Nouveaux rapports à la nature dans les campagnes. François Papy, Nicole Mathieu et Christian Ferault (dir.) Quae, Indisciplines, 2012. 191 pages, 26€.

Tapez dans google image le terme campagne et vous verrez une multitude de paysages verdoyants, peuplés d’animaux ! Au-delà du cliché, les auteurs des contributions rassemblées par François Papy, Nicole Mathieu et Christian Férault pensent que le rapport à la nature a changé, y compris dans les campagnes. Ils sont rejoints dans ce constat par Bertrand Hervieu qui signe la préface et estime que nous sommes en train de vivre une mutation. « La marque de cette rupture réside dans l’émergence triomphante de la fonction résidentielle au sein de ces espaces ruraux et celle-ci l’emporte sur toutes les autres, physiquement et symboliquement ainsi que dans la construction du mouvement d’aménagement qui entraîne ce regard nouveau porté sur ces campagnes. » Cet état de fait modifie les représentations de la campagne comme lieu de production.

La campagne évoquée n’est pas profonde mais périurbaine, même si le terme est assez peu employé par les auteurs. L’arrivée de nouvelles populations génèrent des conflits d’usage. Elle s’accompagne aussi d’une volonté de patrimonialisation du paysage (celui-ci doit être conservé en tant que bien collectif) et cette vision s’oppose à celle de patrimoine privé comme outil de travail. Malgré tout, la problématique de transition écologique retenue par les directeurs de l’ouvrage, masque l’idée générale véhiculée par le titre de l’ouvrage. Les études de cas présentées ici s’attachent davantage aux initiatives mises en œuvre au niveau local pour préserver les espaces ouverts ou pour générer une énergie propre qu’aux représentations véhiculées par le paysage. L’angle de traitement est essentiellement agricole. Cela n’enlève rien à l’intérêt des travaux mais le centrage sur les conflits d’usage agriculteurs – résidents, à l’exception de l’article d’Yvon Le Caro, n’est pas assez présent. Les problèmes apparaissant suite à un usage concurrentiel de l’espace entre agriculteurs et tenants de loisirs récréatifs informels (cavaliers, notamment) sont la parfaite illustration de rapports à la nature différenciés. Les agriculteurs doivent mettre en œuvre des stratégies (mise en place de haies le long de chemins de promenade) pour éviter que les promeneurs passent à travers champs et détériorent les productions ou bien encore pénètrent dans leur espace résidentiel ! C’est tout le paradoxe du tourisme vert. L’agriculteur peut à la fois profiter de la manne financière qu’il peut tirer de la mise en place d’un « assolement récréatif » mais doit préserver son exploitation d’une invasion d’urbains !

Catherine Didier-Fèvre © Les Clionautes

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http://www.tourmag.com/La-montagne-francaise-un-or-blanc-mal-exploite_a41318.html

Il s’agit d’un article qui traite les problèmes physiques que pose l’aménagement de la montagne en France, qui occupe 1/5 du territoire. Il est extrait d’un livre, Territoires et aménagement face à la mondialisation, écrit par cinq professeurs agrégés de géographie, D. Acloque, E. Bonnet-Pineau, Y. Colombel, A. Delpirou et D. Oster. La problématique posée est la suivante : le développement économique et le respect du milieu naturel sont-ils compatibles dans l’aménagement de la montagne en France ?

I. Unité et diversité de la montagne dans l’hexagone.

 

La flore varie en fonction de l’altitude et de la température, qui décroit à mesure que l’on monte. La combinaison froid-pression-altitude provoque des chutes de neiges importantes, autrefois obstacle mais aujourd’hui attrait touristique pour les sports d’hiver.

La pente favorise l’érosion et rend ce milieu hostile et l’installation difficile. Cependant les hommes adoptent les zones de replats. L’exposition engendre des différences climatiques, et une installation inégale selon les versants. Là sont les rares traits communs de la montagne française.

La haute montagne a pour caractéristique propre un étagement complet des milieux aménagés. Les massifs cristallins portent les plus hauts sommets dans les Pyrénées et les Alpes. La Haute-Corse présente par endroits des caractéristiques de la haute montagne.

La moyenne montagne regroupe quant à elle 90% de la population montagnarde, il s’agit d’un espace où la vie humaine est toujours présente. On différencie montagne de socle et massifs sédimentaires. Cette appellation regroupe le Massif Central, les Vosges, les Préalpes et le Jura.

La place des montagnes dans le territoire est liée à leurs relations avec les plaines environnantes. La position avantageuse du massif Central ne l’en fait pas moins percevoir comme une gêne à la circulation dans l’Hexagone. Un massif tire donc ses avantages des flux avec la plaine.

