Localisation : Quelques 2300 ans après l’emménagement des premiers Parisiii  dans leurs huttes de branchages sur les hauteurs de Nanterre dans le département des Hauts de Seine, prémices de Lutèce, l’architecte Émile Aillaud bâtit sur ce même site, en 1977 très exactement, les 18 tours de béton de la cité Pablo Picasso appelé les « tours nuages » situé dans le département des Hauts de Seine a Nanterre.

Description : À l’ouest de Paris, Nanterre, préfecture des Hauts de Seine peuplée de  89 966  habitants, est séparée de Neuilly par la Seine et la commune de Courbevoie. Masquée aux regards des parisiens par le quartier d’affaires de La Défense, la cité Pablo Picasso réunit 1600 logements dans 18   immeubles de  plus de 100 mètres de haut qui présentent trois points communs leur conférant une originalité certaine : chacun est formé d’immenses cylindres verticaux accolés, percés  de petites fenêtres circulaires qui lui donnent l’aspect d’une demeure troglodyte  et revêtus de céramique multicolore.

Une tour de taille modeste, une trentaine de mètres sans doute,  habillée de céramique blanche et bleue très pâle qui lui vaut le surnom de la tour nuage occupe le premier plan de notre photo. Vus du ciel les cylindres verticaux coupés en tranche horizontale par sa terrasse

prennent l’aspect de pétales de marguerite dont Émile Aillaud s’est amusé à décorer le centre d’une petite pyramide jaune pâle .On retrouve cette pyramide sur six autres immeubles dont les deux tours de même taille et de même couleur situées à droite mais la coiffe vire cette fois au marron pour l’une d’elle.

Au second plan un mini parc circule entre les immeubles. Dominés par des immeubles de plus de vingt étages, les arbres paraissent rachitiques et incapables de donner à la cité l’oxygène et la verdure qu’ elle mériterait. En retrait sur la droite, du haut de ses 40 étages et de ses 105 mètres, le gratte-ciel surnommé la Tour Bleue domine la cité Picasso.

Au dernier plan, succédant à un groupe de tours marron la deuxième plus grande tour de la cité avec sa trentaine d’étages se distingue par la variété de ses couleurs allant du marron au violet en passant par le beige, le bleu, le blanc…

La tour sombre située au fond á droite ne fait plus partie de la cité. Nous sommes arrivés à   la Défense et le dôme blanc situé à ses pieds n’est autre que le CNIT.

 

Interprétation :

En concevant la cité Pablo Picasso, Émile Aillaud voulait développer le concept de  » désordre apparent » ou de  » l’ordre caché. Telle qu’elle est présentée sur cette photo, la cité ne reflète pas vraiment cette volonté. Une vue des espaces publiques circulant entre les tours auraient pu donner une image plus proche du dessein d’Emile Aillaud, mais quoi qu’il en soit les habitants de la cité ne ressentent pas ce désordre organisé, ce qui  est du reste normal car un désordre vécu quotidiennement devient progressivement imperceptible.

Une autre idée d’Emile Aillaud était de fusionner ses immeubles avec le ciel. On appelle d’ailleurs parfois l’ensemble immobilier  » la cité des nuages ». Par un beau ciel bleu, légèrement voilé comme sur notre photo, Aillaud réussit son pari, mais l’impression donnée par temps pluvieux est franchement triste : les couleurs des immeubles et leurs petits yeux ronds leur donnent un air maladif.  Il n’empêche, la cité Pablo Picasso reste un témoin original d’une époque où les tours étaient reines.

Intérêt : Je n’ai pas choisi  cette photo par hasard, Je l’ai retenu bien sûr parce que j’y ai passé  le mois de juillet avant de quitter cet océan de tours pour les rivages de l’Atlantique mais aussi parce que je suis née et j’ai grand a deux pas de cette cité attachante où se mêlent souvent avec bonheur, parfois avec quelques difficultés races, couleurs de peau, cultures, religions.

Saaida Ouriachi, HK
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photographie de Floriane Nothhelfe

Localisation :

 

Cette photo a été prise depuis la presqu’île de Mussolo. Elle fait face à Luanda, capitale de l’Angola. Elle est rattachée à la ville par le Sud et remonte vers le Nord, séparant la baie de Mussolo de l’océan Atlantique. Cet endroit de la presqu’île est très particulier : c’est une baie à l’extrémité nord de Mussolo. Sa configuration varie au gré des courants.

