11 mars 2011, plus de 20 000 japonais ont péri emportés par le tsunami et parfois morts de froid dans la nuit qui a suivi. Un an après le séisme de magnitude 9 qui a frappé la côte nord est du japon et la double trajédie qui s’en est suivie des céromonies d’hommage aux victimes et des manifestations anti nucléaires devraient avoir lieu dimanche dans tout l’archipel.

Dans les villes cotières, ce sont encore les tractopelles qui détruisent des batiments irrécupérables des milliers de carcasses de voitures attendent d’être recyclés; les projets de digues restent à financer; mais le chantier le plus spectaculaire.

C’est toujours celui de la centrale de fukushima avec ses trois réacteurs qui sont entrés en fusion avant d’être stabilisés à l’automne dernier à quelques kilomètres de la centrale, on décontamine également des villes entières ciomme celle d’Okuma, dont tous les habitants ont été évacués en grande partie à 90 kms à aizu wakamatsu où s’est rendu Emmanuel Leclere.

écoutez la chronique sur

http://www.franceculture.fr/emission-le-choix-de-la-redaction-tsunami-au-japon-il-y-a-1-an-vivre-a-okama-dans-la-banlieue-de-fuk

Planète Terre

– L?Homme, la nature, les sciences et les catastrophes au Japon
Philippe Pelletier et Yoann Moreau dans Planète Terre

L’an I de l’aire Fukushima : une catastrophe à plusieurs échelles

Le Japon a connu lors des 11 et 12 mars 2011, le troisième évènement le plus meurtrier après la seconde guerre mondiale (2,6 millions de morts) et le séisme de 1923 (140 000 morts). Le séisme, le tsunami et la perte de contrôle de la centrale atomique de Fukushima ont entraîné 20 000 morts. Un an après, Globe vous propose un bilan de la catastrophe à plusieurs échelles

écouter l’émission sur

http://www.franceculture.fr/blog-globe-2012-03-08-l-an-i-de-l-aire-fukushima-une-catastrophe-a-plusieurs-echelles

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Le Point, 17/03/2011

interview de Jean-François Sabouret, directeur de recherche au CNRS, est l’un des meilleurs spécialistes du Japon, où il a enseigné pendant 25 ans.

Comment expliquez-vous cet étonnant sang-froid des Japonais ?

JFS : les Japonais, surtout les hommes, sont formés, rompus à résister, à supporter et à se taire. Rappelez-vous cette phrase de l’empereur, le 15/08/1945, alors que le Japon vient de capituler : « Nous devons supporter l’insupportable ». Le 12/03/2011, la Terre s’est « fâchée ». Le Japon vient de subir coup sur coup un séisme, un tsunami et tente d’éviter une catastrophe nucléaire, les Japonais doivent de nouveau supporter l’insupportable.

Peut-on parler de soumission aux évènements ?

JFS : Non. Quand on entend parler du « stoïcisme japonais », on pense à Sénèque. C’est une erreur. Le prétendu stoïcisme des Japonais vient de leur coexistence avec des éléments souvent déchaînés. Le Japon est un pays par gros temps. Un pays de montagnes hostiles, de volcans en activité, de pluies diluviennes, de neige camisole, de typhons dévastateurs. Cette nature adverse a façonné l’âme japonaise. Ajoutez-y le bouddhisme, qui ancre ce peuple dans l’intensité du présent et, en même temps, dans le sentiment de l’impermanence, le mujo. Le Japon est le pays de l’éphémère, de l’instant, du transitoire. Leurs estampes sont les « images du monde flottant ». On ne sait jamais de quoi demain sera fait. Quand le malheur arrive, il faut faire face. Quand le bonheur surgit, il faut en profiter. C’est un fatalisme actif. Pas désespéré.

Lire la suite dans Le Point N°2009.

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Envoyé spécial (17/03/2011) a diffusé jeudi plusieurs reportages autour du risque nucléaire.

