Triste nouvelle annoncée ce matin par les Cafés géo :

Les cafés-géo viennent de perdre un de leurs meilleurs amis et son
membre le plus actif du comité de rédaction.
Cassandre, alias Pierre Gentelle, nous a quitté ce 4 octobre.

Il laisse derrière lui une passion pour la rencontre, un goût pour le
débat, une énergie débordante, et une envie furieuse d’être le poil à
gratter de la géographie.
Ses obsèques auront lieu au cimetière de Saint-Ouen jeudi à partir de 15h15.
Tu vas nous manquer, Pierre !

Le comité de rédaction

A propos de

Pierre Gentelle

Mon vieux copain, le géographe Pierre Gentelle est mort hier à 77 ans. Ce grand spécialiste de la Chine était un ancien élève du Prytanée national militaire de La Flèche. Agrégé de géographie en 1959, étudiant aux Langues O, il part parfaire son chinois à l’Université de Pékin dont il finit par être explusé pour des raisons politiques. Paralèllement à sa passion pour la Chine, il s’intéresse à l’Asie centrale – en particulier à l’archéologie de cette région, avec une équipe de Normale sup. Directeur de recherche émérite au CNRS, ce grand voyageur dirigeait la collection Asie plurielle chez Belin. Il était également l’auteur de nombreux livres de cours sur l’Asie. La géographie française perd l’une de leurs personnalités marquantes et beaucoup, géographes ou non, un ami.

Pierre était un homme joyeux, la parfaite antithèse de l’austérité universitaire. Il pouvait faire rouler sous la table ses commensaux lorsqu’il racontait ses aventures féminines à l’Université de Pékin. Homme de gauche, mais sans chapelle, Pierre Gentelle gardait de sa longue scolarité au Prytanée une image contrastée des militaires : un vieux fond d’antimilitarisme mâtiné d’un intérêt pour ce monde dont il s’était éloigné mais sur lequel il ne manquait pas de m’interroger.

Pierre Gentelle tenait une chronique (les lettres de Cassandre) sur le site internet des Cafés géographiques, animés par Gilles Fumey.

Lire la suite sur

http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2010/10/le-g%C3%A9ographe-pierre-gentelle-est-mort.html

Lire l’hommage de Gilles Fumey à son vieux copain :

http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2032

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Dans les kiosques, une jolie revue géo offre au grand public un hors-série sur les chats (les matous, pas les tchates sur internet). Peut-on faire la géo des chats ? Un atlas des chats, chez Autrement ? En 2011, un festival à Saint-Dié sur les chats ? Essayons ces deux hypothèses.

Un atlas. On est loin du temps où Xavier de Planhol effrayait ses collègues lors d’une séance à l’Institut de géographie sur les « chiens de prairie en Turquie ». Le géographe a persisté et signé trente ans plus tard, un Paysage animal (Fayard) « remarquable en tous points » selon le directeur du Muséum d’histoire naturelle de Paris. Qu’ont laissé les géographes qui s’étaient pincé le nez ? On cherche toujours. Alors, cet atlas ? D’abord l’histoire : les migrations des félins depuis le Proche-Orient avant la conquête de la terre entière par l’escorte de moines, marins, colons européens dont ils protègent les réserves. Les félins qu’on appelle des chats depuis le IVe siècle sont tout même, selon les démochats, 400 millions sur la planète, dont 70 aux Etats-Unis, 10,7 en France. Les chats sachant chasser les rongeurs sont partout chez eux : en Afrique, en Inde, en Russie, en Chine, la revue nous les montre dans toutes les positions lascives, bondissantes, jouant les pachas, les statues, les stars, les dieux. Au Japon, les maneki-neko ont quitté les geishas pour les commerces de touristes et les temples shinto. A Tahiti, Gauguin en a immortalisé sur ses toiles, tout comme Klee, Warhol, Steinlen et bien d’autres.

Lire la suite sur le site des Cafés géographiques

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- Parce que vous pensez que le Tatar est un steak haché cru mélangé à un jaune d’oeuf, du ketchup et des p’tits cornichons.

- Parce que vous pensez que les Moluques sont des sortes d’animaux invertébrés à corps mou comme l’escargot, l’huître ou le poulpe.