Les montagnes jeunes se trouvent aux frontières. Le Jura entretient des liaisons faciles avec l’Alsace et le Lyonnais. De nombreuses villes sont à son contact et le structurent. Les Pyrénées forment au contraire une barrière qui rend la circulation malaisée et les liaisons entre les différentes vallées difficiles. Le trafic s’effectue par les extrémités catalanes et basques, et les rares tunnels. Les Alpes sont mieux structurées, articulées intelligemment avec leurs périphéries et traversés d’ouvrages d’arts qui tentent d’absorber la circulation de ce massif le plus traversé au monde.

 

II. Les évolutions sélectives de la mise en valeur.

La montagne connaît une mise en valeur particulière appelée « système agro-sylvo-pastoral ». On trouve du moins haut au plus élevé, les zones de culture vivrière puis les milieux forestiers et semi-pastoraux et enfin, les pâturages dans les estives, zones aux plus hautes altitudes.

Les cultures étaient souvent bien spécifiques à chaque massif. Mais l’arrivée du train, la fin de l’autarcie alimentaire et les difficultés de la mécanisation de l’agriculture ont entraîné une crise profonde et durable. Si certains massifs ont réussi à se spécialiser, comme le Jura dans la production de fromages de qualité, ce problème a entraîné un exode et une désertification importants. Cela a entraîné un retour progressif de la forêt.

L’abandon des terres en friche a entraîné la loi RTM (restauration des territoires de montagne) pour encourager le reboisement des terres anciennement cultivées, afin d’éviter l’érosion trop rapide des pentes. La forêt couvre aujourd’hui  43% de l’espace montagnard. La filière bois en montagne emploie 25 000 personnes, surtout dans le sciage. Ce chiffre modeste montre que le potentiel forestier n’est pas encore assez exploité en France.

La première exploitation de réserves d’eau pour produire de l’électricité a lieu en 1869 mais d’importants moyens de développement ont été mis en place, ensuite  après la 1e guerre mondiale. Le bassin Arc-Isère présente d’impressionnants systèmes, conduites souterraines, lacs de retenus permettant d’acheminer l’eau sur plus de 80 km. Ce phénomène a entraîné un désenclavement et une industrialisation accélérés. Ces systèmes ont périclité dans les années 60, et entraîné des sinistres économiques. Cependant la reconversion s’effectue peu à peu avec l’équipement croissant.

Aucun lieu n’est touristique par vocation, mais le devient pour des raisons économiques, culturelles et sociales. Longtemps crainte et délaissée à ses sommets, la montagne attire à partir des Lumières, pour ses paysages exceptionnels, puis les cures qui s’ouvrent ainsi que les récits d’ascensions qui frappent les esprits, entraînent une valorisation sociale et esthétique de ce milieu au XIXe siècle.

Les stations de ski de première génération sont peu organisées, sans pistes ni remontées. Elles correspondent souvent à d’anciens centres d’alpinisme (ex : Chamonix). Les habitations se créent autour d’anciens villages. Les stations sont au fond des vallées, et aux débouchés de voies de communication. Les locaux ont longtemps contrôlé les mutations économiques pour qu’elles servent leurs intérêts. Ces transformations ont donc été lentes.

Les stations de deuxième génération, comme l’Alpe-d’Huez ou Méribel apparaissent à l’entre deux guerres avec le développement du ski. Elles sont dans des zones désertes en bas des alpages pour garantir l’enneigement. Ce sont des constructions empiriques, venues souvent de promoteurs extérieurs. Malgré le succès, les remontées mécaniques qui apparaissent (1er tire-fesse en 1935) et les pistes balisées et unifiées en domaines skiables, les retombées économiques et démographiques sont modestes pour les locaux.

Le plan neige est mis en place dans les années 60-70, dans le contexte des Trente Glorieuses, et de l’apparition de la société de loisirs. L’Etat veut mettre en place une vraie industrie du loisir et attirer de nouveaux touristes y compris étrangers. L’Etat repère les sites et y fait les aménagements primaires avant de vendre les parcelles aux promoteurs, pour créer plus de 150 000 lits. Les choix de sites se font en fonction de l’exposition des pentes, et de l’enneigement annuel pour qu’il soit garanti le plus longtemps possible dans l’année.

Le plus souvent un promoteur unique est associé à chaque station et fait apparaître une réelle unité. On parle de stations intégrées, auto-fonctionnelles, comme c’est le cas de la Plagne aux bâtiments géométriques et aux nombreuses stations satellites construites par la suite. Elle a été construite selon le principe de la séparation des flux, laisse les voitures à l’écart, et installe les activités de commerce et de loisirs dans de longues galeries souterraines. Des espaces plans regroupent les remontées d’où partent les skieurs. Une vingtaine de stations ont ensuite été réalisées sur ce modèle.

Les stations de quatrième génération ont cherché un modèle d’aménagement alternatif avec des pouvoirs revenant aux locaux. Ces stations font du tourisme une activité parmi les autres, s’accolent de nouveau aux villages, et font la part belle aux locaux pour leur développement économique. Elles sont plus modestes et petites que les précédentes, et à des altitudes moyennes. On a l’exemple de Valmorel ou des Karellis en Savoie.

