Photographie d’Harold Ramonatxo

 La photo a été prise à notre arrivée en péniche sur la berge du lac Tonlé Sap, communément traduit par « grand lac ». Avant de débarquer pour suivre le chemin de Siem Reap, capitale de la province du même nom située au Nord du pays et à quelques centaines de kilomètres de Phnom Penh, nous avons suivi le cours de l’un des affluents du Tonlé Sap, et cette croisière miniature nous a présenté nombre de ces demeures précaires qui, par leurs structures toutes en matériaux de récupérations, ne sont pas sans nous rappeler les bidonvilles des grandes cités sud. Car si les villes telles que Siem Reap ont bénéficié de l’influence coloniale française lorsque intégrées au territoire indochinois (qui s’est vu indépendant à la fin de la guerre d’Indochine en 1953), les campagnes, qui brassent la majorité de la population, ne survivent que d’activités  locales et primaires et ne peuvent faire plus que subvenir à leurs besoins. Là-bas en architecture, les tôles viennent parachever la construction.

On reconnaît, en regardant la photo, ces pays où le climat influe davantage sur le mode de vie qu’il ne le fait dans nos pays occidentaux. Pour prévenir à la mousson, qui déclenche des orages et crues dévastateurs dans ces contrées Sud-Est asiatiques les populations bâtissent généralement sur pilotis à proximité des eaux, bien qu’on puisse également trouver des maisons flottantes sur le Tonlé Sap. Si parler de style architectural dans ces maisons de fortune peut facilement paraître déplacé, certaines se démarquent des autres par une empreinte extérieure, notamment chinoise.

En considérant la photo, qui plus est si le ressenti découle d’une expérience similaire, on ne peut s’empêcher de voir dans les pas du tourisme une ombre de voyeurisme. Nous apportons dans ces pays nos concepts, nos habitudes, et la réalité que l’on y trouve s’y oppose radicalement. Certes un large pan de l’argent entrant provient du tourisme – et ce n’est pas pour rien que j’ai choisi cette photo car le site d’Angkor, centre névralgique des flux touristiques, se trouve non loin de ces habitations -, mais le fait est que les plus démunis ne voient de cet argent que notre présence et le flash de nos appareils, et non sa matérialisation en effet.

Harold Ramonatxo, HK

Étiquettes : , , , , , ,


Photographie : Louis-Marie de Colbert

 

Localisation : Cette photo a été prise le 26 août 2012 à Siem Reap dans le nord du Cambodge.

 

Description :  Au premier plan se distingue la route avec deux tuk tuks, moyen de transport phare de l’Asie du Sud-Est en particulier dans les grandes villes et les zones touristiques. Sur la gauche roule une camionnette qui fait la navette entre la ville de Siem Reap et Phnom Penh la capitale du pays, située à cinq heures de route plus au sud. Deux voitures dont un 4×4 se trouvent entre la camionnette et les tuk tuk. Au second plan apparaissent des panneaux publicitaires – dont un au centre concernant la bière d’Angkor – et des habitations d’un style homogène et moderne. On repère enfin les nombreux fils électriques rassemblés en un poteau ainsi que quelques arbres témoignant de la très forte végétation de Cambodge.

 

Interprétation : La qualité de l’état de la route souligne l’exclusivité dont bénéficie la ville de Siem Reap en terme de développement. Les nombreux capitaux apportés par le tourisme, les temples d’Angkor n’étant qu’à 7 km de la ville, donnent les moyens aux autorités locales d’investir dans les infrastructures publiques. Dans le reste du pays les routes sont de manière générale dans un tout autre état. Le 4×4 témoigne de la nécessité d’avoir un véhicule un minimum solide. Les deux tuk tuks rendent compte de ce flux touristique important, les touristes étant leur cible privilégiée. Le tuk tuk certes peu confortable est rapide et permet d’observer parfaitement le paysage pendant le voyage. Les temples d’Angkor étant assez éloignés les uns des autres, réaliser le trajet entre deux temples en tuk tuk est idéal. Le style homogène et moderne des habitations reflète le dynamisme touristique dont profite la ville. Les constructions notamment d’hôtels se multiplient.

 

Intérêt : J’ai choisi cette photo puisqu’elle symbolise parfaitement le plein essor d’une ville cambodgienne. Les autres villes cambodgiennes possèdent rarement un tel état de route et d’habitations, de surcroît la circulation semble maitrisée. Lors de mon séjour dans ce pays en août j’ai trouvé frappant a quel point la proximité d’une zone touristique avec une ville pouvait métamorphoser celle-ci.

Louis-Marie de Colbert                                                                                   Septembre 2012

Hypokhâgne A/L

Étiquettes : , , , , , , , ,