Photographie de Guillem Picot

Localisation

Cette photographie a été prise depuis un chemin bordant la dite « route du roi ». En réalité petite route de traverse, menant d’Argelès-sur-Mer à Sorède,  villages des Pyrénées-Orientales (66) situés à l’extrême sud de la France.

Description et intérêt géographique

Au premier plan, on peut observer des cépages, composante du vignoble catalan typique des côtes roussillonnaises, qui serviront à la production de « muscat de Rivesaltes », un vin doux naturel apprécié pour sa légèreté et ses arômes de raisin frais. Il est depuis 1956 protégé par une « Appellation d’origine contrôlée ». La production viticole est un des pôles économiques majeurs pour le département. En effet, outre de prestigieuses appellations de vins doux naturels tels que ; Banyuls, Rivesaltes ou Maury, le département produit aussi quelques vins secs dont l’appellation la plus renommée est sans doute celle de Collioure.

Au second plan, on aperçoit Sorède : sa forêt de chênes et de châtaigniers et les faîtes rougeoyants de ses maisons. Sorède est un paisible village de moins de trois mille habitants. Fait courant dans les Albères, le village couvre plaines et montagnes puisqu’il s’étend sur près de 6000 hectares de surface allant de 120 à 1257 mètres d’altitude. On pourra remarquer que Sorède fut le premier village des Pyrénées Orientales à accueillir un four solaire en 1900. Celui du scientifique portugais Manuel Antonio Gomes, surnommé « Padre Himalaya ». L’expérience témoignera de l’ensoleillement exceptionnel du département au climat méditerranéen.

Enfin, on peut admirer le soleil se couchant près du « Canigou » (étymologiquement « le mont des monts »). Plus haut sommet du massif du même nom, il culmine à 2780 mètres d’altitude. Son sommet et lui sont désormais classés parmi les « Grands sites de France » au même titre qu’Alésia ou que le Mont Ventoux. Le pic est connu des randonneurs empruntant le GR10 (principal sentier de grande randonnée des Pyrénées, qui conduit les hommes de l’océan Atlantique à la mer Méditerranée à travers les crêtes pyrénéennes). Son ascension est récompensée par un panorama exceptionnel. En effet depuis le sommet, près de l’emblématique croix en fer forgé portée jusque-là par les scouts Notre Dame la Real lors de la Seconde Guerre Mondiale, on peut se réjouir du spectacle que nous offre la vue  sur la plaine du Roussillon. On peut même, quand les conditions météorologiques le permettent, porter notre regard jusqu’à Barcelone, capitale économique de l’Espagne mais pour ses habitants, avant toute chose, Capitale de la Catalogne.

Interprétation

J’ai choisi cette photographie pour tenter de rendre au département de mon enfance toutes ses richesses.

Tout d’abord, cette photographie rend compte d’une face moins connue de la côte méditerranéenne, de la côte roussillonnaise ici. En effet, appréciée pour ses plages, ses stations balnéaires comme Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien ou Canet en Roussillon, on oublie souvent son « arrière-pays », ses montagnes luxuriantes et son terroir singulier. Ainsi cette photographie, tente de prouver qu’à moins de cinq minutes de la côte une culture est à découvrir.

En premier lieu, grâce à son parterre de vignes, la photographie veut mettre en avant le rôle primordial de l’agriculture dans la vie régionale. En effet, le climat clément des plaines roussillonnaises de Rivesaltes ou de Céret, comme des flancs escarpés colliourencques ou banyulencques, permet la culture de vignobles, de pêchers, d’abricotiers ou de cerisiers. Les vergers et vignobles se font alors paysages du quotidien languedocien.

De plus, la photographie tend à rappeler l’importance de ces petits villages. Ces derniers accueillent nombre de petits exploitants et de coopératives agricoles qui font vivre le département une fois la saison estivale terminée. Ils sont par ailleurs l’antre d’une culture que nous partageons avec une majorité d’Espagnols, la culture catalane.

Pour finir, l’ombre du Canigou, en arrière-plan, cherche à montrer aux spectateurs l’importance de ce géant visible depuis chaque coin du département. Il est un des symboles de la « catalanité » pour nombre de Catalans du nord (Catalans de France) au même titre que le « burro  català » (âne catalan) ou que le drapeau sang et or. Il est le symbole d’une identité régionale forte que chaque habitant de la plaine ou des monts voit chaque jour à sa fenêtre ou lors de ses promenades.

Picot Guillem, HK

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