photographie : Espérance du Peloux

 

La photographie a été prise à Istanbul, en Turquie, et se découpe en trois plans : au premier plan une voie de circulation sur les rives du Bosphore, au deuxième plan le célèbre pont de Galata qui enjambe la Corne d’Or et enfin en arrière-plan le quartier de Galata et sa fameuse tour.

   Au premier plan nous voyons donc des voitures, des taxis (jaunes) ainsi qu’un car en circulation, qui se dirigent tous vers le centre de la ville. On remarque également un petit espace vert décoratif  et un pot de fleurs suspendu à un lampadaire sur la droite, ainsi qu’une publicité accrochée à une grille qui court de gauche à droite pour marquer la limite entre la voie de circulation et la rive du Bosphore.

Sur cette rive, à droite, à la limite entre le premier et le second plan se trouve un bateau de touristes noir et blanc qui vient de s’amarrer au quai. Quelques camionnettes sont garées sur le quai.  Le pont de Galata occupe la majeure partie du second plan, il est composé de deux niveaux : le niveau supérieur permet la circulation des voitures et des tramways, et on peut apercevoir le long du pont des personnes qui pêchent au moyen de cannes louées. Le niveau inférieur est un alignement de restaurants touristiques offrant un beau point de vue sur la Corne d’Or, le long duquel les piétons peuvent circuler pour atteindre l’autre « rive ».

Enfin, le troisième plan est occupé par le quartier de Galata qui descend en pente vers la mer, formant une colline couverte d’immeubles et d’hôtels. La ligne d’horizon est marquée par la tour de Galata datant du Moyen-Âge, qui culmine au sommet de la colline.

Paysage urbain, cette photographie présente Istanbul sous son double aspect de ville moderne et culturelle : on y observe une architecture plutôt occidentale qui ne paraît pas beaucoup différer de celle des grandes villes européennes, la circulation semble intense et diversifiée : voitures, cars de transports touristiques, taxis, bateau, tramway … Tout semble mis en place pour que la ville soit bien desservie et pour satisfaire les très nombreux touristes qui viennent découvrir les merveilles culturelles de la ville. Cela explique la présence de très nombreux restaurants sur la partie inférieure du pont. Ce lieu symbolique plusieurs fois détruit relie deux cultures : en effet, le centre de la ville (hors champ) concentre les lieux religieux, le palais impérial et une population majoritairement musulmane, tandis que le quartier de Galata, habité par beaucoup d’étrangers, est moins marqué par la religion : remarquons l’absence de minarets sur la photographie, chose rare lorsque l’on visite Istanbul.

La succession de trois plans différents sur la photographie permet d’observer un lieu stratégique de la ville d’Istanbul, carrefour de deux continents et lieu de rencontre de différentes cultures. L’observateur saisit en un coup d’oeil l’importance du tourisme, activité essentielle pour la ville, qui œuvre à mettre en valeur ses richesses culturelles et historiques.

La photographie permet également d’appréhender un aspect de la vie quotidienne de certains habitants stambouliotes, qui tentent leur chance en pêchant dans le Bosphore, pour leurs besoins personnels ou afin de revendre le produit de leur pêche à certains restaurants.

Espérance du Peloux

Hypokhâgne A/L

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Dans un monde devenu majoritairement urbain, la ville est aujourd’hui au cœur des principaux enjeux sociaux, économiques et politiques. Les citoyens témoignent d’un intérêt croissant pour les politiques urbaines, notamment celles liées au logement, aux mobilités ou à l’environnement, mais peinent à trouver des lieux où s’informer ou échanger. De même, les élus, les professionnels de la ville et les chercheurs, travaillant sur les mêmes objets, se heurtent à une absence de dialogue et confrontent insuffisamment leurs points de vue.

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ghislain

La ville d’Istanbul est une mégapole qui diffère de Venise par les diversités de son site et par les différentes propriétés de sa situation. En cela, cette ville nous invite à repenser les rapports entre qualités géographiques et dynamiques culturelles.

