Photographie de Julie Pomonti-Messas

Cette photographie a été prise lors d’un voyage en Corse. Elle représente des calanques, formations géologiques situées sur la côte ouest, à Piana, entre Ajaccio et Calvi.

DESCRIPTION :

Au premier plan, on contemple d’immenses blocs de granit rose, les calanques, dont la taille peut  avoisiner six cents mètres. Elles sont ici,  bordées de la route départementale 81.

Sur le flanc de ces roches, se développe une végétation caractéristique des climats méditerranéens, particulièrement présente en Corse puisqu’elle recouvre près de la moitié du paysage : le maquis. Composé de buissons serrés et épineux, il prend racine sur la pierre, milieu habituellement hostile et stérile.

A première vue, les calanques surprennent tant par leur haute taille que par la manière dont elles sont découpées,  sous des formes acérées, comme taillées. Elles doivent cet aspect à l’érosion éolienne et pluviale, aux variations climatiques et aux embruns méditerranéens.

Au second plan, on remarque une flore plus luxuriante, composée d’arbres de haute taille, probablement des chênes, des pins ou autres arbres réclamant peu d’eau, typiques des montagnes corses,.

Au dernier plan, des monts relativement élevés se distinguent, recouverts de maquis, se détachant du ciel d’un bleu limpide.

ANALYSE ET INTERET DE LA PHOTOGRAPHIE :

J’ai sélectionné cette photographie parce qu’elle représente plusieurs facettes de la Corse. Elle illustre les caractéristiques géographiques de l’île: une végétation paradoxale : le maquis méditerranéen et les hauts arbres d’altitude, le paysage escarpé et montagneux, les routes tortueuses et étroites  que redoutent particulièrement les touristes.

La majesté de ces calanques et le sentiment de petitesse qu’on éprouve en leur faisant face  m’ont impressionnée.  Leurs formes sont parfois surprenantes, certaines étant particulièrement connues pour leur ressemblance avec un chien, un évêque ou un cœur.

Ces caractéristiques atypiques ont fait des calanques, un relief digne d’être inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983. Il s’agit également d’un haut lieu de randonnée de tourisme, les calanques étant sillonnées de nombreux sentiers.

On peut apprécier le fait que ce  tourisme ne se soit pas fait au détriment du patrimoine puisqu’on ne peut en apercevoir de signes visibles. Seule la route qui longe les calanques présente une marque de civilisation. Elle s’intègre néanmoins parfaitement au paysage dont elle adopte la couleur et reste  difficilement perceptible de loin. On devine à l’angle de la route, un point d’arrêt où les voyageurs peuvent garer leur voiture afin de contempler plus longuement la vue.

L’homme ne plie pas la Nature au tourisme de masse en essayant d’en simplifier l’accès.  Le touriste est, au contraire,  contraint à plus d’effort afin que ce cheminement à travers les blocs conserve un aspect sauvage et naturel. Il est ainsi possible d’admirer les calanques tout en préservant leur intégrité.

 

Julie Pomonti-Messas

Hypokhâgne A/L

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Au cœur de la Corse, dans des hautes montagnes, Corte, ancienne ville fortifiée du XVème siècle attire de nombreux touristes par  son château entouré de puissants remparts. Ayant été la capitale politique, économique et intellectuelle  de la Corse indépendante, cette ville a pu bénéficier d’un plan de mise en valeur du patrimoine du parc naturel régional, conduisant à la création d’un musée national (consacré à l’histoire de l’île) et à la restauration du château.

Le Parc naturel régional de Corse a été créé en 1972  afin de redynamiser touristiquement le cœur montagneux de l’île  et recouvre aujourd’hui près de 40% de la superficie de l’île de beauté. Il s’étend du centre Ouest de l’île jusqu’au Sud de la Corse comprenant la façade maritime unique du golfe de Porto et de la réserve naturelle de Scandola, sites classés à l’UNESCO.

L’ensemble du Parc fait l’objet d’un projet de développement fondé sur la préservation et la valorisation du patrimoine naturel et culturel de la Corse. Dans ce projet, une large part comprend l’aménagement du territoire et le développement économique rural, social et culturel respectueux de l’environnement.

L’ensemble des artisans du projet mettent un point d’honneur à préserver les sites sensibles comme les lacs d’altitude uniques en leur genre, à oeuvrer à la protection des animaux et principalement des mouflons de Corse ainsi qu’à la protection de végétaux extrêmement sensibles. La revalorisation du territoire passe aussi par la sauvegarde de l’architecture traditionnelle rurale et de montagne comme les bergeries, moulins, maisons anciennes ou fromageries, également d’anciens édifices, comme les nombreuses chapelles romanes avec leurs fresques, mais aussi le petit patrimoine bâti et les vestiges archéologiques.

