Photographie de Marie Amiot

Localisation :

Cette photographie a été prise fin aout 2012 près de la ville de Chartres dans le département d’Eure et Loire en Beauce.

Description :

Au premier plan, on peut voir un champ de blé moissonné. Il ne reste que la base du fétu de blé. Au deuxième plan nous voyons sur notre gauche un bosquet d’arbres formant une petite forêt en plein milieu des champs qui s’étendent à l’infini mais bloqués au troisième plan par la ville de Chartres avec sa cathédrale au deux cloches l’un gothique, l’autre roman, à droite et deux immeubles dépassants de la ligne d’horizon à notre gauche. Quelques arbres et poteaux électriques complètent ce dernier plan. Derrière le ciel ensoleillé s’étend partout très bleu.

 

Interprétation :

La Beauce grâce à son terrain et sa situation permet l’agriculture massive. Elle couvre six cent milles hectares répartis en plus de 12 000 exploitations et fermes . Betteraves, blés, colza sont les principales cultures en Beauce, celle-ci produit 13% des récoltes de la France soit 8,5millions de tonnes de céréales par an. Des chiffres qui lui ont donné le surnom « Grenier de la capitale » puis « grenier de la France ». Ils lui permettent  de nourrir la population française mais aussi de prendre part à l’exportation mondiale. En ce moment à cause de la sécheresse aux Etats-Unis, les récoltes ont été faibles et le prix du blé a augmenté permettant aux agriculteurs français ayant fait une meilleure récolte un revenu plus conséquent.

Grâce aux techniques de plus en plus modernes, les champs qui étaient bordés de petites haies ont vus celles-ci disparaitre pour laisser la place aux énormes machines : les tracteurs permettant une meilleure récolte que la faucille ou la charrue du 16ème siècle. Les bocages ont donc disparus et les champs s’étendent partout à perte de vue c’est le paysage de « l’openfield ».

Située au sud ouest de Paris, la beauce est une région assez sèche et son climat qui a d’abord fait fuir les populations avant le 12ème siècle : il y avait peu d’eau, attire maintenant des populations. Grâce à l’attractivité et le rayonnement de Paris et de sa région ainsi que la présence de l’autoroute A10, de plus en plus de gens viennent s’installer en Beauce.

Aujourd’hui  l’eau n’est plus source de dépopulation car les nouvelles technologies (tuyaux, réseaux )  et  la présence d’une grande nappe phréatique située sous le sol de Beauce facilitent l’accès à l’eau pour les cultures en cas de sécheresse.

Mais la Beauce est aussi une terre polluée à cause des nombreux engrais chimiques pourtant limités par certaines lois. Et cela pose un problème car ceux-ci polluent la nappe et les cours d’eau comme l’Eure ou la Loire. Malgré cela, la Beauce s’engage dans l’écologie et utilise sa géographie pour installer de nombreuses éoliennes.

Terre de beauce, terre de blé, c’est une région où il y a très peu d’élevages d’animaux de façon massive. La place est réservée pour les cultures : 57% du territoire beauceron.

Terre d’histoire aussi, comme le montre certaines batisses anciennes comme le château de Maintenon ou  la cathédrale de Chartres haut lieu de culte et de pèlerinage concurrencée aujourd’hui par les nombreux immeubles dans les nouveaux quartiers. Jadis les pélerins venaient par tous les chemins pour voir Notre-Dame de Chartres, mais aujourd’hui moins nombreux, ceux que l’on retrouve sur les chemins sont les visiteurs venus se ballader au soleil, dans les champs, ou faisant un tour en mongolfière pour mieux admirer les couchers de soleil à l’horizon.

Car la Beauce offre un paysage bien à elle, peu de relief, elle offre une longue et large vision du ciel et des champs en openfield que célèbre Charles Peguy à Chartres et Proust à Illiers- Combray.  Quelques bosquets d’arbres attestent la présence d’anciennes forêts défrichées au Moyen-Age par les cultivateurs.