Son caractère atypique pourrait se résumer à ses multiples ponts, témoignages d’un cosmopolitisme qui plus que jamais fait parti de l’image qu’Istanbul donne à voir aux touristes ; une image qu’elle revendique et sur laquelle elle joue en tant que capitale européenne de la culture 2010 et à l’heure où la Turquie demande son entrée, si controversée, dans l’Union Européenne. Ainsi, le pont de Galata au premier plan reliant le quartier occidental au nord et la vieille ville au sud, aujourd’hui paradoxalement la plus récente en raison des multiples incendies dont elle a été victime au cours des siècles, et celui en arrière plan reliant l’Asie à l’Europe et enjambant le Bosphore, témoignent de la situation privilégiée d’une ville carrefour de civilisations, une ville de transit aux portes de la riche Europe si attirante,  qui à l’heure de la mondialisation polarise les flux humains, de marchandises et de capitaux.

En effet, Istanbul présente un paysage sans cesse remodelé et aménagé : la topographie y est historique comme les rivages tous artificialisés et remodelés par remblaiements et réajustements successifs comme le montrent les habitations en front de mer visibles sur la photographie. Ainsi les variations infinies de cette topographie démultiplient les perspectives toujours marquées par le rôle prépondérant d’un Bosphore, formant un axe définissant une croisée des chemins à la fois nord-sud et est-ouest. Celui-ci est emprunté par un million de travailleurs par jour, venant aussi le week-end en famille pour se distraire, qui utilisent quelques 150 navires publics ou privés (présents sur la photo), et participe de manière inhérente au développement économique de la ville.

Cependant force est de constater qu’Istanbul de par la diversité de ses quartiers, de par les degrés de gradation que présentent l’est et l’ouest, reste représentative d’une opposition nord-sud et manifeste de profondes disparités. Ainsi, dans les centres historiques à l’image de Galata, la topographie, la hauteur, et l’exposition des bâtiments sont des variables cruciales de la géographie socioculturelle : les terrasses avec vue fixent la vie sociale et de ce fait les élites occupent les hauteurs. La ligne de crêtes des collines que l’on aperçoit derrière le pont sur la rive asiatique est ainsi essentiellement occupée par les milieux aisés, loin des inconvénients de la ville et bénéficiant d’une vue remarquable sur l’estuaire. La mise en tension de ces différents pôles est au fondement de la fécondité et de la dynamique urbaine.

Aujourd’hui, sur désormais plus de 5000 km2, au sein desquels l’Istanbul touristique ne représente pas le vingtième, la ville s’impose plus que jamais comme un exemple du gigantisme métropolitain, partagé entre des cultures très diverses dont témoignent son développement, marqué par une ségrégation historique qui perdure, et son architecture combinant tradition et innovation venue d’Europe.

Ghislain Le Masson (HK AL)

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STE SOP

La ville d’Istanbul anciennement Byzance n’a cessé d’être un endroit carrefour, où ont transité aussi bien les européens que les asiatiques. Située sur le détroit du Bosphore, sa situation géographique privilégiée lui a permit de se construire une identité multiple, à l’image de sainte Sophie, la célèbre basilique de Constantin depuis remaniée en mosquée puis en musée. Bâtie au VIème siècle, elle allie aujourd’hui les mélanges de styles et d’époque comme en témoignent le réaménagement intérieur et les minarets. Ainsi se juxtaposent icônes chrétiens et symboliques musulmanes. La photographie ci- jointe montre bien l’assemblage unique et je dirais merveilleux de différentes cultures et religions : la forme en croix des fondations de la basilique surmontées par  une coupole de plus de trente mètres de diamètre à laquelle se greffent des minarets et des annexes comme les écoles coraniques et les dépendances d’une mosquée classique.

