Photo (Marie Disle)

Cette photo a été prise à Istanbul, du haut de la tour de Galata. Le quartier de Galata est situé sur la rive occidentale, entre le Bosphore et la Corne d’Or. De l’autre côté de la Corne d’Or se trouve la partie la plus ancienne d’Istanbul (Constantinople), de l’autre côté du Bosphore c’est la ville orientale.

     La photo est plutôt orientée vers le Nord-Est. On aperçoit au fond la rive orientale séparée par le Bosphore de Galata mais reliée par un pont. Le paysage est escarpé, les immeubles au fond à gauche sont beaucoup plus haut que ceux de devant. La ville se dessine ensuite en petits immeubles imbriqués les uns aux autres. Les murs sont colorés et les toits sont bas et en tuiles ou bien sont tout simplement des terrasses. Il y a peu de végétation. On voit un axe routier important, sur la droite de la photographie, très emprunté. A côté il y a une banque, la Halkbank. On peut également reconnaître deux mosquées, facilement repérables grâce à leurs minarets et, tout à fait à gauche, une église. Enfin ce qui caractérise l’ensemble de la photo c’est qu’elle est terne et grise, en effet en plus des nuages une sorte de brouillard pèse sur la ville.

     Cette partie de la ville semble s’être construite sans plan urbain précis. Contrairement au Paris Haussmannien par exemple, les rues sont étroites, sinueuses. Il n’y a pas d’harmonie d’ensemble : chaque immeuble est différent, en largeur, hauteur, couleur, ainsi que de style architectural différent. Cette photo donne une impression de désordre. Certains immeubles sont sales voire délabrés alors que d’autres arborent une façade moderne et fraîchement peinte. Le brouillard qui stagne au-dessus  de la ville est dû à la pollution, la nuit par exemple on ne voit même pas les étoiles. Cette photo permet aussi de voir qu’Istanbul est une ville cosmopolite puisqu’on y trouve aussi bien des mosquées que des églises, preuve de l’évolution de la ville et des échanges avec les autres civilisations pendant tous sont développement. La situation d’Istanbul, qui est scindée par l’eau, explique le développement des bateaux pour le tourisme, pour la simple traversée du Bosphore ou pour la pêche. La pêche est d’ailleurs très importante, sur la Corne d’Or. les pêcheurs s’alignent sur le pont avec leur canne à pêche pour récupérer du poisson. Les boutiques de matériel de pêche sont nombreuses le long de la rive.

     Ainsi on peut voir qu’Istanbul est une ville de contrastes. Elle est partagée entre deux continents et plusieurs cultures. Différentes religions s’y mêlent, différentes langues. Elle est un exemple parfait du développement inégal de la Turquie avec ses immeubles neufs qui côtoient ceux en ruines, ou encore les antennes paraboliques que l’on voit sur les toits d’immeubles délabrés, preuves de la mondialisation.

Marie DISLE

HK AL

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Istambul_and_Bosporus_big

source : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e4/Istambul_and_Bosporus_big.jpg

Introduction:

 

Quelle est la capitale de la Turquie? Istanbul est souvent la réponse spontanément donnée à l’étranger. Pourtant, c’est Ankara qui aujourd’hui, occupe cette importante fonction. Mais Istanbul se caractérise par son incroyable développement en particulier grâce aux mouvements migratoires qui la traversent. Car cette « ville monde » a pour particularité un total cosmopolitisme dû à sa place géographique unique, assise sur deux continents: l’Europe et l’Asie. Mais les aménagements participent aussi énormément à ces migrations puisque la ville d’Istanbul est un port ouvert sur l’étranger doublée d’aéroports internationaux. Les 12 millions de stambouliotes rassemblent de nombreuses nationalités et participent à la croissance économique de la métropole. Certains passent par la Turquie pour des périodes assez limitées puisque ce pays possède surtout un rôle de transit,  de migration interne et internationale. Cela crée un dynamisme migratoire assez important et Stéphane de Tapia, directeur de recherches au CNRS, a décidé de s’y intéresser. Il enseigne au département d’études turques de l’Université Marc Bloch les faits migratoires et la géographie humaine du monde turc contemporain. Il a écrit en 2006 cet article qui retrace l’évolution d’Istanbul et de son cosmopolitisme. Quelles caractéristiques permettent à la ville d’Istanbul actuelle de s’affirmer en tant que carrefour de diasporas ?

