Pour consulter le programme du colloque : Partout la ville qui aura lieu la semaine prochaine (du 26 au 28 septembre 2012) à Clermont-Ferrand.

http://www.partoutlaville.com

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Photographie de Marie Amiot

Localisation :

Cette photographie a été prise fin aout 2012 près de la ville de Chartres dans le département d’Eure et Loire en Beauce.

Description :

Au premier plan, on peut voir un champ de blé moissonné. Il ne reste que la base du fétu de blé. Au deuxième plan nous voyons sur notre gauche un bosquet d’arbres formant une petite forêt en plein milieu des champs qui s’étendent à l’infini mais bloqués au troisième plan par la ville de Chartres avec sa cathédrale au deux cloches l’un gothique, l’autre roman, à droite et deux immeubles dépassants de la ligne d’horizon à notre gauche. Quelques arbres et poteaux électriques complètent ce dernier plan. Derrière le ciel ensoleillé s’étend partout très bleu.

 

Interprétation :

La Beauce grâce à son terrain et sa situation permet l’agriculture massive. Elle couvre six cent milles hectares répartis en plus de 12 000 exploitations et fermes . Betteraves, blés, colza sont les principales cultures en Beauce, celle-ci produit 13% des récoltes de la France soit 8,5millions de tonnes de céréales par an. Des chiffres qui lui ont donné le surnom « Grenier de la capitale » puis « grenier de la France ». Ils lui permettent  de nourrir la population française mais aussi de prendre part à l’exportation mondiale. En ce moment à cause de la sécheresse aux Etats-Unis, les récoltes ont été faibles et le prix du blé a augmenté permettant aux agriculteurs français ayant fait une meilleure récolte un revenu plus conséquent.

Grâce aux techniques de plus en plus modernes, les champs qui étaient bordés de petites haies ont vus celles-ci disparaitre pour laisser la place aux énormes machines : les tracteurs permettant une meilleure récolte que la faucille ou la charrue du 16ème siècle. Les bocages ont donc disparus et les champs s’étendent partout à perte de vue c’est le paysage de « l’openfield ».

Située au sud ouest de Paris, la beauce est une région assez sèche et son climat qui a d’abord fait fuir les populations avant le 12ème siècle : il y avait peu d’eau, attire maintenant des populations. Grâce à l’attractivité et le rayonnement de Paris et de sa région ainsi que la présence de l’autoroute A10, de plus en plus de gens viennent s’installer en Beauce.

Aujourd’hui  l’eau n’est plus source de dépopulation car les nouvelles technologies (tuyaux, réseaux )  et  la présence d’une grande nappe phréatique située sous le sol de Beauce facilitent l’accès à l’eau pour les cultures en cas de sécheresse.

Mais la Beauce est aussi une terre polluée à cause des nombreux engrais chimiques pourtant limités par certaines lois. Et cela pose un problème car ceux-ci polluent la nappe et les cours d’eau comme l’Eure ou la Loire. Malgré cela, la Beauce s’engage dans l’écologie et utilise sa géographie pour installer de nombreuses éoliennes.

Terre de beauce, terre de blé, c’est une région où il y a très peu d’élevages d’animaux de façon massive. La place est réservée pour les cultures : 57% du territoire beauceron.

Terre d’histoire aussi, comme le montre certaines batisses anciennes comme le château de Maintenon ou  la cathédrale de Chartres haut lieu de culte et de pèlerinage concurrencée aujourd’hui par les nombreux immeubles dans les nouveaux quartiers. Jadis les pélerins venaient par tous les chemins pour voir Notre-Dame de Chartres, mais aujourd’hui moins nombreux, ceux que l’on retrouve sur les chemins sont les visiteurs venus se ballader au soleil, dans les champs, ou faisant un tour en mongolfière pour mieux admirer les couchers de soleil à l’horizon.

Car la Beauce offre un paysage bien à elle, peu de relief, elle offre une longue et large vision du ciel et des champs en openfield que célèbre Charles Peguy à Chartres et Proust à Illiers- Combray.  Quelques bosquets d’arbres attestent la présence d’anciennes forêts défrichées au Moyen-Age par les cultivateurs.

Intérêts :

Je ne fais pas dans l’original car j’habite en Beauce et ce n’est pas forcément ma destination de vacances mais j’aime beaucoup les paysages de ces champs immenses qui n’ont pas de fin et cette vue panoramique qui s’étend très loin, le ciel bleu et son immensité.  Je trouve que la cathédrale de Chartres est un élément marquant à visiter au moins une fois dans sa vie faisant partie du paysage culturel beauceron au même titre que le château de Maintenon ou d‘anciens moulins et la confrontation avec les immeubles modernes montrent une ville contradictoire mais riche culturellement où se sont succédés de nombreuses populations.

Marie Amiot, HK/AL

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Habiter les espaces périurbains. Rodolphe Dodier, Laurent Cailly, Arnaud Gasnier et François Madoré. PUR, 2012. 219 pages. 16 €.

