Photo : Cécile de Chambine

 

Localisation : Kaleköy est  une petite île située dans la baie de Kekova sur la côte ouest de la Turquie. La photo a été prise de la citadelle byzantine située au sommet de l’île et qui permet d’englober toute la baie de Kekova.

Description : Au premier plan on observe les vestiges des murailles de l’ancienne citadelle byzantine qui domine l’ensemble de la baie. Au second plan, se dessine le village et le port où sont amarrés plusieurs bateaux dont deux gros catamarans de croisière. On remarque que les maisons du village sont identiques avec un toit couleur rouge ce qui donne une touche de couleur à l’image. On distingue plusieurs pontons où les bateaux peuvent débarquer leurs passagers, notamment les touristes qui souhaitent visiter la citadelle. De plus, l’ensemble du village et du port est un peu masqué par de la végétation.  Au troisième plan c’est la baie de Kekova avec en son milieu trois voiliers dont raffolent les touristes pour voyager le long de la côte turque. Pour terminer au cinquième plan, on peut voir l’île de Kekova où se trouve une cité engloutie. Au loin se distingue la fin de la baie avec la Mer Méditerranée.

Interprétation :   Les différents plans qui composent cette photo dégagent une certaine paix, un calme par rapport aux différents ports de Turquie comme Izmir ou Istanbul, connus dans le monde entier et très peuplés. Cette île au contraire propose un paysage dépaysant où se mêlent intérêt historique avec la citadelle byzantine et la ville engloutie et intérêt panoramique. De plus la présence des deux catamarans et des voiliers de croisières montrent que cette île, éloignée de tout, compte sur le tourisme et sur l’importance de son site historique pour se développer. A côté des voiliers, les bateaux plus modestes montrent que les habitants sont coupés du monde et ainsi que le bateau est le seul moyen de transport qui leur permet de ne pas être complètement coupés du monde. La différence de taille des bateaux met en valeur la différence de niveau de vie entre les touristes qui viennent visiter la citadelle et la cité engloutie de Kekova et les habitants de Kaleköy.

Intérêt : J’ai choisi cette photo pour la sérénité qui s’y dégage et pour ses intérêts à la fois historiques et économiques car le tourisme assure la majeure partie des revenus de l’île, comme par exemple les restaurants qui prêtent leurs pontons aux touristes pour débarquer en échange d’une consommation.

Cécile de Chambine, HK/AL

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Photographie de Thérèse de Gourcuff

 

Cette photo a été prise à une altitude de 1400 mètres, sur les Monts Velebit, dans les Alpes dinariques en Dalmatie (province croate). Le massif karstique des Velebit culmine à 1758mètres et tombe à pic dans la mer Adriatique qui à cet endroit est constellée d’îles.

Au premier plan, sombre, les derniers mètres de l’immense hêtraie sapinière des Velebit, d’où sortent les roches karstiques. Cette forêt d’une beauté sublime s’étend sur plus de 200 km de longueur et 50 km de largeur. Elle reçoit jusqu’à 3m d’eau chaque année, d’où la présence du hêtre. En son sein les dépressions karstiques (poljé en croate) sont pâturées ou cultivées. Le relief accidenté et l’histoire mouvementée en a fait une zone particulièrement sauvage, dépeuplée et rustique. L’ours et le loup y sont nombreux. Le contexte géologique fait que, malgré la surabondance des pluies, les eaux de surface y sont assez rares.

Le deuxième plan est la mer adriatique et les îles de Rab (l’île désertique qui apparait en premier), Pag (sur la gauche), Cres (à l’horizon : plutôt à gauche) et la péninsule de l’Istrie (à l’horizon : plutôt à droite). Le ciel est celui de la Méditerranée : sur la côte la température atteint 35°C, alors qu’à l’endroit où la photo est prise elle peine à fréquenter les 15°C.  Sur les îles dalmates, les troupeaux de brebis ont eu raison de toute forme de végétation sur d’immenses surfaces : le surpâturage a fait de ces îles de quasis déserts minéraux : il s’atténue aujourd’hui au profit du tourisme balnéaire.

Interprétation :

  1. L’une des barrières climatiques les plus phénoménales d’Europe

Les monts des Velebit séparent le monde méditerranéen au climat caractéristique du climat de moyenne montagne des Alpes dinariques, semi continental abondamment arrosé. Les eaux évaporées de l’Adriatique viennent se déverser sur ces massifs ; l’écart de température important entre les masses d’air provoque des mouvements aériens qui sont à l’origine du vent très violent, la « Bourra », que l’on ressent particulièrement sur les cols.

 

  1. Une des barrières de la géographie humaine les plus contrastées du continent

La région a successivement accueilli Illyriens, Romains, Byzantins, Slaves, Vénitiens, Hongrois et fut le théâtre des récentes confrontations yougoslaves : chaque ville de la côte a son nom en deux ou trois langues : croate, grec ou italien (Dubrovnik/Raguse ; Split/Spolète ; Zadar/Zara/Iader ;  Narona/Widdo/Vid).

 

  1. Un clivage économique

L’économie de la Croatie est fondée sur le tourisme, l’agriculture et l’industrie. Le tourisme est la principale activité croate, et dynamise considérablement le pays récemment sorti de la guerre.

On  aperçoit sur la côte les villes balnéaires de l’île de Rab. L’ambiance est au farniente méditerranéen, la gastronomie est d’influence italienne et grecque.

Les montagnes sont très peu fréquentées, sauf par certains amoureux de la nature et de la solitude, et par ceux qui n’ont pas peur de voir leur mois de juillet généreusement arrosé. La population locale vit d’agriculture et de sylviculture, la gastronomie est d’influence austro-hongroise, voire turque.

 

L’intérêt de la photo réside dans le fait que le contraste lié à la géographie physique nous transporte en 25 km du monde slave au monde méditerranéen. En outre, le type de contraste ici est à la fois délicat et puissant : ce n’est pas le contraste bidonvilles/hôtels de luxe que l’on pourrait voir dans certaines métropoles en développement, ou le choc  église romane du Vème siècle/port de transit touristique massif que l’on observe à Ancône en Italie. Il est encore des lieux  d’une beauté sauvage en Europe.

Thérèse de Gourcuff

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A retenir des nouveautés parues sur le site Géoconfluences (ENS LSH) en décembre, en liaison avec les problématiques qui nous intéressent.

 

 

 

 

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