L’aménagement de ces stations a engendré la création de 1,2 millions de lits, et de 2000 km2 de pistes. Il s’agit du plus vaste domaine d’Europe et il a été mis en valeur par des événements internationaux comme les JO deux fois. 1000 communes sont concernées mais 6 stations des Alpes suffisent à engendrer  ¼ des revenus liés aux sports d’hiver chaque année.

 

III. Aménager ou protéger les espaces montagnards ?

 

La neige (surnommée « or blanc ») a ses limites économiques. En effet les emplois entraînés par ces projets ont été décevants instables et saisonniers. Ce stations ont marginalisé les locaux et favorisé des acteurs extérieurs. La fréquentation après avoir explosé a stagné et est devenue irrégulière. Seules de rares stations font le plein tous les ans. On voit même des cas de désertion touristique, dans des espaces aux téléphériques abandonnés, et même aux immeubles inachevés.

Les exploitations et déforestations irresponsables ont parfois dégradé les milieux naturels. Les phénomènes gravitaires ont augmenté et ont choqué quand ils sont devenus des catastrophes naturelles. Les montagnards se mobilisent peu à peu contre cette exploitation irraisonnée, destructrice. Des PPR  sont mis en place pour prévenir les écoulements ou avalanches meurtriers.

En voulant imiter des stations de haute-montagnes, des stations plus modestes de moyenne-montagne se sont fortement endettées en plus d’échecs retentissants. Seuls les massifs bien reliés aux bassins émetteurs de touristes continuent à avoir des taux de remplissage satisfaisant toute l’année. La logique spatiale a été inversée. Les vallées sont délaissées pour les versants Nord, élevés et enneigés. Cela a engendré une montagne à plusieurs vitesses.

Avec les stations de 3e génération, les parcs nationaux apparaissent dans une volonté de protéger faune et flore. Ils sont soumis à une législation très stricte, sont partenaires des communes voisines qui assurent leurs développements durables. En parallèle viennent les parcs régionaux.

La « directive montagne » découle du bilan alarmant du « plan neige ». Ces lois restrictives pour la construction des stations  imposent que les projets soient examinés par l’Etat, et interdisent l’exploitation des sites vierges au-delà de 1600 m. Les montagnards l’ont cependant vécu comme une restriction qui ne ferait que porter un peu plus préjudice à leur économie déjà fragile.

La « loi montagne» (1980) vient assouplir la « directive montagne » et cherche un équilibre entre pouvoir central et local. Un Conseil de la montagne est créé et a un rôle de conseil et de décision pour fixer les objectifs et projets nécessaires au développement et à la protection du milieu.

Les mesures sont surtout économiques et attribuent aux communautés locales la gestion des remontées mécaniques, en tenant compte des coûts que représentent l’entretien de la voirie. Des fonds spéciaux sont mis en place, et le développement de l’agriculture aidé par l’Etat grâce aux labels, aides et subventions. L’urbanisation de nouveau autorisée est très cadrée et stipule qu’elle doit se faire en continuité des villages et respecter l’équilibre naturel de la montagne.

Le bilan apparaît mitigé. Diverses révisions de la loi ont assoupli certaines mesures, et les rapports ont été trop irréguliers. Cependant le regain est net depuis 2005, et les Conseils qui restaient trop dans un rôle consultatif, se sont plus investis avec l’obligation de rendre des schémas d’aménagement.

La limitation de l’urbanisation tient plus de la conjoncture que du respect de la loi UTN. Seuls deux tiers des projets instruits pour des stations ont été menés à bout. Des extensions comme l’élargissement de domaines skiables et la modernisation des remontées ont eu lieu, et le recours à la neige de culture croissant augmente la consommation en eau et énergie. La concentration économique a donné plus de poids aux grands acteurs historiques.

La situation globale s’est améliorée à tous les niveaux à la montagne. La croissance démographique a repris presque partout dans les années 90. La loi montagne n’a pas fait de conflits entre les acteurs concernés.

 

Critique : Cet ouvrage a l’avantage non négligeable de présenter en plus des textes, des documents clairs, ludiques et variés, ce qui permet une mémorisation plus aisée des données proposées. Le plan est clair est cohérent, et les thématiques variées permettent d’avoir une vision globale de la problématique malgré toute la complexité de la montagne. Cela nous donne une idée assez précise et solide de la situation de ce milieu sur l’ensemble du territoire français. Certaines notions abordées sont assez pointues, notamment d’un point de vue socio-économique ce qui permet de venir compléter un enseignement géographique déjà solide et intéressant.

C’est sûrement ce qui fait la force de ce chapitre qui pêche également. En effet, le grand nombre de données, trop grand en fait, nous fait nous perdre un peu dans tout ce qui est évoqué. Certains aspects notamment celui de l’agriculture mériteraient d’être plus détaillés et on peut regretter que des notions et problèmes ne soient que survolés.

