http://www.lesmarquesetmoi.fr/2012/01/26/publicite-pink-invasion-by-daddy/

Une initiative sympathique des Cafés géo !

Chers amis des cafés géo,

l’association organise une conférence dégustation le mardi 7
février de 18h00 à 20h00 sur LA GéOGRAPHIE DES BONBONS ET DU GOûT
SUCRé, avec Vincent Moriniaux (maître de conférences en
géographie, Université Paris IV Sorbonne).

VINCENT MORINIAUX travaille cette question depuis des années, et
pour en avoir discuté avec lui, vous verrez qu’il y a plein de
choses à apprendre et à déguster.La conférence dégustation se
déroulera le mardi 7 février de 18h00 à 20h00
à l’institut de Géographie, 191 rue saint Jacques, 75005 Paris
au troisième étage,
en salle 306.
Nous devrons quitter les lieux à 19h55, donc merci d’arriver pour
18h00 précises, afin de commencer à l’heure.
Pour participer à la conférence dégustation et pour couvrir les
frais engagés (achat de bonbons et autres sucreries)
MERCI D\’ENVOYER UN CHèQUE DE 7 EUROS à L\’ORDRE DES CAFéS
GéOGRAPHIQUES
et le message ci-dessoussur papier libre à Michèle Sivignon 1 rue
Saint-Claude 75003 Paris
Bonjour,
je m’inscris à la conférence dégustation sur les bonbons du 7
février
et je joins un chèque de 7 eurosà l’ordre des Cafés
géographiques
NOM, Prénom
Téléphone portable
Email
Adressez le tout (chèque + message) à Michèle Sivignon 1 rue
Saint-Claude 75003 Paris
La réception du chèque et du message tiendra lieu d’inscription.
Pour les non adhérents, voici comment adhérer
www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=210 [1]
pour pouvoir participer à la dégustation
Au grand plaisir de vous y retrouver,
Olivier Milhaud

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http://terresacree.org/rechauffement%20climatique.htm

LE CIEL NE VA PAS NOUS TOMBER SUR LA TÊTE,  2010, éditions Jean-Claude Lattès

Le réchauffement du climat : «c’est grave, docteur ? »

Martine Tabeaud, professeure de géographie à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a travaillé dans de nombreux programmes nationaux et internationaux sur le climat. Elle travaille depuis toujours sur les climats dans un angle géographique et donc sur les enjeux, les échelles spatio-temporelles pertinentes et les acteurs. Elle tente de démêler la part des éléments climatiques des crises multifactorielles, sans faire de surdéterminisme.

INTRO : On parle de maladie de la Terre, J. Lovelock en 1992 prétend que Gaia, organisme vivant, a besoin d’un médecin généraliste à son chevet. Soit, la planète anthropomorphisée et ses habitants vivent un destin commun, mais il ne faut pas céder au catastrophisme et à la hâte. On revisite donc cette approche médicale à partir de données et de documents officiels, mais du point de vue géographique.

I Les symptômes : exposé des signes extérieurs du mal-être

la courbe de température On calcule une moyenne annuelle des températures , qui n’est qu’indicative : la majorité des stations sont situées dans la zone boréale et  selon les mesures retenues et leur homogénéisation, les moyennes diffèrent.

L’OMM définit des périodes de 30 ans  pour comparer les années entre elles et définir une tendance (pour prévoir la météo quotidienne). Le calcul d’une « normale climatologique en ce lieu pour ladite période » varie généralement peu et ne s’applique pas à l’échelle planétaire

Pour reconstituer une évolution à l’échelle de milliers d’années, on utilise des sources indirectes :documents historiques (médiocres), on étudie aussi les roches, les fossiles, les reliefs, mais cela reste très imprécis. On a tout de même mis en évidence une hausse de température de 0,7°C en un siècle et demi à l’échelle planétaire. Mais  ce réchauffement d’ensemble n’excède pas une variabilité naturelle calculée à partir de l’Holocène, période de dix mille ans. Mais ce n’est pas qu’une affaire de thermomètre, une autre pathologie s’y ajoute.

-les rejets de CO2.