Intérêts :

Je ne fais pas dans l’original car j’habite en Beauce et ce n’est pas forcément ma destination de vacances mais j’aime beaucoup les paysages de ces champs immenses qui n’ont pas de fin et cette vue panoramique qui s’étend très loin, le ciel bleu et son immensité.  Je trouve que la cathédrale de Chartres est un élément marquant à visiter au moins une fois dans sa vie faisant partie du paysage culturel beauceron au même titre que le château de Maintenon ou d‘anciens moulins et la confrontation avec les immeubles modernes montrent une ville contradictoire mais riche culturellement où se sont succédés de nombreuses populations.

Marie Amiot, HK/AL

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Photographie de Pierre Morvan

Elan Valley se situe au coeur du pays de galles, à dix kilomètres environ au Sud-Est de Rhayader. Le site est composé de quatre bassins de retenue d’eau, construits entre 1892 et 1903 pour approvisionner en eau la ville anglaise de Birmingham. Au dessus des barrages de retenues d’eau, on peut admirer des aqueducs construits à la fin du XIXème siècle, surmontées de petites tours d’observation et de maintenance. Les constructions s’insèrent merveilleusement dans le paysages, et les bassins, bordés de grands conifères et de mousses contribuent à rendre la région superbe.  L’aménagement de ces réservoirs a entrainé l’immersion de campagnes et de villages connus pour leur caractère sauvage, ce qui a été à l’origine  de rancoeurs aujourd’hui encore vives des Gallois à l’encontre des Anglais. C’est le caractère vallonné de la région et sa richesse naturelle en petits fleuves, lacs, rivières qui l’a désignée comme zone idéale pour la construction de ces bassins. Le bassin permet aujourd’hui d’alimenter d’autres villes, comme Liverpool, après traitement, en eau potable. La région en générale, peut densément peuplée, vie du tourisme et de l’élevage d’ovinés.

Pierre Morvan, HK/BL

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Comment mieux apprendre les bons gestes qu’en jouant ? C’est à partir de cette question que la Ville d’Issy-les-Moulineaux a décidé de proposer à ses habitants un jeu en ligne sur le thème du Développement Durable. Une application ludique et interactive qui apprend aux Isséens comment économiser l’eau, l’énergie et le chauffage, à partir d’exemples locaux, transposables dans la vie quotidienne.

Développé avec la société Sysope, spécialisée dans le serious game – jeu sérieux – au service du développement durable, le jeu vous apprendra, par exemple, que la Ville d’Issy-les-Moulineaux économise des millions de litres d’eau chaque année grâce à son système de captage des eaux de pluie et à son bassin de captage d’eau de source (boulevard Rodin), que la géothermie permettra de couvrir une très grande part des besoins énergétiques (chauffage, eau chaude, sanitaires) dans le futur quartier du Fort d’Issy, ou que les panneaux solaires installés dans nos écoles primaires permettent d’éclairer près de 50 classes par an. Le jeu propose également toute une série d’astuces pour faire des économies individuellement.

Pionnière dès 1991 avec la signature d’un plan municipal d’environnement, la Ville promeut systématiquement des initiatives respectant l’environnement : toitures végétalisées, verrières photovoltaïques, horodateurs solaires, systèmes LED pour l’éclairage de Noël, guide de l’agent éco-responsable dispensant des conseils pratiques, véhicules municipaux fonctionnant au GPL ou à l’énergie électrique, récupération des eaux de source…. Les nouveaux aménagements urbanistiques (quartier d’affaires Seine Ouest) ou les projets (éco-quartier des bords de Seine) sont emblématiques d’une nouvelle ère, celle de la Haute Qualité environnementale !

