http://tigresse004.centerblog.net/rub-fonds-ecran-avatar-film-.html

Sylvie Brunel. Géographie amoureuse du monde, 2011

            Sylvie Brunel est une géographeéconomiste et écrivain française. Elle a travaillé pendant plus de quinze années dans l’humanitaire (Médecins sans frontièresAction contre la faim). Elle est à ce jour professeur de l’Université Paris IV-Sorbonne.

            Son livre Géographie amoureuse du monde, remet en question une vision pessimiste du monde.

            Dans ce Huitième chapitre, elle écrit sur un thème qui lui est cher : L’Afrique. Après une présentation géographique de ce continent, et de sa diversité, elle nous raconte l’Afrique telle qu’elle l’a vue, montrant sa beauté et sa douceur, mêlées à la brutalité et à la violence. Maintenant nous parlons de « rising Africa »

            Elle décrit l’histoire de l’Afrique depuis sa décolonisation. Tous les espoirs sont en Afrique, qui ne seront jamais accomplis,  en raison de la guerre Froide qui soutient des dictateurs oubliant l’agriculture. Le manque d’aide rend les populations vulnérables aux changements climatiques. L’ingérence économique est déclarée dans les années  80.

            A la chute de l’URSS, les dictateurs perdent leurs soutiens, c’est l’ingérence politique. Mais la démocratie trop soudaine aboutit à des guerres civiles. L’aide humanitaire remplace l’aide stratégique. Les services publics disparaissent, des écoles évangéliques ou coraniques les remplacent.

            En août 1998 les ambassades américaines du Kenya et de la Tanzanie ont subi des attentats, revendiqués par Al Qaida. Les Etats-Unis prennent conscience d’une Afrique mondialisée, et de ses enjeux.

            L’Afrique devient une sorte de terre promise. Mais en vue d’une économie saine, l’Afrique doit sortir de la « décennie du chaos ». Les « démocratures » sont nées. Ce sont des régimes forts qui ont l’aspect d’une démocratie : la démocratie n’étant plus défendue que par la France (la Chine ne met pas de conditions institutionnelles à son intervention économique sur le continent).

            L’Afrique obtient des investissements (50 milliards de dollars dans cette dernière décennie) et des aides humanitaires contre les pandémies.

            C’est une des terre les plus riches du monde, d’où l’enjeu qu’elle représente. Elle possède la rente bleue (hydroélectricité), la rente noire (12% des réserves de pétrole), la rente jaune (le soleil), la rente géothermique (le rift), et la rente verte. L’Afrique possède 60% des réserves de terres, seulement 10% sont utilisées actuellement, avec une faible rentabilité. (1 tonne par hectare)

            Les pays manquant de terre, se précipitent sur ces terres, et délocalisent. Ceci est vu par les occidentaux, comme une dépossession des terres et des ressources.

            Ces états tout-puissants sont bien souvent indifférents au sort des paysans, grands perdants du « décollage africain ».

            Ces mesures permettent à l’Afrique de posséder des taux de croissance comparables à la Chine. De plus L’Afrique attire le tourisme, nouvel Eldorado.

            Il faut préserver cette éden contre l’irresponsabilité des africains. C’est le syndrome Tarzan. L’Afrique est accusée d’ingérence écologique. Pourtant si on lit Tintin au Congo on s’aperçoit que les occidentaux procédaient à de véritables massacres.

            Aujourd’hui 14% du continent est classé. Les ouvertures des parcs nationaux empêchent les villes de s’étendre et les migrants s’entassent dans des quartiers précaires.

            Sylvie Brunel se demande alors, si l’Afrique restera la banlieue du monde. On peut observer l’émergence d’une classe moyenne de 300 millions d’individus, mais la moitié de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté.

            De plus les démocratures sont accusées de détourner l’argent. Les famines sont d’ailleurs un indicateur de l’état de la politique, révélatrices des dysfonctionnements politiques. Mais permettent des « primes d’urgence ».

            Ce chapitre montre la diversité de l’Afrique. Il expose la vue biaisée occidentale, notre responsabilité et nos erreurs.  En cela elle  arrive à changer quelque peu notre vision. Cependant sa position n’apparait pas clairement, elle se montre dubitative sur la « rising Africa » est incertain. Pourtant elle tente d’apporter des solutions, par exemple pour les famines, et surtout pour réduire les inégalités : « Seules de véritables politiques visant à rééquilibrer les territoires », permettront que les jeunes voient  leur futur en Afrique.

Livia Haulot, HK/AL

 

 

Étiquettes : , , , , , , , , ,


[dailymotion]
Tarzan sans forêt 2009
envoyé par joelapompe. – Découvrez plus de vidéos créatives.[/dailymotion]

Prise de notes de la conférence de Sylvie Brunel, FIG 2010.

En Juin 2009  s’est tenue une exposition au musée du quai Branly, consacrée à l’homme singe. Cette exposition présentait l’homme sauvage comme un écolo avant l’heure.

C’est un personnage crée en 1912. Cet enfant prétendument sauvage, qui sait construire une voiture et un avion, a  intégré la technique la plus avancée. Il est présenté comme le seigneur de la forêt. Il est celui qui va être l’auxiliaire de l’éléphant et du singe. Il se pose comme le gardien qui protège la forêt contre les chasseurs et les trafiquants d’ivoire. Il est le symbole de la virilité qui ne se corrompt pas.