On connaît une limite dans la fiabilité des mesures : le taux change considérablement selon les lieux, et le CO2 met des centaines d’années pour que les bulles de CO2 emprisonnées dans la calotte glacière se solidifient (il est donc dur de comparer la tendance actuelle avec les autres périodes). Mais études montrent que CO2 aurait été stable avant le XIXème siècle, puis il y a eu hausse de la concentration : cela est du à plusieurs facteurs car en 1850 :  il y a eu augmentation des émissions solaires, et hausse thermique, sans oublier la révolution industrielle en Europe.

Lien CO2 et température

Le premier des GES (gaz à effet de serre) est la vapeur d’eau, qu’on ne prend pas en compte dans la modélisation du climat futur. Le deuxième est le CO2.

La corrélation entre la température et la teneur en GES est établie pour la période des ères glacières/interglacières (il y a corrélation depuis 400 000 ans) et des temps plus courts (petit âge de glâce), mais la corrélation positive n’implique pas un effet de cause à effet, le gaz carbonique pourrait être une rétroaction positive du réchauffement, et non sa cause.

Le cO2 n’est cependant pas seulement envisagé comme amplificateur du réchauffement, mais initiateur. Pourquoi ?

Il y a une pollution indéniable de l’atmosphère avec développement éco. de l’Europe et des Etats-Unis, surtout à cause de la combustion des carbones fossiles (le charbon, puis le pétrole.) La moitié des émissions est recyclée par la nature, l’autre reste dans l’atmosphère.

Problème : la diffusion de la pollution se fait normalement sur de faibles distances, alors comment toute la troposphère a-t-elle pu être modifiée ? Et comment expliquer que l’hémisphère sud ait été touché par le réchauffement pls décennies avant l’hémisphère nord ?

Le rapport Meadows a tout de même mis en évidence l’effet de serre anthropique, qui ne peut qu’augmenter avec l’aspiration à un meilleur niveau de vie par tous les humains Donc la teneur en CO2 aujourd’hui « inédite » devrait continuer à croître.

II Le diagnostic : un pronostic vital engagé

les docteurs :

Le GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) est financé par l’ONU.

En 1992 (conférence de Rio), l’ONU reconnaît l’importance de « protéger le climat ».

Le GIEC fait des rapports de synthèse, il cherche à comprendre  et à décoder des infos politiques , scientifiques et climatologiques concernant  les risques liés à action de l’homme sur le climat. Ils observent le climat, et envisagent les moyens d’adapter les sociétés ou d’atténuer les changements.

Ils tentent de modéliser le climat futur (pour 2050 ou 2100), et utilisent des variables relatives à la pop. et aux modes de prod mais la modélisation ne prend pas en compte l’évolution des techniques. Les scénarios sont plus ou moins réalistes, les modèles ne sont que des possibles car le système atmosphérique  n’est pas totalement prévisible (la météo se trompe.) Les modèles veulent dire les changements de température et de précipitations mais échouent à localiser les lieux du changement, à cause du caractère sommaire du découpage géographique.

-le Rapport de 2007 atteste du changement climatique sans équivoque, de la responsabilité majeure des GES anthropiques. Lechangement de fréquence et d’intensité des extrêmes météorologiques va avoir conséquences  le plus souvent négatifs sur les systèmes naturels et humains, avec un  risque accru d’extinctions d’espèce si le réchauffement  est compris entre +1.5 et +2.5°C

Il y aura un basculement irréversible du climat vers l’inconnu au delà de +2° de changement selon Copenhague ( mais cette information reste douteuse)

Des constats déjà catastrophistes et mal compris créent de la peur. Des phénomènes naturels sont présentés comme preuves d’un réchauffement (Katrina), alors qu’ils ont toujours existés.

-Critiques :

-le rapport ne prend pas en compte l’émission solaire, les effets d’assombrissements/éclaircissements qui modifient la quantité d’énergie solaire reçue sur la surface de la Terre à l’échelle pluridécennale.

-l’effet urbain est minimisé

-Le rapport se veut le rapport officiel d’un « consensus » scientifique, maiss en science, le consensus n’est pas une preuve. Il y a eu desdémissions au sein du GIEC, à caus de désaccords entre scientifiques et de la remise en cause  par certains du contenu alarmiste du rapport. Selon J. Christy dans Michaels (2005), il existe des préjugés chez une majorité en faveur de certaines politiques spécifiques. Certaines sections du rapport s’éloigneraient de l’objectivité scientifique.

