Eric Auburtin, Bruno Billman, Pascal Brenneur, Stéphane Dubois, Alain Joyeux, Laetitia Laumonier
ECS Testez-vous en géographie – géopolitique du monde contemporain. 400 fiches et QCM pour faire le point sur vos connaissances.
Sup’ Foucher, 2010. 14,50€

La mode des tests est revenue ! Pour s’en convaincre, il suffit de penser aux fascicules édités par Le Monde : Connaissez-vous la France ? Connaissez-vous le monde ? … Avec ce volume paru chez Foucher, on se dit que la même recette est employée. Pourtant, ici, il y a un supplément premium !

Destiné aux élèves préparant les concours d’entrée des écoles de commerce et de management, ces 245 pages ne comportent pas que des QCM. Ils sont accompagnés en plus de 100 fiches de mise au point destinées à approfondir ses connaissances. Tout y passe : l’économie mondiale du début du XXème siècle jusque dans les années 1970, les grands équilibres mondiaux, la géodynamique des ensembles régionaux. Des zooms sur des hommes politiques qui ont compté dans l’histoire (Mao et Rockefeller), des études de cas (La production de l’Airbus 380, la diaspora chinoise d’Asie du Sud-Est, le barrage des Trois Gorges), des débats (Le Sahara occidental est-il marocain ? Quelle action l’Union européenne a-t-elle sur les territoires ?) composent l’ensemble de ces fiches d’une page. Une manière de faire le point vite-fait et de se sentir moins bête après.

A l’origine de cet ouvrage, six profs de classes préparatoires aux grandes écoles issus des 4 coins de la France : Montpellier, Angers, Clermont-Ferrand et un bastion de l’Est composé par Nancy-Metz et Chalons en Champagne. Ils ont voulu aller plus loin qu’un quizz, puisque même les réponses aux QCM sont commentées. Ils espèrent trouver un plus large public que celui des classes préparatoires : des élèves de terminale, des étudiants de fac, voire le grand public.

Catherine Didier-Fèvre © Les Clionautes

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11 mars à 20H30 se tiendra à l’institut d’enseignement supérieur de l’Yonne (rue Victor Guichard, à Sens) une conférence – débat donnée par Michel Goussot, maître de conférences à l’IEP Paris sur la thématique :

Les Etats légitimes sont-ils encore les seuls acteurs de l’espace mondial ?

Organisée par le Cercle Condorcet, la conférence est gratuite.

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http://www.cndp.fr/fig-st-die/archives-ancien-site/2008.html

chapitre extrait de Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête ! Lattès, 2010

Le métier de militaire comme la fonction militaire change.

Les Etats œuvrent pour un monde de paix comme en témoigne la réduction du nombre de conflits. En revanche, les conflits intra-étatiques ne sont pas moins nombreux conduisant le militaire à diversifier ses missions vers des opérations de paix devenues plus complexes et politisées.

Quel est « le bon usage des armées de la planète » ?

Philippe Boulanger est maître de conférences en géographie à l’Université Paris-Sorbonne. Ses travaux de recherche porte sur la géographie historique de la France, la géopolitique et la géographie militaire dans le monde. Entre 2006 et 2009, il a été directeur des études de géographie à l’Université Paris Sorbonne-Abu Dhabi (Emirats arabes unis) et a consacré plusieurs études sur la géopolitique et la géostratégie du Golfe Arabo-persique. Il vient d’achever une étude sur « Géographie et culture militaire française aux XXe et XXIe siècles ».

1)       Un monde en paix ? Moins de guerre entre les Etats

Depuis la guerre froide, le phénomène de guerre tend à se transformer et à retrouver des formes anciennes non étatiques telles qu’il se produisait avant le XVIIème siècle en Occident.

Il existe différents types de guerre : Guerre internationale (Etats), Guerre intra-étatique (groupes ou communautés non étatiques), Guerre interne institutionnalisée (groupes non étatiques et Etats), Guerre extra-symétrique (groupes, Etats et organisations internationales)

Entre 1992 et 2005, le nombre de conflits armés connaît une forte diminution (de 40%). De même pour le nombre de génocides (80%), de réfugiés (30%), et de coups d’Etats. On peut expliquer cela par les progrès économiques et politiques des pays, avec la diffusion du modèle libéral et démocratique mais aussi le regain d’activités des Organisations non gouvernementales, des organisations régionales.

Aussi le nombre de démocraties est passé de 20 en 1946 à 88 en 2005.

La guerre redevient locale, communautaire, inscrite dans les zones de non-droit appelées « zones crises » ou « zones d’Etat défaillant » et vise la destruction de l’Etat, parfois pour en construire un autre. Cette régionalisation des conflits s’explique par une manifestation croissante du rapport de forces entre des ethnies, une convoitise grandissante pour l’exploitation des ressources pour financer la lutte armée (ex : 95% du marché de cocaïne et de l’héroïne proviennent des pays en guerre civile). Les conflits ethniques résultent quant à eux de crises d’identité et de discrimination (victimisation, xénophobie…)

Ex : Kosovo (1999), Arméniens/Azéris (1994)

Si les conflits armés deviennent moins nombreux, ils deviennent plus violents à l’encontre des populations civiles (avec aussi le délabrement des services publics, de la paupérisation provoquée par l’insécurité).

2)      Le militaire au service de la paix

La paix est l’objet de préoccupation de la communauté internationale.

Le militaire intervient pour s’interposer entre les communautés humaines, ramener la paix et reconstruire l’Etat fragmenté.

