Photographie de Quitterie Loizillon

Localisation :

Cette photographie, prise de la falaise qui surplombe le port,  présente une vue de Cancale, bourg breton qui ferme à l’ouest  la baie du Mont Saint-Michel, en Ille-et-Vilaine (35), sur la Côte d’Emeraude.

 

Description :

Cette photographie est composée de 3 parties horizontales : la verdure, la mer et le ciel. Au premier plan nous voyons la végétation de la falaise d’où a été prise cette photo. Nous surplombons la mer et le port de Cancale : la Houle. Ses maisons ont toutes la même architecture,  à un ou deux étages, les murs en pierres grises et un toit d’ardoises. Si nous regardons plus haut, nous pouvons apercevoir l’église Saint-Méen, de style néogothique, construite entre 1876 et 1886. Cette église peut se voir de très loin, du fait de sa situation en hauteur. Elle est entourée du bourg, où fourmillent commerçants en tous genres et habitations. Un peu à droite nous pouvons distinguer une statue qui se dresse sur une falaise, c’est la pointe des Crolles et son monument aux morts. Deux jetées attirent notre attention au centre de l’image, l’ancienne, en pierre (la plus proche), et la nouvelle, en bois, plus longue, terminée par un phare. Plus loin derrière, trois rochers se dressent fièrement hors de l’eau : le Rocher de Cancale (à droite) et le Châtellier, et derrière eux l’île des Rimains (que l’on distingue mal), sur laquelle un fort maritime a été construit à la fin du XVIIIe siècle sur des plans de Vauban, pour défendre la passe de Cancale et assurer la sécurité de la baie du Mont Saint-Michel. Sur ces rochers, nous pouvons apercevoir un liseré noir qui indique la hauteur qu’atteint la mer à marée haute. Elle est ici pratiquement haute, comme nous pouvons le voir devant l’ancienne jetée où ne se distingue qu’une petite parcelle de plage. La mer est l’élément le plus présent de ce tableau et en effet très importante dans la vie de ce bourg, célèbre pour ses huîtres. A cet instant, elle est calme et recèle de nombreuses nuances de bleu : d’un vert émeraude au premier plan, d’où le nom de la côte, elle devient turquoise plus loin et enfin bleu profond. Les embarcations que nous apercevons çà et là sont pour la plupart de petits bateaux de pêche ou de plaisance. A l’horizon nous distinguons la côte normande. Enfin le ciel, d’un bleu encore différent est parsemé de quelques nuages.

 

Interprétation :

Sur cette photo, nous avons les deux aspects majeurs de la ville de Cancale : l’exploitation de la mer et le tourisme. Nous pouvons observer les deux niveaux qui structurent cette ville : le port et le bourg. C’est une station balnéaire de moyenne importance, mais dont la population est multipliée par cinq durant la haute saison : de 5 000 habitants elle passe à 25 000 l’été. Les estivants s’y plaisent pour la voile, les plages, les nombreuses balades qu’offre la baie du Mont Saint-Michel et la gastronomie. En effet, l’activité ostréicole est une des principales ressources de Cancale. Les maisons sur le port sont maintenant des hôtels, des restaurants ou des boutiques, alors qu’auparavant, c’était les habitations des nombreux pêcheurs qui  partaient pour de longs mois à Terre-Neuve pêcher la morue. La présence de nombreuses voitures témoigne d’une intense activité touristique.

 

Intérêt :

Cette carte postale géographique me plaît car elle reflète la vie d’une petite ville de Bretagne, et permet de comprendre son passé et son évolution depuis les 50 dernières années. C’est une ville  à laquelle je suis attachée, puisque j’y passe régulièrement des vacances. J’aime aussi la beauté esthétique de cette photo, les nuances des couleurs de la mer particulières à cette région et le contraste entre la terre et la mer.