Allez sur le site

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source : http://www.grand-dijon.fr/decouvrir/environnement/la-dijonnaise-18175.jsp

Cet article est issu de L’annuaire du développement durable, paru en 2010 aux presses universitaires de Sciences Po. Il est écrit par Sylvy Jaglin, professeur à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée, chercheur au LATTS, et membre associé de l’UR Développement local urbain. Sylvy Jaglin s’interroge ici sur la spécificité du rapport entre accès à l’eau et intégration urbaine dans les villes du Sud, montrant que le modèle des pays développés y est inefficace, et présentant les initiatives prises pour concilier gestion de l’eau et intégration urbaine.

Idées importantes :

Le modèle de réseau urbain unique des villes du Nord est incompatible avec le développement des villes du Sud qui bénéficient encore d’un réseau intégrateur inefficace et sont confrontées à une double évolution. En effet, avec, d’une part, la diversité de la demande en services, vecteur d’innovation, et, d’autre part, la normalisation des offres privées et informelles due à l’échec du réseau conventionnel, l’eau est devenue un enjeu majeur et politique dans la recherche de l’intérêt général des populations.

La déconnexion entre réseaux et villes du Sud est tout d’abord durable. Elle est générée par la pauvreté, le manque de capitaux et la faiblesse des institutions. Les réseaux sont alors inachevés ou inexistants, ce qui provoque l’apparition de nouvelles façons d’aborder la question de l’eau dans les villes du Sud. La réflexion sur les mérites du privé et du public a tout d’abord entraîné une remise en cause du public, aboutissant à un consensus international marqué par des partenariats et contrats entre public et privé. Mais l’inefficacité des agences de régulation rend le bilan de cette entente modeste. Dès lors, les villes améliorent les contrats existants plutôt que d’en signer de nouveaux. Le modèle des villes du Nord a montré son inefficacité en raison de facteurs techniques, juridiques, politiques, les engagements étatiques dans le secteur de l’eau étant négligeables, et la conciliation entre institutions formelles et informelles se révélant difficile. De plus, les ménages pauvres n’ont que peu de moyens pour faire entendre leurs revendications.

En effet, dans les villes du Sud, réseau conventionnel et offres alternatives cohabitent. Ces dernières sont autonomes financièrement, présentes dans la distribution et la production d’eau, mais restent souvent artisanales et coûteuses à l’unité (les ménages paient en moyenne 10 à 20 fois plus cher leur eau que les raccordés). Leur mérite est cependant de présenter des formes d’intégration sociale, les usagers étant intégrés dans des réseaux sociaux et marchands.

La diversité est donc réelle, et n’a pas de solution définie pour le problème de l’intégration qu’elle pose. Elle doit être mise en ordre, et le défi est de penser la coexistence des systèmes de fourniture et leur interaction, d’assurer leur coordination plutôt que de les juxtaposer. Les services sont de plus en plus diversifiés, les solutions étant adaptées aux revenus modiques par des innovations, et la baisse des coûts de gestion. De plus, l’urbanisation, la pauvreté, les questions sanitaires, le dynamisme démographique ont conduit à une hybridation des dispositifs d’approvisionnement, et à la création de nouvelles offres favorisant la décentralisation du réseau. On forge donc un compromis entre coûts élevés et droit à l’eau.

Les désillusions sur le partenariat public/privé ont d’autre part renforcé la séduction des petits opérateurs privés qui séduisent par leur flexibilité et leur réactivité. Il y a donc un développement des partenariats orthodoxes (exemple de Port au Prince : solidarité physique des infrastructures, mais autonomie gestionnaire de la desserte dans les bidonvilles), et un essor du modèle de l’entreprenariat collectif, comme c’est le cas en Tanzanie, à Zamcargo.

Le système des villes du Sud est ainsi décentralisé, se développant là où les conditions de marché lui sont favorables, et son insertion passe par son articulation avec le réseau conventionnel et son extension dans les zones urbaines encore dépourvues de tout dispositif.

