photographie de Victor Jacquemont

Présentation

Sur cette photographie prise le 14 août 2012 lors de l’ascension du mont Marcy apparaît une vue panoramique du Parc National des Adirondacks, situé au nord-est de l’Etat de New York aux Etats-Unis, dans le massif des Appalaches. Le paysage est typique de ce que l’on peut observer dans cette zone protégée d’une superficie de 2.5 millions d’hectares : des forêts de pins et de bouleaux s’étendant à perte de vue, une végétation alpestre en voie de disparition et des sommets qui, selon  la légende, ont inspiré l’explorateur français Samuel de Champlain lorsqu’il baptisa l’Etat voisin Vermont.

Les Adirondacks comptent parmi les massifs montagneux les plus anciens du monde, et leur formation géologique date approximativement de 850 millions d’années. Aujourd’hui, l’érosion fait que le sommet le plus élevé du massif, le mont Marcy, culmine à une altitude de 5344 pieds soit 1629 mètres. Les 46 « high peaks » des Adirondacks, qui sont d’une hauteur supérieure à 1200 mètres, font le bonheur des randonneurs du monde entier, non seulement grâce à la beauté à couper le souffle et à la diversité des paysages qu’ils offrent, mais également par le challenge sportif que leur ascension constitue.

L’économie de la région gravite essentiellement autour du tourisme saisonnier et de la sylviculture. Les Jeux Olympiques d’hiver ont notamment eu lieu à Lake Placid, à proximité du lac éponyme, en 1980. Malgré  son statut de zone frontalière avec le Québec et la présence à proximité de nombreux lacs adaptés au transport fluvial, le Parc National des Adirondacks constitue un obstacle aux échanges commerciaux transfrontaliers qui empêche le comté d’Essex voisin de jouir des avantages et du dynamisme économique propres aux autres interfaces Etats Unis/Canada, comme par exemple la région des Grands Lacs située à l’ouest de la chaîne des Appalaches.

 

Description

Ce qui est intéressant, c’est que cette photographie est constituée de trois plans distincts, chacun illustrant une caractéristique singulière de cette réserve naturelle.

Au premier plan, on aperçoit nettement des conifères de type arctique, fréquemment rencontrés dans la chaîne alpine et près du cercle polaire, qui ont été réintroduits au cours des années 80 dans le cadre d’une campagne de sauvegarde de la flore endémique menacée d’extinction. Il est intéressant de constater que plus nous progressons vers le sommet, où la température dépasse rarement les 15°C, plus la part de végétation alpestre augmente dans le paysage. A une altitude d’environ 1000m, où la photo a été prise, cette flore en voie de disparition se fait rare.

Au deuxième plan,  on aperçoit  l’immense hêtraie sapinière, d’une superficie de 9300 km2, qui occupe environ 40% de la surface totale de la réserve forestière. Le relief accidenté et le faible volume de précipitations  (1.2m/an en moyenne) ont  fait de la réserve une zone particulièrement sauvage, dépeuplée et rustique. La protection de cette réserve forestière exceptionnelle fut même incluse dans la Constitution de l’État de New York qui la déclara « sauvage pour toujours ».

Enfin, au troisième plan, on distingue facilement plusieurs des « high peaks » qui font la renommée du massif des Adirondacks : Dix, Gothics, Armstrong, Giants et Algonquin entre autres. Y vit une faune diverse et nombreuse, qui comprend notamment des ours noirs dont la présence impose au randonneur le respect de certaines règles nécessaires à la préservation des niches écologiques de l’espèce.

 

Intérêt géographique

J’ai choisi cette photographie principalement pour deux raisons.

Premièrement, l’impression de sérénité et la douceur qui se dégage du paysage représenté  est très impressionnante. C’est un paysage sauvage qui ne porte aucune trace du passage de l’homme, ce qui est plutôt rare à notre époque où l’on tend à aménager et à exploiter la nature qui nous entoure pour tirer profit de ses ressources naturelles. Ce panorama invite à la découverte de la région tous les amoureux de la nature, ou tout simplement ceux qui souhaitent se ressourcer loin du tumulte urbain.

Deuxièmement, cette photographie illustre bien à quel point le massif des Adirondacks diffère des chaînes de montagnes françaises que nous connaissons. Elle souligne notamment le contraste qui existe avec les Vosges et le Jura notamment, dont la hauteur et l’âge sont pourtant comparables à celle des Adirondacks.  De par sa faune, sa flore, son relief et son climat, le massif des Adirondacks présente finalement plus de points communs avec les Alpes ou les Pyrénées, chaînes de montagnes pourtant bien plus élevées et récentes à l’échelle de la Terre. Je trouve cela intéressant car la comparaison ne viendrait probablement pas spontanément à l’esprit d’une personne n’ayant jamais contemplé cette réserve naturelle de ses propres yeux.

 

Victor Jacquemont

HK BL’ 2013

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