http://www.tourmag.com/La-montagne-francaise-un-or-blanc-mal-exploite_a41318.html

Il s’agit d’un article qui traite les problèmes physiques que pose l’aménagement de la montagne en France, qui occupe 1/5 du territoire. Il est extrait d’un livre, Territoires et aménagement face à la mondialisation, écrit par cinq professeurs agrégés de géographie, D. Acloque, E. Bonnet-Pineau, Y. Colombel, A. Delpirou et D. Oster. La problématique posée est la suivante : le développement économique et le respect du milieu naturel sont-ils compatibles dans l’aménagement de la montagne en France ?

I. Unité et diversité de la montagne dans l’hexagone.

 

La flore varie en fonction de l’altitude et de la température, qui décroit à mesure que l’on monte. La combinaison froid-pression-altitude provoque des chutes de neiges importantes, autrefois obstacle mais aujourd’hui attrait touristique pour les sports d’hiver.

La pente favorise l’érosion et rend ce milieu hostile et l’installation difficile. Cependant les hommes adoptent les zones de replats. L’exposition engendre des différences climatiques, et une installation inégale selon les versants. Là sont les rares traits communs de la montagne française.

La haute montagne a pour caractéristique propre un étagement complet des milieux aménagés. Les massifs cristallins portent les plus hauts sommets dans les Pyrénées et les Alpes. La Haute-Corse présente par endroits des caractéristiques de la haute montagne.

La moyenne montagne regroupe quant à elle 90% de la population montagnarde, il s’agit d’un espace où la vie humaine est toujours présente. On différencie montagne de socle et massifs sédimentaires. Cette appellation regroupe le Massif Central, les Vosges, les Préalpes et le Jura.

La place des montagnes dans le territoire est liée à leurs relations avec les plaines environnantes. La position avantageuse du massif Central ne l’en fait pas moins percevoir comme une gêne à la circulation dans l’Hexagone. Un massif tire donc ses avantages des flux avec la plaine.

Les montagnes jeunes se trouvent aux frontières. Le Jura entretient des liaisons faciles avec l’Alsace et le Lyonnais. De nombreuses villes sont à son contact et le structurent. Les Pyrénées forment au contraire une barrière qui rend la circulation malaisée et les liaisons entre les différentes vallées difficiles. Le trafic s’effectue par les extrémités catalanes et basques, et les rares tunnels. Les Alpes sont mieux structurées, articulées intelligemment avec leurs périphéries et traversés d’ouvrages d’arts qui tentent d’absorber la circulation de ce massif le plus traversé au monde.

 

II. Les évolutions sélectives de la mise en valeur.

La montagne connaît une mise en valeur particulière appelée « système agro-sylvo-pastoral ». On trouve du moins haut au plus élevé, les zones de culture vivrière puis les milieux forestiers et semi-pastoraux et enfin, les pâturages dans les estives, zones aux plus hautes altitudes.

Les cultures étaient souvent bien spécifiques à chaque massif. Mais l’arrivée du train, la fin de l’autarcie alimentaire et les difficultés de la mécanisation de l’agriculture ont entraîné une crise profonde et durable. Si certains massifs ont réussi à se spécialiser, comme le Jura dans la production de fromages de qualité, ce problème a entraîné un exode et une désertification importants. Cela a entraîné un retour progressif de la forêt.

L’abandon des terres en friche a entraîné la loi RTM (restauration des territoires de montagne) pour encourager le reboisement des terres anciennement cultivées, afin d’éviter l’érosion trop rapide des pentes. La forêt couvre aujourd’hui  43% de l’espace montagnard. La filière bois en montagne emploie 25 000 personnes, surtout dans le sciage. Ce chiffre modeste montre que le potentiel forestier n’est pas encore assez exploité en France.

La première exploitation de réserves d’eau pour produire de l’électricité a lieu en 1869 mais d’importants moyens de développement ont été mis en place, ensuite  après la 1e guerre mondiale. Le bassin Arc-Isère présente d’impressionnants systèmes, conduites souterraines, lacs de retenus permettant d’acheminer l’eau sur plus de 80 km. Ce phénomène a entraîné un désenclavement et une industrialisation accélérés. Ces systèmes ont périclité dans les années 60, et entraîné des sinistres économiques. Cependant la reconversion s’effectue peu à peu avec l’équipement croissant.

Aucun lieu n’est touristique par vocation, mais le devient pour des raisons économiques, culturelles et sociales. Longtemps crainte et délaissée à ses sommets, la montagne attire à partir des Lumières, pour ses paysages exceptionnels, puis les cures qui s’ouvrent ainsi que les récits d’ascensions qui frappent les esprits, entraînent une valorisation sociale et esthétique de ce milieu au XIXe siècle.

