Photographie de Cécile Euler

     Cette photographie a été prise au sommet du Victoria Peak sur l’île de Hong Kong  le 23 juillet 2012 (quelques  heures avant que le typhon Vicente ne s’abatte sur la ville).

 

Au premier plan, on constate une végétation luxuriante et verdoyante typique du climat tropical (palmiers, …).

Au second plan, apparaît l’île de Hong Kong avec tous ses buildings (dont de nombreux en construction) de plus en plus hauts, de plus en plus beaux, de plus en plus modernes.

Au dernier plan, on remarque la baie de Hong Kong et Kow Loon, le quartier placé sur le continent.

 

Cette photo combine les différents aspects de la ville de Hong Kong : une nature encore très sauvage et que rien ni personne ne saurait domestiquer, le quartier regroupant les centres d’affaires et la partie luxueuse de l’île et enfin la partie portuaire (dont on ne voit ici que la baie) sur laquelle Hong Kong a bâti sa puissance.

On voit donc bien ici les difficultés mais aussi les atouts de la Chine à se développer en alliant modernité (les centres d’affaires),  climat difficile (tropical à Hong Kong) et tradition ancestrale (la pêche à l’origine de l’économie de l’île).

 

J’ai choisi cette photo pour deux principales raisons : tout d’abord, elle allie les différentes facettes de cette ville magnifique en plaçant la nature au premier plan et donc comme élément principal de la photo. Ensuite,  les souvenirs qui s’y rapportent sont particulièrement intenses : la photographie a été prise après deux heures de marche sous une pluie diluvienne sur une petite route au dénivelé important quelques heures avant le plus grand typhon qu’ait connu la ville depuis 1999.

 

Cécile Euler. Hypokhâgne A/L

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http://terresacree.org/rechauffement%20climatique.htm

LE CIEL NE VA PAS NOUS TOMBER SUR LA TÊTE,  2010, éditions Jean-Claude Lattès

Le réchauffement du climat : «c’est grave, docteur ? »

Martine Tabeaud, professeure de géographie à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a travaillé dans de nombreux programmes nationaux et internationaux sur le climat. Elle travaille depuis toujours sur les climats dans un angle géographique et donc sur les enjeux, les échelles spatio-temporelles pertinentes et les acteurs. Elle tente de démêler la part des éléments climatiques des crises multifactorielles, sans faire de surdéterminisme.

INTRO : On parle de maladie de la Terre, J. Lovelock en 1992 prétend que Gaia, organisme vivant, a besoin d’un médecin généraliste à son chevet. Soit, la planète anthropomorphisée et ses habitants vivent un destin commun, mais il ne faut pas céder au catastrophisme et à la hâte. On revisite donc cette approche médicale à partir de données et de documents officiels, mais du point de vue géographique.

I Les symptômes : exposé des signes extérieurs du mal-être

la courbe de température On calcule une moyenne annuelle des températures , qui n’est qu’indicative : la majorité des stations sont situées dans la zone boréale et  selon les mesures retenues et leur homogénéisation, les moyennes diffèrent.

L’OMM définit des périodes de 30 ans  pour comparer les années entre elles et définir une tendance (pour prévoir la météo quotidienne). Le calcul d’une « normale climatologique en ce lieu pour ladite période » varie généralement peu et ne s’applique pas à l’échelle planétaire

Pour reconstituer une évolution à l’échelle de milliers d’années, on utilise des sources indirectes :documents historiques (médiocres), on étudie aussi les roches, les fossiles, les reliefs, mais cela reste très imprécis. On a tout de même mis en évidence une hausse de température de 0,7°C en un siècle et demi à l’échelle planétaire. Mais  ce réchauffement d’ensemble n’excède pas une variabilité naturelle calculée à partir de l’Holocène, période de dix mille ans. Mais ce n’est pas qu’une affaire de thermomètre, une autre pathologie s’y ajoute.

-les rejets de CO2.

On connaît une limite dans la fiabilité des mesures : le taux change considérablement selon les lieux, et le CO2 met des centaines d’années pour que les bulles de CO2 emprisonnées dans la calotte glacière se solidifient (il est donc dur de comparer la tendance actuelle avec les autres périodes). Mais études montrent que CO2 aurait été stable avant le XIXème siècle, puis il y a eu hausse de la concentration : cela est du à plusieurs facteurs car en 1850 :  il y a eu augmentation des émissions solaires, et hausse thermique, sans oublier la révolution industrielle en Europe.

