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Fiche de lecture sur Armand Frémont, Aimez-vous la géographie ?, Flammarion, 2001, p.77 à 90.

Introduction :

« Les espaces vécus » est le chapitre 5 d’Aimez-vous la géographie ? d’Armand Frémont. Ce livre a été publié en 2001 chez Flammarion. L’auteur est un géographe français né en 1933, surtout connu pour être à l’origine de la notion d’ « espace vécu ». Normalien, agrégé de géographie, docteur ès Lettres et ès Sciences Humaines, il a été professeur, puis directeur du CNRS pour les sciences humaines et sociales, directeur de la programmation et de développement universitaire au ministère de l’Éducation et président du conseil scientifique de la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale, DATAR.

 

Résumé et articulation des idées :

     Le chapitre tend à montrer l’apport des sciences sociales, la psychologie sociale, l’anthropologie, la sociologie, l’histoire, l’économie etc., à la géographie et notamment à la notion d’espace.

     Cette notion doit en effet être précisée, comme celle de distance : les distances sont universellement mesurables objectivement, mais elles prennent différents sens selon le temps qu’on met pour les parcourir, ou l’affection qu’on porte à l’endroit duquel elles nous séparent.

     De même le géographe s’intéresse peu, d’ordinaire, à la façon dont l’espace de vie est construit et défini par les acteurs, extrêmement variés puisqu’ils regroupent tous les humains. C’est une erreur !

 

     Aussi les variations personnelles influent-elles sur cette notion d’espace vécu. Quatre facteurs sont déterminants :

l’âge.

Si l’espace du nourrisson se confond avec le corps de sa mère, celui de l’adulte peut changer à plusieurs reprises (lieu de travail, de vacances…), pour ensuite se rétracter à la vieillesse.

le sexe.

La femme dans les sociétés islamisées vit plutôt à l’intérieur, avec la cour fermée, tandis que l’homme est plus tourné vers l’extérieur, les amis, les affaires.

les classes sociales.

« La richesse est à la fois financière et culturelle » : le milliardaire pourra prendre son jet privé plusieurs fois par jour pour parcourir le monde, tandis que le SDF se limite souvent à la station de métro où il a établi sa résidence.

la culture.

Les sociétés paysannes sont dans une culture de stabilité voire d’enracinement ; la culture des commerçants porte à la mobilité. Selon les cultures, la perception de fleuve n’est nullement la même.

 

     Mais il ne faut pas s’en tenir aux espaces vécus. Une autre question se pose, celle du sujet et de l’objet. Les hommes ont-ils la géographie de leurs perceptions, ou existe-t-il une géographie qui transcenderait l’univers de chacun ?

     Maurice Godelier distingue idéel et matériel, qui participent tous deux de la géographie. Le matériel, c’est les découvertes factuelles depuis celle de la rotondité de la terre, qu’on ne peut remettre en cause. L’idéel, c’est l’espace que chacun se construit, s’approprie, se représente, s’imagine… Ressent.

     Il faut alors analyser les relations entre les sujets qui animent de leur espace vécu l’espace en général. Trois types d’espace se distinguent :

les espaces de la stabilité.

Ils sont les lieux que les hommes ont fixés sur le long terme et habitent depuis longtemps, comme le bassin méditerranéen. Ce sont ceux que la géographie classique étudie le plus.

les espaces de la mobilité.

Ils correspondent aux territoires contemporains, et à la nouvelle modernité permanente des individus. Exemple de la grande ville, attractive pour les travailleurs qui viennent ponctuellement y travailler.

les espaces de la marginalité.

Ils regroupent les nomades, les Eskimos, les vagabonds… Si on a longtemps pensé qu’ils tenaient une place anecdotique dans la géographie d’un monde maîtrisé, on s’aperçoit que ce n’est pas le cas : réfugiés, migrants obligés, mafias et narcotrafiquants sont parfois ceux qui dominent le monde.

 

Avis personnel :

Ce chapitre étant extrait d’un livre plutôt récent (2001), il me semble qu’il est encore tout à fait d’actualité. D’autant plus que, plutôt que d’apporter des réponses définitives, il pose les jalons d’une réflexion nouvelle, livrant aux nouveaux géographes des pistes pour leur enquête. Mais avant tout, ce qui me paraît intéressant et astucieux dans ce livre d’Armand Frémont, c’est qu’il rend les questions géographiques accessibles à tous, et parfois même presque ludiques, notamment dans une référence qu’il fait à Madame Bovary de Flaubert. Il mêle roman palpitant et problèmes géographiques très précis, ce qui est à mon avis une excellente façon d’intéresser les plus jeunes à la géographie, souvent mal aimée comme semble l’indiquer le titre de l’ouvrage.

 

 

Béatrice de La Rochefoucauld

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PREMIER SEMESTRE

 

 

2 septembre

 

1

9 septembre

 

2

16 septembre

 

POPULATION, RESEAUX ET MOBILITES

3

23 septembre

J. Lévy. La carte, enjeu contemporain. La Documentation Photographique, N°8036. 2003. 16 pages.

http://sciences-po.macrocosme.net/lectures/LevyCarteEnjeu.pdf

 

4

30 septembre

Populations et Sociétés, N°408, janvier 2005. 4 pages.

Populations et Sociétés, N°443, mars 2008. 4 pages.

fichier disponible en pdf sur le site de l’INED

 

5

7 octobre

Raffaele Poli. Migrations de footballeurs et mondialisation : du système-monde aux réseaux sociaux. Mappemonde, N°88. Avril 2007. 12 pages.

http://mappemonde.mgm.fr/num16/articles/art07401.html

 

6

14 octobre

Olivier Dollfus, « Le Monde en ses réseaux« , in R. Brunet (dir.), Géographie Universelle, t.1, « Mondes Nouveaux », Paris, Hachette/Reclus, 1990, p. 402-415.

 

7

21 octobre

 

 

 

28 octobre

 

 

4 novembre

 

 

11 novembre

 

8

18 novembre

 

 

9

25 novembre

Armand Frémont. Aimez-vous la géographie ? Flammarion, 2001. p 77 à 90. Ouvrage disponible au CDI du lycée

 

10

2 décembre

Olivier Dollfus, « Le monde dans ses lieux », in La mondialisation, Paris, PFNSP, 1997, p. 21-36.

 

11

9 décembre

http://www.mgm.fr/PUB/Mappemonde/Mappe489R.html

Sylvie ADAM, Yves GUERMOND. Des hexagones dans l’Hexagone. 4 pages. Mappemonde, 1989.

Marie-Claire ROBIC. Sur les formes de l’Hexagone. 6 pages. Mappemonde, 1989.

 

12

16 décembre

 

 

23 décembre

 

 

30 décembre

 

13

6 janvier

 

 

14

13 janvier

Guy Di Méo. Les métropoles des pays développés, in Bailly, Ferras, Pumain. Encyclopédie de la géographie, 1992. P 697-712.

 

15

20 janvier

Pierre Veltz. La grande transition. La France dans le monde qui vient. Seuil, 2008. Page 12 à 22.

 

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