Cependant il n’en reste pas moins qu’apprendre autant de choses en aussi peu de pages est un atout majeur. Ce chapitre s’insère parfaitement dans ce livre actuel, et utile pour comprendre des questions qui se posent dans le monde réel qui est le nôtre. Ce chapitre aide à prendre conscience de l’importance et de la particularité du milieu montagnard en France et de voir que toutes ses caractéristiques propres soulèvent une foule de questions, d’intérêts et de conflits qui s’ancrent dans des données économiques, sociales et biologiques plus actuelles que jamais.

 

Mathilde Ory – Lavollée, H

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La France – Territoires et aménagements dans la mondialisation – chapitre 9

Sous la direction de Yves Colombel et Daniel Oster

Delphine Acloque (Agrégée de géographie, professeur en classe préparatoire au lycée militaire de Saint-Cyr-l’Ecole [Yvelines])

Elisabeth Bonnet-Pineau (Agrégée de géographie, professeur de chaire supérieure de géographie en classes préparatoires au lycée Albert Schweitzer [Le Raincy])

Yves Colombel (Agrégé de géographie, professeur de chaire supérieure de géographie en classes préparatoires au lycée Henri IV [Paris])

Aurélien Delpirou (Agrégé et docteur en géographie, maitre de conférence à l’Institut d’urbanisme de Paris [Université Paris-Est Créteil])

Daniel Oster (Agrégé de géographie, professeur de chaire supérieure de géographie en classes préparatoires au lycée Henri IV [Paris])

 

L’agriculture française est au premier rang européen et au sixième rang mondial. En plus d’un recul de la surface des terres cultivées et des difficultés économiques des agriculteurs français, elle doit s’adapter à une série de contraintes d’ordre économique (ouverture des marchés), politico-économique (évolution des aides européennes à l’agriculture) et écologiques (nouvelle sensibilité « verte » des consommateurs). Ce chapitre va se consacrer à la question de l’avenir de l’agriculture française à travers l’étude de son état actuel et des perspectives qui s’ouvrent à elle. Comment assurer des revenus décents aux agriculteurs, fournir des productions abondantes et compétitives à l’échelle mondiale et produire dans le respect de la qualité et de l’environnement ?

Une agriculture puissante et diversifiée, des régions de production spécialisées

La puissance agricole française : La France dispose d’une agriculture productive (18% de la production de l’UE à 27 en 2009), bien insérée dans l’économie française, malgré une baisse de la part de l’agriculture française dans le PIB depuis les années 80. L’intégration de l’agriculture au marché se fait depuis la Seconde Guerre Mondiale, grâce à l’augmentation de la production mais aussi au développement d’activités industrielles et de services en amont et en aval de la production. L’industrie agroalimentaire française est puissante mais peu concentrée, la plupart des établissements sont de très petite taille malgré certains grands groupes comme Nestlé et Danone dans les produits laitiers et Terrena et Scopa dans les viandes. La filière agroalimentaire joue un grand rôle dans le commerce extérieur français, elle est l’une des seules à être excédentaire. La France s’est notamment spécialisée dans un petit nombre de produits : boissons (vins et spiritueux), produits laitiers, céréales et viandes.

Des productions abondantes et diversifiées : La France arrive en tête du classement européen pour un bon nombre de productions aussi bien végétales (1ère productrice de blé [27%] et de maïs [25%]) qu’animales (1ère productrice de viande bovine). La production céréalière reste dominante en France métropolitaine (9,7 millions d’hectares, la moitié des terres labourables). Pour ce qui est des productions animales (viande et lait), on a une dominante bovine et une concentration croissante des productions porcines et avicoles. La quantité de vaches laitières ayant diminuée de moitié depuis 84, notamment à cause de la mise en place de quotas laitiers. On assiste à une concentration géographique des différents types d’élevages, qui se regroupent selon un processus de spécialisation régionale. Pour ce qui est de la production viticole, le passage d’une production de masse à une production de qualité s’est fait à cause de l’évolution de la consommation et des ravages du phylloxéra. La production de vins de qualité est deux fois plus élevée que la production de vins de table alors que cette dernière était plus importante jusqu’aux années 60. La production de fruits et légumes (la France 3e producteur européen) est stable depuis les années 90, ne variant qu’en fonction des années et du climat.

Des spécialisations régionales affirmées : la mise en concurrence nationale puis mondiale et les politiques agricoles françaises et européennes expliquent le processus de spécialisation régionale croissante. Le bassin parisien se spécialise ainsi dans la grande culture et la Bretagne dans l’élevage intensif. Les zones de montagnes doivent renouveler leurs méthodes de production (mêler production et intérêt touristique) et s’orienter vers des produits de qualité et labellisés pour rester concurrentielles. Les régions de vignobles se partagent en trois grands domaines : les coteaux du nord et de l’est de la France, les vallées de la façade atlantique et les plaines des vignobles méditerranéens. Le vin français a une forte valeur identitaire et culturelle, il modifie profondément le paysage rural français de nombreuses régions. Les régions méridionales doivent elles aussi se diriger vers une production de qualité (concurrence des serres espagnoles).