Les stations de ski de première génération sont peu organisées, sans pistes ni remontées. Elles correspondent souvent à d’anciens centres d’alpinisme (ex : Chamonix). Les habitations se créent autour d’anciens villages. Les stations sont au fond des vallées, et aux débouchés de voies de communication. Les locaux ont longtemps contrôlé les mutations économiques pour qu’elles servent leurs intérêts. Ces transformations ont donc été lentes.

Les stations de deuxième génération, comme l’Alpe-d’Huez ou Méribel apparaissent à l’entre deux guerres avec le développement du ski. Elles sont dans des zones désertes en bas des alpages pour garantir l’enneigement. Ce sont des constructions empiriques, venues souvent de promoteurs extérieurs. Malgré le succès, les remontées mécaniques qui apparaissent (1er tire-fesse en 1935) et les pistes balisées et unifiées en domaines skiables, les retombées économiques et démographiques sont modestes pour les locaux.

Le plan neige est mis en place dans les années 60-70, dans le contexte des Trente Glorieuses, et de l’apparition de la société de loisirs. L’Etat veut mettre en place une vraie industrie du loisir et attirer de nouveaux touristes y compris étrangers. L’Etat repère les sites et y fait les aménagements primaires avant de vendre les parcelles aux promoteurs, pour créer plus de 150 000 lits. Les choix de sites se font en fonction de l’exposition des pentes, et de l’enneigement annuel pour qu’il soit garanti le plus longtemps possible dans l’année.

Le plus souvent un promoteur unique est associé à chaque station et fait apparaître une réelle unité. On parle de stations intégrées, auto-fonctionnelles, comme c’est le cas de la Plagne aux bâtiments géométriques et aux nombreuses stations satellites construites par la suite. Elle a été construite selon le principe de la séparation des flux, laisse les voitures à l’écart, et installe les activités de commerce et de loisirs dans de longues galeries souterraines. Des espaces plans regroupent les remontées d’où partent les skieurs. Une vingtaine de stations ont ensuite été réalisées sur ce modèle.

Les stations de quatrième génération ont cherché un modèle d’aménagement alternatif avec des pouvoirs revenant aux locaux. Ces stations font du tourisme une activité parmi les autres, s’accolent de nouveau aux villages, et font la part belle aux locaux pour leur développement économique. Elles sont plus modestes et petites que les précédentes, et à des altitudes moyennes. On a l’exemple de Valmorel ou des Karellis en Savoie.

L’aménagement de ces stations a engendré la création de 1,2 millions de lits, et de 2000 km2 de pistes. Il s’agit du plus vaste domaine d’Europe et il a été mis en valeur par des événements internationaux comme les JO deux fois. 1000 communes sont concernées mais 6 stations des Alpes suffisent à engendrer  ¼ des revenus liés aux sports d’hiver chaque année.

 

III. Aménager ou protéger les espaces montagnards ?

 

La neige (surnommée « or blanc ») a ses limites économiques. En effet les emplois entraînés par ces projets ont été décevants instables et saisonniers. Ce stations ont marginalisé les locaux et favorisé des acteurs extérieurs. La fréquentation après avoir explosé a stagné et est devenue irrégulière. Seules de rares stations font le plein tous les ans. On voit même des cas de désertion touristique, dans des espaces aux téléphériques abandonnés, et même aux immeubles inachevés.

Les exploitations et déforestations irresponsables ont parfois dégradé les milieux naturels. Les phénomènes gravitaires ont augmenté et ont choqué quand ils sont devenus des catastrophes naturelles. Les montagnards se mobilisent peu à peu contre cette exploitation irraisonnée, destructrice. Des PPR  sont mis en place pour prévenir les écoulements ou avalanches meurtriers.

En voulant imiter des stations de haute-montagnes, des stations plus modestes de moyenne-montagne se sont fortement endettées en plus d’échecs retentissants. Seuls les massifs bien reliés aux bassins émetteurs de touristes continuent à avoir des taux de remplissage satisfaisant toute l’année. La logique spatiale a été inversée. Les vallées sont délaissées pour les versants Nord, élevés et enneigés. Cela a engendré une montagne à plusieurs vitesses.

Avec les stations de 3e génération, les parcs nationaux apparaissent dans une volonté de protéger faune et flore. Ils sont soumis à une législation très stricte, sont partenaires des communes voisines qui assurent leurs développements durables. En parallèle viennent les parcs régionaux.