 

Description :

 

Au premier plan, nous voyons une plage de sable blanc au bord d’une mer claire et plutôt calme. Au second plan se trouve une petite barque de pécheurs au mouillage et l’autre rive de la petite baie, sur laquelle se trouvent des arbres, des palmiers, des cabanons de fortune, des oiseaux, et au-delà, au dernier plan, nous voyons la ville de Luanda, avec ses immeubles, ses mussecs (bidonvilles angolais), des grues de construction et un ciel gris relativement pollué. Nous pouvons aussi distinguer un quartier de maisons récentes américaines et la villa de la mère d’Eduardo Dos Santos, président actuel de l’Angola.

 

Interprétation :

 

Luanda n’est pas réputée pour son littoral touristique. Bien qu’ayant un fort potentiel, il n’est nullement exploité, c’est pourquoi il n’y a aucune infrastructure au bord de mer et que la plage est déserte sur la presqu’île. Sur cette partie de la presqu’île, c’est-à-dire exactement entre la mer de Luanda et l’océan Atlantique, nous avons ce phénomène exceptionnel des courants qui empêchent la pollution de se déposer sur la plage. En effet, Luanda est une ville en bord de mer, mais elle est surpeuplée et aucun système de déchetterie, poubelle ou autre n’est organisé, si bien que la mer de Luanda est extrêmement polluée. De nombreux détritus flottent à la surface de l’eau et se déposent sur les bords de la ville et sur la partie de Mussulo qui lui fait face. Après les grosses pluies, toutes les ordures de la ville se retrouvent emportées dans la mer. L’autre rive, côté océan, est préservée de cette pollution. Par ailleurs, la présence de la barque et des cabanons de fortune nous rappellent les conditions de vie rudimentaires de la majorité des locaux. Ainsi, la plupart des Angolais n’a ni logements en dur ni emploi fixe. Ils vivent donc de pêche et de la vente dans les rues de toutes choses (des chemises aux tables de chevet, en passant par les pare-buffles et les télévisions). Cela explique la pauvreté du peuple, ici représentée par ces cabanes et les mussecs sur Luanda. Luanda est cependant en développement et en expansion depuis quelques années, aussi des immeubles poussent un peu partout dans la ville, et de nouveaux quartiers sont en construction. De plus en plus d’expatriés viennent y travailler, notamment dans le domaine du pétrole, ainsi des complexes ont été construits à l’extérieur de la ville pour les accueillir avec leurs familles. Sur la photo, nous avons pu distinguer la villa de la mère d’Eduardo Dos Santos. C’est une immense propriété aux très beaux jardins bien entretenus. Elle rappelle la richesse des hommes d’Etat angolais.

 

Intérêt :

 

Cette photographie illustre de nombreux aspects de Luanda et est très représentative du cadre de vie qu’on y trouve. Nous pouvons clairement repérer des éléments propres aux grandes villes des pays en développement. Nous avons ici un cliché qui fige un instant de l’expansion de la ville. En trois années, les modifications ont été notables, et assurément Luanda va encore profondément changer de visage. En septembre 2012, les premières élections présidentielles depuis que Dos Santos est au pouvoir, soit depuis l’indépendance du pays, vont avoir lieu. Bien que les Angolais n’aient pas encore accès à la vie promise par le président, il ne semble pas que le printemps arabe, qui a pourtant eu lieu dans des conditions semblables, ait des répercussions en Angola, où la population n’organise pas de mouvements de révolte.

 

Floriane Nothhelfer, hypokhâgne al

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Photographie d’Harold Ramonatxo

 La photo a été prise à notre arrivée en péniche sur la berge du lac Tonlé Sap, communément traduit par « grand lac ». Avant de débarquer pour suivre le chemin de Siem Reap, capitale de la province du même nom située au Nord du pays et à quelques centaines de kilomètres de Phnom Penh, nous avons suivi le cours de l’un des affluents du Tonlé Sap, et cette croisière miniature nous a présenté nombre de ces demeures précaires qui, par leurs structures toutes en matériaux de récupérations, ne sont pas sans nous rappeler les bidonvilles des grandes cités sud. Car si les villes telles que Siem Reap ont bénéficié de l’influence coloniale française lorsque intégrées au territoire indochinois (qui s’est vu indépendant à la fin de la guerre d’Indochine en 1953), les campagnes, qui brassent la majorité de la population, ne survivent que d’activités  locales et primaires et ne peuvent faire plus que subvenir à leurs besoins. Là-bas en architecture, les tôles viennent parachever la construction.

On reconnaît, en regardant la photo, ces pays où le climat influe davantage sur le mode de vie qu’il ne le fait dans nos pays occidentaux. Pour prévenir à la mousson, qui déclenche des orages et crues dévastateurs dans ces contrées Sud-Est asiatiques les populations bâtissent généralement sur pilotis à proximité des eaux, bien qu’on puisse également trouver des maisons flottantes sur le Tonlé Sap. Si parler de style architectural dans ces maisons de fortune peut facilement paraître déplacé, certaines se démarquent des autres par une empreinte extérieure, notamment chinoise.