 

Quitterie Loizillon, HK B/L

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photographie de Gabrielle Peyrelongue

Localisation

 

Cette photo a été prise le 5 aout 2012 sur le banc d’Arguin à la sortie du bassin d’Arcachon en Gironde (33) en France.

 

Description

 

Au premier plan on observe les petites dunes de sable du banc d’Arguin recouvertes  d’oyat, une espèce de plantes qui croit dans les terrains sablonneux et permet de fixer les dunes de sable. Le banc d’Arguin est constitué de plusieurs de ces  dunes et bandes de sables qui se déplacent continuellement.

Au deuxième plan apparait une anse de ce banc, où les bateaux peuvent accoster le banc et mettre l’ancre. C’est ici le point d’arrivée de nombreux plaisanciers qui viennent profiter de cet ilot a la sortie du bassin d’Arcachon. La marée est haute au moment où la photo a été prise, cependant on aperçoit quelques langues de sables qui se découvrent lorsque la marée descend.

Enfin, nous distinguons en arrière plan la dune du Pilat, plus haute dune d’Europe qui atteint 110 mètres d’altitude. Son sommet offre une vue sur l’ensemble du bassin d’Arcachon.

 

Interprétation

 

Le bassin d’Arcachon doit son attractivité touristique tout d’abord à son paysage original. Les bancs et ilots qui s’y sont formés sont cause de mouvement dans le bassin  et se présentent un paysage diversifié, avec d’une part le band de sable blanc (banc d’Arguin) et d’autre part l’ile aux oiseaux, une ile formée d’une végétation humide souvent inondée (sables vaseux). Ces bancs d’une grande envergure (1000 hectares pour l’ile) peuvent accueillir de nombreux vacanciers. Enfin, la dune du Pilat contribue à la notoriété de cette station balnéaire : en effet elle accueille plus de 1,5 millions de visiteurs par an.

De plus, le banc d’Arguin a une importance écologique : en effet il abrite une réserve naturelle nationale. Ce banc  est un lieu d’accueil important pour beaucoup d’espèces d’oiseaux hivernants migrateurs et il abrite une des plus grandes colonies de Sternes caugek d’Europe.

 

Intérêt

 

Cette photographie représente assez bien les particularités du bassin d’Arcachon en montrant son paysage spécifique, ses attraits touristiques combinés à une certaine responsabilité écologique.

 

Gabrielle Peyrelongue, HK

 

 

 

 

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http://littoral-corse.com/

Par le biais de l’AP Géo,

Pierre Stragiotti signale la mise en ligne du n° 19 de la revue EchoGéoà l’adresse : http://echogeo.revues.org/12746 .

 Le dossier central de ce numéro fait le point sur l’état de la recherche française dans le domaine du littoral et de la mer en publiant plusieurs articles présentés en juin dernier aux Journées de la Commission de géographie de la mer, du littoral et des îles.
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http://www.dune-miquelon-langlade.net/fr/14-dates-clefs.html

Extrait du livre Les Français face à leur environnement, ce troisième chapitre, issu de la collaboration de Fr. Doumenge, R. Paskoff, R. Robert et J-P Trzpit, s’inscrit dans la complexe problématique de la gestion des 7000 km de côte dont disposent les Français. 

Avec 7000 Km de côtes aux climats, paysages et hydrologies variés, la France et ses Dom -Tom apparaissent au coeur de la question des dynamismes littoraux et de ses problématiques. Evolution du trait des côtes, pollution, appauvrissement des écosystèmes, aléas hydroclimatiques, dégradation des plages ou encore surfréquentation touristique sont autant d’exemples de problèmes auxquels sont confrontées les populations de ces milieux.

Tout l’enjeu du chapitre est donc de montrer, à travers différents exemples, comment les hommes tentent de gérer les risques inhérents au milieu côtier. 