Elle est en cela la parfaite illustration de la ville, le cosmopolitisme. Berceau de nombreuses civilisations la ville n’a cessé de rechercher à justifier son identité par la réappropriation de lieux déjà présents. L’identité est donc à Istanbul une question géographique déterminante. Elle organise l’espace. Car Istanbul c’est l’histoire d’une reconquête infinie, d’abord les grecs puis les romains puis les chrétiens et les musulmans. Cela a pour conséquence le cosmopolitisme. Chaque nouvelle identité de la ville s’est greffée sur les anciennes. Il n’est pas étonnant de ce fait de voir un alliage particulier des diverses influences orientales et occidentales. Le quartier européen de Galata le montre bien : immeuble de style art nouveau joint à une surabondance des fioritures orientales et de couleurs méditerranéennes. Italie, France, Angleterre sont autant de style qui ont marqué la construction de la ville. Mais à cette volonté de copier l’Occident s’ajoute la tradition ottomane des formes orientales, des arabesques et des cloisonnements sociétaux comme les harems.  

Le développement urbanistique de la ville est donc unique, il reflète la société turque dans toute la variété de son histoire. L’étude géographique de la cité est très intéressante dans la mesure où elle permet d’expliquer l’importance et l’unicité d’une ville bimillénaire, classée au patrimoine mondial de L’UNESCO. Istanbul explique par là tout le paradoxe turc. En effet la question de l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne passe par cette interrogation de l’identité. Et de ce fait la question s’avère sans réponse et extrêmement complexe, c’est à la fois l’Europe et c’est la fois autre chose. C’est une volonté d’être occidental sans jamais vraiment tomber dépendant de l’occident. Istanbul c’est le choc de civilisations qui trouvent, unies, une saveur particulière, quelque chose d’inexplicable qui fait que la Turquie n’est ni vraiment L’Europe et n’est ni vraiment l’Asie mais un peu des deux. Cette notion de carrefour géographique explique tout l’enjeu d’Istanbul comme témoin d’un mélange des cultures, d’un « melting pot », d’une histoire unique, d’une géographie particulière.

 

                                                                                                                                    Thomas Abarnou, HK A/L

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Istanbul 2010 300

En 2010, Istanbul a été choisie par le Parlement Européen pour être la capitale européenne de la culture. Ainsi, de nombreux travaux de construction ou de rénovation sont entrepris dans la mégalopole, comme celui du musée du « tekke » (couvent) des derviches dans le quartier de Galata que nous voyons ici.

Nous nous situons à l’embouchure de la Corne d’Or, tout près du Bosphore. Cette photographie a été prise depuis un bateau, juste avant le pont de Galata que l’on aperçoit sur la gauche. Elle permet ainsi d’avoir une vue d’ensemble du quartier de Galata, aussi connu sous le nom de Karaköy, qui appartient au district de Beyo?lu et fait face à Eminönü, de l’autre côté de la Corne d’Or. On peut ainsi y voir la rive de Karaköy sur la Corne d’Or, le tramway finissant de traverser le pont, mais aussi les habitations et la tour constitutifs de ce quartier.

Istanbul est situé sur un isthme entre la mer de Marmara et la mer Noire, fendu par un bras de mer  qui est, avec le Bosphore,  une des deux coupures déterminantes entre les différents plateaux de l’âge primaire. La Corne d’Or incise ainsi la rive européenne sur près de 7km et participe du polycentrisme de la ville dont Galata est une antenne. Nous pouvons alors nous demander en quoi Galata est un pôle qui participe du dynamisme d’Istanbul.

 