En effet la climatologie connaît une médiatisation exceptionnelle, les résumés des rapports  sont diffusés largement. On utilise plus un langage médiatico-politique que la précision sémantique et conceptuelle habituellement nécessaire pour publier les résultats de recherche dans des revues scientifiques.

III Le traitement de la maladie : un remède palliatif universel ?

-réduire les émissions de CO2

Comme le GIEC considère que des répercussions graves voire irréversibles auront lieu au-delà d’une hausse de +2°C, on cherche à réduire les émissions de GES.

L’objectif d’ensemble est quantifié. Le total maximum d’émissions est annuellement fixé, et décliné par pays selon leur niveau de développement ( de Kyoto à Copenhague.)

-pour qui ?

Kyoto impose aux pays riche  5% de réduction en moyenne par rapport à 1990, entre 2008 et 2012. Le « combien ? » ne pose que des problèmes mineurs. La vraie question, c’est « comment ? »

Le constat : Entre 1990 et 2007, émissions de CO2 ont augmenté de 35%.

Depuis 2006 , la Chine est le plus grand émetteur mondial devant les EU.

Il y a de fortes augmentations (+ de 100%)  de CO2 observées dans les pays émergents (Moyen-Orient, Extrême Orient, principalement l’Inde et la Chine.)

En Amérique latine, Océanie et Afrique elle est > 50%.

Les pays en développement pas concernés par les réductions : Mais dans ces pays les émissions annuelles par habitant restent très faibles par rapport à l’Amérique du Nord et aux pays producteurs de pétrole (USA, Canada, Luxembourg et Émirats).

L’UE s’est engagé à une réduction de 8% d’ici 2012, qui peut être possible in extrémis (pour l’instant en 2010 la réduction est de seulement  3.6% par rapport à 1990 !) Elle sera peut-être possible grâce à l’achat de crédits issus de projets de réduction des émissions menés dans les pays tiers.

-l’échec de Copenhague

La conférence de Copenhague (2009) a ouvert une ère de désillusion avec l’incapacité des dirigeants de la planète à trouver un accord sur un projet commun. Les raisons de l’échec :

-Beaucoup ont prôné un remède universel. Pour les ONG environnementalistes comme WWF, un problème planétaire exige une solution planétaire. Leurs puissants lobbies, approchent les gvts et responsables internationaux au point qu’elles sont  devenues des interlocuteurs incontournables dans les négociations.

prétentions universalistes de l’Europe. Le propos des écologistes  a été relayé car  il s’intégrait dans une stratégie internationale d’une UE cherchant à asseoir un leadership  face à l’Amérique de G.Bush.  Forte d’une tradition universaliste et d’une bonne réputation environnementale, elle a tenté de diffuser des grands principes partout, comme le principe de précaution. L’UE se positionne souvent en faveur de l’atténuation.  Des scientifiques suivent : ils créent des modèles climatiques  où l’espace est simplifié en espace géométrique. Les espaces culturels ou politiques ne sont pas pris en compte.

déni du territoire :  on refuse l’intervention d’une puissance de contrôle à l’intérieur des frontières, où on veut protéger l’économie, les emplois et le potentiel de développement. La question de l’équivalence des tonnes de CO2 se pose. (le CO2 produit par un 4×4 en ville ne devrait pas être mis sur le même plan que celui produit par l’alimentation en électricité d’un village en Afrique)

problème des multinationales. Qui paye ? Le pays d’origine ou le pays d’accueil ?

-La solution : s’adapter au changement ?

Sans adaptation, l’atténuation du réchauffement coûtera encore plus cher.  On peut éviter le catastrophisme : les changement climatiques peuvent être positif pour certaines régions. (viticulture et arboriculture de l’Ontario, élevage en plein air finnois polyculture russe etc.) Les estimations quant à la hausse des mers ne cesse de baisser : elle montera de moins de 1m. Les conséquences du réchauffement seront variées : Les plus soumis aux climats sont les plus vulnérables, les plus pauvres. La priorité , c’est de dégager des financements et une aide éventuelle pour ceux-ci. Il ne faut pas sousestimer la capacité d’acclimatation des sociétés

Il faut redéfinir l’action politique, le rôle des acteurs institutionnels : exercer une concertation entre citoyens pour effectuer un bilan , évaluer les vulnérabilités et les valeurs économiques et patrimoniales de chaque bien.