Cela se traduit dans le cadre du tourisme par l’accro-branches qui exploite le mythe de Tarzan.

C’est le résultat d’une image colonialiste. Et aujourd’hui, il y a un parallèle à faire entre la manière dont  on considère la forêt par le biais de Tarzan et la manière dont on voit les forêts dans le cadre du développement durable.

En 1980, le mot développement durable apparaît dans un rapport commun au WWF et à un fond de l’ONU pour la conservation. Cela s’accompagne d’un plan forestier en Afrique centrale.

On exalte la nature sauvage dans sa vision. On crée des parcs nationaux contre les populations locales. Dans les années 90, on transpose la wilderness à l’échelle mondiale : 2 M2 en 1950, 200M2 aujourd’hui. Il y a une sanctuarisation de la forêt par le biais des institutions.

La lutte de la désertification : on paie les populations pour qu’elles ne déforestent pas.

La certification des forêts est finalement peu accessible aux forêts des PVD car cela est très coûteux.

Les états africains ont distribué des concessions forestières à tout va.

La biodiversité devient une valeur en soi. La forêt tropicale est l’objet d’un discours dans les pays d’Europe et cela se traduit avec la réintroduction du loup ou de l’ours.

Le monde de plus en plus citadin estime la valeur paysagère de la forêt.

Il y a l’idée de la dette écologique au nom de la wilderness (nature sauvage). On met en œuvre dans les forêts tropicales le syndrome de Tarzan. Un oligopole de la conservation gère les forêts grâce à des moyens financiers colossaux. On finance des expéditions scientifiques (mise en place de balises Argos sur les animaux) comme au XIX°. Il y a l’idée de corridors de bio diversité.

Les films exaltent la nature merveilleuse : Gorilles dans la brume, Avatar (endroit magnifique : Pandora, cela fait penser à S. Brunel à Andora : la plus grande décharge de Nairobi). L’Afrique est vue comme devant être protégée. Les réserves naturelles du Kenya ont amené la multiplication des éléphants qui aujourd’hui dévastent la végétation.

L’aide internationale est détournée aux dépens des populations.

Dans les années 30, les parcs nationaux étaient clos avec des barbelés, avant que l’on gère les parcs nationaux avec l’aide des communautés locales. On assiste aujourd’hui à un retour aux barrières d’autant plus facile que la propriété du sol est très floue (avec notamment le droit d’usage). Les populations locales en Afrique n’arrivent pas à faire valoir leurs droits. Les populations sont rejetées à la périphérie des parcs et sont privées de leur territoire de chasse (idem Aborigènes en Australie, maintenant les Bushmans, Pygmées).

Dans certains pays qui misent sur le tourisme, le discours est de maintenir les populations traditionnelles dans leurs difficultés quotidiennes pour maintenir la tradition. Ce sont les nouveaux zoos humains. Ce non développement des campagnes provoquent un exode rural vers les villes qui n’ont pas besoin de cela. C’est un mauvais calcul pour les pays car on se prive d’un marché intérieur. On est donc obligé d’exporter ses productions agricoles à défaut de pouvoir les vendre sur place. Les besoins agricoles seront considérables quand la croissance démographique de l’Afrique va atteindre les deux milliards d’habitants. Il faut que les agriculteurs africains accroissent leurs rendements. Il est illusoire d’imposer une sanctification de la nature alors que les communautés humaines n’ont pas de quoi se développer.

Cette sanctuarisation ne tient pas compte du fait que l’écosystème a besoin de l’intervention humaine pour réguler les forêts. Les savanes dominaient avant la traite et la forêt gagne du terrain. La population de l’Afrique centrale entre 1880 et 1914 perd 20 M d’habitants et c’est le moment où les Européens arrivent et sanctifient la forêt. La croissance démographique s’accompagne d’un recul de la forêt. Cela n’est pas forcément un désastre si on exploite le sol.

La souveraineté territoriale des pays du Sud ne doit pas être niée. La nature la plus naturelle est celle où les hommes interviennent. Il faut alterner des périmètres de conservation mais laisser la place suffisante au service de ceux qui y vivent. Pour entrer dans une agriculture dynamique, l’Afrique a besoin de terres nouvelles et d’augmenter ses rendements agricoles.

C’est par des actions auprès des populations qu’il faut agir plus qu’auprès de la conservation.

Étiquettes : , , , , , ,


Pendant que les villes d’Afrique explosent, l’Ecole africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (Eamau) peine à former les bataillons d’élite censés discipliner les métropoles du continent, entre budgets impayés et grève des étudiants.

Les cours ont repris le 9 mars dans l’école de Lomé. Mais les slogans sur les murs témoignent de la violente grève menée par les élèves durant un mois et demi pour dénoncer des conditions d’études indignes, une résidence universitaire délabrée de 104 lits pour 300 étudiants et l’insécurité autour de l’école, située entre les rues en terre et les cahutes basses d’un quartier populaire de la capitale togolaise. Le lieu est pourtant stratégique, à l’heure où le continent, gagné par une urbanisation massive et anarchique, voit se multiplier les bidonvilles.

La suite sur Le Monde.fr

Étiquettes : , , ,