 

Les espaces périurbains ont le vent en poupe ! Voilà que Télérama a fait sa Une de son numéro de rentrée sur cet espace. Si le titre « Loin des villes, un rêve qui tourne mal » est moins catastrophique que le précédent numéro « Halte à la France moche » (février 2010, N°3135), le tableau dressé demeure toutefois assez sombre. Il faut dire que le très médiatique « La tentation du bitume » a inspiré les auteurs du dossier !

 

Les auteurs d’Habiter les espaces périurbains veulent croire à l’avenir de cet espace et s’attachent à comprendre ce qui pousse les Français à venir s’y installer. Ils se refusent à ne voir dans cet espace que l’expression d’une individualisation de l’espace et croient aux logiques collectives qui s’y maintiennent. C’est parce que c’est un espace en devenir qu’il faut mieux « parler d’espace – laboratoire plutôt que de ‘terrain’ ». Tout jugement de valeur doit être laissé de côté, sans compter le fait que toutes les populations périurbaines ne se ressemblent pas. Arnaud Gasnier montre qu’à La Bazoge (Sarthe), la population y est très diverse. Cela va des CSP + installées sur de grandes parcelles boisées à des populations précaires, locataires de maisons de village.

 

Pour rendre compte de cette diversité, des enquêtes qualitatives et quantitatives ont été réalisées dans le cadre du PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture) PERIURB. Celles-ci ont porté sur les stratégies résidentielles des ménages et elles ont montré qu’il n’y a pas de déterminisme du marché du logement et de l’emploi. La rationalité du choix résidentiel n’est pas toujours au rendez-vous. Des contraintes de toutes sortes (y compris culturelles) pèsent sur les ménages. La part du hasard n’est pas négligeable, non plus (importance du « coup de cœur »). Les auteurs rejettent la position de Jacques Lévy (2003) et refusent de stigmatiser les habitants périurbains comme des individualistes. « Le repli côtoie l’ouverture, l’entre soi s’oppose au vivre ensemble. »

 

C’est l’ouest de la France qui a été étudié avec ce PUCA et plus particulièrement la région autour du Mans. Les cartes réalisées lors de ce programme de recherche permettent de constater la rapidité de l’étalement de l’aire urbaine du Mans entre 1982 et 2006. Les bassins d’emploi périphériques sont désormais intégrés à l’aire mancelle. Celle-ci est parcourue par des flux liés au travail, au lieu d’étude (renforcement des polarités secondaires dans le cas des collèges périurbains), aux loisirs, shopping compris. On est loin d’un modèle centre / périphérie : les flux internes au périurbain étant nombreux et d’autant plus variés en fonction de la position géographique du périurbain (proche ou lointain, périurbain des petites et moyennes ou périurbain des grandes villes).

 

L’enquête PERIURB montre très précisément la diversité des modes d’habiter. L’ouvrage constitue un recueil précis des habitudes des périurbains. Et c’est plus particulièrement dans le dernier chapitre que Rodolphe Dodier rend compte de ces comportements. Dans la lignée de l’HDR (http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00430480) qu’il a soutenue en 2009, il fait vivre, par son récit, les habitants du périurbain en mettant en œuvre des exemples concrets. La typologie des modes d’habiter le périurbain (cf. petits croquis portant sur les pratiques spatiales des périurbains) comme les exemples mobilisés peuvent servir de supports à l’enseignant de classe de troisième ou de première qui a à enseigner l’espace périurbain dans sa classe de géographie. Rodolphe Dodier veut croire que « l’archétype périurbain, dans sa façon d’être exprimé dans la littérature scientifique ou plus encore dans les discours des urbanistes, ne coïncide pas exactement avec la réalité des habitants des espaces périurbains. » La périurbanité n’est en rien un état de seconde zone. Encore faut-il pour éviter d’enseigner une caricature du périurbain prendre le temps d’expliquer aux élèves que tous les périurbains ne sont pas des vilains individualistes pollueurs d’extrême droite. Pas évident quand on dispose de 4 heures dans l’année pour enseigner cette question à des élèves de troisième !

 

Catherine Didier-Fèvre ©Les Clionautes

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photographie de Gabrielle Peyrelongue

Localisation

 

Cette photo a été prise le 5 aout 2012 sur le banc d’Arguin à la sortie du bassin d’Arcachon en Gironde (33) en France.

 

Description

 

Au premier plan on observe les petites dunes de sable du banc d’Arguin recouvertes  d’oyat, une espèce de plantes qui croit dans les terrains sablonneux et permet de fixer les dunes de sable. Le banc d’Arguin est constitué de plusieurs de ces  dunes et bandes de sables qui se déplacent continuellement.

Au deuxième plan apparait une anse de ce banc, où les bateaux peuvent accoster le banc et mettre l’ancre. C’est ici le point d’arrivée de nombreux plaisanciers qui viennent profiter de cet ilot a la sortie du bassin d’Arcachon. La marée est haute au moment où la photo a été prise, cependant on aperçoit quelques langues de sables qui se découvrent lorsque la marée descend.