France 2, météo du 30 avril 1986 – Envoyé spécial 2005-2011

Au sommaire:

voir la revue de presse de Daniel Letouzey sur le sujet depuis une semaine

http://clioweb.canalblog.com/archives/2011/03/18/20664116.html

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Marianne 2, 15  mars 2011

Géographe, ancien président de l’Université Paris Sorbonne, Jean-Robert Pitte cultive une passion ancienne pour le Japon. Pour Marianne2, il revient sur le drame qui secoue le pays du soleil Levant. Loin de tous les catastrophismes, Jean-Robert Pitte décrit l’optimisme fondamental qui caractérise les Japonais, un peuple qui n’avance que de crises en crises.

La grande vague de Kanagawa par Hokusai (cc flickr Natsuki)

Comment évaluez-vous la gravité de la situation au Japon ?

Jean-Robert Pitte: La situation est grave, elle pourrait s’aggraver mais arrêtons de considérer qu’elle ne peut que s’aggraver. Je suis scandalisé de voir les Verts considérer qu’on est au pire du pire, que c’est pire que Tchernobyl. Le Tsunami est une chose malheureusement connue au Japon, ce n’est ni le premier, ni le dernier. Je suis scandalisé par cette vision catastrophiste véhiculée par les médias qui laisse à penser que tout fout le camp, que l’économie japonaise mettra des siècles à se redresser etc.

Le Japon vit avec le risque permanent des catastrophes naturelles. Dans le cas présent vient quand même se surajouter le danger nucléaire ?

C’est une catastrophe naturelle qui est devenue catastrophique parce qu’il y a des gens qui habitent au bord de la mer dans un secteur pas assez protégé. Mais avec de telles vagues, on ne voit pas quelles protections il pourrait y avoir…Cela dit, c’est certain que le Japon vit, en permanence, avec ce risque au dessus de sa tête. C’est d’ailleurs la première fois que l’on voit un Tsunami en action. Lors du Tsunami qui a eu lieu en Thaïlande il y a trois ans, on a vu les dégâts après. Là on voit bien que, quelles que soient les techniques dont on dispose, il n’y a pas grand chose à faire.  Les Japonais se disent qu’un jour il y aura un Big One à Tokyo. Mais ce dont les gens ne se rendent pas compte c’est que les tours de Sendai ou de Tokyo ne sont pas tombées. On voit les immeubles « danser » à la télévision mais ils ne s’écroulent pas. Je croise les doigts pour que n’arrive pas la grande catastrophe nucléaire, je n’ai aucune idée de ce qui arriverait si un nuage nucléaire arrivait sur Tokyo, mais pour ce qui est du Tsunami, le Japon va s’en relever.

Le Japon a déjà connu des épisodes aussi graves dans son histoire, le tremblement de terre qui a touché Tokyo en 1923, la Seconde guerre mondiale, et le tremblement de terre de Kobe en 1995. Comment avait réagi le pays ?

On enterre ses morts, on remonte ses manches et on reconstruit. En 1923, c’était un grand drame. Le séisme n’était pas très fort, mais c’était au cœur de la capitale à midi et le chauffage se faisait au charbon de bois, donc il y a eu des incendies gigantesques.
Ca a été un grand choc mais c’était l’époque où le Japon était galvanisé par l’idée de devenir une grande puissance, acquérir un empire colonial et été influencé par le modèle européen des grandes dictatures. La seconde guerre mondiale est bien plus « extraordinaire »: toutes les grandes villes ont été rasées, toutes les infrastructures industrielles ont été détruites, il ne restait que les terres agricoles. Le tout dans des conditions d’humiliation très difficiles compte tenu de la façon dont on avait galvanisé les gens autour de l’idée du Grand Japon. Ce qui est fantastique, c’est que, 20 ans après, ce pays détruit intégralement était devenu la deuxième puissance du monde avec une population assez restreinte. C’est un relèvement d’une rapidité extraordinaire, bien dans la mentalité japonaise, l’idée que tout est impermanent, rien n’est stable, les catastrophes nous pendent au nez et quand ça arrive, on repart. Ce n’est pas une civilisation de l’abattement. Il y a un optimisme fondamental que nous n’avons pas chez nous.

lire la suite sur Marianne2.fr

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LEMONDE.FR | 13.03.11

Bruno Comby est ingénieur de l’école Polytechnique et ingénieur en génie nucléaire de l’école nationale supérieure de techniques avancées de Paris. Après avoir travaillé notamment pour EDF, il est maintenant expert indépendant, et préside l’association des écologistes pour le nucléaire.

