Photographie d’Harold Ramonatxo

 La photo a été prise à notre arrivée en péniche sur la berge du lac Tonlé Sap, communément traduit par « grand lac ». Avant de débarquer pour suivre le chemin de Siem Reap, capitale de la province du même nom située au Nord du pays et à quelques centaines de kilomètres de Phnom Penh, nous avons suivi le cours de l’un des affluents du Tonlé Sap, et cette croisière miniature nous a présenté nombre de ces demeures précaires qui, par leurs structures toutes en matériaux de récupérations, ne sont pas sans nous rappeler les bidonvilles des grandes cités sud. Car si les villes telles que Siem Reap ont bénéficié de l’influence coloniale française lorsque intégrées au territoire indochinois (qui s’est vu indépendant à la fin de la guerre d’Indochine en 1953), les campagnes, qui brassent la majorité de la population, ne survivent que d’activités  locales et primaires et ne peuvent faire plus que subvenir à leurs besoins. Là-bas en architecture, les tôles viennent parachever la construction.

On reconnaît, en regardant la photo, ces pays où le climat influe davantage sur le mode de vie qu’il ne le fait dans nos pays occidentaux. Pour prévenir à la mousson, qui déclenche des orages et crues dévastateurs dans ces contrées Sud-Est asiatiques les populations bâtissent généralement sur pilotis à proximité des eaux, bien qu’on puisse également trouver des maisons flottantes sur le Tonlé Sap. Si parler de style architectural dans ces maisons de fortune peut facilement paraître déplacé, certaines se démarquent des autres par une empreinte extérieure, notamment chinoise.

En considérant la photo, qui plus est si le ressenti découle d’une expérience similaire, on ne peut s’empêcher de voir dans les pas du tourisme une ombre de voyeurisme. Nous apportons dans ces pays nos concepts, nos habitudes, et la réalité que l’on y trouve s’y oppose radicalement. Certes un large pan de l’argent entrant provient du tourisme – et ce n’est pas pour rien que j’ai choisi cette photo car le site d’Angkor, centre névralgique des flux touristiques, se trouve non loin de ces habitations -, mais le fait est que les plus démunis ne voient de cet argent que notre présence et le flash de nos appareils, et non sa matérialisation en effet.

Harold Ramonatxo, HK

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L’imaginaire des cartes. Alberto Castoldi. L’Harmattan, Bergamo University Presse Sestante Edizioni, 2012. 98 pages, 15€.

Les cartes ont le vent en poupe ! Télérama consacre une de ses séries de l’été aux cartes et à leur histoire. Les éditions L’Harmattan, en collaboration avec les éditions Bergamo University Press, publient au seuil de l’été l’ouvrage d’Alberto Castoldi L’imaginaire des cartes. Professeur de littérature française à la faculté de Bergame, c’est la problématique de l’imaginaire qui l’intéresse à travers ce support. Il veut analyser comment les hommes ont vu le monde par le biais de la feuille de papier, au cours des siècles.

La carte, reflet de notre vision du monde

Ainsi, la carte en TO est le reflet d’une vision très chrétienne alors que celle de 1549 s’émancipe de l’influence religieuse. Cela se traduit par les changements opérés au niveau des encadrements des cartes. Sur la carte d’Hereford (1300), le Christ du jugement dernier surplombe le cadre alors que sur la carte de Waldseemüller, il a été remplacé par Ptolémée et Vespucci. Avec la production d’atlas, la vision du monde est parcellisée mais elle se veut encyclopédique. « L’atlas, ainsi que l’expansion vertigineuse de ses planches, reflète une nouvelle forme de curiosité ainsi que le plaisir d’avoir le monde entier dans son espace domestique, réserve virtuelle de rêves et de connaissances. »