Ensuite il faut décider au cas par cas.: abandonner, valoriser par secteur d’activités, protéger, assurer ou déplacer, ainsi que  faciliter la réalisation de projets. Un chef d’orchestre politique est indispensable pour rendre compatibles des décisions faites à des échelles emboîtées : communes, régions, états….

Les traitements doivent être variés et réversible. Il faut accepter les innovations : un capteur et compresseur d’une centrale de charbon représene 90% de CO2 en moins : cette solution permet de gagner du temps, de ne pas répondre à la pression de l’urgence.

ð  Le réchauffement a fait évoluer les mentalités : le plus n’est pas forcément le mieux. Ces idées sont néanmoins moins partagées dans les pays pauvres.

CONCLUSION :

Un débat est indispensable pour faire progresser un échange de savoirs difficile, voire conflictuels (Assimiler des opposants au GIEC à des négationnistes et à des charlatans est caricucatural.)

L’incompréhension résulte de la diversité des disciplines et des méthodes de travail utilisées. Pour les géographes, les modélisateurs fétichisent les chiffres. La planète n’a pas qu’un climat, la température ne définit pas à elle seule le climat et une société n’est pas définie par son climat.

Pour prendre des décisions pol., il faut prendre en compte les institutions qui furent produites pendant des siècles, les différents systèmes de valeurs et les niveaux de dvlpt très inégaux que l’on trouve dans le monde. Une injonction d’action universelle n’est pas compatible avec un problème complexe qui convoque une multitude d’acteurs.

Il faut garder tête froide, et ne pas brandir des prédicitons de plus en plus alarmistes. Il n’y a de place ni pour l’urgence, ni pour l’émotion.

MON AVIS

J’ai trouvé cet article intéressant, il est clair et permet d’appréhender le réchauffement climatique différemment. Loin de la vision alarmiste qu’on trouve dans les médias, il s’interroge de la façon la plus scientifique possible sur l’ampleur du problème. Il est exhaustif car, sans se contenter de simples observations, il nous donne des ébauches de solutions. De plus, son approche originale (la santé de la planète Terre), le rend agréable à lire.

Pauline Wettler, HK/AL

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Marianne 2, 15  mars 2011

Géographe, ancien président de l’Université Paris Sorbonne, Jean-Robert Pitte cultive une passion ancienne pour le Japon. Pour Marianne2, il revient sur le drame qui secoue le pays du soleil Levant. Loin de tous les catastrophismes, Jean-Robert Pitte décrit l’optimisme fondamental qui caractérise les Japonais, un peuple qui n’avance que de crises en crises.

La grande vague de Kanagawa par Hokusai (cc flickr Natsuki)

Comment évaluez-vous la gravité de la situation au Japon ?

Jean-Robert Pitte: La situation est grave, elle pourrait s’aggraver mais arrêtons de considérer qu’elle ne peut que s’aggraver. Je suis scandalisé de voir les Verts considérer qu’on est au pire du pire, que c’est pire que Tchernobyl. Le Tsunami est une chose malheureusement connue au Japon, ce n’est ni le premier, ni le dernier. Je suis scandalisé par cette vision catastrophiste véhiculée par les médias qui laisse à penser que tout fout le camp, que l’économie japonaise mettra des siècles à se redresser etc.

Le Japon vit avec le risque permanent des catastrophes naturelles. Dans le cas présent vient quand même se surajouter le danger nucléaire ?