Révolution agricole et facteurs de mutation de l’agriculture française

Une triple révolution agricole depuis la fin de la guerre : technique, structurelle, sociale : (1) La révolution technique qui s’appuie sur le développement de technologies de motorisation, de chimisation (usage massif d’engrais), d’irrigation (serres) ou la recherche agrobiologique (recherches génétiques de l’INRA) augmente les rendements de la terre. Ce processus de modernisation encouragé par l’Etat implique d’important recours à l’emprunt. (2) La révolution structurelle se manifeste par une augmentation considérable de la taille des exploitations agricoles ainsi que de la valeur des investissements et du capital de ces exploitations. On est passé en cinquante ans de petites exploitations familiales à de véritables entreprises agricoles alors que les statuts juridiques se diversifient. (3) La population agricole connait aussi une véritable révolution sociale : vieillissement de ladite population, professionnalisation de l’activité agricole.

Les mutations profondes du paysage agricole : La distinction traditionnelle entre bocage, openfields et paysages méditerranéens est remise en cause, les openfields étant de plus en plus répandus pour répondre aux besoins de la course à la productivité. Une homogénéisation du paysage agricole à l’échelle national résulte de cette unification du modèle agricole.

Une agriculture très encadrée : organisme professionnels, politique nationales et européennes : Les organisations paysannes gardent un rôle aussi bien politique qu’économique important. Au niveau de l’Etat, les lois d’orientation agricole de 1960 et 1962 visent explicitement à la modernisation de l’agriculture, à la restructuration des exploitations et notamment à leur agrandissement mais aussi à l’installation des jeunes (création des SAFER, instauration de la DJA et création de lycées agricoles). La PAC, fondée par le traité de Rome en 57 oriente et finance de plus en plus l’agriculture française. La PAC a d’abord pour but la modernisation, l’accroissement de la production, l’autosuffisance française et la satisfaction des besoins communautaires. Mais la PAC est remise en cause (notamment par le GATT) au début des années 80 et un système de quotas y est instauré pour réduire la production.

Agriculteurs et espaces agricoles faces à des enjeux renouvelés

Vers une agriculture associant la qualité et le respect de l’environnement ? : L’agriculture de qualité est mise en valeur, notamment à travers le développement d’un système de sigles (AOC, AOP, AB…) répondant à une exigence de traçabilité et de qualité des consommateurs. Les pressions de l’activité agricole sur l’environnement sont principalement de quatre ordres : quantité et qualité de la ressource en eau (nitrates en Bretagne), émissions de gaz à effet de serre, érosion et dégradation des sols, effets sur la richesse de la biodiversité. Les pratiques agricoles cherchent à minimiser ces impactes depuis les années 90 (« agriculture durable » comme compromis entre production intensive et écologie).

Multifonctionnalité des agriculteurs et développement rural : Le nombre d’agriculteur pluriactifs, exerçant une activité professionnelle an plus de l’agriculture, s’il est encore peu élevé (11% des agriculteurs en 2007), augmente. Les agriculteurs diversifient aussi les activités au sein de l’exploitation (tourisme vert, fermes pédagogiques…), ce qui leur apporte des compléments de revenus et contribue à l’attractivité renouvelée des milieux ruraux. Les agriculteurs se voient également investis d’une mission d’entretien du paysage et de sauvegarde du patrimoine rural, mission parfois décriée par des agriculteurs souhaitant garder la production au centre de leur activité.

Concurrence mondiale, impératifs de libre-échange et dépendance vis-à-vis des grands marchés mondiaux : L’évolution de la PAC et le rapprochement continu des prix européens des cours mondiaux rend les agriculteurs français très dépendants de la fluctuation du marché mondial et de la production des pays concurrents. La France pâtit ainsi à long terme de l’émergence de nouvelles puissances agricoles du sud.

Critique

Ce chapitre est particulièrement bien édité, rendant un sujet qui peut paraître rébarbatif accessible grâce à une mise en page claire (abondance des titres de parties et sous parties) et aux compléments (les « zooms », les cartes et les graphiques apportent beaucoup). Les mots clés et les passages les plus importants sont en gras, favorisant une prise d’information rapide et un apprentissage efficace et rendant moins abrupte l’abondance de chiffres, de dates et de statistiques qui donnent à la démonstration sa solidité. Les exemples manquent cependant de spécificité, le ton du chapitre restant extrêmement général (seul le zoom le parc national des Cévennes fait intervenir des acteurs véritablement particuliers). On a ainsi du mal à se représenter grâce au seul livre ce qu’est vraiment le quotidien d’un agriculteur : comment vit-il, veut-il véritablement les mutations ici décrites ? Même s’il s’agit d’un exercice difficile qui risque de basculer dans la présentation d’une ferme-type finalement peu significative, un zoom encore plus serré sur l’agriculture française aurait pu fournir une sous partie éclairante. Au niveau du livre, la présence d’un index eût été pratique pour trouver rapidement les passages concernant des notions précises (par exemples les risques…). Malgré ces petits points faibles, le défi que s’est donné l’ouvrage, allier la rigueur scientifique à l’accessibilité du propos semble être bien relevé.