Typologie des cartes

Au XVIIème siècle, apparaît un nouvel usage de la carte : la transformation du texte en carte avec la « carte du Tendre ». « Le désir d’un corps devient désir d’espaces, la cartographie émotionnelle s’habille de curiosité sexuelle. » C’est ce que l’auteur appelle les cartes allégoriques présentes dans de nombreux ouvrages littéraires. Ces cartes ou croquis illustrent le texte ou sont à la base de la trame narrative (voir l’ouvrage relatant les aventures de Robinson Crusoé mais aussi les plans-croquis de paysage de Zola, aides à l’écriture des Rougon-Macquart). Les cartes anthropomorphes, qui se développent à partir du XIVème siècle avec Opicinus de Canistris, figurent les continents ou pays sous forme de personnes. L’auteur opère des rapprochements avec des tableaux de surréalistes tels que Max Ernst ou Marcel Duchamp sans que la démonstration ne soit convaincante. Enfin, les cartes de l’abstrait occupent la fin de la réflexion de l’auteur. Il devient difficile de le suivre quand il veut, comme Didi-Huberman, voir dans les reflets de marbre d’un œuvre, telle la Madonna delle ombre de Fra Angelico, un message caché. Il faudrait y voir des « similitudes dissemblables », c’est-à-dire des images qui ne doivent pas être interprétées par rapport à ce qu’elles représentent, mais par ce qu’elles suggèrent au-delà de leurs aspects, en tant qu’indices du mystère (pas le visif, mais le visuel). » Le renfort des nombreuses illustrations couleurs du volume s’avère de peu d’utilité pour adhérer à la démonstration, dans le cas présent. Ainsi, l’auteur voit dans les plis des statues du Bernin ou dans les tentures ou les drapés d’Ingres un sens caché comme les enfants voient dans les nuages des personnages se composer au fil de leur avancée. L’auteur achève sa réflexion ainsi « imaginaire qui n’est pas passif, mais qui constitue la réponse aux sollicitations de l’esprit et du monde extérieur. »

Si les dernières pages de ce petit ouvrage laissent dubitatif, il faut reconnaître à l’auteur d’être très convaincant dans les deux premières parties de l’ouvrage. L’historique des cartes qu’il dresse mérite de trouver sa place dans le cours d’histoire de seconde consacré aux nouveaux horizons des Européens. De même, la partie sur les cartes allégoriques peut tout à fait constituer une amorce ou une clé de voute à l’enseignement d’exploration Littérature et Société, au croisement de la littérature et de l’histoire de la cartographie. L’interprétation des cartes anthropomorphiques et notamment celle d’Opicinus de Canistris à la description, semble-t-il, inversée par rapport à la représentation donnée, annonce la dernière partie de l’ouvrage qui suscite le moins d’engouement. Il faudrait y voir « une gigantesque copulation « géographique » (…) La géographie terrestre est la représentation littérale d’un monde lubrique. » A méditer !

Catherine Didier-Fèvre © Les Clionautes

 

 

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http://www.julienlavault.com/web/reseaux-sociaux-communautes

« Alors que de plus en plus de villes – Rennes, Nantes, Paris, Bordeaux, Lyon, Lille…- mettent désormais en ligne des données publiques et développent des applications traitant ces données, la révolution de l’open data mobilise désormais la majorité des acteurs publics, Etat, administrations, établissements publics, collectivités locales, entreprises elles-mêmes. Quelques mois après la mise en ligne de la plate-forme date.gouv.fr, la mission interministérielle Etalab (etalab.gouv.fr) chargée d’inciter et coordonner la politique d’ouverture des données publiques vient de lancer Dataconnexions, une plate-forme qui vise à fédérer les partenaires potentiels de l’open data : développeurs, chercheurs, start-up, porteurs de projets innovants… Une trentaine d’acteurs de l’économie numérique se sont déjà associés à Dataconnexions : mastodontes technologiques (Google, Microsoft, Orange), entreprises publiques (La Poste, SNCF), écoles et centres de recherche (Inria, Epita…), entreprises conseils (MacKinsey & Company), pôles de compétitivité (Cap Digital, Silicon Sentier…) …. Réunis le 16 février devant la presse, tous confirmèrent leur intérêt pour l’open data, dont la vertu démocratique cache aussi un important potentiel économique en termes de création d’emplois notamment. »

Lire la suite dans Les Inrocks, N°848, 29/02/2012

Lire l’interview de Sébastien Naudet, président d’Etalab sur lesinrocks.com

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http://jm33500.canalblog.com/archives/p6-6.html

Quelques extraits du compte-rendu de la réunion : (pour les optionnaires du soir)

Réunion jury de géographie-préparateurs

ENS ULM

Samedi 3 décembre 2011

 

épreuves orales : commentaire de carte avec document(s) d’appui

o quelques précisions de type pratique

atlas : Atlas du 21ème siècle (à utiliser pour la localisation de la carte à commenter ; possibilité de faire référence aux cartes thématiques de l’Atlas ; les cartes de l’atlas ne constituent pas un document supplémentaire, il ne faut en aucune façon les commenter)