C’est une catastrophe naturelle qui est devenue catastrophique parce qu’il y a des gens qui habitent au bord de la mer dans un secteur pas assez protégé. Mais avec de telles vagues, on ne voit pas quelles protections il pourrait y avoir…Cela dit, c’est certain que le Japon vit, en permanence, avec ce risque au dessus de sa tête. C’est d’ailleurs la première fois que l’on voit un Tsunami en action. Lors du Tsunami qui a eu lieu en Thaïlande il y a trois ans, on a vu les dégâts après. Là on voit bien que, quelles que soient les techniques dont on dispose, il n’y a pas grand chose à faire.  Les Japonais se disent qu’un jour il y aura un Big One à Tokyo. Mais ce dont les gens ne se rendent pas compte c’est que les tours de Sendai ou de Tokyo ne sont pas tombées. On voit les immeubles « danser » à la télévision mais ils ne s’écroulent pas. Je croise les doigts pour que n’arrive pas la grande catastrophe nucléaire, je n’ai aucune idée de ce qui arriverait si un nuage nucléaire arrivait sur Tokyo, mais pour ce qui est du Tsunami, le Japon va s’en relever.

Le Japon a déjà connu des épisodes aussi graves dans son histoire, le tremblement de terre qui a touché Tokyo en 1923, la Seconde guerre mondiale, et le tremblement de terre de Kobe en 1995. Comment avait réagi le pays ?

On enterre ses morts, on remonte ses manches et on reconstruit. En 1923, c’était un grand drame. Le séisme n’était pas très fort, mais c’était au cœur de la capitale à midi et le chauffage se faisait au charbon de bois, donc il y a eu des incendies gigantesques.
Ca a été un grand choc mais c’était l’époque où le Japon était galvanisé par l’idée de devenir une grande puissance, acquérir un empire colonial et été influencé par le modèle européen des grandes dictatures. La seconde guerre mondiale est bien plus « extraordinaire »: toutes les grandes villes ont été rasées, toutes les infrastructures industrielles ont été détruites, il ne restait que les terres agricoles. Le tout dans des conditions d’humiliation très difficiles compte tenu de la façon dont on avait galvanisé les gens autour de l’idée du Grand Japon. Ce qui est fantastique, c’est que, 20 ans après, ce pays détruit intégralement était devenu la deuxième puissance du monde avec une population assez restreinte. C’est un relèvement d’une rapidité extraordinaire, bien dans la mentalité japonaise, l’idée que tout est impermanent, rien n’est stable, les catastrophes nous pendent au nez et quand ça arrive, on repart. Ce n’est pas une civilisation de l’abattement. Il y a un optimisme fondamental que nous n’avons pas chez nous.

lire la suite sur Marianne2.fr

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In BRUNEL Sylvie, PITTE JR, LATTES JC, Le Ciel ne va pas nous tomber sur la tête, Société de géographie, 2010.

L’auteur : Alain Miossec

Spécialiste de la géographie des littoraux, Alain Miossec est l’auteur d’une thèse consacrée à la gestion de la nature littorale atlantique, étude comparative Etats-Unis, Pays-Bas, Royaume-Uni, Espagne et France (1994). Son activité scientifique lui a permis d’écrire des ouvrages sur les relations Homme-Nature sur les littoraux, ainsi que de travailler comme expert pour divers organismes d’Etat, comme l’Union Géographique Internationale et le Comité national de Géographie.

Résumé du chapitre

Le débat sur le réchauffement climatique et ses effets sur la montée des océans est régulièrement relancé. Mais, plus que craindre un aggravement des évènements, il faut savoir garder raison et tirer un enseignement des évènements du passé pour appréhender ceux du futur. Une réflexion calme aux risques envisageables entraînera alors la prise de mesures préventives efficaces pour les affronter.

Problématique : Comment garder raison face au déluge de critiques ? De quels moyens dispose-t-on pour accompagner l’évolution de la montée des eaux ? Résistance ou fuite ?

Contenu

1.  Exemple de la « violente tempête » qui a frappé les côtes atlantiques le 28 février 2010

Ce drame, qui n’est dû qu’à la convergence de facteurs favorables, révèle surtout les formes d’occupation et de gestion du littoral. Il permet aussi de caler un événement présent par rapport à ceux du passé, pour pouvoir ensuite envisager l’avenir.

Dans l’hypothèse du réchauffement climatique, il faut analyser la perspective d’un relèvement du niveau des océans, et anticiper les réponses possibles à ce relèvement.

