce qui rend la construction des maisons beaucoup plus difficile. En effet, avant d’entreprendre la construction des maisons, il faut préparer une surface plane : le futur emplacement de la maison. Pour cela, il faut creuser dans la montagne, c’est un travail important, fait à la main, ce qui demande donc du temps.

 

Au troisième plan, on distingue, nichées plus haut dans la montagne, des habitations plus modestes, on peut alors parler de bidonvilles, les maisons étant faites principalement de cartons épais et de planches de bois pour les murs et des tôles en guise de toit. Les habitants se retrouvent également face au problème d’aplanissement de terrain mis à part qu’eux n’ont pas les moyens d’engager de chef de chantier, ils doivent donc creuser la montagne seuls. Ces maisons sont plutôt petites, il n’y a qu’une seule pièce commune qui regroupe la cuisine, le salon et les chambres. Il n’y a ni douche, ni toilette. En plus des problèmes d’hygiène et du grand manque de confort, les habitants des bidonvilles doivent faire face à des risques multiples, en effet, le Pérou est sujet à de nombreux tremblements de terre, des inondations et des glissements de terrains…Ces catastrophes naturelles sont d’autant plus dangereuses pour les habitants de la Viscachera car ils habitent sur la montagne, et encore plus pour les habitants des bidonvilles. De plus, le bidonville situé de plus en plus haut dans la montagne est très difficile d’accès pour ses habitants.

 

 

Cette photographie permet une prise de conscience : la pauvreté est très présente au Pérou et ne cesse d’augmenter. Elle permet également  de mieux comprendre comment et où vivent les Péruviens modestes voire pauvres. De plus, elle nous permet de déduire que la pauvreté est très présente dans ce pays et elle ne cesse d’augmenter. En effet, n’ayant plus de place sur le sol plat, les Péruviens défavorisés se retrouvent contraints de s’installer sur la montagne, ce qui est très dangereux étant donné la fréquence des catastrophes naturelles de ce pays. Il y a un an, toutes les habitations du troisième plan n’existaient, chaque année de nouvelles habitations précaires fleurissent en raison de la pauvreté qui augmente et du manque de place.

 

 

J’ai choisi cette photographie car elle permet une prise de conscience qui est double : d’abord la pauvreté est très présente dans notre monde actuel, et ce voyage au Pérou m’a permis de voir et de comprendre ce qu’était la pauvreté dans un bidonville.

De plus, elle nous permet également de réaliser la chance que nous avons d’habiter des logements sains, d’avoir accès à l’eau potable… J’ai pris cette photographie lors d’un voyage humanitaire en juillet et c’est donc l’occasion pour moi de faire part de mon expérience qui m’a réellement marqué.

 

 

 

Camille Bichler, HK A/L

Année 2012/2013

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