Enfin, nous distinguons en arrière plan la dune du Pilat, plus haute dune d’Europe qui atteint 110 mètres d’altitude. Son sommet offre une vue sur l’ensemble du bassin d’Arcachon.

 

Interprétation

 

Le bassin d’Arcachon doit son attractivité touristique tout d’abord à son paysage original. Les bancs et ilots qui s’y sont formés sont cause de mouvement dans le bassin  et se présentent un paysage diversifié, avec d’une part le band de sable blanc (banc d’Arguin) et d’autre part l’ile aux oiseaux, une ile formée d’une végétation humide souvent inondée (sables vaseux). Ces bancs d’une grande envergure (1000 hectares pour l’ile) peuvent accueillir de nombreux vacanciers. Enfin, la dune du Pilat contribue à la notoriété de cette station balnéaire : en effet elle accueille plus de 1,5 millions de visiteurs par an.

De plus, le banc d’Arguin a une importance écologique : en effet il abrite une réserve naturelle nationale. Ce banc  est un lieu d’accueil important pour beaucoup d’espèces d’oiseaux hivernants migrateurs et il abrite une des plus grandes colonies de Sternes caugek d’Europe.

 

Intérêt

 

Cette photographie représente assez bien les particularités du bassin d’Arcachon en montrant son paysage spécifique, ses attraits touristiques combinés à une certaine responsabilité écologique.

 

Gabrielle Peyrelongue, HK

 

 

 

 

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Photographie de Etienne Daubié
Le site nucléaire du Tricastin se situe en Drôme provençale, entre Montélimar et Avignon et à cheval sur les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhônes-Alpes, auxquels il fournit une majeure partie des ressources électriques.
Au premier plan, on aperçoit un mur partiellement effondré, un des derniers vestiges de l’ancien village de Bollène, auparavant situé en haut du mont surplombant la vallée du Rhône qui s’étend à l’arrière plan. Au second plan, au pied de cette petite montagne, se trouve la commune de Bollène et notamment le centre commercial (le grand bâtiment blanc et gris en bas à gauche). Ensuite, coupant le panorama et légèrement en biais se trouve le canal de Donzère-Mondragon (canal de dérivation du Rhône) avec une péniche qui y navigue et, à peine discernable, la voie rapide qui lui est parallèle juste en dessous (le rond point au centre le la photo en fait partie). Après le canal, on peut voir le site nucléaire du Tricastin, avec les deux cheminées à gauche, les quatre réacteurs à droite juste au dessus du mur, et à l’arrière l’usine d’enrichissement de l’uranium. Enfin, à l’arrière plan s’étend la vallée du Rhône, avec ses cultures diversifiées et au fond les premiers contreforts des monts de l’Ardèche.
Cette photo permet d’illustrer les évolutions de l’aménagement du territoire français dans les 50 dernières années : le premier et l’arrière plan rappellent le monde rural et la primauté qu’avait l’agriculture dans cette région il y a un demi-siècle : la douceur du climat, l’ensoleillement pendant une majeure partie de l’année et les crues du Rhône sont des facteurs qui, réunis, ont permis à cette région d’être extrêmement fertile, à la fois pour des cultures céréalières, mais aussi maraîchères, fruitières et bien évidemment la culture des vignobles. Cependant cette richesse de la terre est aussi un danger, et les crues du Rhône ainsi que les risques d’invasion poussent les habitants de la région à construire en hauteur, comme le rappelle le mur d’enceinte au premier plan de la photo. C’est toujours cette imprévisibilité du Rhône qui sera à l’origine de la construction du canal de Donzère-Mondragon dans les années 50, permettant une navigation plus fluide pendant toute l’année ; puis, dans les années 60, sous l’impulsion du Général De Gaulle, est construit sur les rives de ce canal le site d’enrichissement nucléaire, initialement uniquement à des fins militaires. C’est avec l’agrandissement du site dans les années 70 et sa conversion partielle au nucléaire civil que le site va devenir une source d’emploi importante (actuellement plus de 5000 emplois). La nouvelle ville de Bollène se développe le long du canal, ainsi que les communes voisines de Saint-Paul-Trois-Châteaux et Pierrelatte, et une voie rapide est donc construite pour faciliter les transports de biens et de personnes. La maîtrise des crues du Rhône, la disparition des risques liés aux invasions, et plus conjoncturellement les offres d’emploi, la commodité des transports et l’activité économique liée au canal, à la voie rapide et au développement des villes ont poussé les habitants du village surplombant le canal à descendre dans la vallée et à abandonner l’ancien Bollène, qui aujourd’hui a donc presque entièrement disparu, à l’exception de quelques vestiges envahis par la végétation.
L’intérêt de cette photo réside dans le fait qu’elle symbolise les mutations d’une région qui, bien qu’éloignée des grands pôles dynamiques du territoire, a su s’intégrer aux processus de développement économique en alliant une technologie de pointe et une organisation efficace de son espace.
Etienne Daubié, Hypokhâgne A/L
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