Ainsi, cette gestion peut s’envisager sous différents angles :

I)  D’une part la restauration des plages et la réhabilitation des dunes littorales,

II) La lutte contre les vents et marées,

III)          Le problème de l’impact des cyclones dans les DOM-TOM et enfin

IV)           Les mesures entourant la gestion et les inquiétudes dont cette dernière fait l’objet.

            I) La restauration des plages et la réhabilitation des dunes littorales :

Le tourisme balnéaire qui s’est fortement développé en France depuis les années 1960, a considérablement contribué à la destruction du milieu littoral. Cependant, c’est aujourd’hui conscientes de la vulnérabilité de cet espace et soucieuses de réparer les dégradations que les populations, à travers des actions telles que celle du Conservatoire du littoral, recourent à des méthodes nouvelles de remédiation en harmonie avec ces phénomènes naturels parmi lesquelles l’on peut isoler : la restauration des plages et la réhabilitation des dunes.

 La restauration des plages :

La France observe principalement l’érosion de ses plages (comme en témoigne l’évolution de blockhaus du Mur de l’Atlantique, les relevés en baie d’Aubierne où le rivage s’est retiré de 150 m entre 1952 et 1969). Bien que des causes naturelles puissent être avancées, le facteur humain reste l’élément déclencheur de cette érosion. On peut à ce sujet évoquer les travaux sur les fleuves (qui réduisent la charge en sable et galets), les installations portuaires (qui entraînent des perturbations de la sédimentation), l’extraction de granulats sur les avant-plages, les plages et les dunes (maintenant interdits).

 Ainsi, plusieurs solutions sont alors envisagées par l’homme :

                                      – Les enrochements :

Les services techniques et les bureaux d’études ont longtemps proposé à ces problèmes la solution des épis, des brise-lames ou encore celle des murs de protection mais ces ouvrages de défense conduisent bien souvent à une artificialisation du rivage et à des coûts importants pour la collectivité sans mettre fin au mal qui ronge les côtes. 

–                                                                      L’alimentation artificielle (par sable et galets) des plages :

Pratiquée sur les plages en fond de baie de Provence et de Bretagne, celle-ci remédie à l’érosion sans perturber les processus côtiers en obéissant à un certain nombre de contraintes techniques telles que : éviter les matériaux trop fins et donc dispersables par les vagues, privilégier les prélèvements éloignés des rivages afin de ne pas déstabiliser les plages (on estime qu’il n’y a pas de danger lorsque les emprunts se font à plus de 20 m de profondeur et à plus de 2000 m du trait des côtes.). Mais le rechargement n’est jamais définitif et des apports compensatoires de sédiments sont à envisager. Par ailleurs, ce procédé présentant l’avantage de ne pas être incompatible avec un rétablissement naturel des zones perturbées demeure néanmoins coûteux. Cependant, l’on retiendra que ces opérations ont permis à la fois d’améliorer le cadre d’une activité économique liée à la mer et de conforter un espace littoral naturel qu’une évolution régressive menaçait de disparition.

 La réhabilitation des dunes :

 Les cordons dunaires sur lesquels s’appuient généralement les plages de sable représentent une véritable réserve en sédiments dont ces dernières peuvent bénéficier à l’occasion. Or celles-ci ont beaucoup souffert de l’urbanisation linéaire et de la surfréquentation touristique des rivages marins. Dégradée, la végétation psammophile qui fixe ces dunes résiste mal aux agressions et finit par disparaitre. Le sable apporté par le vent n’est dès lors plus retenu causant ainsi l’érosion des plages.  Aussi à l’initiative du Conservatoire du littoral, de l’Office national des forêts, des collectivités locales, des associations de protection de la nature et même de certains particuliers des efforts ont permis la réhabilitation de ce type de dunes là où les opérations étaient encore possibles. Ainsi, l’on peut évoquer les exemple de la réhabilitation de la dune de la Garenne qui fut un succès puisque le port de Saint-Gilles-Croix-de -Vie n’est désormais plus obstrué à son entrée et que l’environnement littoral a retrouvé son équilibre sédimentaire et sa valeur paysagère. Il en va de même pour la flèche de la Grâcieuse qui ,confortée par un cordon dunaire continu et exhaussé, s’est vue résister à la tempête de janvier 1994 considérée comme d’occurrence vingtennale.