La « directive montagne » découle du bilan alarmant du « plan neige ». Ces lois restrictives pour la construction des stations  imposent que les projets soient examinés par l’Etat, et interdisent l’exploitation des sites vierges au-delà de 1600 m. Les montagnards l’ont cependant vécu comme une restriction qui ne ferait que porter un peu plus préjudice à leur économie déjà fragile.

La « loi montagne» (1980) vient assouplir la « directive montagne » et cherche un équilibre entre pouvoir central et local. Un Conseil de la montagne est créé et a un rôle de conseil et de décision pour fixer les objectifs et projets nécessaires au développement et à la protection du milieu.

Les mesures sont surtout économiques et attribuent aux communautés locales la gestion des remontées mécaniques, en tenant compte des coûts que représentent l’entretien de la voirie. Des fonds spéciaux sont mis en place, et le développement de l’agriculture aidé par l’Etat grâce aux labels, aides et subventions. L’urbanisation de nouveau autorisée est très cadrée et stipule qu’elle doit se faire en continuité des villages et respecter l’équilibre naturel de la montagne.

Le bilan apparaît mitigé. Diverses révisions de la loi ont assoupli certaines mesures, et les rapports ont été trop irréguliers. Cependant le regain est net depuis 2005, et les Conseils qui restaient trop dans un rôle consultatif, se sont plus investis avec l’obligation de rendre des schémas d’aménagement.

La limitation de l’urbanisation tient plus de la conjoncture que du respect de la loi UTN. Seuls deux tiers des projets instruits pour des stations ont été menés à bout. Des extensions comme l’élargissement de domaines skiables et la modernisation des remontées ont eu lieu, et le recours à la neige de culture croissant augmente la consommation en eau et énergie. La concentration économique a donné plus de poids aux grands acteurs historiques.

La situation globale s’est améliorée à tous les niveaux à la montagne. La croissance démographique a repris presque partout dans les années 90. La loi montagne n’a pas fait de conflits entre les acteurs concernés.

 

Critique : Cet ouvrage a l’avantage non négligeable de présenter en plus des textes, des documents clairs, ludiques et variés, ce qui permet une mémorisation plus aisée des données proposées. Le plan est clair est cohérent, et les thématiques variées permettent d’avoir une vision globale de la problématique malgré toute la complexité de la montagne. Cela nous donne une idée assez précise et solide de la situation de ce milieu sur l’ensemble du territoire français. Certaines notions abordées sont assez pointues, notamment d’un point de vue socio-économique ce qui permet de venir compléter un enseignement géographique déjà solide et intéressant.

C’est sûrement ce qui fait la force de ce chapitre qui pêche également. En effet, le grand nombre de données, trop grand en fait, nous fait nous perdre un peu dans tout ce qui est évoqué. Certains aspects notamment celui de l’agriculture mériteraient d’être plus détaillés et on peut regretter que des notions et problèmes ne soient que survolés.

Cependant il n’en reste pas moins qu’apprendre autant de choses en aussi peu de pages est un atout majeur. Ce chapitre s’insère parfaitement dans ce livre actuel, et utile pour comprendre des questions qui se posent dans le monde réel qui est le nôtre. Ce chapitre aide à prendre conscience de l’importance et de la particularité du milieu montagnard en France et de voir que toutes ses caractéristiques propres soulèvent une foule de questions, d’intérêts et de conflits qui s’ancrent dans des données économiques, sociales et biologiques plus actuelles que jamais.

 

Mathilde Ory – Lavollée, H

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Le projet de programme pour Ulm est en ligne

Géographie : Aménager les territoires en France


http://www.ens.fr/IMG/file/concours/2012/programmes_BEL_AL_2013.pdf

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Le Monde, 27/01/2012

Qui a dit que la France rurale était celle des « sans voix »? Dans le Limousin, le tapage des enseignants et élèves du lycée professionnel du Mas-Jambost, à Limoges, a résonné, tout au long du mois de janvier, aux oreilles de la communauté éducative. Cet établissement de ZUP (zone à urbaniser en priorité), spécialisé dans les métiers d’art, notamment la porcelaine, était menacé de fermeture pour la rentrée scolaire 2012.