La fonction d’une armée moderne comme celle de la France doit être ainsi proactive, préventive et stabilisatrice. L’ONU est le centre des stratégies de paix et connaît une diversification des missions. Il peut superviser les élections, résoudre les conflits, constituer des forces préventives, protéger les réfugiés, surveiller l’application des accords de paix

Ex : En 2010, 99 opérations sont terminées depuis la création de l’ONU.

Cependant, l’ONU est critiquée au sujet de la partialité dans les interventions.

3)      L’environnement désormais protégé, objet de nouvelles stratégies militaires

Il y a eu une prise de conscience, à partir de la guerre du Vietnam (par l’intervention des médias) de l’impact environnemental de la guerre. Ceci a conduit à la signature de conventions dont les plus importantes sont :

  • 1976 : Convention ENMOD, (la dégradation de l’environnement comme arme de guerre est théoriquement interdite)
  • 1977 : protocole additionnel aux conventions de Genève montre son intention de protéger les individus comme l’environnement avec un critère de durabilité plus exigeant.

Protéger l’environnement est donc érigé en cause d’intérêt général dans la gestion des armées en temps de paix.

Ex :   France : 1ère mesure  sur l’environnement apparaît dans les années 70, dès 1976 est mise en place une inspection pour la protection, dont les efforts seront poursuivis en 2003 par la création de la Charte de l’environnement, proposée par le ministère de l’écologie.

Les domaines d’interventions pour la défense de l’environnement sont variés. Ils se retrouvent dans la protection des sites militaires (avec des mesures de classement, et de protection), mais aussi dans l’encadrement des activités de défense (installations répertoriées selon la gravité des dangers) ou encore dans la dépollution des terrains.

Cette prise de conscience environnementale est un facteur de communication et de valorisation des activités de défense car elle vient renforcer la dimension humanitaire des missions de reconstruction et peut conduire à l’utilisation de ces recherches en technologie pour le civil.

Ces stratégies demeurent partielles à l’échelle planétaire car l’action des pouvoirs politiques demeure souvent isolée, les politiques n’aboutissent pas forcément aux résultats escomptés.

Conclusion:

Le rôle des armées change, surtout dans le monde occidental.

Les missions du militaire se sont diversifiées et complexifiées : le militaire devient un combattant, un médiateur et un négociateur.

Les armées occidentales adoptent des stratégies de développement durable et montrent de nouvelles préoccupations dont les résultats restent à connaître.

Avis personnel :

Ce texte présente les changements dans les fonctions de militaire mais ne présente cependant pas l’image que l’on se fait du métier de militaire. Ces hommes et ces femmes qui se sacrifient pour une cause sont souvent mal-compris, ce qui est dû au fait des secrets entourant leurs actions sur le terrain. Bien qu’il existe des services spéciaux chargés de les réhabiliter dans la vie professionnelle après une mission difficile, la réintégration reste encore, dans beaucoup de cas, difficile. J’en veux pour preuve les suicides nombreux, ou maladies psychiatriques dont souffrent de nombreux militaires américains rentrés de la guerre en Irak entre autres. On en parle peu sous peine d’inquiéter l’opinion publique sur les réussites de ces guerres et sur les conditions de vie des combattants partis.

Ainsi, le travail de militaire doit être l’objet d’une étude sociologique. On ne doit pas prendre compte uniquement leur rôle mais surtout les conditions dans lesquelles ils l’exercent pour améliorer les visions de leur propre acte. Si leur acte est mieux perçu, les problèmes de réintégration diminueront.

Il faut donc améliorer la perception que l’on se fait du métier de militaire, en montrant davantage leurs rôles, afin de mieux juger leurs actions et non pas les voir comme un acte mauvais mais comme une action pour le bien commun. Si cette vision change, de même la vision que les militaires se font de leurs métiers changera et deviendra plus positive.

Ainsi il n’y a pas que le « bon usage des armées » mais aussi la bonne vision des armées, vision sur laquelle la sociologie peut nous éclairer.

L’action des médias, par des études à caractère publique est nécessaire. Ils doivent montrer, non pas pour choquer mais pour que ces sujets ne restent plus des tabous, comme l’est encore les souffrances que les militaires peuvent connaître pendant leurs missions.

Ce texte présente également le métier de militaire mais en oublie de présenter le militaire qui n’en fait pas son métier. La vision de ce texte reste selon moi une vision très occidentale où le militaire est vu comme un acteur de la démocratie. Mais on en oublie presque que le militaire peut être un criminel dans ces nombreux pays, comme la Birmanie, où la liberté n’est pas respectée et où les militaires sont les représentants d’un régime autoritaire. Je ne crois pas qu’en montrant uniquement les bons usages de l’armée, on permettra de voir en ces « bons militaires » un bien. Au contraire, il faut montrer que dans les mauvais usages de l’armée, on arrive à la misère, à la peur et à la non-liberté, pour mettre en valeur le caractère positif d’une armée avec des règles éthiques, alliée de la démocratie. Ceci permettra de voir que les armées occidentales font un travail formidable. Ceci agira de concert avec l’action des médias pour nous éclairer davantage sur la vocation de militaire.

Anne-Astrid de Kerizouët, HK/AL

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Repérée par Xavier Leroux (dans Cartes en main , la cartographie aux concours par Lézy Emmanuel, Alain Nonjon, 1999) et diffusé sur la liste des Clionautes Hfrançais, une carte amusante qui permet de montrer que l’on peut vraiment faire de la géographie tout le temps !

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