Si l’on s’intéresse tout d’abord à l’économie du quartier, on peut dire que Galata a été le centre financier de l’Empire ottoman au XIXe siècle avec des banquiers tels que la famille juive des Camondo. À la fin des années 1980, beaucoup de grandioses immeubles de style néoclassique et Art Nouveau, autrefois habités par l’élite ottomane, sont devenus les maisons des immigrants des zones rurales d’Anatolie. Le district était globalement sinistré sur les plans économique et social au début des années 1980. Le déclin s’est accentué avec le départ de la classe moyenne. A partir du début des années 1990, une rénovation urbaine a ramené de nombreux jeunes professionnels dans la région et revitalisé les principales artères commerçantes. Les zones de faible altitude telle que Karaköy sont composées des anciens bâtiments que l’on voit au centre de la photographie et les résidents de ces immeubles sont généralement pauvres. Aujourd’hui, le commerce et la pêche sont assez faibles au niveau du quartier, même si le pont de Galata que l’on aperçoit sur la photographie pourrait également s’appeler le pont des pêcheurs tant il y a là de stambouliotes derrière leurs cannes à pêche. Istanbul reste néanmoins dans l’ensemble le plus grand port de commerce du pays pour sa position stratégique. Les relations commerciales avaient été marquées pendant toute la période médiévale par la rivalité entre Vénitiens et Génois, qui s’est traduite par l’édification d’un quartier de marchands étrangers sur la rive septentrionale de la Corne d’Or, Galata, maintenu et développé après la conquête ottomane. Le paysage urbain contemporain est toujours marqué par la tour de Galata, édifiée par les Génois.

Cette grande tour de 62m que l’on voit au dernier plan de la photographie est d’ailleurs un attrait touristique essentiel, secteur constitutif de l’économie stambouliote. De cette tour, une chaîne de fer pouvait être tirée en période de guerre, pour bloquer l’entrée de la Corne d’Or. Cet ouvrage a été détruit pendant la quatrième croisade en 1204, mais reconstruit un peu plus loin en 1348 par les Génois comme « tour du Christ », pour renforcer leurs remparts et surveiller les incendies pendant la période ottomane. Aujourd’hui, sa vocation est purement touristique. La tour offre une vue exceptionnelle sur la cité et ses monuments jusqu’aux îles des Princes. Le caractère vallonné de la ville d’Istanbul est ainsi un atout touristique car de nombreux points de vue offrent des panoramas exceptionnels sur la ville. Mais une économie ne se développe pas sans transports, c’est pourquoi Istanbul et plus particulièrement le quartier de Galata s’est soucié de sa bonne desserte.

 

Le trafic fut longtemps maritime à Istanbul. Ainsi, des vapeurs traversaient la Corne d’Or que l’on voit ici au premier plan. Le plus ancien, le Pa?abahçe, date de 1953. Puis, après l’évacuation progressive des activités maritimes de la Corne d’Or, on a cherché à déménager le maximum d’installations portuaires des rives du Bosphore en vue de faciliter la circulation. Ce redéploiement atteint ainsi la côte européenne de la mer de Marmara et la côte asiatique. Le dispositif portuaire d’Istanbul se trouve donc éclaté en de multiples sites et est moins concentré autour de Galata. Aujourd’hui,  un bus de mer part de Karaköy. C’est le mode de transport maritime le plus rapide grâce aux catamarans modernes. Mais Istanbul mise avant tout sur le développement du rail.

Derrière la tête du tramway, on pourrait voir sur la photographie l’entrée de la ligne souterraine du Tünel, inaugurée en 1871 et longue de 500m. Il s’agit d’un funiculaire souterrain reliant le flanc de colline Karaköy à la place du Tünel de Beyo?lu. Cependant, il ne s’agit que d’une petite ligne en comparaison avec le tramway moderne que l’on aperçoit ici finissant de traverser le pont de Galata. Allant d’Eminönü au sud-ouest d’Istanbul (Zetinburnu), il permet de traverser toute la ville et offre une liaison avec le Metro. La ligne du district de Beyo?lu est un projet qui avance puisque le tramway traverse déjà la Corne d’Or. Bondés aux heures de pointes, le tramway est très utilisé par les touristes et les stambouliotes. C’est un moyen de transport rapide dans la vieille ville, bon marché, assez confortable. La municipalité du Grand Istanbul a désormais pour projet d’intégrer tram, Metro et train de banlieue en un réseau plus cohérent et plus dense qui couvrirait toute la ville. Cela permettrait de bien relier tous les points de la ville et donc de favoriser le déplacement des stambouliotes, même si l’histoire nous montre qu’Istanbul a toujours été une ville de mélanges, dans laquelle les différentes minorités se sont succédées et n’ont pas hésité à s’enrichir l’une l’autre.