- Parce que vous pensez que le Grand Nafoud est un mec qui fait la loi dans sa cité de Vaulx-en-Velin près de Lyon.

- Parce que vous pensez que la Frolinat est une entreprise de déménagement et le Sentier Lumineux une boutique de luminaires du 2ème arrondissement.

- Parce que vous pensez que le Soussou est forcément dans la popoche et que Machu Picchu est le p’tit copain de Pikachu.

- Parce que vous pensez qu’Izmir est une marque de lessive, Kingston une marque de cigarettes et la Voïvodine des pastilles à sucer contre la toux.

- Parce que vous pensez que le golfe du Saint-Laurent, c’est pas fait pour vous mais pour des sportifs qui portent du Lacoste.

- Parce que vous pensez que le peuple bobo ne peut être que bourgeois-bohème.

- Parce que vous pensez qu’Emilie-Romagne est une de vos anciennes copines de classe et Alice Springs une actrice de série B américaine.

- Parce que vous pensez qu’Accra est un p’tit beignet à la morue et Anvers une station de métro.

- Parce que vous pensez que Goa c’est assurément trance et psychedelic techno.

- Parce que vous pensez qu’Ushuaia est un gel douche à la sève d’agave du Yucatan et la Mésopotamie une maladie honteuse.

- Parce que vous pensez que Salvador est un chanteur octogénaire très tendance et Orlando le frère de Dalida.

- Parce que vous pensez que le Somaliland se trouve entre Jardiland et Jouetland.

- Parce que vous pensez que le Bénin est un truc sans importance.

- Parce que le « pays des fromages qui puent » c’est bien mais ce qu’il y a autour, c’est pas mal non plus.

- Parce que vous êtes nul en géographie (mais moins nul que vous ne pourriez le prétendre en lisant le navet de J.-J. Julaud, La géographie pour les nuls) et aussi mauvais en géopolitique et que vous en avez honte.

- Parce que vous voulez changer tout ça, venez vous cultiver au Café géo.

Mathieu Ponnard

Article publié dans Les Inrockuptibles en janvier 2003.

Lire la suite  sur le site des cafés géo le texte de Gilles Fumey à propos d’une publicité BMW :

http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=1935

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geo

Vianney Huguenot (dir.) et Georges Roques (coor.) La GEOgraphie, quelle Histoire ? Les grands témoins racontent le Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges. Gérard Louis éditeur, 2009. 174 pages.

Voilà vingt ans que le FIG existe. C’est pour fêter cet anniversaire qu’un ensemble d’acteurs publics (Ville de Saint-Dié, Région Lorraine) et privés ont confié à Gérard Louis éditeur le soin de publier un album souvenir dirigé par Vianney Huguenot et par Georges Roques. C’est un beau livre qui nous est offert : grand format, illustrations en couleurs, sans oublier la reproduction de la célèbre carte de Martin Waldseemüller, père de la dénomination America (1507, gymnase vosgien de Saint-Dié). Le feuilleter est un grand plaisir pour ceux et celles qui ont fréquenté de manière assidue les rues de cette petite ville dédiée chaque année à la géographie pendant 4 jours. Au-delà des photographies de personnalités invitées au fil de ces 20 années, on se prend à chercher des têtes connues ou bien encore la sienne dans les photographies du public. Comme Le Quotidien du FIG, quatre pages qui paraît 4 jours dans l’année pendant le festival et dont la lecture est très courue chez les festivaliers (pour notamment rendre compte de l’actualité et les bons plans à ne pas manquer), La GEOgraphie, quelle Histoire ! est tel un album de famille (celle des géographes) dans lequel on aime à se plonger pour revivre de bons moments.

Ce livre va bien au-delà du plaisir de regarder les illustrations. Plus de 50 auteurs ont contribué au texte. Vianney Huguenot, directeur de la promotion de la Ville de Saint-Dié-des-Vosges, a dirigé l’ensemble. Mais, il revient à Georges Roques, géographe montpelliérain (IUFM et Montpellier III) d’avoir coordonné les productions des géographes auteurs et notamment veillé à diversifier ces productions afin que les redites soient minimales. Le but double de ces contributions était aussi, par le biais du récit de cette grande aventure, de rendre compte des évolutions qu’a connu la géographie en 20 années : rôle croissant des SIG et des géographes au sein des collectivités territoriales, alors que le nombre de géographes dans l’enseignement secondaire décroît inexorablement, rôle crucial joué par l’inspection générale pour rendre accessible le FIG (plan de pilotage national) et ses actes (mise en ligne)… sans compter la diffusion de la géographie, y compris dans des lieux incongrus, tels les Cafés.