2.  L’élévation du niveau des océans : réalités et solutions possibles

o     Le passé éclaire le présent…

On constate une grande variabilité de climats au cours du Quaternaire (on compte par exemple cinq glaciations), avec à chaque fois des conséquences sur le niveau de la mer. La dernière transgression a eu lieu il y a 20 000 ans, de manière irrégulière.

Situation contemporaine : Le niveau de la mer s’élève progressivement depuis la fin du XIXe siècle, et ce processus connaît une accélération depuis les années 1990. Deux techniques fiables permettent d’établir ce constat : l’augmentation des marégraphes et la télédétection par satellite.

Cependant, si l’on peut être sûr de l’augmentation du niveau des mers au cours du prochain siècle, il ne faut pas s’alarmer pour autant : la science est faite d’incertitudes.

Le problème n’est pas tant l’élévation du niveau des océans que la manière dont on envisage d’y faire face. On attend que la solution englobe à la fois un champ technique et politique : résister ou fuir…

o     Résister

La résistance suppose la mobilisation de la recherche technique et de l’art des ingénieurs. Le passé éclaire alors le présent : on adapte les techniques actuelles à l’évolution naturelle des littoraux, mais aussi aux observations faites dans le passé. Mais ces techniques, comme les digues, nécessitent un entretien permanent. La surveillance scientifique des lieux est aussi une des clés : elle ne permet pas d’éviter la transgression de la mer mais de savoir « où l’on en est ».

o     Reculer

Cette solution plus politique implique le retour contrôlé de la mer par la dépoldérisation, ce qui a le bénéfice de créer des milieux riches en faune et en flore. Cependant, il est difficile d’obtenir l’acceptation de ce recul par des populations dont les générations précédentes avaient inscrit leur vie dans la lutte contre la mer ; de plus, les populations ne veulent pas voir le danger et continuent, pour le tourisme notamment, à construire en zone inondable.

3.  Des rivages qui resteront encore longtemps sous pression

Il faut nuancer les propos de ceux qui dénoncent les responsabilités humaines dans l’actuel réchauffement du climat et mettent en cause l’océan comme facteur futur de déstabilisation du climat.

o     … de la mondialisation

La maîtrise des espaces océaniques a toujours été source d’enrichissement matériel et spirituel.

Aujourd’hui, le commerce international est dominé par des échanges internationaux de telle ampleur que seul le navire peut rendre les services les plus appropriés en terme de coût-bénéfice. La géographie des ports témoigne donc de la puissance des échanges et des mutations les plus récentes (ex : transfert des places portuaires les plus importantes de l’Occident à l’Asie).

Bien sûr, cette prépondérance portuaire a des conséquences de type environnemental…

o     Transports maritimes

L’augmentation du tonnage est l’expression d’une croissance continue : la diversification de l’offre avec les modifications apportées aux navires, de plus en plus gros et spécialisés, est une réponse économique à la demande croissante. Le cas du pétrole reflète bien cette spirale de la croissance.

4.  Science et technique au service de la destruction des fonds marins, la pêche ?

Peut-on envisager un jour une mer sans poisson ? En effet, certaines espèces se raréfient du fait de l’amélioration des techniques de pêche, qui permettent d’aller toujours plus en profondeur. L’avenir est donc à l’élevage de poissons… et à l’indemnisation des pêcheurs.

5.   Menaces fantasmées et craintes réelles : des solutions pour des angoisses mal venues

Une telle pression sur les littoraux entraîne évidemment des conséquences spatiales et environnementales. Cependant, les commentaires alarmistes doivent être nuancés.

Problème des coraux (développement difficile et blanchissement à certains endroits) : les phénomènes doivent être étudiés dans la durée et non dans l’instantané du constat : le temps de la nature n’est pas réductible à celui de l’homme.

Problème des marées vertes : la nature est en partie responsable de ce phénomène, qui ne date pas d’hier (on en parlait déjà il y a trente ans). De plus, des solutions techniques et des dialogues ont été mis en place.

Finalement aujourd’hui, l’image et l’émotion l’emportent sur la rationalité. Il faut alors savoir garder raison et trouver des solutions à des problèmes qui sont d’abord locaux.