Lien CO2 et température

Le premier des GES (gaz à effet de serre) est la vapeur d’eau, qu’on ne prend pas en compte dans la modélisation du climat futur. Le deuxième est le CO2.

La corrélation entre la température et la teneur en GES est établie pour la période des ères glacières/interglacières (il y a corrélation depuis 400 000 ans) et des temps plus courts (petit âge de glâce), mais la corrélation positive n’implique pas un effet de cause à effet, le gaz carbonique pourrait être une rétroaction positive du réchauffement, et non sa cause.

Le cO2 n’est cependant pas seulement envisagé comme amplificateur du réchauffement, mais initiateur. Pourquoi ?

Il y a une pollution indéniable de l’atmosphère avec développement éco. de l’Europe et des Etats-Unis, surtout à cause de la combustion des carbones fossiles (le charbon, puis le pétrole.) La moitié des émissions est recyclée par la nature, l’autre reste dans l’atmosphère.

Problème : la diffusion de la pollution se fait normalement sur de faibles distances, alors comment toute la troposphère a-t-elle pu être modifiée ? Et comment expliquer que l’hémisphère sud ait été touché par le réchauffement pls décennies avant l’hémisphère nord ?

Le rapport Meadows a tout de même mis en évidence l’effet de serre anthropique, qui ne peut qu’augmenter avec l’aspiration à un meilleur niveau de vie par tous les humains Donc la teneur en CO2 aujourd’hui « inédite » devrait continuer à croître.

II Le diagnostic : un pronostic vital engagé

les docteurs :

Le GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) est financé par l’ONU.

En 1992 (conférence de Rio), l’ONU reconnaît l’importance de « protéger le climat ».

Le GIEC fait des rapports de synthèse, il cherche à comprendre  et à décoder des infos politiques , scientifiques et climatologiques concernant  les risques liés à action de l’homme sur le climat. Ils observent le climat, et envisagent les moyens d’adapter les sociétés ou d’atténuer les changements.

Ils tentent de modéliser le climat futur (pour 2050 ou 2100), et utilisent des variables relatives à la pop. et aux modes de prod mais la modélisation ne prend pas en compte l’évolution des techniques. Les scénarios sont plus ou moins réalistes, les modèles ne sont que des possibles car le système atmosphérique  n’est pas totalement prévisible (la météo se trompe.) Les modèles veulent dire les changements de température et de précipitations mais échouent à localiser les lieux du changement, à cause du caractère sommaire du découpage géographique.

-le Rapport de 2007 atteste du changement climatique sans équivoque, de la responsabilité majeure des GES anthropiques. Lechangement de fréquence et d’intensité des extrêmes météorologiques va avoir conséquences  le plus souvent négatifs sur les systèmes naturels et humains, avec un  risque accru d’extinctions d’espèce si le réchauffement  est compris entre +1.5 et +2.5°C

Il y aura un basculement irréversible du climat vers l’inconnu au delà de +2° de changement selon Copenhague ( mais cette information reste douteuse)

Des constats déjà catastrophistes et mal compris créent de la peur. Des phénomènes naturels sont présentés comme preuves d’un réchauffement (Katrina), alors qu’ils ont toujours existés.

-Critiques :

-le rapport ne prend pas en compte l’émission solaire, les effets d’assombrissements/éclaircissements qui modifient la quantité d’énergie solaire reçue sur la surface de la Terre à l’échelle pluridécennale.

-l’effet urbain est minimisé

-Le rapport se veut le rapport officiel d’un « consensus » scientifique, maiss en science, le consensus n’est pas une preuve. Il y a eu desdémissions au sein du GIEC, à caus de désaccords entre scientifiques et de la remise en cause  par certains du contenu alarmiste du rapport. Selon J. Christy dans Michaels (2005), il existe des préjugés chez une majorité en faveur de certaines politiques spécifiques. Certaines sections du rapport s’éloigneraient de l’objectivité scientifique.

En effet la climatologie connaît une médiatisation exceptionnelle, les résumés des rapports  sont diffusés largement. On utilise plus un langage médiatico-politique que la précision sémantique et conceptuelle habituellement nécessaire pour publier les résultats de recherche dans des revues scientifiques.