Aux « AG », aux manifestations, aux opérations de tractage, se sont mêlés les enseignants de l’établissement régional d’enseignement adapté (EREA) de Meymac, en Corrèze, dont la fermeture était programmée pour 2013, et ceux d’autres lycées qui devaient perdre une ou plusieurs filières. Avec le même sentiment partagé de colère et d’incompréhension. « Bien sûr que c’est la crise! Mais nous, justement, on accueille des gamins de 15ans qui sont perdus. On leur fait découvrir des métiers, on essaie de les remotiver, on les emmène jusqu’au bac, voire au BTS, et ça marche! On arrive à les insérer sur le marché de l’emploi!, s’indigne Laurent Lévêque, professeur au Mas-Jambost. A croire qu’on se fiche complètement de la jeunesse et de l’éducation! »

Vendredi 20 janvier, ils ont obtenu gain de cause. Le recteur de l’académie de Limoges, Jean Bertsch, a annoncé qu’il réviserait sa carte des formations, car « les esprits n’étaient pas prêts ». Mais la victoire des enseignants est toute relative. Le recteur a prévenu: ses décisions sont reportées, pas abandonnées. Lundi 30 janvier doit se tenir une table ronde avec les représentants du personnel de Mas-Jambost. M. Bertsch veut leur faire accepter son projet de rassembler, en un « pôle », toutes les formations – du CAP au bac pro– d’un même secteur d’activité. « Le Mas-Jambost est un peu vieillot. Il faut que nous réfléchissions à son rapprochement avec un autre lycée de Limoges, ultra moderne et surdimensionné, pour construire un grand pôle de formation autour des métiers de l’art et de la communication », explique-t-il.

LE LIMOUSIN LA RÉGION LA PLUS TOUCHÉE PAR LES SUPPRESSIONS DE POSTES

Après avoir supprimé 66000 postes dans l’éducation nationale depuis 2007, après avoir diminué le vivier de remplaçants, augmenté la taille des classes… les recteurs ont atteint « l’os » (lire l’article du Monde du 19 décembre). Et n’ont d’autres choix, pour supprimer encore 14 000 postes à la rentrée 2012, que de prendre des mesures structurelles. De « rationnaliser la carte des formations », comme ils le disent. C’est le cas du recteur de Limoges. « L’académie a connu une perte démographique permanente et, de ce fait, le maillage des formations est devenu trop dense, avec des doublons », estime-t-il. Tout l’enjeu pour lui est de supprimer 147 postes dans le second degré à la rentrée prochaine. Ce qui fait du Limousin la région la plus touchée par les suppressions de postes (3,4 % des emplois).

Problème, les lycées sont la propriété des régions. Et pour le président du conseil régional du Limousin, Jean-Paul Denanot, il n’est pas question de fermer des établissements dans lesquels il a beaucoup investi. A la « rationalisation des moyens », M. Denanot oppose une logique d’aménagement du territoire. « Une filière, un établissement qui ferme, cela a des conséquences sur l’ensemble du tissu économique, assure-t-il. On fait tout pour inverser la tendance d’exode rural, on mène des politiques d’accueil pour faciliter l’arrivée de nouvelles populations et on se heurte à l’Etat! » Partout, la préparation de la rentrée 2012 engendre un bras de fer entre l’Etat et les régions. L’Association des régions de France, dans une lettre adressée au ministre Luc Chatel datée du 10 janvier, dénonce le « gâchis financier incompréhensible » que représentent les fermetures de filières ou d’établissements. « Les lycées, peut-on y lire, sacrifiés sur l’autel d’une vision strictement comptable de l’éducation, vont payer un lourd tribut à cette réduction drastique des moyens consacrés à l’enseignement. »

Le ministère de l’éducation nationale avait préparé le terrain. La réforme du lycée professionnel, dont la durée de formation a été réduite de quatre à trois ans – entraînant la perte de 33000 élèves à la rentrée 2012 –, doit permettre de réaliser de belles économies. La réforme du lycée technologique, dont le nombre de spécialités a été réduit, et celle du lycée général instaurant un « tronc commun » entre les trois séries scientifique, littéraire et économique et sociale, permettront également de grappiller quelques postes.

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source : http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/1176803630906/0/fiche___ressourcepedagogique/

N°1 – Territoires 2040, aménager le changement

Revue en ligne de la DATAR :

http://territoires2040.datar.gouv.fr/spip.php?rubrique10&revue=1

Au sommaire :

Avant-propos / Introduction

Les raisons d’une démarche prospective appliquée au territoire national

Premières controverses prospectives

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Par Michel Delberghe avec nos correspondants
Source : LE MONDE
11/08/2010

Extrait :

En 2009, les collectivités ont maintenu les grands projets d’infrastructure au détriment des travaux de proximité. Malgré la crise, les collectivités territoriales continuent d’investir à un rythme soutenu. En 2009, elles ont consacré 44,5 milliards d’euros en dépenses d’équipement et de construction, soit 3,4 milliards de plus qu’en 2008. Pourtant, si l’on en croit le rapport de l’Observatoire des finances locales rendu public le 6 juillet, la part des crédits consacrés par les collectivités aux équipements dans l’ensemble des investissements publics est en recul, de 73 % à 70 %, en un an.

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