• Description:

Au premier plan se tiennent des personnes, de dos, partagées en deux grands groupes (de huit et sept personnes) séparés par un panneau de signalisation (vu de profil). Ces personnes se tiennent sur un parvis pavé entouré de routes goudronnées. La route goudronnée principale fait comme une séparation (sur le bas de la photographie) en isolant d’un côté (le côté droit) des bâtiments à l’architecture plutôt ancienne (peut-être une mairie notamment), et de l’autre côté (à gauche) des bâtiments qui paraissent plus modernes (l’immeuble UNIMAG et la maison aux couleurs vives). De part et d’autre de cette rue, on peut observer des voitures. Sur le haut de la photographie, la route n’est plus visible. On peut observer un groupe de maisons dont l’une est en feu (on peut, même si les flammes ne sont visibles, voir la fumée qui s’en échappe).

  • Analyse:

Dans cette photographie, Raymond Depardon immortalise un événement (l’incendie de la maison), ce qui fait écho à son passé de photographe reporter. Cette photographie met en avant plusieurs éléments.

Elle souligne, tout d’abord, une confrontation entre la France traditionnelle et la France moderne, comme cela est visible par la répartition des bâtiments modernes à gauche et plus anciens à droite (l’immeuble UNIMAG faisant face à ce qui semble être la mairie). Cette représentation de toutes les France (traditionnelle et moderne) est visible également dans le groupe de personnes : toutes les générations y sont en effet réunies. Enfin, elle est visible dans le sol même, par la distinction entre pavés et goudron.

Le deuxième élément mis en valeur dans cette photographie  est la confrontation entre l’homme et la nature. La domination de l’homme sur la nature est visible par les pots de fleurs (les plantes sont non plus sauvages mais domestiquées) ; la fontaine (l’eau est maîtrisée). Cependant, la nature reprend ses droits avec le feu (élément naturel) qui détruit l’habitation humaine. L’homme ne maîtrise donc pas totalement la nature. Une dernière opposition est visible entre d’une part le feu (non maîtrisé) et d’autre part l’eau (de la fontaine: maîtrisée).

  • Justification du choix de la photographie:

Cette photographie a plus particulièrement attiré mon attention car elle différait beaucoup des autres photographies de l’exposition.

Cette différence était marquée d’une part par l’aspect évènementiel de l’image : alors que les autres clichés représentaient plutôt des paysages, calmes, ou des éléments de la vie quotidienne a priori non notables (enseignes de boutiques, etc.), cette photographie marque par son aspect plus « photo choc », prise dans l’action.

D’autre part, la présence d’êtres humains était marquée sur cette photographie alors que les autres clichés en étaient pour la plupart dépourvus.

Enfin, par sa représentation des France, de l’homme et de la nature, elle m’a paru intéressante sur le plan géographique.

© Camille Le Nen, HK AL

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  • Description

Au premier plan, trois personnes de dos, dont le corps ne rentre pas entièrement dans le cadre de la photo. Puis, deux groupes de personnes, toujours de dos, séparés par un panneau de signalisation de profil. Ces personnes se tiennent sur un parvis en pavés, à côté d’une route goudronnée où passent plusieurs voitures. A gauche se dresse un bâtiment plutôt moderne portant l’enseigne « unimag » ; à droite, l’hôtel de ville. À l’arrière-plan, on voit le village avec des maisons anciennes et modernes qui coexistent. L’une des maisons, en hauteur, est en flammes : c’est ce que regardent les personnes de dos. Le village est surplombé d’un bois.

  • Intérêts de cette photo

Nous avons choisi cette photo pour le fort caractère symbolique que nous y voyions :

  • –          La prise en photo d’un « événement choc » tel que l’incendie nous rappelle le passé de Depardon en tant que reporter.
  • –          Le fait que les gens soient de dos, c’est-à-dire anonymes, et que certains d’entre eux soient flous montre la recherche d’authenticité de Depardon lors de son travail.
  • –          La photo repose sur un jeu omniprésent d’oppositions : le village dans la forêt évoque l’action de l’homme dans la nature. L’homme peut même aller jusqu’à maîtriser cette nature, comme le montre la fontaine près de l’hôtel de ville, en opposition au feu, symbolisant la nature reprenant ses droits. La route neuve en opposition aux pavés, les bâtiments modernes en opposition aux anciens, le groupe de personnes de tous âges et de toutes morphologies rappellent, eux, une opposition entre deux France : celle du village et celle de l’urbanisation.

Margot Grellier (avec Camille Le Nen), HK A/L.

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Quand on tape Criel-plage sur google image, ce sont des photos de la plage de galets ou des impressionnantes falaises qui s’ affichent et non celle d’un homme lavant la piscine de la petite commune.

Ainsi, cette photo impressionne par sa grandeur, ses couleurs mais aussi son réalisme. En effet Depardon a figé dans le temps une scène de la vie estivale, dont nous sommes certes tous témoins mais surtout indifférents. Aucun autre personnage n’apparait sur la photo : les vacanciers ne sont pas encore présents car l’heure est sans doute très matinale.; seul l’homme au travail est présent  sur la plage.

Dans quel But Depardon nous intègre-t-il  dans cette France que finalement nous connaissons peu ?

Cette photo prise à Criel Plage en Seine Maritime, représente un moment banal de la saison estivale. Un homme en tenue de travail, nettoie la piscine en bord de plage. Cette photo fige l’ instantanéité du derrière de la scène. Le paysage naturel se devine au loin. Il reste en arrière plan. Celui-ci semble inaccessible, étouffé par les infrastructures .

Et même le talus qui se devine au centre droit n’a rien de naturel.