Depuis le séisme et le tsunami qui ont frappé le 11 mars le Japon, il suit particulièrement les événements touchant les réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima, obtenant des informations par des ingénieurs vivant au Japon et travaillant dans l’industrie nucléaire du pays. Il explique quelle est la situation sur place, dimanche 13 mars.

Comment Fukushima en est arrivée à cette situation ?

Le site de Fukushima est situé près de la mer, et compte dix réacteurs, répartis entre Fukushima Daiishi (où se trouvent des réacteurs numérotés de 1 à 6, du plus ancien au plus récent) et Fukushima Daini (numérotés de 1 à 4). Pendant le tremblement de terre, dès les premières secousses, la procédure d’urgence a fonctionné et les réacteurs se sont immédiatement arrêtés, conformément aux procédures d’urgence. Ceci exclut les risques de réaction en chaîne incontrôlée ou d’explosions dramatiques de type Tchernobyl.

Mais la situation est réellement exceptionnelle à Fukushima dans le sens où une série d’événements ont par la suite empêché les systèmes de refroidissement de fonctionner. D’abord, les lignes électriques qui alimentaient de l’extérieur ce système ont été coupées en raison des dégâts provoqués par le séisme. La centrale s’est retrouvée coupée du monde. La procédure prévoyait alors que des groupes électrogènes de secours (plusieurs par réacteurs et fonctionnant au diesel), prennent le relais et assurent le fonctionnement du refroidissement.

Puis un quart d’heure plus tard, le tsunami est arrivé, et l’eau a sérieusement endommagé ces groupes électrogènes. Résultat, plus aucun système de refroidissement ne fonctionne depuis vendredi, sur les dix réacteurs. C’est inédit dans l’histoire du nucléaire, et c’est là que se trouve le principal risque aujourd’hui.

Qu’est-ce qui explique l’explosion survenue samedi au réacteur n°1, et les rejets radioactifs observés sur le site ?

Lorsqu’un réacteur n’est plus refroidi, le scénario est implacable : la température monte, jusqu’à un point où les matériaux autour du cœur fondent et libèrent de la matière radioactive. Le point positif, et très important, reste que les enceintes de confinement autour de ces réacteurs, en béton armé et d’une épaisseur d’un mètre, n’ont pas été endommagées, à en croire toutes les informations dont nous disposons.

Toutefois, à l’intérieur des enceintes de confinement de Fukushima, la pression augmente et continue d’augmenter à l’heure où je vous parle, en raison des matériaux et des gaz portés à haute température. Pour éviter que cette pression trop importante ne mette en danger la solidité du confinement, les ingénieurs sur place ont décidé de relâcher une partie des mélanges gazeux se trouvant à l’intérieur. C’est le cas pour six réacteurs actuellement, dont les n°1, 2 et 3 à Fukushima Daiishi.

Le problème intervient lorsque les cœurs des réacteurs ont fondu à l’intérieur de ces enceintes : c’est ce qu’il s’est déjà passé au sein des réacteurs n°1 et 3 à Daiishi. Dans les gaz relâchés se trouvent alors de l’hydrogène, des iodes radioactifs et du Césium 137, des particules radioactives dont la présence a été confirmée samedi à la centrale. L’hydrogène réagissant violemment à l’oxygène, c’est ce dernier qui a provoqué l’explosion des bâtiments à l’extérieur des enceintes de confinement, sans heureusement endommager ces dernières.

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