En considérant la photo, qui plus est si le ressenti découle d’une expérience similaire, on ne peut s’empêcher de voir dans les pas du tourisme une ombre de voyeurisme. Nous apportons dans ces pays nos concepts, nos habitudes, et la réalité que l’on y trouve s’y oppose radicalement. Certes un large pan de l’argent entrant provient du tourisme – et ce n’est pas pour rien que j’ai choisi cette photo car le site d’Angkor, centre névralgique des flux touristiques, se trouve non loin de ces habitations -, mais le fait est que les plus démunis ne voient de cet argent que notre présence et le flash de nos appareils, et non sa matérialisation en effet.

Harold Ramonatxo, HK

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Mieux vaut être riche et urbain que pauvre et rural. Un constat valable dans maints domaines et particulièrement dans celui de l’énergie. Le récent gel des prix des carburants le rappelle crûment : en excluant le fioul domestique du bénéfice de la mesure mise en place pour trois mois, le gouvernement laisse de côté des populations parmi les plus fragiles au moment où, l’hiver approchant, le remplissage des cuves peut représenter une sacrée épreuve pour le budget des ménages.

À près d’un euro le litre, le fioul domestique frise actuellement son record historique de mars dernier (1,015 euro) et fait grimper la facture d’un plein à plusieurs centaines d’euros si l’on considère qu’une cuve représente en moyenne 1.000 litres, selon les professionnels, et qu’un pavillon de 120 m ² consomme entre 1.500 et 2.500 litres de fioul par an selon son âge, son état et sa situation géographique.

Le portrait du consommateur type n’est pas celui du bobo parisien, bellement logé dans un petit nid de mieux en mieux isolé, ou à tout le moins d’un représentant des classes moyennes les plus favorisées. Eux se chauffent au gaz naturel ou à l’électricité et avec des procédés de plus en plus performants. Le pigeon du fioul, c’est le « rurbain », pas assez fortuné pour s’offrir un logement en centre-ville, ou le rural tout simple qui n’ont guère le choix qu’entre la cuve de fioul ou la citerne de gaz.

lire la suite de l’article d’Yves Carroué sur le site du Berry républicain

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Photographie : Louis-Marie de Colbert

 

Localisation : Cette photo a été prise le 26 août 2012 à Siem Reap dans le nord du Cambodge.

 

Description :  Au premier plan se distingue la route avec deux tuk tuks, moyen de transport phare de l’Asie du Sud-Est en particulier dans les grandes villes et les zones touristiques. Sur la gauche roule une camionnette qui fait la navette entre la ville de Siem Reap et Phnom Penh la capitale du pays, située à cinq heures de route plus au sud. Deux voitures dont un 4×4 se trouvent entre la camionnette et les tuk tuk. Au second plan apparaissent des panneaux publicitaires – dont un au centre concernant la bière d’Angkor – et des habitations d’un style homogène et moderne. On repère enfin les nombreux fils électriques rassemblés en un poteau ainsi que quelques arbres témoignant de la très forte végétation de Cambodge.

 

Interprétation : La qualité de l’état de la route souligne l’exclusivité dont bénéficie la ville de Siem Reap en terme de développement. Les nombreux capitaux apportés par le tourisme, les temples d’Angkor n’étant qu’à 7 km de la ville, donnent les moyens aux autorités locales d’investir dans les infrastructures publiques. Dans le reste du pays les routes sont de manière générale dans un tout autre état. Le 4×4 témoigne de la nécessité d’avoir un véhicule un minimum solide. Les deux tuk tuks rendent compte de ce flux touristique important, les touristes étant leur cible privilégiée. Le tuk tuk certes peu confortable est rapide et permet d’observer parfaitement le paysage pendant le voyage. Les temples d’Angkor étant assez éloignés les uns des autres, réaliser le trajet entre deux temples en tuk tuk est idéal. Le style homogène et moderne des habitations reflète le dynamisme touristique dont profite la ville. Les constructions notamment d’hôtels se multiplient.

 

Intérêt : J’ai choisi cette photo puisqu’elle symbolise parfaitement le plein essor d’une ville cambodgienne. Les autres villes cambodgiennes possèdent rarement un tel état de route et d’habitations, de surcroît la circulation semble maitrisée. Lors de mon séjour dans ce pays en août j’ai trouvé frappant a quel point la proximité d’une zone touristique avec une ville pouvait métamorphoser celle-ci.

Louis-Marie de Colbert                                                                                   Septembre 2012

Hypokhâgne A/L

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