Marc Burgelin, HK/AL

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Mise en situation – résumé

Cet article a été rédigé à l’occasion du projet « Territoires 2040 », qui a fait l’objet d’une exposition au Conseil Economique, Social et Environnemental. L’article, qui n’a pas été signé, a été commandité par la DATAR (créée en 1963), administration au service du Premier Ministre qui coordonne les politiques d’aménagement du territoire impulsée par l’Etat.

Cet article propose d’étudier les espaces de la faible densité dans leur multiplicité, de comprendre comment ces espaces fonctionnent et d’appréhender les enjeux auxquels ils doivent faire face.

 

Le vocabulaire de la faible densité – entrée en matière

Définition : espace comptant moins de 30 hab/km2 (critère de l’Insee)

Ce seuil est discutable et doit être vu avant tout comme un ordre de grandeur : on peut parler en tout cas d’agencement socio-spatial singulier marqué par la rareté des hommes, parfois aussi des ressources financières. Ce phénomène est loin d’être marginal : 42% du territoire français serait concernés par la faible densité. On peut dire que la France est un pays de faible densité.

Autre notion : les espaces désertifiés (moins de 10 hab/km2)

 

Problématique

De quoi se compose la faible densité ? Comment fonctionne-t-elle ?

La faible densité est le prisme par lequel on se propose d’étudier la catégorie générique du rural. Il s’agit de réinterroger les a priori que l’on peut avoir sur ces espaces : sont-ils toujours défavorisés ? Peut-on vraiment les appréhender comme un tout homogène ?

 

Idées principales de l’article

: Les espaces de faible densité ont une extrême diversité de profil

Ces espaces, s’ils partagent certaines problématiques, ne sont cependant pas à appréhender comme un tout. Non seulement chacun a ses singularités, mais encore ces espaces vivent des mutations qui empêchent toute considération figée de leurs situations : ces espaces n’appartiennent pas tous à la catégorie de « campagne fragile » et certains peuvent être rencontrés dans les campagnes périurbaines (ce qui empêche de renvoyer nécessairement la faible densité à l’éloignement des villes). Un secteur isolé de haute montagne n’a de commun avec un vaste plateau agricole que sa situation d’espace de faible densité.

 

: On peut parler d’attractivité à propos des espaces de faible densité

Il ne faut pas associer faible densité et abandon, dépeuplement, exode rural, bref, rupture. La faible densité peut manifester, au lieu d’un abandon, un certain équilibre. De plus, les espaces de faible densité vivent une situation particulière due au processus de repeuplement constaté depuis le début du siècle : plus les départements sont ruraux, plus ils ont tendance à attirer les populations. D’autre part, le caractère exceptionnel des espaces de faible densité ressort au regard du processus d’étalement urbain qui touche la France. Voilà pourquoi il est possible d’associer faible densité et attractivité : le « monde rural profond » est à la charnière d’une dialectique associant la crise et le renouveau de la ruralité.

Cet article rend donc compte du travail de certains experts visant à dégager 4 chantiers problématiques pour imaginer des futurs possibles concernant la faible densité à l’horizon 2040.

 

: La faible densité, des espaces en mutation

Vieillissement, dépeuplement, birésidentialité croissante sont autant de phénomènes vécus par les espaces de faible densité. Ces phénomènes restent contrastés d’un espace à l’autre, ce qui conduit à se poser la question suivante : existe-t-il aujourd’hui une société et des modes de vie spécifiques aux espaces de faible densité ? On constate une grande variabilité des modes de vie, qui tend à augmenter : populations temporaires, populations natives, populations en rupture avec le mode de vie urbain,… Les populations de la faible densité sont donc très hétérogènes.

Un premier enjeu se dessine pour ces espaces : il leur faut maitriser l’équilibre entre mobilité et sédentarité et faire preuve d’inventivité afin de produire les conditions d’une occupation humaine viable (maîtrise des ressources, services collectifs).

Le deuxième enjeu concerne l’implication des habitants dans la vie des espaces de faible densité : les parcours des populations de la faible densité sont variés, ce qui explique que les aspirations ne soient pas les mêmes en terme d’habitat, d’activité ou d’organisation. C’est pourquoi les espaces de faible densité peuvent être considérés comme des laboratoires concernant les nouvelles manières d’occuper et de gérer l’espace, les terrains privilégiés de l’innovation sociale (implication des habitants qui enrichissent les projets de leur expérience, de leur formation, de leur réseau).