Une importante gestion du littoral doit accompagner cette réhabilitation comme en témoignent les nombreuses mesures d’accompagnement concernant la mise en place de panneaux d’information et de recommandations pour le public, mais aussi plus concrètement l’aménagement de parcs de stationnement de voitures dans la forêt (comme en Aquitaine) ou encore le balisage des sentiers pour éviter le piétinement généralisé du cordon dunaire.

Ainsi toutes ces mesures devraient permettre, si les collectivités locales sont raisonnables, de concilier l’utilisation ludique du rivage et la bonne conservation de son attrait paysager, oeuvre de la nature et des hommes.

I)      Une lutte contre vents et marées :

 

Bien que la France semble relativement épargnée par les catastrophes naturelles majeures la vision purement livresque d’un modèle climatique désincarné ne cadre que très partiellement avec les réalités vécues par les populations locales. En effet, des exemples pris dans des domaines présumés tempérés témoignent de la profonde vulnérabilité des hommes et, moins dommageable, de celle de leurs activités quotidiennes dans les milieux littoraux et insulaires exposés aux risques de tempêtes et aux violences de l’océan.

                         – Une géographie des tempêtes :

Face à la réalité de la tempête vécue comme un véritable drame et une terrible malédiction par le profane et à la profusion des différents relevés, une définition synoptique de la tempête vit progressivement le jour. La définition actuelle de la tempête découle en partie d’observations accumulées empiriquement au fil des générations par les gens de la mer, au temps de la marine et de la voile, comme en témoigne très bien l’échelle Beaufort. Mais cet inventaire statistique présente des limites car il ne rend qu’imparfaitement compte de ce phénomène naturel qui, par essence, trouve son territoire de prédilection en amont des côtes, sur l’océan et les mers, et qui se caractérise avant tout par une exacerbation passagère du gradient de pression. Dès lors, l’homme a su mettre en place une véritable géographie des tempêtes à travers l’élaboration de cartes ne traitant plus seulement des étendues bordières mais également du grand large. Ces cartes peuvent également figurer la double répartition spatiale et saisonnière des tempêtes.

–                                              Les hommes face à la tempête :

 Une population qui déplore des dégâts considérables, …

La population française face à la tempête déplore certes peu de victimes mais mesure avec effroi l’ampleur des sinistres matériels et notamment ceux du patrimoine dont la cicatrisation s’avère longue, incertaine et coûteuse. Quel que soit l’ampleur de ces dommages, perceptibles jusque loin dans les terres, ce phénomène reste par essence maritime et profondément lié aux populations de ces aires et au lourd tribu des gens de la mer. Mais «les hommes ne sont pas seulement inégaux devant la mort». En effet, les marins et marins-pêcheurs s’ils en réchappent n’en sont pas quittes pour autant. Rémunérations à la part, absence de rémunérations directe pendant les périodes d’immobilisation des navires, aides palliatives aux règlements différés … sont le lot quotidien de ces hommes de la mer. Ainsi, il semblerait que la tempêtes mette considérablement en péril un secteur aux difficultés structurales majeures.