 

I- Un passé historique hors du commun:

 

–                    La ville de Constantinople attirait déjà toutes les nationalités (Bulgares, Slaves…). Elle se caractérisait par une multiethnicité et une multiconfessionnalité. Car Istanbul a été le refuge pour de nombreux juifs depuis la Reconquista, capitale de l’Empire ottoman et malgré une population majoritairement musulmane, elle reste le siège du patriarcat orthodoxe.

–                    Les frontières de l’Empire Ottoman étaient assez perméables et permettaient à de nombreux migrants de trouver refuge. Mais avec la construction de l’État-nation turc, le nouveau peuple veut retrouver ses racines et construire une homogénéité perdue. De 1920 à 1990, la Turquie se recentre sur elle même et s’islamise, et cela malgré un régime laïc militant. Mais les années 1990-2005 voient le retour d’un cosmopolitisme grandissant même si depuis qu’Ankara est la nouvelle capitale, toute la population liée aux ambassades a du quitter la métropole.

 

II- Une politique internationale:

 

–                    Istanbul multiplie les festivals, les expositions et les congrès. Très fière d’être « à cheval sur deux continents » elle hésite pourtant entre intégrer l’Europe, premier fournisseur et premier client de l’économie turque ou une  carte eurasienne où elle serait une première étape de la Route de la Soie reconstituée.

–                    Istanbul est le premier port et le premier aéroport international du pays et c’est aussi le relais de l’émigration des années 1960 et la principale porte du tourisme étranger.

–                    Istanbul devient une plaque tournante des nouveaux flux migratoires et mobilités: les effectifs de touristes étrangers explosent, comme ceux des visiteurs venus d’Asie centrale et orientale. Des firmes multinationales s’y installent et des gratte-ciels s’y construisent.

–                     Avec les nouvelles présences arabes, slaves, balkaniques, iraniennes, africaines, chinoises, américaines ou japonaises Istanbul redevient cosmopolite.

 

 

III- Une porte double vers l’Asie et l’Europe:

 

–                    Asie: C’est l’UNESCO qui a proposé la réouverture de la Route de la Soie qui mènera à la création de nouveaux postes frontaliers et la construction de segments de voies ferrées et cela pour atténuer les tensions politiques. Ces développements récents vont dans le sens d’une ouverture grandissante aux flux de marchandises qui, à leur tour, développeront relations touristiques et peut-être migratoires, sur la base du commerce à la valise.

–                    Europe: L’axe Istanbul-Edirne-frontière bulgare est depuis les années 1970 l’axe routier privilégié de communication vers l’Europe même si un temps fermé par les conflits de l’ex-Yougoslavie. C’est par définition l’axe de la circulation migratoire. Quant au grand port il était un temps dépassé, on l’a alors doté de nouvelles fonctions comme des ports pétroliers, des méthaniers, des rampes de transrouliers…

–                    Donc la fonction portuaire, routière et aéroportuaire donnent à Istanbul le rôle de pont entre Europe et Asie.

 

Conclusion:

 

Aujourd’hui Istanbul est redevenue la capitale économique de la Turquie sans remettre en cause la primauté politique d’Ankara. Sa population a connu des mutations profondes dans sa composition culturelle, linguistique et ethnique mais son site géographique et géostratégique unique assure depuis des siècles un brassage extraordinaire des populations les plus diverses.

 

Réflexion personnelle:

 

grâce à cet article, nous pouvons voir l’influence de nombreux facteurs comme l’histoire, la politique et les aménagements sur les mouvements migratoires d’une ville ou d’un pays. De même on peut comprendre pourquoi Istanbul a une fonction si importante en Turquie et quels sont les éléments qui ont fait d’elle une « ville monde ». Nous avons ici l’exemple adéquat du cosmopolitisme et la preuve que de nombreuses nationalités différentes, de religions différentes, peuvent vivre ensemble, en toute tolérance sans créer de conflits.

Mais cet article qui a passé en revue toutes les nationalités présentes dans la ville d’Istanbul et les mouvements migratoires que la métropole connait; n’a pas montré les avantages économiques, sociaux, et politiques, qu’un tel cosmopolitisme pourrait apporter à la Turquie. Les projets asiatiques sont rapidement mentionnés et l’union européenne est vaguement citée. Pourtant, la Turquie essaie d’utiliser ce brassage ethnique, qui rassemble de nombreuses nationalités européennes comme argument pour l’obtention de la place si convoitée dans l’Union. De même les conséquences d’un tel accord sur les mouvements migratoires ne sont pas négligeables.