 

: L’économie des espaces de faible densité en transition : redéfinition, recomposition, diversification, nouvelles pratiques

Les profils économiques sont variés : indéniablement l’économie de ces espaces vit actuellement une transition. La partie productive de ces espaces concerne principalement trois activités : l’agriculture (activité composite très dynamique marquée par la PAC et qui tend à se diversifier), l’activité sylvicole (riche de nombreuses potentialités, notamment concernant les « nouveaux » usages du bois) et la production énergétique (gisement d’activités important bénéficiant du discours en vogue sur la transition énergétique).

Ces activités peuvent contribuer au caractère attractif des espaces de faible densité en ce qu’elles appuient le caractère exceptionnel de ces espaces et le valorisent au regard du tourisme. Les évolutions de la PAC, véritable tournant historique, sont fortement susceptibles de changer en profondeur l’économie des espaces de faible densité.

 

: Les diverses formes que prend l’attractivité dans les espaces de faible densité et les conditions de sa mise en œuvre

L’attractivité est multiple : cette diversité a fait naître un enjeu important : le besoin de se distinguer pour mettre en valeur ces espaces dans leur singularité. Le risque pour ces espaces, est de se fondre dans l’espace global : entre résistance et intégration, on comprend combien l’attractivité peut prendre des chemins différents selon les objectifs fixés. Les espaces de la faible densité se trouvent donc à la charnière d’une dialectique entre tradition (à la marge du système global, tranquillité, qualité de vie) et modernité (intégration à des circuits, des réseaux, évolution technologique). L’attractivité de ces espaces tient également de la grande disponibilité d’espaces, de la possibilité d’y pratiquer un style de vie spécifique (la faible densité « heureuse » : mise à distance volontaire de la circulation frénétique et de l’habitat de masse).

Le problème qui se pose est le suivant : les acteurs et les ressources de la valorisation de ces espaces sont souvent en dehors des territoires qu’ils rendent attractifs. Se pose la question de la dépendance de ces espaces au regard du système global.

 

: Le défi de la maîtrise et de la valorisation des ressources de la faible densité

Le premier enjeu concerne la maîtrise des ressources, qui sont liées à ces espaces mais qui peuvent être victimes d’une emprise extérieure : complémentarité ou confrontation ? Il s’agit pour ces espaces d’éviter simultanément deux phénomènes extrêmes : l’abandon, la déprise du territoire, et la perte de la maîtrise des ressources. Ces deux risques sont bien réels. La maîtrise de la ressource foncière est révélatrice de cette situation : on constate des tensions entre ses détenteurs actuels et ceux qui veulent se l’approprier.

Le second enjeu concerne l’intégration des espaces de la faible densité dans les dispositifs d’aménagement publics. Il demande de choisir entre l’assistance et la solidarité, entre l’autonomisation et la nécessité de recourir aux financements publics. Se pose la question de leur place dans le « puzzle territorial ». Les espaces de la faible densité se voient donc conférer un rôle stratégique et de nouvelles responsabilités.

 

Remarques, ajouts, critique

L’intérêt que j’ai trouvé à travailler cet article tient surtout du souci dont témoignent ses auteurs de revenir sur des préjugés quant aux espaces de faible densité : en effet avant de lire l’article j’associais ces espaces au dépeuplement, à la pauvreté, à l’abandon, en somme à des notions négatives. Travailler cet article m’a permis d’appréhender ces espaces tout autrement, de considérer leur multiplicité et leurs potentialités. J’ai été frappée de voir combien ces espaces, loin d’être immobiles et marginaux, loin de régresser, sont le théâtre de véritables mutations dans tous les domaines et font face à de multiples défis.

Le seul reproche que le lecteur pourrait formuler serait à propos du manque d’exemples concrets ou d’étude de cas précis, qui auraient clarifié davantage le propos (qui, selon moi, reste très technique) et l’auraient ancré dans une réalité plus proche du lecteur.

Espérance Du Peloux, HK/AL

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http://www.franceculture.fr/blog-globe-2010-11-24-les-mutations-recentes-de-l-espace-rural-en-france.html

 

Avant de poser les questions centrales de cet article, les auteurs présentent les campagnes françaises comme représentatives d’une France qui a su longtemps « rester attacher à sa terre et à son terroir ». Aujourd’hui, la réalité du monde rural est nuancée, et difficile à saisir : les recompositions spatiales se sont accompagnées d’une redéfinition de la place des territoires ruraux au sein du territoire national, donnant lieu à une controverse au sein des géographes : doit-on parler d’une « crise rurale », comme l’affirme R. Béteille ou d’une « renaissance » suggérée par B. Kayser ? Quoiqu’il en soit, les auteurs proposent de caractériser les espaces ruraux en s’interrogeant sur leurs diversités et sur leurs spécificités, afin de répondre à la question suivante : les campagnes françaises sont-elles vouées à un déclin irrémédiable, ou au contraire, doit-on y voir un renouveau prenant de multiples formes ?