Cette articulation nécessite l’existence d’un socle commun de règles, réduisant les effets de fragmentation. Il s’agit ici de gouverner la diversité. Pour cela, les subventions publiques sont réhabilitées dans certaines villes. Autre initiative, une démarche labellisée, OBA (Output Based Aid), vise à verser une subvention selon la performance, pour renforcer la responsabilité des acteurs et permettre un effet de levier à l’aide publique. Ces mécanismes sont toutefois peu appliqués à grande échelle et inexistants dans les filières informelles. La question des subventions à la consommation des pauvres, et celles des subventions des filières informelles reste un problème. Les outils pour financer l’équité sociale et spatiale restent à inventer.

Devant le nombre croissant d’acteurs, la contractualisation est privilégiée pour stabiliser l’organisation. Elle favorise l’identification des contractants et clarifie les rôles, tout en restant fragile lorsque le contrat n’a pas de garantie juridique, pas de modalités de fonctionnement définies. L’enjeu est de taille, puisqu’il s’agit de favoriser l’intégration urbaine sans tomber dans l’uniformisation. A cet enjeu s’ajoute celui de l’environnement, confronté à la pollution des nappes phréatiques notamment. Si les filières informelles sont mal armées pour réagir, les conventionnelles y font face en puisant de l’eau profonde et en la traitant avant la distribution. Le poids des efforts environnementaux est cependant complexe à répartir entre des entreprises aux moyens et responsabilités disparates.

Enfin, l’intégration urbaine peut être améliorée par une gestion stratégique des interactions et une formalisation des inégalités intra-urbaines. Créer une coopération pour dépasser les conflits est un enjeu de l’institutionnalisation du service public d’eau. Pour cela, deux approches s’opposent : l’une promeut l’autonomisation des systèmes, sans règle commune, voie peu coûteuse en terme de coopération, mais dangereuse pour l’intégration. L’autre veut introduire des règles « englobantes » garantissant la coordination des dispositifs.

Il apparaît donc que les systèmes composites sont encore incomplets, mais prometteurs si coexistence et normalisation des systèmes s’organisent, grâce au pouvoir politique, seul capable d’imposer des règles valorisant l’intégration urbaine des systèmes composites.

Réflexion personnelle :

La gestion de l’eau semble être devenue un facteur déterminant dans l’intégration des populations urbaines dans les villes du Sud. Il s’agit non seulement d’un enjeu en termes de survie, mais aussi d’un enjeu social, sanitaire, et, plus largement, d’un enjeu en termes d’intégration dans le monde. L’opposition entre villes du Nord et villes du Sud est en effet flagrante au niveau de leur gestion de l’eau, et il semble que ce décalage soit à la fois l’origine et la conséquence du fossé existant entre villes du Nord et villes du Sud : d’une part, la moitié seulement des besoins en eau potable des villes du Sud est satisfaite, tandis que dans les villes des pays développés du Nord, une véritable industrie de l’eau a été mise en place, l’eau abonde, et est même surconsommée, un Français consommant en moyenne 150L d’eau par jour, contre 20L seulement il y a un siècle. La répartition de l’eau pose elle-même problème : l’eau est en effet gaspillée dans les villes du Nord (consommation globale de 1500 m3 par an et par habitant), tandis qu’elle fait défaut dans les villes du Sud (150 m3 par an et par habitant).

Mais cette inégalité des ressources en eau creuse davantage le fossé entre Nord et Sud, dans la mesure où le manque d’eau et d’infrastructures au Nord génère, ou révèle, de profondes inégalités sociales, sanitaires, politiques, empêchant le développement, la bonne santé économique et le dynamisme politique du pays tout entier… Ainsi, si l’accès à l’eau est un facteur essentiel de l’intégration des populations du Sud dans les villes, il est, plus largement, un enjeu prépondérant pour l’intégration des villes du Sud dans l’espace mondial, sur la scène internationale.

Claire Gouyon, HK BL

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Chapitre extrait du livre de Yvette Veyret et Jacqueline Jalta. Développements durables : 12 leçons. Autrement, 2010

Introduction :Le développement durable est un objet politique, dont l’ambition est d’établir un meilleur ajustement entre trois pôles, social, économique et social. L’eau, en tant que ressource rare, naturelle et épuisable en est l’un des enjeux ; cependant, la nature n’est pas la seule responsable des manques d’eau dans certains pays 

1)Les besoins et les usages de l’eau.