 

Finalement, cet article nous renseigne sur l’évolution des mouvements migratoires à Istanbul et comment cette métropole a su profiter des avantages de son emplacement géographique pour devenir une véritable plaque tournante entre l’Europe et l’Asie.

 

 

Caroline Sarkis

Hypokhagne AL

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Effectivement, ce n’est pas là notre bonne vieille ville aux cent clochers qui arbore si fièrement ses formes élancées sous un ciel étonnamment oriental, mais bel et bien l’ancienne Byzance qui nous offre ici un spectacle tout aussi riche que son illustre nom peut nous le suggérer, en voyant s’élever majestueusement face à nous, Sainte-Sophie et la mosquée Bleue, à droite de la photographie.

Culminants si nombreux sur l’ancienne capitale de l’Empire ottoman, les minarets reflètent ici l’image hors du temps, d’une cité toute entière acquise à un passé hors du commun.

 

C’est en effet avant tout à sa position géographique et même géopolitique unique  qu’Istanbul doit sa si extraordinaire destinée. La ville est construite sur une multitude de petites collines, situées de part et d’autre de la Corne d’Or, petite baie profonde de la rive européenne, et à l’entrée du fameux détroit du Bosphore reliant la mer de Marmara à la mer Noire. Ces précisions, au premier abord purement techniques, nous permettent toutefois de nous rendre compte que la « sublime porte » est, aussi incroyable que cela puisse paraître, d’un coté sur le vieux continent, de l’autre en Asie, renforçant d’ailleurs d’autant sa position stratégique que la convoitise des despotes qui se l’arrachèrent. Influencée ainsi par de multiples tendances, on ne s’étonnera pas de la richesse architecturale et du peuplement profondément cosmopolite, que ce véritable « carrefour » des cultures représente. Successivement chrétienne puis musulmane et enfin laïque, Istanbul est certainement plus que toute autre ville à « la croisée des mondes », tant elle entretient et symbolise à la perfection un véritable lien, une fantastique voie d’échanges entre deux entités indubitablement parallèles.

 

Outre les multiples incontournables culturels et historiques que suggère l’antique Constantinople, l’un des autres symboles phare de la cité du Bosphore est sans aucun doute le bateau qui doit son rapide et criant développement à une configuration du site extrêmement propice. Le nombre de rotations de part et d’autres des rivages de la Corne d’Or et du détroit demeure, malgré les deux gigantesques ponts édifiés pour enjamber l’isthme, extrêmement important. Ce fait s’explique évidemment par la commodité du bateau qui, utilisé comme moyen de transport,  s’adapte aux contraintes économiques, pratiques et temporelles des Stambouliotes. L’activité maritime s’avère être ainsi parmi les plus denses de la planète.

La géographie au premier abord plus qu’avantageuse pour la ville, recèle toutefois un inconvénient majeur : Istanbul se situe tout près de la faille nord anatolienne.

Celle-ci est une faille active, qui a déjà produit plusieurs séismes très destructeurs à l’époque contemporaine. L’étude de la sismicité locale laisse ainsi craindre une forte probabilité qu’un tremblement de terre important frappe Istanbul au cours des prochaines décennies.

 

Notre cliché retient enfin l’attention par l’impression  « d’éternité » que suscite Istanbul. C’est à l’aspect quelque peu désordonné, tourmenté des ruelles, et même défraîchi, des antiques rafiots rouillés, que l’on reconnaît là l’une des rares constantes de la ville. On ne peut que constater une différence notable entre l’urbanisation de la rive européenne et celle de la rive moyenne orientale, où l’on découvre sans difficulté aucune à l’aube du XXIe siècle, des rues à l’hygiène parfois presque moyenâgeuse. Si ce dépaysement n’est, je dois l’avouer, pas pour me déplaire, il illustre néanmoins un écart de croissance tout à fait séditieux qui, à court terme (puisque les rivalités existent déjà) pourrait être néfaste à la bonne cohésion de la population Stambouliote. Peut-être d’ailleurs tenons nous dans l’objectif d’homogénéisation économique et sociale de la cité l’un des enjeux, pourquoi pas, de l’Union pour la méditerranée en Turquie au cours des prochaines années ? Cela éviterait sans doute que l’on se lance l’anathème de part et d’autre du Bosphore entre têtes de Turcs.

 Edouard Fauvage

 

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