? durée de la présentation : le candidat dispose de 20 minutes pour sa présentation orale ; le candidat ne peut dépasser le temps imparti mais une présentation plus courte (15 minutes dans le cas d’un candidat alliant dynamisme, esprit de synthèse et concision) est préférée à un exposé que le candidat tente artificiellement de faire durer

? l’entretien avec le Jury. Le Jury rappelle que les questions ne sont pas là pour déstabiliser le candidat mais pour l’évaluer au mieux : dans cette optique et au vu des modifications du « format » de l’épreuve de commentaire de carte, le Jury s’autorisera à l’issue d’un bon exposé à entraîner le candidat sur des espaces de la carte que l’intitulé du sujet avait d’emblée exclus ; pour des exposés plus moyens, les questions du Jury permettent au candidat de revenir sur certains points du commentaire.

? le ou les documents : à partir de la session 2012, les cartes (toutes au 1/25 000) seront assorties d’un ou deux documents qui visent principalement à pallier les carences des cartes IGN sur la question des flux ou de l’espace social et/ou à éclairer certains aspects de la carte

? nature des documents : le ou les documents seront de lecture simple (texte court, photographie, tableaux statistiques simplifiés, … et ne devrait pas nécessiter de compétences particulières, c’est-à-dire autres que celles que les candidats ont acquises au lycée (le Jury semble par exemple s’interdire l’emploi d’images satellitaires)

? place dans le commentaire : le Jury rappelle que les documents fournis doivent impérativement être intégrés au commentaire même si la carte reste le document principal ; il sanctionnera les candidats qui dérogeraient à cette consigne. (Je souligne qu’il faut le leur préciser les étudiants étant habitués à avoir des documents d’appui qu’ils peuvent ne pas utiliser dans certains concours … ; il s’agit de mettre en relation le(s) document(s) fourni(s) et la carte : un commentaire linéaire des documents est bien sûr à proscrire.

? l’intitulé : le Jury oriente la lecture des documents au moyen d’un intitulé qui permet de faciliter l’appréhension de la carte par le candidat ou de limiter l’étude de carte à une partie seulement de celle-ci

o l’esprit de l’épreuve

? le Jury valorise les candidats qui font montre d’une réflexion personnelle et de qualités d’argumentation

? le Jury rappelle que l’érudition n’est pas une fin en soi ; en revanche, la maîtrise des principaux concepts de la géographie (et la capacité à en donner une définition claire) est requise.

d’après AP Géo, 2012

 

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source http://www.pbase.com/baud/image/65020722

Le Monde, 6/11/11

Au coeur du parc national, les incendies à répétition favorisent la progression des espèces envahissantes
Saint-Denis Correspondant

Bien rares à La Réunion sont les touristes qui ne montent pas jusqu’au Maïdo. Perché à 2 200 m, le site, accessible en voiture, offre un point de vue spectaculaire sur ces grandioses  » pitons, cirques et remparts « , classés en 2010 au Patrimoine mondial de l’Unesco. Il est aussi l’emblème de la forêt des Hauts-sous-le-Vent, où pénètre le visiteur, passé 1 600 m. Un vaste massif inhabité qui culmine à 2 900 m et s’étend sur 8 200 hectares, en plein coeur du Parc national.

Les pentes, assez régulières, y sont fortes : 20 % en moyenne. D’innombrables ravines entaillent le relief, formant autant d’obstacles :  » Une dépression tous les 50 m et une ravine très profonde avec des rives rocheuses verticales de 5 à 30 m de hauteur, tous les 200 m « , décrit l’Office national des forêts (ONF).

Les températures, faibles, évoquent une région tempérée. L’essentiel des pluies se produit en saison chaude (de novembre à avril) ; l’hiver (de mai à octobre) est la saison sèche. Mais, en journée, les nuages s’installent quasi quotidiennement tout au long de l’année ; seul leur plafond varie.

Bien rares à La Réunion sont les touristes qui ne montent pas jusqu’au Maïdo. Perché à 2 200 m, le site, accessible en voiture, offre un point de vue spectaculaire sur ces grandioses  » pitons, cirques et remparts « , classés en 2010 au Patrimoine mondial de l’Unesco. Il est aussi l’emblème de la forêt des Hauts-sous-le-Vent, où pénètre le visiteur, passé 1 600 m. Un vaste massif inhabité qui culmine à 2 900 m et s’étend sur 8 200 hectares, en plein coeur du Parc national.