 …  organise son sauvetage… :

Que ce soit à travers la mise en place de phares, de sémaphores, l’usage d’instruments plus performants tels que la radio ou le radar dans le cadre de la télédétection, la mise en place de CROSS (centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage comptant : le CROSS Ma (dans le nord Cotentin), le CROSS A ( proche d’Estelle, ayant pour horizon le porche atlantique) et le CROSS Corsen ( concernant la mer d’Iroise et l’entrée de la Manche.) ) assurant l’essentiel du contrôle de la navigation et la coordination des opérations de sauvetage, la France se veut attentive à la protection de ces populations exposées. Cependant, le plus urgent reste le secours aux équipages en péril, placé sous la directive du préfet maritime qui répond alors aux demandes des CROSS. La France dispose de différents moyens d’interventions pour le sauvetage des vies tels que l’hélicoptère «super frelon». Le sauvetage des biens nécessite, quant à lui, parfois l’intervention des remorqueurs «Abeilles». Mais cette chaine de secours n’a rien de linéaire et son organisation constitue un véritable réseau interconnecté.

 … Mais faisant face à son mythe de prométhée en perdition :

La gestion des tempêtes par l’homme s’envisage à travers la prévision et la prévention. L’aménagement des littoraux ( dans le cadre de la prévision) ainsi que la mise en place de nouveaux modèles numériques permettant aux météorologistes de fournir des prévisions considérées comme fiable à l’horizon de trois jours (modèles d’Emeraude, Péridot, Arpège…) n’ont fait que conforter l’homme de sa toute puissance. Cependant, prévoir n’est pas maitriser et des esprits pragmatiques tirant les enseignements du passé ont tentés de jouer sur un registre plus compatible avec les leviers d’action de notre société comme en témoigne la loi du 13 juillet 1982 obligeant tout particulier à souscrire une assurance catastrophe naturelle. (Mais cette loi fait l’exception notoire de l’Etat). Cependant, il serait plus sage d’admettre, bien que l’homme dispose de moyens technologiques toujours plus performants d’où le mythe de prométhée, que ce dernier ne peut prétendre tout au plus qu’à un rôle d’apprenti sorcier.

III) De l’impact des cyclones tropicaux dans les DOM-TOM :

Les îles tropicales, et par la même occasion les territoires d’Outre-Mer français, sont soumis au cours des saisons chaudes, aux influences de perturbations, issues de régions océaniques de la ZCIT (zone de convergence intertropicale), très irrégulières en fréquence et en force.

Ainsi, les Dom-Tom doivent faire face à des risques de forts vents, de pluies et de houle donnant bien souvent lieu à des conséquences désastreuses.

–                                              Les risques naturels… :

 Aux actions anthropique intenses (voirie, imperméabilisation, déforestation, culture …) s’ajoutent une accélération du processus d’érosion due au passage des cyclones tropicaux comme en témoignent les nombreux éboulements, glissements de terrain et coulées de boue.

Les vents engendrés par la houle cyclonique ont également un impact grandissant sur les récifs frangeant et sur la structure du tout le récif. Les plages d’arrière récif renforcées par des murs de protection ou des digues de petits ports de pêche souffrent de  la houle. En effet, on observe la réflexion des jets-de-rive provoquant des démaigrissements et la mise en place de dunes sous-marines. On observe parallèlement à cela la mise en place d’un fort courant de dérive littorale menaçant la structure d’érosion définitive. Les îles basses pacifiques sont quant à elles concernées par un phénomène d’envahissement par la houle de zones aux reliefs littoraux de faible altitude à l’arrière des plages.

                         – … face aux hommes :

C’est avec la croissance de la démographie et des espaces occupés et aménagés que l’exposition aux risques s’est considérablement accrue dans ces régions. Aménagements irresponsables, geste graves répétés (dépôts de déchets dans les lits mineurs de torrents favorisant l’érosion…), fatalisme, inconscience et déraison s’additionnent aux mécanismes naturels pour expliquer ce bilan désastreux.

Avec la crise économique générale, la décentralisation générale (loi de 1982 dans les DOM), et les avertissements de la nature, l’écogéographie se fait de plus en plus présente en politique à travers des études d’impact, des plans d’exposition aux risques, des atlas des risques naturels ou encore l’aménagement régionale (pour les DOM). Cependant les risque persistent. Malgré tout, il ne faut pas oublier les effets positifs de ces cyclones pour ces zones : reconstitution des aquifères, écoulement pérenne assuré utile à l’hydroélectricité, l’hydraulique agricole, l’alimentation des ménages , le transferts des granulats vers l’aval…

III) 1965-1995 : des grandes peurs à la gestion : trente années troublées sur les littoraux français.