Critique

Cet article a le mérite d’être optimiste et de donner des raisons de l’être. Il reprend en effet les questions préoccupantes que soulèvent les médias et y répond rationnellement, sans toutefois négliger leur ampleur. Cependant, les solutions données sont uniquement politiques ou scientifiques et ne mentionnent pas ce que pouvons-nous faire, nous, au quotidien. Sommes-nous alors impuissants, totalement dépendants des décisions des chefs d’Etat ?

© Margot Grellier, HK AL

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http://ethnolyceum.files.wordpress.com/2008/12/dessousdescartes_sh_choc_des_civilisations.jpg

par J-R. Pitte, in Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête, Lattès, 2010

Cet article, dans l’esprit de ce livre écrit pour contrer le pessimisme ambiant, s’oppose ouvertement à l’ouvrage de Samuel P. Huntington, Le choc des civilisations, publié en 1996, devenu un best-seller à la suite des attentats du 11 septembre. Il s’oppose aussi de manière plus discrète à celui de l’american-japonais Francis Fukuyama, La fin de l’histoire, comme l’indique cette référence: « Le monde contemporain vit dans la conviction (…) que le choc des civilisations et la fin de l’histoire sont inéluctables » (paragraphe 1) .

?enjeu du chapitre : « on tente ici de montrer que le pire n’est pas sûr et que la paix ne peut naître que de l’éducation, de l’encadrement social, de la compétence et de l’honnêteté des élites. »

Présentation de l’auteur :

Spécialiste du paysage et de la gastronomie, Jean-Robert Pitte est président de la Société de Géographie , président de l’Association pour le Développement du Festival international de Géographie (FIG), et président de la Mission Française du Patrimoine et des Cultures Alimentaires (MFPCA).

Il a été élu, le 3 mars 2008, au premier tour de scrutin, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section Histoire et géographie, au fauteuil laissé vacant par le décès de Pierre George. Il a été de 2003 à 2008 président de l’ Université Paris-Sorbonne (Paris IV)

RESUME

On peut tout d’abord constater les nombreux progrès réalisés depuis la deuxième guerre mondiale, on dénombre de nombreux évènement heureux, comme la chute du Mur ou la fin de l’apartheid, mais aussi le progrès des conditions de vie et le recul proportionnel de la pauvreté. Cependant plusieurs évènements malheureux se sont passés, comme les génocides rwandais et cambodgiens. On note aussi la poussée de l’inculture, « arme de destruction massive« .

On peut trouver des solutions aux malheurs de notre époque .Tout d’abord la paix peut être favorisée par l’éducation des populations, et par la pratique de l’abnégation, pour une civilisation plus humaine. Les différentes civilisations s’accordent d’ailleurs sur plusieurs des recommandations qu’elles adressent à l’homme. Confucius, Jésus et Socrate encouragent tous trois l’éducation, l’amour du prochain et l’humilité. La laïcité permet de vivre ensemble dans la paix.

Il est aussi nécessaire de promulguer une culture de l’écrit, car « la pérennité et le progrès des civilisations repose sur la prévalence de l’écrit ».

L’humanité doit se rendre compte de son rôle dans l’histoire, car il n’y a pas de « sens de l’histoire ». Déjà, les Organisations internationales et les Firmes Multinationales permettent le dialogue.

« Ainsi les géographe ne peuvent-ils qu’avoir foi en l’homme (…) Non, définitivement, le pire n’est jamais sûr »

CRITIQUE

Cet article a le mérite de réhabiliter la liberté et la responsabilité de l’homme dans son avenir et celui de la planète : JR Pitte rappelle que chaque homme a un rôle sur la planète .

Cet article a aussi le mérite de chercher les principaux points de convergence des différentes cultures, que l’on étudie souvent sous l’angle de l’opposition.

Cependant ce texte évite d’aborder la question de l’islam, évacuée rapidement par l’expression « terrorisme dit islamique », alors que l’islam semble bien être au coeur du sujet. En effet, au paragraphe 11,  JR Pitte fait l’éloge de la laïcité, comme « condition indispensable du dialogue entre les peuples et les cultures », et la question suivante reste entière à la fin du chapitre : l’islam est-il compatible avec la laïcité ? Le contexte actuel ( discussions au sujet de la burqa, de la nourriture halal) incite à aborder le sujet.

Camille Gindre, HK AL

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