En revanche, au premier plan, c’est un paysage artificiel qui apparaît. Aux petite cabines  de plage du début du XX é siècle, ce sont rajoutés, une piscine, un parc pour enfants entouré de grillage, des bancs et même la poubelle fait parti du cliché.

L’ homme aménage le territoire. La petite plage de Criel est devenue à son échelle un centre attractif et touristique.

Depardon a donc voulu montrer l’empreinte de l’ homme sur le paysage français. Il constate la littoralisation de l’espace, c’est-à-dire la concentration des hommes et des activités sur les littoraux. Il s’en suit donc l’aménagement du territoire tel que la construction d’une piscine ici par exemple, pour attirer les foules. Depardon nous transporte ici dans une scène du quotidien de la saison estivale, de notre société qui se modifie et exploite de plus en plus les littoraux.

Simple constatation ou dénonciation de l’empreinte de l’ homme sur la nature ?

© Murielle Piton, HK AL

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http://www.lefigaro.fr/medias/2010/09/27/8803cc36-ca16-11df-8901-6fbd366f32cb.jpg

Description:

Cette photo représente un paysage rural et se divise en trois plans:

  • Premier plan: une route départementale est longée par un fil électrique, ce qui donne une certaine harmonie géométrique au paysage. Il y a aussi un panneau de signalisation. Ces éléments rappellent la présence de l´homme, malgré son absence physique.
  • Deuxième plan: on y voit un paysage de campagne (et plus précisément de l´open-field, mais qui n´est pas encore en culture). Cette campagne, bien que peu exploitée,  est néanmoins aménagée par l´homme. Ainsi la présence d´une route et d´un sentier, d´une camionnette (inoccupée) témoigne des activités humaines. Un poteau électrique structure le paysage, on a l´impression que la nature est découpée par les infrastructures mises en place par l´homme. Il y a peu d´activité humaine, mais la présence de bétail en est la marque.
  • Troisième plan: une forêt trace la ligne d´horizon. Elle semble être parfaitement coupée, ce qui est sans doute la marque d´une déforestation ancienne, et donc, là encore, de la présence de l´homme qui aménage le territoire qu´il habite.

Il y a comme une géométrisation de cet espace, rendue par la verticalité du poteau et l´horizontalité de la forêt; le tout étant traversé par la diagonale du sentier.

Intérêt:

Il n´y pas d´être humain sur la photo, mais sa présence se donne à voir. Ainsi, on est bien loin d´une nature rebelle qui pousse dans tous les sens. Ici, l´homme l´a totalement domptée, l´herbe et la forêt sont parfaitement coupées. De même, le sentier, le poteau électrique et le panneau de signalisation illustrent sa domination sur la nature. Cette dernière est organisée par et pour l´homme, en fonction de ses besoins.

Le vert est la couleur prédominante de ce paysage, notons aussi le rôle du poteau électrique qui au-delà de structurer le paysage, n´est pas sans rappeler les cyprès ayant la même fonction dans la peinture de Van Gogh. La présence de l´homme est passée par là et a transformé l´arbre en conducteur d´électricité…

© Mark Moulines et Thibaud Ruellan, HK/AL

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Cette image a été prise par Raymond Depardon au cours du tour de France qu’il a réalisé en 2004, pour réunir une collection de photographies qui reflèteraient l’ensemble du territoire français, ses régions, ses pays, et l’emprise, positive où négative, de l’homme sur ce territoire. La photo ci-dessus a été prise dans le Nord-Pas-de-Calais, à Berck-Plage. On y voit une foule éparpillée sur une plage, probablement pour regarder ou participer à un concours de cerf-volants. En effet, dans cette ville de la côte d’opale, ont lieu chaque année les rencontres internationales du cerf-volant.

L’aspect le plus frappant de cette image est le contraste  entre une foule humaine grouillante qui envahit l’espace, le peuple et y introduit du mouvement, par opposition au calme plat, à la sérénité des éléments, représentés par la mer, dont l’horizon divise nettement la photo en deux parties, le sable et le ciel. Il semble que le territoire soit demeuré à l’état sauvage, que la présence humaine n’y est que ponctuelle, qu’elle puisse en être balayée par un simple coup de vent.

Si les autres photos de l’exposition semblent vouloir montrer la domination de l’homme sur la nature, celle-ci au contraire révèle la faiblesse de l’homme par rapport à la nature. Souvent sur les photos de Depardon, l’homme semble avoir définitivement imprimé sa marque sur la nature par exemple par la construction de routes, de ports, de villes, d’usines… Ici l’homme prend une place qui lui semble mieux proportionnée, à savoir que la nature semble apprivoisée plutôt que dominée. En effet Depardon a exprimé le but de son tour de France, et de ses photographies, à savoir d’ « observer les traces de la présence de l’homme qui par son intervention au fur et à mesure de l’histoire a modifié le territoire ».

On remarque aussi sur cette photo le jeu des couleurs : celles-ci caractérisent la présence de l’homme puisque le ciel, la mer et le sable sont de couleurs unies, alors que la foule humaine et l’ensemble des cerf-volants sont bigarrés. On s’attendrait plutôt à ce que Depardon ait photographié en noir et blanc, comme lui même en avait a priori l’intention, mais à Berck-plage, dit-il «  je ne sais pas si c’est la lumière douce sans contraste, les couleurs criardes de ces cafés, en tout cas ma décision était prise, j’optais à 100% pour la couleur ».

La présence humaine sur cette photo se caractérise par le mouvement, le grouillement même, et la couleur.

On peut interpréter l’exposition de photos de Depardon comme un rappel de ce qu’est la France : à savoir tout un territoire, et pas seulement Paris comme on a facilement tendance à le croire. On peut voir cette exposition comme une opposition à cette expression de JF Gravier qui décrit la France comme « Paris et le désert français » .

Camille Gindre, HK AL

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