« Des rapports conflictuels depuis l’Antiquité »

LEMONDE | 25.06.11

Jean-Marc Moriceau est professeur d’histoire moderne à l’université de Caen Basse-Normandie. Spécialiste de l’histoire des campagnes, il vient de publier L’Homme contre le loup. Une guerre de deux mille ans (Fayard, 480 p., 26 €).

Faut-il avoir peur du loup ?

Une chose est sûre : dans les siècles passés, le loup était en France un véritable prédateur. On a beaucoup entendu qu’il ne s’attaquait jamais à l’homme… Rien de plus faux ! Si le loup a joué si longtemps le rôle d’ennemi public numéro un dans les campagnes, ce n’est pas pour rien. Au terme d’une longue enquête menée dans toute la France (car l’animal a été partout, à l’exception de la Corse), j’ai rassemblé en 2007 un premier échantillon montrant qu’il avait été responsable, entre 1420 et 1918, de plus de 3 000 décès humains. Et cette liste continue de s’allonger au fil de mes recherches. Lorsque j’ai découvert qu’on avait enterré en 1693 la tête d’une petite fille qui avait été dévorée par des loups dans les bois de Marcoussis, dans l’Essonne, à 20 km au sud de Paris, je n’en ai moi-même pas cru mes yeux !

Le Petit Chaperon rouge, c’était donc une réalité ?

Quand Charles Perrault écrit ce conte à la fin du XVIIe siècle, la peur du loup est à son paroxysme. Les témoignages de l’époque racontent comment l’animal s’aventure jusqu’au seuil des maisons dans les villages, et s’attaque de préférence aux êtres les plus vulnérables. Il n’est pas étonnant que l’angoisse, aujourd’hui encore, ressurgisse à la première alerte.

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Dans les Vosges, l’ombre du loup

LEMONDE | 25.06.11 |

Le loup est-il revenu dans les Vosges ? La question taraude depuis des semaines des éleveurs, convaincus que la mystérieuse « bête » qui égorge leurs agneaux et leurs brebis est bien un loup. La préfecture, jusqu’alors très réservée, a fait un pas dans cette direction le 22 juin, en diffusant une photo prise fin mai par un particulier dans le secteur de Gérardmer. Cette photo fait écho à un autre cliché, pris la semaine précédente dans le Doubs, un département limitrophe, plus au sud, sur lequel on voit nettement un loup.

Analysée par le service de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), et par les experts de Réseau loup-lynx basés à Grenoble, la prise de vue du canidé vosgien, réalisée au moyen d’un piège photographique, montre un animal de dos, s’enfuyant dans les taillis. Il s’agit « probablement d’un loup », rapporte la préfecture au vu des expertises. « Le problème, c’est que la photo ne permet pas de voir le masque facial blanc, caractéristique du loup, rapporte Julien Anthonioz-Blanc, sous-préfet. Mais les experts se basent sur son allure générale, la forme de ses oreilles assez courtes et la queue dans le prolongement du corps, son pelage, pour en arriver à cette conclusion. »

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