I-                   La crise des campagnes

Si la notion est remise en cause aujourd’hui, il s’agit néanmoins de présenter les aspects de la « crise » qui aurait touché les espaces ruraux dans la deuxième moitié du 20ème siècle. Cette crise s’articule autour de (A) la « fin des paysans » et (B) sur la question d’une « désertification » de l’espaces rural.

(A) Les auteurs partent d’un postulat, la disparition de l’espace rural façonné depuis des siècles par la société paysanne sous l’effet de la seconde révolution agricole, afin d’expliquer cette « fin des paysans ». Elle s’est produite sous l’effet d’une modernisation, d’une concentration et d’une spécialisation à l’origine d’une disparition de trois agriculteurs sur quatre depuis 1950. En outre, le profil socio-économique des agriculteurs s’est largement modifié : on parle d’ « agrimanagers », qui assurent l’essentiel de la production agricole, face à un « petit prolétariat agricole », qui s’est difficilement maintenu.

(B) On remarque en France un exode rural, qui touche tardivement la France par rapport aux autres pays d’Europe occidentale. C’est seulement en 1936 que la France est composée d’une population à majorité urbaine (90 ans après l’Angleterre). Les dernières vagues d’exode rural sont les plus rapides et les plus massives (entre 1954 et 1975, la population rurale passe en France de 43% à 27%). Ce déclin démographique de l’espace rural accélère la dégradation de son activité économique. Dans un contexte marqué par une limitation croissante des dépenses publiques, certains services sont de plus en plus difficiles à maintenir (écoles, postes), les traduction paysagères de cette « désertification » sont multiples (progression des friches) et la désertification conduirait à la décomposition des sociétés rurales pour certains auteurs.

II-                Voies et limites de la renaissance des espaces ruraux

Après avoir étudié dans quelle mesure il est possible de parler d’une crise des campagnes, étudions les espaces ruraux, à l’instar de Kayser, sous l’angle de leur « renaissance » en analysant les manifestations de la revitalisation de la société et de l’économie rurales, mais aussi des limites de celle-ci.

La désertification des campagnes n’est plus d’actualité : la population des espaces ruraux augmente au même rythme que la population française depuis 1999. L’espace rural est dynamisé par les « néo-ruraux », qui travaillent en ville, mais ont fait le choix d’habiter à la campagne. Ce regain démographique ne se limite pas aux auréoles périurbaines : le « retour aux pays « des employés à la retraite ou « le désir de campagne » de citadins européens revitalisent l’ensemble de l’espace rural, excepté « la diagonale du vide », l’arc Nord-Est et les moyennes montagnes, qui demeurent en position de faiblesse. Il semble nécessaire de rappeler que l’agriculture n’est pas la seule activité à la campagne, qui est le lieu de l’implantation de nombreuses usines (en 2006, 500 mille emplois manufacturiers dans des communes de moins de 2000 habitants), et qui profite du tourisme pour être revitalisée. ¼ des Français choisissent la campagne comme lieu de vacances, permettant la création ou le maintien d’emplois. Seulement, l’essor touristique dépend de plusieurs conditions (patrimoine culturel mis en valeur, bonne accessibilité par les grands axes de communication routière et ferroviaire). Cette inégale « mise en tourisme » contribue à accroître la sélection spatiale au sein de l’espace rural.

III-             Des espaces ruraux aux dynamismes fortement différents

Quoi de commun entre les campagnes fragiles de la France du vide et les territoire opulents des produits agricoles à forte valeur ajoutée ?

Pour répondre à cette question, l’auteur propose une typologie des territoires, en distinguant (A) les « campagnes agricoles », qui sont les agricultures intensives produisant l’essentiel des activités : plateaux de la Beauce et de la Brie, de (B) les « campagnes fragilisées », qui sont des campagnes qui ont du mal à s’adapter à la logique productiviste : les montagnes sont particulièrement concernées, de (C) les « campagnes des villes », qui se distinguent par un population très mobile et un paysage rural transformé mêlant traditionnel et moderne : l’arrière-pays niçois ou l’Alsace, de (D) les « campagnes diversifiées », qui sont touristiques (Haute Provence ou Haut Languedoc) ou industrielles (le Choletais).

 

 

 

On reconnaît bien les exigences de l’université française dans ce chapitre : le plan est en trois parties et répond au problème : « une crise ou un renouveau des campagnes françaises ? », tout cela répond donc à des exigences formelles évidentes, qui rendent le propos clair et précis, dialectique (on aurait reconnu le classique thèse, antithèse, typologie des campagnes françaises) mais parfois monotone. Heureusement, les rubriques : « Zoom » dynamisent le propos en donnant des exemples précis en Sologne ou dans la vallée de Germigny par exemple. On peut donc avant tout congratuler les auteurs d’arriver à nous donner une vision globale de ce problème en France en une vingtaine de pages à peine, même s’il est certain qu’un plus grand nombre de cartes montrant la diversification des espaces ruraux aurait pu être bienvenu.

 

Louis Airy, HK/AL

 

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