III Le traitement de la maladie : un remède palliatif universel ?

-réduire les émissions de CO2

Comme le GIEC considère que des répercussions graves voire irréversibles auront lieu au-delà d’une hausse de +2°C, on cherche à réduire les émissions de GES.

L’objectif d’ensemble est quantifié. Le total maximum d’émissions est annuellement fixé, et décliné par pays selon leur niveau de développement ( de Kyoto à Copenhague.)

-pour qui ?

Kyoto impose aux pays riche  5% de réduction en moyenne par rapport à 1990, entre 2008 et 2012. Le « combien ? » ne pose que des problèmes mineurs. La vraie question, c’est « comment ? »

Le constat : Entre 1990 et 2007, émissions de CO2 ont augmenté de 35%.

Depuis 2006 , la Chine est le plus grand émetteur mondial devant les EU.

Il y a de fortes augmentations (+ de 100%)  de CO2 observées dans les pays émergents (Moyen-Orient, Extrême Orient, principalement l’Inde et la Chine.)

En Amérique latine, Océanie et Afrique elle est > 50%.

Les pays en développement pas concernés par les réductions : Mais dans ces pays les émissions annuelles par habitant restent très faibles par rapport à l’Amérique du Nord et aux pays producteurs de pétrole (USA, Canada, Luxembourg et Émirats).

L’UE s’est engagé à une réduction de 8% d’ici 2012, qui peut être possible in extrémis (pour l’instant en 2010 la réduction est de seulement  3.6% par rapport à 1990 !) Elle sera peut-être possible grâce à l’achat de crédits issus de projets de réduction des émissions menés dans les pays tiers.

-l’échec de Copenhague

La conférence de Copenhague (2009) a ouvert une ère de désillusion avec l’incapacité des dirigeants de la planète à trouver un accord sur un projet commun. Les raisons de l’échec :

-Beaucoup ont prôné un remède universel. Pour les ONG environnementalistes comme WWF, un problème planétaire exige une solution planétaire. Leurs puissants lobbies, approchent les gvts et responsables internationaux au point qu’elles sont  devenues des interlocuteurs incontournables dans les négociations.

prétentions universalistes de l’Europe. Le propos des écologistes  a été relayé car  il s’intégrait dans une stratégie internationale d’une UE cherchant à asseoir un leadership  face à l’Amérique de G.Bush.  Forte d’une tradition universaliste et d’une bonne réputation environnementale, elle a tenté de diffuser des grands principes partout, comme le principe de précaution. L’UE se positionne souvent en faveur de l’atténuation.  Des scientifiques suivent : ils créent des modèles climatiques  où l’espace est simplifié en espace géométrique. Les espaces culturels ou politiques ne sont pas pris en compte.

déni du territoire :  on refuse l’intervention d’une puissance de contrôle à l’intérieur des frontières, où on veut protéger l’économie, les emplois et le potentiel de développement. La question de l’équivalence des tonnes de CO2 se pose. (le CO2 produit par un 4×4 en ville ne devrait pas être mis sur le même plan que celui produit par l’alimentation en électricité d’un village en Afrique)

problème des multinationales. Qui paye ? Le pays d’origine ou le pays d’accueil ?

-La solution : s’adapter au changement ?

Sans adaptation, l’atténuation du réchauffement coûtera encore plus cher.  On peut éviter le catastrophisme : les changement climatiques peuvent être positif pour certaines régions. (viticulture et arboriculture de l’Ontario, élevage en plein air finnois polyculture russe etc.) Les estimations quant à la hausse des mers ne cesse de baisser : elle montera de moins de 1m. Les conséquences du réchauffement seront variées : Les plus soumis aux climats sont les plus vulnérables, les plus pauvres. La priorité , c’est de dégager des financements et une aide éventuelle pour ceux-ci. Il ne faut pas sousestimer la capacité d’acclimatation des sociétés

Il faut redéfinir l’action politique, le rôle des acteurs institutionnels : exercer une concertation entre citoyens pour effectuer un bilan , évaluer les vulnérabilités et les valeurs économiques et patrimoniales de chaque bien.