Les pentes, assez régulières, y sont fortes : 20 % en moyenne. D’innombrables ravines entaillent le relief, formant autant d’obstacles :  » Une dépression tous les 50 m et une ravine très profonde avec des rives rocheuses verticales de 5 à 30 m de hauteur, tous les 200 m « , décrit l’Office national des forêts (ONF).

Les températures, faibles, évoquent une région tempérée. L’essentiel des pluies se produit en saison chaude (de novembre à avril) ; l’hiver (de mai à octobre) est la saison sèche. Mais, en journée, les nuages s’installent quasi quotidiennement tout au long de l’année ; seul leur plafond varie.

Sur de vieilles coulées du Piton des neiges (inactif depuis douze mille ans), la forêt des Hauts-sous-le-Vent présente deux grands types de milieux naturels d’altitude, peuplés de nombreuses espèces endémiques. Sa partie la plus haute abrite, parmi les dalles de lave affleurantes, une végétation éricoïde : landes et brousses dominées par le branle vert et le branle blanc ; taillis d’où émergent le petit tamarin des hauts (Sophora denudata) et le tamarin des hauts (Acacia heterophylla), qui reste par ici de petite taille.

Cet arbre, qui peut atteindre une vingtaine de mètres, s’épanouit plus bas, dans la tamarinaie, où il cohabite avec le calumet, un bambou lui aussi endémique. A cet étage qu’occupe aussi la forêt mésotherme, caractérisée par les  » bois de couleurs « , l’ONF entretient une tamarinaie de production.

Tels sont les paysages où l’on a dénombré 51 espèces végétales remarquables, dont 17 menacées, que ravage l’incendie qui a commencé le 25 octobre. Il n’est certes pas le premier :  » La quasi-totalité de la planèze a été parcourue par le feu plusieurs fois au cours des cinquante dernières années, rappelle l’ONF. Le problème majeur est la fréquence de ces incendies. «  Les derniers sinistres majeurs ont touché 3 500 hectares en 1988, un millier en 1999 et près de 800 l’an passé.

L’incendie actuel, désormais contenu et que s’emploient à maîtriser les pompiers avec le renfort tardif de deux avions bombardiers d’eau venus de métropole, a couvert plus de 2 800 hectares. Mais plus encore que son étendue, c’est sa répartition qui inquiète forestiers et scientifiques.

En 2010, seule la forêt éricoïde avait été touchée. Cette fois le feu est aussi descendu dans la tamarinaie et la forêt mésotherme. Un premier bilan dressé par le Conservatoire botanique national de Mascarin (CBNM) et le parc fait état de deux fois plus d’espèces végétales touchées qu’en 2010, dont quatre fois plus d’espèces protégées, pour la plupart uniques au monde.

 » Le souci n’est pas tellement la perte d’espèces, indique Luc Gigord, directeur scientifique du CBNM. La totalité des espèces montagneuses se retrouve sur les autres massifs. Mais on perd une partie significative du patrimoine génétique de certaines d’entre elles. « 

Un quart de la population de branles verts de l’île aurait ainsi disparu ; et, pour certaines fougères qui ont l’essentiel de leurs peuplements au Maïdo, la perte est énorme. Côté faune, en l’absence de mammifères terrestres indigènes, les victimes sont surtout les invertébrés (insectes, gastéropodes, araignées…), chez lesquels le taux d’endémisme dépasse 60 %, signale Marc Salamolard, chargé de mission au Parc national.

Autre conséquence de l’incendie – sans parler du risque d’érosion massive alors qu’approche la saison cyclonique -, les espèces envahissantes vont sortir renforcées.

Dans la partie haute, il fallait déjà combattre le redoutable ajonc d’Europe ; plus bas, la menace vient d’une variété d’acacia dotée d’une impressionnante capacité de dissémination.  » On redoute énormément son expansion, confie Luc Gigord. Sur ces types de forêt où, de mémoire d’homme, il n’y a jamais eu d’aussi gros incendie, on manque d’expérience pour gérer les espèces envahissantes. Il faudra être très tactique. « 

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