 Domestique (10%), agricole (70%), industriel (20%).

*Le 6ème de la population n’a pas accès à l’eau :2 milliards de personnes vivent dans des pays à stress hydrique, c’est-à-dire dont les ressources sont inférieures à 1700 m3 par an.

*Ce n’est pas seulement la rareté mais la mauvaise gestion qui explique souvent l’absence d’accès ou de raccordement à l’eau des populations.(cause de maladies et de victimes).

* L’augmentation de la demande en eau concerne tout d’abord l’irrigation.

*La disponibilité en eau douce par Etat révèle de grandes inégalités entre les pays, inégalités régionales et sociales : la disponibilité en eau ne signifie pas que les populations en disposent, les raisons naturelles ne sont donc pas les facteurs uniques : les périmètres d’irrigation se sont multipliés en Chine, en Inde, aux Etats-Unis (l’agriculture participe tout d’abord à la nourriture de l’humanité.) mais impliquent une révision des méthodes pour éviter le gaspillage. De plus les mégalopoles ont une demande en eau sans cesse croissante : Riyad.

 -L’eau domestique notamment doit être potable, alors que l’eau est souvent polluée : sur le pourtour de la Méditerranée, 80% des eaux usées sont rejetées dans la nature. : la gestion des eaux usées est donc une nécessité.

 2)Des solutions existent-elles pour un accès à l’eau dans le futur ?

Les Sommets pour l’environnement ont tous admis la nécessité de diviser par 2 d’ici 2015 la proportion des personnes n’ayant pas accès à l’eau et de généraliser un assainissement de base, mais beaucoup de pays surtout en Afrique subsaharienne demeurent loin de l’objectif indiqué. Il faut distinguer les pays dont la ressource est rare, pour des raisons naturelles ou à cause d’une forte demande, et les pays capables de mobiliser des ressources. Les questions relatives à l’eau lient aspects sociaux et environnementaux. Une bonne gestion nécessite de concilier protection de la ressource, pérennité économique et équité sociale.

*Il s’agit d’abord de réduire les pertes (à Mexico, elles dépassent la consommation journalière d’une ville comme Rome.)

*L’agriculture utilise beaucoup d’eau pour assurer la sécurité alimentaire, mais les techniques d’irrigation du type goutte-à-goutte doivent être développées pour éviter le gaspillage par l’évaporation, comme c’est déjà le cas en Jordanie.

* Le traitement des eaux usées et le recyclage de l’eau, comme en Europe : les eaux usées constituent une véritable ressource, et elle est moins chère que l’eau importée ou dessalée( en Californie et en Australie, mais demandant une forte consommation d’énergie).

*Transférer l’eau sur de grandes distances.

*L’usage des nappes fossiles, comme c’est le cas en Libye.

*La récupération de l’eau de pluie dans des citernes, ce qui reste risqué pour la santé.

Les solutions envisagées nécessitent une bonne gouvernance, des choix politiques, une connaissance des pratiques et de ressources.

3)Etude de cas : la Libye.

 Pays de 6,3 millions d’habitants, dont 85% dans les villes, avec un taux d’accroissement naturel de 2% par an (hausse du niveau de vie dû aux revenus pétroliers), qui fait planer la menace d’une pénurie d’eau, d’où la formation du programme GMR (Grande Rivière Artificielle), dont le but est de transférer l’eau des nappes souterraines du sud du pays vers les régions peuplées du littoral : la question en termes de gestion de la ressource est controversée.

+ L’eau, une ressource rare en Libye : 90% de la  surface de la Libye est occupée par le Sahara, et les précipitations annuelles du pays ne dépassent pas 300mm ; les ressources en eau ne peuvent couvrir que 2% de la demande, le reste est dépendant des nappes souterraines, dont le renouvellement si lent qu’on peut les qualifier de non renouvelables, et qui font pourtant l’objet d’une exploitation intense.