Une des actions les plus visibles au profit des villages de l’intérieur est le développement des activités de randonnée avec près de 1500 Km de sentiers balisés. Deux parcours sont très connus et se distinguent des autres. En premier, c’est le sentier mer et montagne appelé « Mare e Monti » qui vous fera apprécier le littoral vu d’en haut. Le second, c’est bien sûr le mythique et difficile GR20 qui, chaque année, fait traverser la montagne corse à 10 000 randonneurs. La Corse offre d’autres activités sportives comme le rafting, le VTT, le parapente et l’escalade.

Ainsi la Corse est une région touristique en plein essor avec une revalorisation très importante du patrimoine du cœur de l’île mais aussi des côtes, avec ses plus belles plages de France.

Anne-Astrid de Kerizouet, HK/BL

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photo-corse

 

Cette photographie a été prise en Haute-Corse, depuis le petit village montagneux de Vignale, situé près de Bastia. On peut y voir le relief typique de la Corse, que l’on décrit souvent comme une montagne tombant dans la mer : on aperçoit au fond la Méditerranée. L’île est en effet la plus haute de la Méditerranée occidentale, avec une altitude moyenne de 568 mètres et son plus haut sommet qui culmine à 2710 mètres (Monte Cinto). Sur cette image, cependant, on remarque une partie de l’unique grande plaine corse, qui s’étend sur le littoral est, au nord.

 

Le premier plan nous montre la végétation caractéristique d’un climat méditerranéen tempéré par l’altitude (le littoral corse est chaud et sec mais la pluviométrie en montagne est importante). Une végétation du sud de la France, certes, mais surtout beaucoup de forêts, comme on le voit au second plan : la Corse est en effet très boisée.

 

Cette carte permet également d’illustrer de façon significative l’évolution de la répartition de la population sur l’île, due à la modification de l’économie. Au second plan, on voit un village ancien perché en altitude tandis qu’au troisième plan sont réunies les constructions plus modernes, qui datent en majeure partie d’après la seconde guerre mondiale. Autrefois, toute la population était concentrée dans des villages à flanc de montagne, qui sont aujourd’hui peu habités. En effet, la plaine était à l’origine constituée de marécages où la malaria sévissait ; de plus, les dangers militaires venaient de la mer. Ainsi, population et activité étaient concentrées sur la montagne.

 

Mais l’agriculture traditionnelle (cultures en terrasse, vergers, vignes, et également de nombreux châtaigniers toujours présents aujourd’hui) commence à se modifier au début du vingtième siècle, notamment après la première guerre qui décima la population corse, et surtout à partir de 1945. Après la guerre, la Corse est ruinée et entreprend une révolution de son économie : installation d’une agriculture moderne dans la plaine orientale basée sur des cultures permanentes (vignes et agrumes, dont la Corse est le principal producteur français : 99% des clémentines françaises viennent de l’île). L’agriculture intérieure se développe à partir des années 70 : cultures nécessitant peu d’investissement, élevage de bovins (source des principales spécialités corses: fromage, charcuterie, viande), mise en valeur des châtaigniers et oléiculture. Cette agriculture s’oriente vers un travail familial, un esprit de qualité : il ne s’agit pas d’une production intensive, d’autant plus que les résidents permanents des villages sont peu nombreux.

 

Le territoire corse connaît d’ailleurs un problème démographique : les villages sont désertés et la plaine est consacrée majoritairement aux activités de service.  Aujourd’hui, l’agriculture de la plaine orientale a en effet beaucoup laissé place au secteur tertiaire, qui est maintenant la principale source du PIB de la région. L’aéroport construit sur la plaine (présent sur la photographie) ainsi que les nombreux bateaux assurent le transport des touristes, très présents en Corse, qui séduit par ses beaux paysages, l’agrément de son climat et la personnalité affirmée de son peuple.  Il y a également abondance de petites entreprises, surtout publiques. Notons que la Corse a une administration très importante avec son statut particulier octroyé par la loi de 1991.

 

En conclusion, nous pouvons dire que cette image montre bien le contraste qui existe entre les villages, anciens et peu actifs, et la plaine, occupée par l’activité tertiaire. Elle illustre également la prépondérance du rôle des services dans l’économie corse, la place de l’agriculture et la quasi absence de l’industrie.

 

Éléonore du Boisbaudry                                                                                            Septembre 2009

HK A/L

 

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