L’impressionnante rétrospective des troubles ayant affectés le littoral français de métropole et d’Outre-Mer interpelle à la fois les pouvoirs publics, les acteurs économiques et les scientifiques d’un Etat, qui par sa présence largement étalée sur l’ensemble de l’océan mondial, est unique en son genre. Mais arrive aujourd’hui le moment d’affronter une série de troubles majeurs qui ne peuvent être surmontés sans l’affirmation d’un nouvel ordre cohérent.

Parmi ces troubles l’on peut noter des dérèglements naturels ainsi que des risques technologiques.

 

–                                              Des dérèglements de la nature :

On peut citer des exemples très variés de ces dérèglements de la nature :

–  Les effets ENSO (oscillation australe El Nino) : phénomène de balancement de part et d’autre de la zone tropicale Sud d’une masse d’eau océanique surchauffée.

–  La ciguatera : intoxication provoquée par l’ingestion de poissons liée aux agressions naturelle (cyclones) ou anthropiques du récif ou à la destruction des madréporaires.

–  Les eaux colorées : coloration des eaux en rouge ou brun provoqué par le blooms de plancton toxique. Ce phénomène s’est multiplié sur les côtes françaises en Normandie, en Bretagne et surtout sur la côte Méditerranéenne où il s’est aggravé.

–  Les épizooties : épidémies et dérèglements biologiques de la reproduction. Le littorale français a connu une succession de ces épidémies dans les secteurs de l’ostréiculture liée à la propagation de différentes infections (qui ont provoquées en 1967 une mortalité massive dans les zones ostréicole d’Arcachon, d’Oléron et dans certains abers de Bretagne.

–                                              Des risques technologiques :

Ici, l’on pourra évoquer les marrées noires telles que celles liée au naufrage de L’Olympic Bravery qui libéra 1400 t de carburant touchant alors l’île d’Ouessant en février 1979. Les dégâts immédiats sont lourds mais à termes la récupération est assurée ce qui fait de la pollution aux hydrocarbures non pas une catastrophe mais une nuisance. Néanmoins, leur médiatisation aura poussée l’Etat à imposer une meilleure discipline dans les règles de navigation et à promouvoir une règlementation internationale de prévention et de lutte contre ces sources de pollution.

Ces risques technologiques peuvent prendre différents visages tels que celui des :

–                      Expériences atomiques réalisées par la France dans les archipels des Tuamotu (à Mururoa et Fangataufa) de 1966 et 1974 auxquelles s’ajoutent des explosions complémentaire de 1995 à 1996 avant la décalcification du périmètre expérimental atomique. Même si une régénération de la nature fut observable au bout de 15- 20 ans, on constate néanmoins une déstabilisation de la couronne récifale tassée par endroits (comme au sud ouest de Mururoa), une modification de la sédimentation, des fractures bordières …

–                      Les grandes invasions correspondant, dans le cadre de l’aquaculture et le transport de masse, au transfert de nouvelles populations qui risquent de transformer profondément et durablement les faciès, les zonations des grands écosystèmes, la physionomie et l’équilibre des peuplements littoraux. Ainsi, en Méditerranée, l’étang de Thau fut colonisé par l’algue brune laminariale alimentaire Undaria pinnatifida. Il en va de même pour le mollusque gastéropode crepidula fornicata qui progressa successivement dans le calvados en 1955, l’estuaire de la Loire en 1964, les bassins de Marenne d’Oléron et d’Arcachon en 1969-1970. Ces invasions donnent par ailleurs lieu à l’élimination ou à la marginalisation des peuplements d’espèces autochtones.