+Des aménagements gigantesques et coûteux : le projet GRA lancé en 1985 consiste à mobiliser l’eau des nappes fossiles et à les redistribuer à la population, par l’installation d’un vaste réseau de forages, réservoirs, canalisations ; l’eau ainsi transférée sert à recréer ou revitaliser des périmètres irrigués et à améliorer l’alimentation en eau des grandes agglomérations libyennes.

+L’eau du Sahara, une solution durable ? Se pose la question de l’exploitation de la ressource lors de ces transferts : le gaspillage de l’eau à cause d’une irrigation mal conduite en région aride et d’un usage domestique souvent excessif pose un problème.

Partisans du projet : La maîtrise des eaux souterraines est d’abord un choix politique nécessaire pour se diriger vers une autosuffisance alimentaire, et permet des efforts en matière de recyclage des eaux usées, d’assainissement et de lutte contre le gaspillage. Ce GRA permet également de diversifier le marché de l’emploi et de lutter contre le chômage.

Détracteurs du projet : au vu des conséquences environnementales et économiques, se pose la question de la durabilité du projet, ainsi que des problème de corrosion et de fuites, qui amènent à se rapprocher d’autres techniques comme le dessalement ; il faudrait donc redéfinir la politique de l’eau, réfléchir à des modalités de rationalisation des usages agricoles et à la prise en compte du coût environnemental dans la définition du prix de l’eau.

Conclusion : *Peut-on envisager des guerres de l’eau demain ? Dans les régions semi-arides, comme au Sahel, où la ressource est naturellement réduite et les investissements en matière d’équipement insuffisants.

*Les effets du changement climatique sur les ressources en eau : quelles priorités sur l’usage de l’eau ? L’agriculture, les usages domestiques, le tourisme, l’industrie ?

*Y aura-t-il des guerres de l’eau ? Elle contraint les Etats à augmenter leur coopération, malgré les tensions. Les acteurs internationaux doivent intervenir pour conduire une politique de partage et d’équipement, d’après la notion de « bien commun de l’humanité ».

 Les auteurs :

YVETTE VEYRET :agrégée de géographie, professeur des Universités, a écrit plusieurs ouvrages sur la question de développement durable dont L’ Atlas des développements durables, 2008.

 JACQUELINE JALTA : agrégée de géographie, inspectrice pédagogique régionale de l’ Académie de Paris, écrit des manuels de géographie pour le second cycle et l’enseignement secondaire.

 Les sources :

Le monde diplomatique,2005,F.Lasserre et P.Rekacewicz.

J.Fontaine, 1996.

Otchet, 2000.

FAO, Aquastat, 2008.

 

Réflexion personnelle autour de la lecture :

 L’eau est un élément essentiel à la santé des populations, à la protection de l’environnement et au développement économique et social des territoires, autant de facteurs qui la placent au cœur des problématiques de développement durable. On peut, dans une perspective d’amélioration de la gestion des eaux, prendre en compte  le rôle des fleuves dans l’organisation de l’espace, dans le but de proposer des réponses locales aux enjeux que sont la lutte contre le changement climatique, la préservation de la ressource en eau, la protection de la biodiversité( autour des installations de propreté des eaux), la sensibilisation à l’environnement et l’accès à l’eau pour tous dans les pays en développement comme dans les pays développés. Les fleuves et les rivières d’Europe, ainsi que les zones humides qui leur sont associées, comptent parmi les milieux ayant le plus souffert des activités de l’homme ; 25% des cours d’eau d’Europe occidentale et méridionale sont pollués à un niveau extrême. Les enjeux politiques, financiers et humains autour de l’eau sont considérables, notamment en termes d’assainissement, d’approvisionnement, de distribution et de gestion de l’eau.

Marguerite Oudin, HK AL.

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