Ensuite il faut décider au cas par cas.: abandonner, valoriser par secteur d’activités, protéger, assurer ou déplacer, ainsi que  faciliter la réalisation de projets. Un chef d’orchestre politique est indispensable pour rendre compatibles des décisions faites à des échelles emboîtées : communes, régions, états….

Les traitements doivent être variés et réversible. Il faut accepter les innovations : un capteur et compresseur d’une centrale de charbon représene 90% de CO2 en moins : cette solution permet de gagner du temps, de ne pas répondre à la pression de l’urgence.

ð  Le réchauffement a fait évoluer les mentalités : le plus n’est pas forcément le mieux. Ces idées sont néanmoins moins partagées dans les pays pauvres.

CONCLUSION :

Un débat est indispensable pour faire progresser un échange de savoirs difficile, voire conflictuels (Assimiler des opposants au GIEC à des négationnistes et à des charlatans est caricucatural.)

L’incompréhension résulte de la diversité des disciplines et des méthodes de travail utilisées. Pour les géographes, les modélisateurs fétichisent les chiffres. La planète n’a pas qu’un climat, la température ne définit pas à elle seule le climat et une société n’est pas définie par son climat.

Pour prendre des décisions pol., il faut prendre en compte les institutions qui furent produites pendant des siècles, les différents systèmes de valeurs et les niveaux de dvlpt très inégaux que l’on trouve dans le monde. Une injonction d’action universelle n’est pas compatible avec un problème complexe qui convoque une multitude d’acteurs.

Il faut garder tête froide, et ne pas brandir des prédicitons de plus en plus alarmistes. Il n’y a de place ni pour l’urgence, ni pour l’émotion.

MON AVIS

J’ai trouvé cet article intéressant, il est clair et permet d’appréhender le réchauffement climatique différemment. Loin de la vision alarmiste qu’on trouve dans les médias, il s’interroge de la façon la plus scientifique possible sur l’ampleur du problème. Il est exhaustif car, sans se contenter de simples observations, il nous donne des ébauches de solutions. De plus, son approche originale (la santé de la planète Terre), le rend agréable à lire.

Pauline Wettler, HK/AL

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Emmanuel Garnier

Maître de conférences d’histoire moderne

compte-rendu de la conférence qui s’est tenue le vendredi 8/10/10 à Saint Dié-des-Vosges

La Forêt est un objet idéal pour étudier les changements climatiques même si on ne possède pas toujours des séries statistiques.  La tempête de 99 a permis de donner un référentiel pour comparer les évènements climatiques.

Garnier a fait sa thèse sur l’histoire des forêts vosgiennes avec Le Roy-Ladurie. Il travaille aujourd’hui au CEA (laboratoire climat –environnement). Il fait le lien en tant qu’historien entre les sciences dures et les sciences molles. Les scientifiques ne savent pas dépouiller et interpréter les sources historiques et on ne dispose pas de séries statistiques avant les années 1950.

Trois évènements (99 Lothar-Martin, 2009 Klaus, beaucoup moins médiatisée., 2010 Xynthia) ont été vécus comme des évènements exceptionnels alors que ce n’est pas vraiment le cas. Le caractère inédit qui qualifie les accidents climatiques amène à ne pas prendre de mesures de prévention.

A la poursuite d’Eole

Il s’agit de la question des sources. La plus connue est celle du Sire de Gouberville (1562), fonctionnaire forestier du Cotentin. Mais, les indications ne sont pas faciles à interpréter. Exemple, il qualifie de vent violent, des tempêtes de 90km/h ou 110 km/h ?

Les sources ne sont pas de sources homogènes.

Leroy Ladurie a utilisé les bans de vendanges et les mercuriales (prix des denrées)

On dispose des journaux intimes, des mémoires, des livres de raison : récit de la vie quotidienne (famille, comptes, mention météo).

Des travaux dans le cadre de réseaux de scientifiques locaux ou de particuliers. Exemple : un marchand de La Rochelle qherche à faire le lien entre prix des denrées et évènements météorologiques dans le but de faire de la spéculation sur les denrées.