 

Istanbul est ainsi un carrefour, une ville faite de diverses influences, de diverses cultures ; et le quartier de Galata en est peut-être la plus belle illustration. En effet, c’est sur la colline pentue de Karaköy, que les résidents étrangers de la cité s’installèrent pendant des siècles. Les premiers furent les Génois après qu’ils eurent participés à la reconquête de Constantinople sur les Latins en 1261. Galata (également connu sous le nom de Pera à l’époque) fut donc une colonie de la République de Gênes entre 1273 et 1453. Puis, pendant l’époque ottomane, ce sont les européens qui s’installèrent.  Juifs expulsés d’Espagne, Arabes, Grecs et Arméniens fondèrent des communautés marchandes, puis, à partir du XVIe siècle, les grandes puissances européennes établirent leurs ambassades et leurs banques (tout comme la famille juive Camondo). Après la chute de l’Empire ottoman, la proclamation de la République et le déplacement de la capitale à Ankara, Beyo?lu est allé en déclinant. Une grande partie des communautés étrangères ont quitté le quartier. Mais il conserve une atmosphère cosmopolite et une intense animation. Les différents styles de façades sur les habitations de la photographie que l’on peut apercevoir sont un marqueur de ce cosmopolitisme. La plupart des consulats sont encore dans la zone; les consulats allemand, britannique, français, néerlandais, russe et suédois sont significatifs. L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul dont on aperçoit le clocher à gauche de la tour de Galata est également une illustration de ces différentes influences.  Une église dominicaine ayant été réquisitionnée pour devenir la mosquée Arabe,  les dominicains construisent  en 1604 cette nouvelle église (l’édifice actuel datant de 1841.) Selon les règlements ottomans, les lieux de culte chrétiens ne pouvaient avoir leur façade principale sur la rue.  Il y a donc une cour à traverser. On perçoit ainsi à travers ce bâtiment la succession des cultures qui ont modelé le paysage urbain d’Istanbul, transformant des églises en mosquées et imposant aux premières d’être précédées de cours à  l’époque ottomane.

Istanbul a donc toujours été un carrefour d’hommes, d’idées, de marchandises par sa situation privilégiée aux portes de la riche Europe. Elle a sans cesse été remodelée, arrangée par ces nouveaux arrivants qui avaient tous leur idée de la ville. En effet, le relief, les variations infinies de la topographie démultiplient les perspectives et les rapports possibles à Istanbul. Elle fait ainsi éprouver la relativité de tous les positionnements et la photographie montre  bien l’importance que le dénivelé peut avoir en certains endroits. D’ailleurs, une des théories au sujet de l’origine du nom de « Galata » est qu’il serait de source italienne : de calata, qui signifie « pentu ». Ces pentes et cette géologie ont générés une hydrographie et une hydrologie à l’origine de milliers de fontaines sacrées ou « ayazma », points de fusion et d’articulations de toutes les croyances. Ces fontaines sont le symbole du cosmopolitisme de la ville, du mélange des minorités.

 

                Galata a ainsi été pendant longtemps un pôle essentiel de la vie d’Istanbul et représente particulièrement bien la position de carrefour que possède la ville, ayant sans cesse été occupé par de nouvelles minorités, remodelé à chaque arrivée de nouveaux migrants. Ce quartier a donc eu un rôle important à jouer dans le développement de la ville, notamment dans le domaine financier. Et si aujourd’hui cette activité économique s’est un peu déplacée avec le départ des migrants, Galata reste un lieu très animé et qui participe de l’économie du pays par son attrait touristique et est une illustration du réseau de transport moderne qui se met en place. On peut donc réellement dire que Galata est un des nombreux pôles d’Istanbul, ville découpée par les eaux et par rapport auxquelles on se situe toujours pour se repérer, tant les points de vue sont variables ; d’autant plus que la désindustrialisation de la Corne d’Or, entamée dès les années 1980, se poursuit et tend à réintégrer ce bras de mer au cœur d’Istanbul.

 Alizée Méheut, HK/AL

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