Face à l’altération de la côte due à la pression anthropique, les pouvoirs publics ont dû affronter les groupes de pressions aspirant à accaparer les ressources marines ainsi que la zone littorale donnant alors naissance à un véritable front de conservation.

–                      Front de conservation :

Ce front de conservation se caractérise par trois piliers principaux à savoir la protection de la nature, la loi littorale ainsi que la maitrise de la pêche.

 La protection de la nature :

Ainsi, ont vu le jour des parcs et réserves naturelles (définies par la loi du 10 juillet 1976) parmi lesquelles certaines affichent un caractère profondément marin comme c’est le cas en Bretagne (les Sept Iles au Nord de Glanants au Sud, à l’entrée de la baie d’Arcachon) mais également en Guadeloupe et en Martinique (la péninsule de la Caravelle sur la côte Est).

Afin d’instaurer une maitrise foncière de ces espace, l’Etat créa également un organisme unique en son genre : le conservatoire de l’espace littoral (10 juillet 1975).  Celui-ci ayant pour mission d’intervenir sur les sites menacés (soit en les achetant ou en les soumettant à des servitudes assurant leur préservation et leur bonne gestion), doit fournir aux collectivités locales des suggestions visant à garantir des sites et des équilibres écologiques.

 

 La «loi littorale» (3 janvier 1986) :

L’objet de la loi est d’insérer dans le code de l’urbanisme des dispositions particulières déterminant les conditions d’utilisation des secteurs côtiers terrestres, maritimes et lacustres. Ainsi, il y est question de l’interdiction de construire sur une bande littorale de 100 m ou de construire de nouveaux réseaux routiers à moins de 200 m du rivage. La loi résout également le délicat problème de la spécificité de la zone dite de cinquante pas géométriques (81,20 m) dans les départements d’Outre-Mer.

 La maitrise de la «surpêche» :

Devant l’effondrement des prises et face à une profession en crise l’Etat français a dû se plier à la politique européenne en limitant à la fois l’effort de pêche et les quotas de prise de la ZEE. Mais il semblerait que seule une régénération des fonds côtiers puissent supporter une pêche artisanale prospère.

Ainsi, le littoral semble être devenu le lieu de toutes les pressions liées à la fois aux phénomènes naturels mais également anthropiques. Afin de faire face à des dégradations et à des troubles toujours plus grands, l’Etat français, étendant le domaine public aux rivages et aux mers adjacentes, s’est vu contraint d’intervenir. Cependant, il ne faut pas oublier que ces interventions ne sont pas sans soulever quelques conflits dans la perspective à la fois de régionalisation mais aussi d’une politique européenne empiétant sur des prérogatives telles que la politique des pêches et peut-être demain sur celles de l’ensemble de la règlementation économique et de la gestion sociale de l’espace.

Avis personnel :

J’ai beaucoup apprécié la lecture de ce chapitre non seulement parce qu’il s’inscrit parfaitement dans la problématique de l’insularité proposée pour la session 2012 du concours de l’ENS à travers l’évocation des DOM-TOM mais également parce qu’il laisse entrevoir le cas particulier que constitue la France en matière de gestion du littoral. En effet, par son organisation originale où l’Etat tient une part importante cette dernière fait ici figure de pionnière. Par ailleurs, cet ouvrage ayant fait date dans le milieu géographe, expose de manière élaborée le travail des différents acteurs de ces aires géographiques tout en inscrivant son propos dans une perspective européenne. En effet, j’ai trouvé intéressant de rapprocher cette gestion de la question des enjeux de souveraineté nationale qu’implique la législation européenne. Ainsi, ce chapitre présente de manière claire et illustrée les blessures des littoraux que les hommes tentent sans relâche de panser. Cependant, les auteurs rappellent que dans ce domaine il est important pour l’homme de garder à l’esprit qu’il n’est qu’un «apprenti sorcier.».

Sarah Ittah, HK/AL

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