Le clergé tient des écrits qui rendent compte de la météo : les registres paroissiaux. Lors des enterrements, les décès sont commentés (tempête en mer, idem sur les vagues de chaleur et leurs effets sur les décès). On apprend aussi les dégâts sur les clochers des tempêtes. Exemple : ouragan de 1739 suivi par le biais des registres paroissiaux (le curé mentionne l’heure à laquelle le clocher est tombé). On peut la suivre de la Normandie à l’Allemagne. Les curés ont dès le XVII° ont un discours très rationnel (c’est la fin de la colère de Dieu). Il y a aussi les ex-voto, expression d’une pitié populaire. Il y a des saints météorologiques. En Catalogne, Saint Galéric a la réputation de protéger des tempêtes, y compris encore aujourd’hui.

La manne bureaucratique est une source de grande qualité en France, ce qui n’est pas le cas partout en Europe. Il est apparu avec la création des Etats modernes qui visent à établir une fiscalité efficace. On crée des représentants de l’Etat partout. On contrôle le territoire. On va faire payer les gens.

En 1669, création par Colbert de l’administration des eaux et forêts. Création des grueries dans les Vosges (circonscription) pour gérer de manière stratégique les bois, fournisseuses des bateaux.

On a aussi les registres de chablis et de martelage dès la fin du XVI° – début XVII°.  L’intendant a de plus en plus comme mission de venir en aide aux populations privées du côté de l’assistance (indemnisation pratiquée depuis les années 1700 – 1730. Equivalent de 2% du budget de l’Etat alors que pour Lothar – Martin, les indemnisations se sont élevées à 3%).

Il y a aussi les archives municipales qui reflètent le climat dès le XIV° siècle, celles des  amirautés (sur le modèle anglais, créées sous le règne de Louis XIV).

Dernière source : au XVIII°, l’observatoire de Paris, l’académie des sciences de Paris, l’académie des sciences, Belles Lettres et Arts de Bordeaux. Les Cassini arrivent à ce moment pour former des scientifiques ces institutions.

Mesurer les tempêtes

Il faut se constituer des bases de données.

Il apparaît que les tempêtes ne comptent qu’à hauteur de 6% des évènements climatiques au cours de 5 derniers siècles.

Le XVIII° a davantage de vents force 10 (sur l’échelle de Beaufort, ouragan = 12) qu’aux XIX° et XX°. Au XX°, il y a très peu de vents violents dans la première moitié du siècle. Cela participe à un trou d’air mémoriel depuis 1950.

Exemple de la tempête Xynthia

30 submersions entre 1500 et 1950 = trou d’air mémoriel. Cela a des conséquences sur la gestion des digues et leur entretien. La vulnérabilité a été telle que ces régions ont été fortement urbanisées. L’exode rural a fait que les populations sont parties et leur mémoire avec. La rurbanisation secondaire dans les années 70 par des populations venues de région parisienne s’est faite en oubliant les risques de submersion. Les pompiers ont été installés à la Faute/mer dans une des zones les plus submersibles.

Perceptions des tempêtes

Elles sont très présentes. Les livres liturgiques prévoient ce qu’il faut faire en cas de tempêtes : rituel de processions, exorcisme des tempêtes. Cela change à partir du XVIII°.

La tempête de 1703 est un modèle enseigné aux officiers de la Royal Navy (la marine avait été décimée alors qu’elle devait envahir la France. Les Anglais ont  perdu 10 000 hommes. Cet évènement est à l’origine de la mise en place, par la suite, de la presse).

Janvier 1739 : il s’agit d’une tempête qui passe du RU, par la France, pour finir en Suisse.  Elle cause de très gros dégâts au château de Fontainebleau (cf. les devis de réparations).

Le modèle de gestion de la forêt (sur des parcelles, futaie ; on pratique la cépée = un mélange de taillis et de baliveaux) française a été diffusée à travers tout le territoire sans prendre en compte la particularité des espèces. Ce modèle n’est pas adapté aux conifères puisque ces espèces ne repoussent pas sur souches. L’administration forestière est très critiquée par les populations locales. Les espaces enclavés seront préservés puisque l’administration ne pouvait pas exploiter ces parcelles. On a donc la préservation de paysages assez naturels (fin XVII) sauf à proximité de la verrerie de Wildensteim (sur le versant alsacien des Vosges) qui avait besoin de beaucoup de bois.

Les évènements qu’a connu la France ces derniers temps n’ont en rien un caractère exceptionnel, si on prend en compte une échelle de temps plus longue que celle du XX° siècle.

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