Deux personnes tiennent une place à part dans cet ouvrage : Christian Pierret (le président-fondateur du FIG, maire de Saint-Dié-des-Vosges, ancien ministre) et Jean-Robert Pitte (le géographe de « la bonne bouffe » et président de l’ADFIG – association pour le développement du FIG-). La passion de tous deux pour la bonne chair se retrouve sur des photographies où ces deux vedettes, toquées, se prêtent au jeu des leçons culinaires qui sont données parallèlement aux conférences de géographie dans le cadre du Salon de la Gastronomie. Car, ce qu’il faut bien comprendre dans ce bilan de vingt années, c’est que mettre sur pied en 1989 un Festival International de Géographie, cela n’avait rien d’évident dans une petite ville de l’est de la France, en carence de notoriété. Loin de devenir le « Davos de la géographie », le FIG est désormais une grande fête ouverte à tous et à tous les domaines et qui attire 50 000 visiteurs chaque année. La genèse de l’évènement est racontée avec force témoignages élogieux, voire attendrissants. Mais, ce n’est pas pour autant une hagiographie du FIG (même si Armand Frémont parle de « miracle »). La mauvaise réception de la première édition par les journalistes parisiens n’est pas éludée comme le peu d’engouement rencontré par Christian Pierret à l’énonciation de son idée d’organiser un Festival de géographie. Désormais, Saint-Dié est un « repère (repaire ?) pour les géographes » (Bernard Debarbieux). C’est aussi un matériau d’une étude de cas. Car, ici, s’est joué un acte de l’aménagement des territoires, grâce à de multiples acteurs : géographes, politiques, médias. Mis sur pied grâce à une aide accordée par le FEDER, la ville doit se passer, depuis 2005, de cette subvention non négligeable (34% du budget du FIG en 2003). Elle a du pour cela se tourner vers le mécénat public et privé. Car, le festival est bien plus que la réunion annuelle de géographes autour d’un thème choisi, il est à la fois un enjeu identitaire, un outil de développement, un vecteur d’ouverture culturelle et un facteur d’animation locale.

Aujourd’hui, le FIG est victime de son succès (manque de salles et de places) comme le rappelle Laurent Carroué (directeur scientifique du FIG de 2002 à 2008). Il faut désormais réfléchir à la mise en œuvre d’une nouvelle logistique pour accueillir le flot des festivaliers. L’exercice de prospective, auquel se sont prêtés quelques auteurs dans la dernière partie de l’ouvrage, clôture le volume sur une note d’humour et d’ « optimisme » ( ?). Le FIG et Saint-Dié en 2029, cela donne une ville de deux millions d’habitants dotée d’un stade olympique Christian Pierret (les Jo y ont eu lieu en 2028), une cité de la Géographie (présentant tous les équipements nécessaires à l’accueil des festivaliers), un aéroport international (Vautrin Lud), un vaste complexe balnéaire aux bords de la Meurthe (Saint-Dié Beach) mais aussi un vaste vignoble qui a remplacé une partie des forêts, sous l’effet du réchauffement climatique. Par ailleurs, la ville a changé de statut. Elle est devenue Capitale de l’Europe, organisation à la tête de laquelle se trouve un président géographe. Le discours de clôture du 40ème FIG, par Christian Pierret, s’achève sur cette phrase : « L’humanité peut être rassurée. La survie de la planète est aux mains – et aux têtes – des géographes… » Alors, pour sûr, je suis impatiente de vivre cela !

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Dernière brève de comptoirs des Cafés Géo : étudiants en géographie, un fabuleux destin ? ou l’histoire d’un ancien étudiant en géographie qui a choisi de composer les paniers d’Amap dans un rayon de 150 km maximum autour de Castelnaudary.

Encore une manière de faire de la géographie !

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